Ambass. vénit., i5 août
• La révolution du 13 août 1624 nous amène à la fin de cette étude. Nous avons fait voir comment pendant trois années le gouvernement de Louis XIII fut indécis dans sa marche, inconstant et incertain dans le choix des dépositaires du pouvoir. De Luynes au prince de Condé , du prince de Condé aux Brûlarts, des Brûlarts à La Vieuville, l'incapacité devient de plus en plus grande. Le premier prince du sang, qui conduit l'expédition contre les huguenots du Midi, montre dans la guerre plus de violence que de talent miH taire. Le chancelier et son fils Puisieux signent avec eux la paix boiteuse de Montpellier et se décident à contracter, pour chasser les Espagnols et les Autrichiens de la Valteline, la ligue de Paris; mais des préoccupations égoïstes, l'amour de l'argent, le soin de raffermir leur pouvoir menacé les rendent incapables d'agir au dehors. La Vieuville, qui croit jouer les autres, se laisse prendre au piège; ses imprudentes habiletés de politique extérieure, ses profondes combinaisons de cour échouent misérablement. Cependant la considération de la France, dans un temps si troublé, diminue de jour en jour. Louis XIII le sent, le voit ; il connaît l'homme que l'opinion lui désigne comme à la hauteur d'une aussi grande tâche que celle du relèvement de ses affaires à l'intérieur et au dehors; mais il ne l'aime pas, et son grand ministre ne lui est imposé que par la force des choses.
En montrant la main de Richelieu dans toutes les intrigues diverses qui renversent les uns sur les autres les fantômes arrivés au pouvoir pendant ces trois années qui font, entre le connétable de Luynes et le cardinal-ministre, un véritable interrègne, nous ne pensons avoir diminué en rien la gloire d'un des plus grands hommes de notre pays. De son temps, on ne parvenait aux honneurs que par l'intrigue et on ne s"y soutenait encore que par l'intrigue ; il dut, pour arriver, faire comme les autres ; qui oserait lui en faire un reproche ? Mais il se maintint, contrairement à ses
prédécesseurs, par la seule force de son génie et par la hauteur de son caractère. Ils avaient subordonné les intérêts du pays à des considérations personnelles ; Richelieu fit passer avant tout la gloire de son prince et la grandeur de la France. Le secret de l'ascendant qu'il réussit à exercer sur Louis XIII est là tou' entier.
Le cadre de ce uavail ne nous permet pas d'aborder rhistoire du second ministère de RicheHeu; mais cette étude resterait sans conclusion, si nous n'indiquions en quelques mots ce que le cardinal fit dès le début pour la solution des différentes questions sur lesquelles nous nous sommes étendus dans ce livre.
A l'intérieur, un nouvel édit sur les duels fut un premier rappel à l'obéissance adressé aux nobles du royaume ; la réorganisation de l'administration des finances, par la suppression du titre de surintendant, et la répartition des fonctions de cette charge entre trois directeurs, MM. de Champigny, de Marillac et Mole, diminuèrent le gaspillage, commencèrent à reconstituer les ressources dont le manque avait souvent paralysé les efforts du roi soit au dedans, soit au dehors, et assurèrent au cardinal la haute main dans cette partie considérable de l'administration publique.
En ce qui est des affaires extérieures, toutes les négociations imiportantes que nous avons vu traîner en longueur reçoivent ou une impulsion vigoureuse, ou une solution. On sort des difficultés du mariage d'Angleterre par un traité qui engage formellement Thonneur de la couronne britannique en vue de la protection des catholiques. Par contre, Mansfeld est pris à la solde de la France, qui promet sa coopération pour le recouvrement du Palatinat. Enfin le marquis de Cœuvres, envoyé comme ambassadeur en Suisse, fait révoquer les capitulations de Milan et de Lindau, et, à la tête des contingents helvétiques, rend le Saint-Père moins indécis en mettant ses garnisons hors de la ValteHne, tout
en lui renvoyant ses enseignes. Par là était enfin obtenu l'exécution du traité de Madrid et terminée la comédie diplomatique si longtemps jouée par Madrid, Rome et Milan en Valteline.
Sans aucun doute, Richelieu put profiter de l'expérience et des travaux de ses devanciers * ; car, on a pu s'en convaincre en nous lisant, la plupart de ces affaires furent longuement, trop longuement sans doute étudiées avant lui. On n'en sera pas moins frappé de ce fait qu'à la fin de Tannée 1624 étaient résolues conformément aux intérêts de la France les difficultés dont la faiblesse, l'inertie, les malversations des ministres et peut-être la corruption étrangère avaient différé le règlement pendant l'époque dont traite cette étude. L'œuvre imparfaitement ébauchée pendant trois ans fut faite en trois mois.
I. a II prit tout ce qu'il y avait de bon dans tous les gouvernements précédents et non pas leurs faiblesses. » Fontenay-Mareuil, Métn., p. 176.
No I. — Analyse et extraits de la biographie de Grégoire XV,
PAR AmAYDEN.
« Gregorius XV. Pont. Max. obiit die 8 julii 1623.
Après avoir dit qw la famille des Ludovisi, à Boulogne, était « non ampla », l'auteur ajoute : « Comitum titulo pro gentis more indigetantur Ludovisii non quod castrum aliquod cui inh^reat comitatus possideant, sed quia Bononix qui civilitatem aliquo temporis cursu praescripserunt comitis nuncupationem pro libitu assumant, non alio plerumque auctore quam nutrice, ut in dicterium transierit : Cornes est, ergo Bononiensis : Marchio est, ergo Ferrariensis. »
De cette famille sortit Alexandre ; il vint à Rome sous le pontificat de Grégoire XIII, son concitoyen. Il commença par plaider, fut juge capitolin, puis, sous Clément VIII, devint lieutenant du cardinal-vicaire et auditeur de rote ; il s'acquitta louablement de ces dernières fonctions ; Paul V le fit archevêque de Bologne,
« Quia eodem tempore Allobrox Mantuanum armis aggressus esset, idem pontifex archiepiscopum eo delegat Bononiensem, ut rem inter Sabaudum et Mantuanum componat, delinito Hispano. Nihil taraen efFecit, quinimrao nec illius uUa habita ratio, quod pontificis animum non leviter pupugit, arguentis irreverentiam erga virum qui sibi merito subrogari posset.
« Retulit mihi Joannes Andréas Castellanus, qui et modo superstes est, et Ludovisio quoquo tempore summe familiaris, quod cum adhuc judicis vicarii munere fungeretur sub cardinale Rusticuccio, prasstigiatorem quemdam eum pertranseuntem admiratum esse et in hydria effigiem Ludovisii ostendisse infulâ et pontificalibus ornatum. Cùm una aliquando rusticaremur, Ludovisius joci causa asellum ascendit ;
compositi gressus, manus in benedictioneni attollens ; quod ille ad Christi exemplum referebat, reliqui illico ad prsesagium pontificatus retulerunt ; immo illemet publice dictitabat nuUum sibi esse dubium de pontificatu assequendo, modo consequatur cardinalatum.
« Cardinalium albo adscribitur, dum adhuc obiret munus Insubrife legationis ; inde Romani venit, ubi paucos menses commoratus suam repetit ecclesiam, non tam ut muneri incumberet quam ut per absentiam omnem propulsaret invidiam, et occasionem tolleret simultatum et ofFensionum. Quamvis enim Bononienses in universum industrii sint ad fingendum et in omnem simulationis modum, ut rem suam agant, probe compositi, attamen conducere rébus suis ratus est, si absens nullum indicium dederit conceptae ambitionis.
« Vix Bononiam venit, cum ad curiam remittit Ludovicum Ludovisium suum ex fratre nepotem qui primo referendarium numéro adscribitur, deinde congregationi boni regiminis status ccclesiastici, mox sacrée consultîe suprem^e rector, honores conferri soliti praslatis magnis magistratibus functis, non junioribus ac tironibus ut tune erat Ludovisius.
« Moritur Paulus V pontifex ; Alexander cardinalis Ludovisius archiepiscopus Bononiensis, data opéra, non prius urbem ingreditur quam cardinalibus ad comitia ingressis et eadem illa vespera, quarto cardinalatûs sui anno, quod paucis contigit, summus pontifex, rejecto Camporeo, renunciatur.
« Sane cardinalis de Marquemont (quem virum ego ssepius honoris et auctoritatis causa adduco) cum cardinalem Bononiensem quondam collegam suum pontificem renunciatum videret : multum, inquit, pro sua tenuitate consecutus est, quia videlicet agnoverat hominem in scientia debilem, et tamen circumferuntur ejus decisiones quae a viro docto notis illustrari meruerunt, tantum interest collegiis adscribi et coUegarum virtute juvari.
« In primo quod Gregorius convocavit consistorio, Ludovicum nepotem Ludovisium cardinalem et archiepiscopum Bononiensem dicit, translata pensione Burgliesio reservata in archiepiscopatum Ravenatensem tune ob mortem Pétri cardinalis Aldobrandini vacantem et cardinali Capponio coUatum. Decessit Aldobrandinus in ipsis comitiis improvisa fere morte, quae largam dédit magistratuum, munerum et ecclesiasticorum beneficiorum vacationem, quae omnia uni cesserunt Ludovisio, omniaque illa pinguia sacerdotia quœ Aldobrandinus toto et diuturno démentis pontificatu congesserat, sua fecit una die, e quibus ei redirent longe ultra centies centena millia.
« Hsec ipsa et summa auctoritas rerum per patruum in eum coUocata juvenis animum suapte natura elatum transversum egerunt ut omnia
ista sibi virtutique sucC débita existimaret, et palam prse se ferret. In prassentiam sufficiat dixisse omnem regiminis molem Ludovisio impositam fuisse et pontificem nonnisi conservationi sui ipsius et quieti totura se dédisse, ut dicterium ipsius ad suos in publicum prodierit : Pascite me et vobis pro libitu divitias quasrite. Ita effectum omnino ; nullie enim omissse artes acquirendi nummi.
« Officia curi^ venalia non distrahuntur, ut solet, numerata pecunia in emere volentes, sed nulla mora interposita conferuntur Ludovisio, ne videlicet antequam reperiatur emptor, patruus senex et caducus inexpectato decedat, et illa relinquantur successori, quo tam exacto rei quéerend^ studio effectum, ut parvo quoque tempore emerentur nedum magnatum latifundia, viHîe et rura et principum in urbe palatia, ac ingentes horti, sed municipia et magni pretii castra : Fianum trecentis quinquaginta, Zagarolam octingentis et sexaginta aureorum millibus, summa sane regno comparanda acto, et haec quidem paucorum mensium spatio, ut fortuna omnes divitiarum gazas in Ludovisios effundere visa sit. »
Amayden flagelle ensuite l'ambition démesurée de Ludovisio : il voulait faire porter à 100 le nombre des cardinaux. « Deinde per Benedictum Justinianum jesuitam examinatum an pontifex sibi possit eligere successorem. » Le pape meurt dans le 29e mois de son pontificat, environ à l'âge de y^ ans.
« In legali scientia mediocris fuit, ut saepius mihi testatus est cardinalis de Marquemont. Reliquum in commun! vita lenis erat, immo comis amicisque perfamiliaris, nec jocos et scommata deseruit Bononiensibus pecularia; mane quodam, cum de communibus amicis cum eo sermonem haberem, duos ex iis prsecipuos dixi cardinalatu dignos et Sanctitatem suam toti curise rem gratam facturam si illos promoveat. Tum ille : Hispaniarum rex, inquit, non nisi unum singula possit postulatione. Suffusus ego rubore tacui.
« Constantis animi argumentum exhibuit Gregorius cum, misso cardinale Verospio ad C^sarem , cardinalem Klesselium carceri mancipatum sibi tradi, nullo admisso subterfugio juberet; facinus pontifice dignum et a Paulo V neglectum. »
Après la mort d'un médecin qui l'avait contraint à observer un régime des plus simples, Grégoire XV se laissa aller et mourut, dit Amayden : « Nimium pastus . »
L'impartialité d' Amayden est évidente; il loue ce qu'il y a de bien dans le pontificat de Grégoire XV, par exemple de n'avoir pas voulu ne créer cardinal que son neveu Ludovisio dans la première promotion, et de n'avoir pas voulu à ses derniers moments compléter le collège des cardinaux. Marquemont cite également ces deux faits dans sa correspondance.
No 2. — Dépêche du xonce, relative a la frivolité DE l'entourage d'Anxe d'Autriche.
23 février 1622.
« Sono teiiuti di risponder i principi de costumi e dell' attioni di coloro che stanno loro d'attorno, si che tal volta per loro bonta e simplicita si tiranno addosso il biasimo di quelle cose délie quali sono innocentissimi. Cosi e intervenuto alla regina régnante, la quale non havendo nell' animo cosa che contravenga alla sua grandezza et alla purita délie sua conscienza, col sopportar benignamente la liberta piu che francese d'alcune dame ch'ella per la lor qualita e obligata d'amare, ha dato occasione di mormorare in tanto ch'a me ne stato fatto intendere che conviene all'offitio meo procurar che vi sia messo remedio, accioche pervenendo agli orecchi del re per rapporti di persone maligne non entrasse in sospetto di maggior maie e se ne sentissero scandoli dannevolissimi a tutta la christianita. Moite signore de principaU vivendo iroppo licentiosamente in presenza di lei , et usando senza ritegno la lingua in conversatione d'altre dame non meno dédite a passatempi non contengono le loro speranze dentro a cancelli délia- modestia e della convenevolezza, onde se ne teme horribili moti. Sono da alcuni pregato di operare che la regina intenda corne ella e sottoposta aile maledicenze del popolo e d'altri, che si procuri di slontanar da se la principessa Madamosella de Virnoglio, la vedova e la sorella del mqjto contestabile; nel che io mi trovo in un grandissimo laberinto; ma perche quelle persone che me n'hanno parlato sono genti del consiglio et altri familiari, et affinatissimi di questa principessa, che ajuterano a rimediare, mi risolvo trattarne col confessore di Ici molto accortamehte, conoscendo con quanta delicatezza si devono toccare certe materie ; ma la o-randezza del pericolo e la consideratione degl'inconvenienti acerbissimi, che ne possono sopravenire non lasciano che io mené scusi del tutto come dovrei. »
No 3. — Dépêche de l'ambassadeur florentin, relative au renouvellement DE LA mésintelligence ENTRE LA REINE MÈRE ET LE PRINCE DE CONDÉ.
12 mars 1622.
« Fece il principe di Condé hieri sera l'altra la sua commedia, et la regina madré sebene non haveva punto voglia di trovarvisi, nondimeno
pregatane instantissimamente fino in tre o quattro volte dalla regina giovane, per compiacerle et anco per non far credere al Principe che non vi volesse andare per dispregio di lui, acconsenti fînalmente di andarvi et cosi avvicinandosi l'hora , sali sopra nelle stanze délia prefata regina giovane, et fermandosi quivi in caméra di sua maesta per intrattenersi un poco con lei, et con le principesse délia corte che vi erano quasi tutte, fino a che fussero chiamate : et ecco monsignore Rucellai che comparisce, et benche vedesse la regina madré, non lascio per questo di mettersi innanzi et vicino di detta regina a quatre passi, con cominciare a guardarla con faccia ardita fisso fisse.
« La collera si risenti subito a sua maesta onde le venne un gran rossore al viso; Rucellai se ne accorse, corne fecero tutti quelli ancora che erano presenti, et nell' istesso tempo si e messo a discorrere con la principessa di Conde et di Conty, mezzo sorridendo insieme. La regina che dubito, che si ridessero del suo cambiamento di volto, irritata interamente chiamô il Sigi" Bonoil che era ancora egli quivi, et li comando di andare a dire a Rucellai, che si levasse davanti, et che non li avvenisse piu di trovarsi dove ella sarebbe. Bonoil obbedi, et Rucellai subito si ritiro in un altra stanza.
« Andarono poi le loro maesta alla commedia, et finita che fu si ritirarono nelle loro stanze. Monsignor Rucellai entro poi nella stanza délia commedia, et ando a trovare il principe de Conde, al quale raccontando quanto H era successo lo prego a volerlo tenere nella sua protezione, et di volere supplicare il re, che in somma sua maesta volesse parlare délia medesima alla regina sua madré per vedere di placarla, poiche non era potuto riuscire ne al cardinale délia Valletta ne al duca di Bellegarde, ne a tanti altri signori che se ne erano intromessi di ricevere questa grazia.
« Il re rispose a Conde che non manco di andare subito a parlagliene, che sapeva che la regina era talimente esacerbata contro Rucellai che non voleva trattare di questa cosa; ma il Principe insistendo sempre et proponendo che sua maesta mandasse alla regina per fare questo offizio il présidente Jannin, ma che la maesta sua quasi nell istesso tempo v'andasse ancora ella, er mostrando d'arrivarvi a caso, con la occasione di vedere il présidente quivi, entrasse ancora ella a parlare del negozio; fece tanto esso principe che il re acconsenti, et cosi hieri fu mandate alla regina subito che fu levata il présidente suddetto ; quale esponendo la sua commissione entro la regina in taie escandescenza che il povero présidente vecchie rimase tutte attonito et disse sua maesta fra le cose piu essenziali, queste : che Rucellai Thayeva off^esa troppo sensibilimente in moite et moite occasioni et che pero non gli perdonerebbe mai, et che si teneva tanto piu maggiormente offesa, quante che egli
era suddito délia sua casa serenissima, et chc il re doveva piu losto farlo gastigare che procurarli il perdono, ma che sapeva bene che cionon veniva da S. Mt^, ma dal principe di Condé che per fare dispiacere alei, ne haveva presa la protezione. Pero, poiche esso principe si tirava cosi apertamente gia la beffa verso di lei, poteva aspettarsi, dal canto suo, uua corrispondenza simile in tutto et per tutto.
« Su questo arrivo il re et innanzi che cominciasse a parlare, la regina lo prevenne con dire, che si maravigliava grandemente come egli si fusse lasciato indurre dal principe di Conde a darle un dispiacere si estremo quanto era quelle di averlo voluto fare parlare in favore del Rucellai, che l'aveva, per dire come disse lei, tradita, schernita et gridata, di piu dentro, et fuor del regno, et comincio a dire su ogni cosa che haveva sul cuore, di che ne ha fatto poi far una scena che e di otto fogli, quale penso di havere fra due giorni et la mandero quanto prima, et che non solo non voleva dimenticare queste ingiurie, ma ne domandava giustizia a sua maesta, et che se non gliela faceva, sarebbe stata in nécessita di farsela da se, et ci havrebbe fatto distendere per terra il Rucellai.
« Il re, vedendola in una collera cosi grande, rispose : Madama, vostra maesta non si incoUerisca ; io non vengo per parlarle in favore del Rucellai, ne per darle disgusto alcuno, ma le diro bene che mi pareva che ella si potesse passare di mostrare il senso che ella mostro eri sera nella stanze délia regina niia moglie, perche mi parrebbe che ella si havesse a contentare che Rucellai non entrasse nelle stanze délia Ma V^. come non vi entra.
« La regina sogginuse : Io lo feci a posta per mostrare alla regina mia nuora, che ella come piu giovane mi ha da portare rispetto, perche mi accorsi bene, che ella era consentiente che Rucellai venisse comme venue a vedermi a quel modo sul viso; ma non importa, non entrero mai piu in quelle stanze.
« Il re ebbe un poco per maie di vederla irritata contra la moglie, et disse mezzo fra demi una cosa simile a questa : che ella si havrebbe havuto a contentare di essere padrona in casa sua, owero, che a ogni uno place di essere padrone in casa sua, o cosa simile, et che quanto a principe di Conde non haveva tanto potere sopra il suo spirito, che l'haveva mai a potere indurre a perderc l'amore et il rispetto a lei, che li era madré, et madré che amava tenerissimamente.
« A questo la regina soggiunse con moite lacrime, che gia haveva cominciato a spargere che era risolutissima di non si volere piu lasciare mettere il piede sulla gola da nessuno, et fusse che si volesse ; peroche sua maesta procurasse che il principe di Conde non si mettesse a questa impresa perche vederebbe di aiutarsi ancora ella et che quanto a Ru-
cellai non ne parlerebbe piu, naa se del fatto suo non ricercava soddisfazione, li havrebbe fatto conoscere quanto la temerita sua fosse stata iroppo grande.
« Il re non rispose altro, et sebene dette buone parole alla madré, si vidde che egli se ne usci piu presto in collera che altrimenti. Di li a poco torno sua maesta dalla madré per licenziarsi poiche se ne andava a S. Germano dove si tratterra ancora quattro a sei giorni ; et la regina, che non era tanto in collera, disse a sua maesta : Per quello che e successo di avère io usato di superiorita in caméra délia regina, me ne dispiace, et prego sua maesta et lei di scusare la mia collera et di imputare tutta la colpa al Ruccellai, che mi veniva corne ogni uno vidde, a farmi lo afïronto che mi fece cosi sfacciatamente, et di quello che per questo rispetto possa toccare aile maesta vostre sono pronta a darne loro ogni conveniente soddisfazione. Ma per quel che riguardi il Ruccellai, non mi quietero mai, che non sia soddisfatto a me esemplarmente come e dovuto, et soggiunse che se egli fusse stato franzese, 0 servitore attuale di sua maesta, l'havrebbe comportato piu pazientemente, ma che egli era forestiero et suddito délia casa di lei et non servitore attuale di lui, ne meno servitore necessario, ne utile in conto alcuno ne alla maesta sua, ne alla Francia, anzi al contrario, non era buono ad altro che a seminare zizanie; et che sua maesta, considérasse di quante maie conseguenze potesse essere cagione il comportare che il principe di Conde non havendo altro in che potere fare dispiacere a lei, s'ingerisse di volere proteggere il Ruccellai et per questo verso mettere una divisione nella corte.
« Il re non rispose altro, se non che le farebbe dare contento, et se ne ando. La sera poi perche questa dichiarazione aperta di nimicizia fra la regina et Conde venne a notizia di ogniuno, tutta la corte si divise et si risvegliarono le fattioni délia regina et di Condé, che per ancora erano andate dissimulando le loro passioni ; alla regina andarono i duchi di Longavilla, di Nemours et di Vendôme, et il gran Priore di Francia, ad offerirsi scopertamente, et il conte di Soisson, ma questo sottomano, ne fece ancora egli il simile, et si dice che non solo si sieno offerti di servirla sempre contro Conde, ma aggiungono alcuni che Vendôme specialmente ofïerisse ancora di fare ammazzare il Ruccellai.
« Ma la regina non ha voluto dare cagione di maggior disordine, ne in questo particolare, ne in altro, et gli ringrazio del buon animo chchavevano di assisterla, ma che vivendo ella nella protezione et benivolenza del re suo figlio, non sarebbe stato necessario ch'havesse havuto ricorso ad al tri.
« A Conde ando il duca di Guisa et il fratello, et dall' una et dalF
altra parte poi molti, et molti signori. Il re ha Conde seco et non lo lascera mai partire da lui per ogni buon rispetto. Intanto il duca di Bellegarde va innanzi et indietro per vedere di raggiustare le cose, et monsignore nunzio ancora se ne intromette ; et si crede che la cosa si accomodera cosi, che Conde lascera la protezione di Ruccellai, et conseguentemente la regina si pacifichera con detto Conde ; et che Rucellai per un tempo si ritirera dalla corte, et se ne siara alla sua abbazia; sebene la regina sta ancora forte sul punto che egli habbia a uscire del regno : Ma il vescovo di Lusson che deve temere che questo intrigo non guasti le cose délia sua promotione e tornato qui, et si impiega quanto piu a fine che la regina si plachi et si contenti di quello potra et monsignore nuntio la esorta a rimettere il tutto liberamente nel re, perche per questa via l'obbligera tanto piu a darle la soddisfazione che desidera, se non hora, almeno fra qualche poco di tempo, quando ella placidamente chiedesse che Ruccellai fusse rimandato in Italia.
« Questo e tutto il fatto che io racconto nudamente corne e passato, per quanto ho inteso da monsignore nuntio, dal Si"" di Marillac, che hoggi e il primo dopo Lusson nella confidenza délia regina, et dal segretario di sua maesta, pero siccome rappresento il tutto senza alcuna sorte di passione, cosi supplico V. S. lUustrissima che questo avviso resti solo dove ha da restare, affine che niuno possa cavare fuori che io havessi scritto contro monsignore Ruccellai.
« Le cose délia regina andavano troppo bene senza questo nuovo intoppo, che bisogna dire, che la sua mala fortuna non sia ancora finita di sfogarsi, et veramente ella ha un potente nemico, il principe di Conde, che, e per la sua nascita et per la sua assiduita grande appresso il re, ha grande autorita nel governo et nella corte ; ma senza questo procedere altiero et superbo del Ruccellai non sarebbe mai nato questo accidente, per qualsifusse protettione che il principe havesse voluto pigliare di lui. » .
N° 4. — Dépêche du xokce sur les causes de la paix de Montpellier ET SUR LE DÉPART DU PRINCE DE CONDÉ POUR L'ItALIE.
14 octobre 1622.
« Scrissi ultimamente a V. S. Illma ch'il trattato délia pace era alquanto rafifreddato, e cio feci sopra il fondamento ch'in un consiglio tenuto a 7 s'era assolutamente deliberato di non porger orecchie aU'inipertinenze degli ugonotti. Ma il giormo seguente degli 8 fu veduto uscir pur del consiglio il sig. principe di Conde tutto turbato e colle-
rico dicendo : qualcun me la paghera. A 9. S. E. parti di notte dalla corte et arrivato in Arles mi spedi un huomo a posta con l'incluso biglietto avvisandomi di voler venire in Italia, per lo che stimai dover trasferirmi, sicome feci, in Arles per parlar seco et intender meglio la sua volonta, et egli ha poi voiuto stamane venir meco in Avignone, di che ho dato subitamente conto alla corte per toglier tutt'i sospetti. La cagione délia sua partita dice esser stata per baver veduto le cose cosi disposte alla pace che non potendovi rimediare, ha chiesto licenza a S. M'a di far questo viaggio affinche non si possa mai dire ch'egli habbia o prestato il consenso o trovatosi présente a cosa tanto obbrobriosa. Et in effetto a 9 entro il duca di Rohano in Monpolieri per proponer le condiiioni et indur quel cittadini ad accettarle e se bene l'istesso giorno, et anco tutt' hieri tire semper il caunone furiosamente, nientedimeno egli ha riportato hieri a S. M" che le conditioni erano State accettate, onde S. M^^ spera d'entrar domenica che saremo a 16 in Monpolieri et a Nimes, Castres et Uzès dovran mandare un gentilhuomo. Le particolarita d'essa pace per ancora non si sanno, ma si credono tali, quali puo concedere un re infastidito délia guerra e desiderosissomo di ritornare a Parigi a far volare i falconi in quelle belle pianure e da consiglieri timorosissimi délia morte e dell' incommodita a gente ostinatissima et informatissima dell' intentione d'ogn' uno. Si dice che sia universale, cioe per la Roccella ancora e per Montalbano, il che reca maraviglia perche in questo tempo l'armata di S. M'-^ era di 20 000 uomini e 10 000 s'aspettavan'ancora di Borgognona e di Sciampagna, che sono in camino. L'armata di mare era bellissima et fatta con gran s pesa et ogni cosa invitava piu tosto alla guerra che alla pace. Questa manifattura e stata del contestabile il quale e peggiore ugonotto che quando ne portava il nome, e dalle sue attioni le persone disappassionate lo riconoscono facilmente ; ma il vanto d'haverne condotto e persuaso il re si deve al sig"" di Pisius. Credono i piu sensati che questa pace non sia per durare perche gli heretici per lor natura sono vendicativi et ostinatissimi, et havendo conosciuto la debolezza del consiglio , quando il re sara slontanato , comincieranno a soUevarsi di nuovo e rivoler quel che fin qui hanno perduto. Piaccia a Dio ch'il tutto si converta in maggior utile délia religione e bene del regno et honor del re.
« In tanto il sigr principe di Conde partira domattina alla volta di Torino 0 post domani al piu lungo; di la se ne passera a Milano, a Venetia, a Parma, a Modena, a Bologna, a Loreto, a sadisfare un voto, a Roma per baciare i piedi a N. S. e se ne ritornera per Firenze e per Genova; si fermera pochissimo per luogo disegnando trovarsi a Lione avanti Natale e vuol venire incognito per non esser messo in neces-
sita di complimento e di spese, ma non gia perche la sua persona non sia conosciuta come lo potra raccogliere dal suo qui incluso biglietto. Egli porta dispacci del re per tutto, disegnando al suo ritorno ritirarsi in corte e ripigliare il suo logo in consilio régie, accioche conosca ciascuno ch'egli non parte senz'espressa .e buona licenza del re. Desidera pairticolarmente che V. S. Illi"-^ et N. S. sappiano quant' egli e bene merito délia religione sperando per questo dover esser meglio raccolto ; e in verita, che lo mérita, poiche ha molti buoni pensien, come sentira da lui. Egli e nemicissimo del sig. di Pisyeulx et del Comni'e di Sillery e fer conseguenza non si vuol fidare dal cardinale Bentivoglio e m'ha con grand' instanza domandato di chi egli si possa fidare in tutte le sue cose et io gli ho detto che solamente a V. S. Ill™a e percio viene benissimo disposto verso la persona sua ; délia natura sua altre volte ho discorso nelle raie lettere ; replico hora che egli e di grand ingegno, di gran memoria, prontissimo e vivissimo, e che si come nel suo corpo non si trova fermezza, cosi moite volte si desidera anco nell' animo. L'intéresse e in lui di gran forza c coltiva queir amicitie che possono servirgli a suoi fini. I costumi assai osseguenti al senso, benche non lascia pur d'havere buona conscienza, la quale non ha tanto potere che lo ritenga spesso dal satiare i suoi appétit! ; finalmente egU e primo principe del sangue, e doppo al re, che non ha per ancora figliuoli e doppo il duca d'Angiu, ch'e di poca sanita, la corona cade sopra la sua testa. »
No 5. — Bref du pape au cardinal de Richelieu a l'occasion
DE sa promotion AU CARDIXALAT.
« Gregorius P. P. XV.
« Dilecte fili noster salutem,
« Non modo virtuti pra;mium tribuere, sed catholicam religionem novo praesidio communire et apostolici senatus décora augere voluimus, dura christianissimarum majestatum suffragationi annuentes, te nuper cardinalitia purpura decoravimus. Etenim si triumphos iis mili tibus prudenter castrensis disciplina; leges decernebant, quorum fortitudo ReipublicïE propugnaculum atque hostium excidium fuerat, merito amplissimam dignitatem tu nuper in roraana Ecclesia consecutus es. In eâ enim coUuctatione qu£e nobis est adversus Principem tenebrarum , sapientia ac pietas tua gladius salutis in istis regionibus habitus est ad ha^reticorum ferociani refringendam et faciendam vindictam in populis non credentibus. Quare fruere, dilecte fili noster.
non solum regalis patrocinii et pontificia; beneficenticc testimonio, scd etiam fama meritorum tuorum. Adeo enim laudum tuarum splendor in christiana republica nitebat , vt totius Gallia; interfuisse videatur virtutes tuas sacris gloriae ornamentis insigniri. Ea enim plerumque ad hominum mentes alliciendas majus momentum faciunt quara ipsa, detractis phaleris, nuda virtutis pulchritudo. Tibi vero adeo gratum accidisse hoc tuorum meritorum praimium et nostrce voluntatis documentum veheraenter l;x;tamur. Scito autem graîias a te cumulate nobis tune relatum iri, cum tui te similem prcebens, religionis dignitatem in Gallia amplificaveris atque hsereseos vires contaderis, nuUis difficultatibus exterritus, sed super aspides et basilicos ambulans confidenter. Tanta a te bénéficia romana ecclesia exigit atque espectat. Nos autem ea certissime sperantes paterna te charitate amantissime complectimur atque apostolica benedicîionc communimus.
« Dat. Rom. ap. sanct. Mar. Major, die 5 nov. 1622. Pontifie, secundo. »
No 5 bis. — Bref du pape au roi a l'occasion de la promotion DE Richelieu.
« Gregorius P. P. XV.
« Charissime in Christo fili noster salutem.
« Provinciarum saluti ac principatus gloriai reges illi sapienter consulunt, quorum patrocinium est virtutis aut pr^emiura aut incitamentum. Ejusmodi fama haud difficulter populis felicitatem parare potest. Cum enim regiam voluntatem omnes fere demereri cupiant, facile conjicere possumus qu;E eorum studia futura sint, si ad eam consequendam non nisi per bonas artes aditus patefiat. Ejus laudis quam cupida sit majestas tua, nuper Lucionensis episcopi cardinalatus declaravit. Ei enim prfesuli régime preces suffragatce sunt, cujus sapientia catholicse religionis propugnaculum et ha^retica; temeritatis flagellum in Gallia habetur, qui prsestabilius semper existimavit amplissimas dignitates mereri quam adipisci. Quare cum illum in apostolicum senatum nuper legimus, majestati tua; gratificantes et romanas Ecclesiîe décora augere et gallicanos antistites ad tantse virtutis imitationem inflammare voluimus. Gaudemus autem id gratum obtigisse Majestati tuae in quam de catholica religione merentem et majorum tuorum labores et triumphos fortiter œmulantem, illustriora semper exstare curabimus pontificii^ charitatis monumenta. Ap. M. T. benedictionem aman-
tissime impartimur, Deum orantes ut juventutem tuam uberrimo chris-
tianarum virtutum proventu et regnorum istorum felicitale laetificet.
« Dat. Rom. ap. S. Mar. Major, die 4 nov. 1622. Pont, secundo ^ »
No 6. — Dépêche du nonce exposant la géographie des passages d'Italie en Allemagne par les Alpes.
G juillet 1623.
Les Français veulent que, suivant leur ancienne ligue, le passage à travers la Valteline soit libre pour eux seuls et leurs alliés. Les Espagnols veulent qu'il devienne libre pour tous les princes.
« Nel vero se si guarda il tutto attentamente non pare che cio si dovesse disporre meglio che con lasciare in liberta délie quattro Leghe il darlo e negarlo a chi si sia , purche il principe cattolico fosse, perche cio sarebbe piu a favore délia loro liberta, délia giustitia e meno offenderebbe i Francesi che tengono gia la confederatione con Grisoni, et in virtu di essa possono haverlo per loro et ajutarsi poi con le loro diligenze, accioche a niuno lo concedano, si come all'incontro possono gli Spagnuoli et Venetiani guadagnarsi gF-animi di quelli genti et impetrarlo ad ogni bisogno.
« Ma poiche V. S. nel suo discorso ha presupposto che un passo solo in queir Alpe e che questo sia in potesta de Valtellini, mi convien dirle che sono due se non tre e l'uno cosi distante dall'altro che si possono condurre eserciti dall' Alsatia e dalla Germania in Italia, senza che gl'uni impediscono gl'altri.
« L'uno camino e quello délia Valtellina, il quale partendosi del lago di Como a Colico et al forte di Fuentes se ne va a lungo il corso délia corda nel contado di Bormio e quivi piegandosi alla destra, sali il monte Brolio e per le valli di Santa Maria e di Monasterio sene va ne i Grisoni e nel Tirolo et in Germania e se li piega alla sinistra, se ne va nel Trentino et anco per Valfurba puo arrivare nel Tirolo senza toccare ne il paese de Grisoni, ne quello de Venetiani, benche le strade sieno malagevoli.
« Per la quai ragione, mentre la Valtellina fosse in potesta d'altri 0 délie genti delli pacsi non possono li Grisoni impedire che dal Trentino et anco dal Tirolo non si condurrano genti in Italia , ma il padrone délia Valtellina puo bene vietare che a Venetiani non passino genti loro amiche e privarli d'ogni soccorso.