Ev. de Bertinovo (Bibl. Barberini, Mss. LXV
exagéré de la paix : « La conséquence du mariage d'Angleterre et d'Espagne, écrit le nonce Corsini, le 30 janvier 1622, sera de faire restituer le Palatinat à son ancien maître et de faire renouveler la trêve entre le comte Maurice ^ et le marquis de Spinola ^ » Voir son gendre Frédéric V rétabli dans l'électorat qu'il avait presque entièrement perdu, sans que lui-même eût à y mettre la main; assister, sans qu'un effort de sa part fût nécessaire, à la consolidation de Tindépendance des Provinces-Unies, telles étaient les espérances chimériques attachées par le roi de la Grande-Bretagne à la conclusion du mariage espagnol. Ainsi tenu en laisse par Madrid, Jacques I" mettait doublement en échec le gouvernement français : dans le royaume, par l'appui qu'il donnait aux protestants; à l'extérieur, par sa neutralité, toute bienveillante pour la politique espagnole.
Le cabinet de Madrid connaissait trop bien la force de la situation qu'il s'était faite par une diplomatie sans scrupules pour ne point chercher à en retirer absolument tous les profits qu'elle pouvait donner. « La nature de l'Espagnol, écrit le secrétaire d'État du pape, est de prendre tout ce qui se trouve à son avantage, et, en voulant toujours mieux, de gâter les meilleurs desseins ''. « Depuis les nouveaux progrès accomplis par les armes de l'Autriche et de l'Espagne aux dépens des Grisons, tout un réseau habilement noué d'intrigues diplomatiques entoura les Ligues grises pour les faire tomber dans le piège de l'alliance espagnole, la Valteline pour la jeter dans la dépendance de Milan, et le Saint-Siège pour forcer son adhésion à ce bouleversement complet de l'ancien équilibre établi dans les pays suisses. Le duc de