Ambass. vénit., n" 25. 22 février
allaient être la pierre de touche de ses véritables dispositions à l'égard de sa mère. C'étaient, d'une part, la promotion de l'évêque de Luçon au cardinalat, et, de l'autre, la rentrée de la reine mère au conseil. Richelieu ne fait aucune allusion à celle de ces prétentions qui l'intéressait le plus directement. Les dépêches diplomatiques et les lettres privées sont, sur ce points moins discrètes que les Mémoires du cardinal.
Dès le commencement de l'année, la reine mère écrit :
A MONSIEUR DE PISIEUX, SECRÉTAIRE d'eSTAT
« Monsieur de Pizieux. ayant sceu par le retour de Desgaretz et encore depuis plus particulièrement par le sieur de Marillac le seing que vous avez apporté pour mon contentement en l'affaire dont le Roy Monsieur mon fils a commandé l'expédition , j ai doné charge au sieur Évesque de Luçon qui le va trouver de ma part de vous dire combien en cela vous avez faict chose qui m'est agréable. Le sieur Chancelier votre père peult mieux dire que persone qui soit en ce royaume si j'ay mérité d'estre mecreue de fitvoriser ung tiers party pour l'avantage de ceux de la religion. Aussy ayant bon esprit n'ignorez-vouspas que ce ne soit ung artifice de ceux qui portent impatiemment la bonne intelligence qui est entre le filz et la mère. Sa Sainteté la cognoistra telle par lettres du Roy et par l'instance qu'il faict de la promotion dudict sieur de Luçon qu'il m'a promise au veu de tout le monde. Attendant de vous ce que vous me promettez par votre dernière lettre, je ne vous en diray pas davantage sinon que ie scray tousiours. Monsieur de Pisieux,
/'»■'- bouc ciDiic Mai il'.
A Paris, ce 22 janvier ii'i22 '. "
A la même époque, le nonce taisait savoir à son gouvernement que l'évêque de Luçon était venu le voir pour l'entretenir de son espoir d'arriver prochainement au cardinalat. Une nouvelle dépêche du 9 février informe le Saint-Siège « que la reine mère désire extrêmement l'avancement de M. de Luçon - » ; le nonce ajoute, sous forme de recommandation personnelle, « que ce prélat en est bien
1, Coll. Godefroy. (Inédite.) Les mots en italiques sont autographes.