Nonce, 9 février
digne par ses mérites, sa science et les services rendus à l'Église '. » Mais la cour de France et la cour de Rome n'étaient en somme que médiocrement favorables à l'ambition de Richelieu. Les anciens ministres, devenus fort puissants, grâce aux hésitations du roi entre sa mère et le prince de Condé, redoutaient son humeur entreprenante « ccrveUo for se trappo gagliardo ciel vescovo di Lus son. » Aussi le roi, ayant à présenter deux candidats pour le chapeau, avait-il désigné, en même temps que l'évêque de Luçon, l'archevêque de Lyon, M. de Marquemont. ce Le roi désire, disait le nonce , mais sans y insister beaucoup , que la préférence soit donnée à Luçon. » Cette communication officielle laissait une certaine liberté au choix de la cour de Rome, et M. de Puisieux, le plus en faveur des anciens ministres, cherchait à déterminer dans un sens défavorable aux intérêts de Richelieu, mais conforme d'ailleurs à l'inclination du Saint-Père, la décision de la curie; il f.iisait répandre le bruit que Tarchevêque de Lyon serait sans doute préféré à son compétiteur, parce qu'il avait été autrefois, comme auditeur de rote, collègue de Grégoire X^^ Les services rendus aux deux cours par M. de Marquemont, dans les emplois qu'il avait occupés auprès du Saint-Siège, étaient éclatants. Mais la reine mère s'offensa du tort fait à son candidat par les propos qui circulaient, et elle s'en expliqua vivement avec le nonce ". Il n'en est pas moins vrai que le pape inclinait réellement à donner le chapeau à l'archevêque de Lyon ^, qui avait la faveur de Puisieux. Un fait des plus curieux, mais qu'il en eût trop coûté à l'amour-propre de Richelieu ue faire connaître , est le compromis suivant, par lequel le roi voulut mettre fin à toutes ces intrigues : « Le roi, dit l'ambassadeur florentin , laisse voir qu'il désire que l'évêque de Luçon