‹ RichelieuChapitre 37 sur 196 · I. Richel., Méin., p. iGo · texte numérisé non relu

I. Richel., Méin., p. iGo

résolution. Il se serait, au rapport du secrétaire Agucchia, exprimé formellement dans ce sens en parlant au duc d'Albuquerque et aurait même ajouté, ce qui fit faire la grimace à l'ambassadeur, qu'il doutait fort que les occasions de jalousie et de péril fussent levées par le traité de Milan ^

On remarquera facilement que ces nouvelles sont l'indice d'une évolution sensible dans la conduite politique de la cour de Rome. Sans méconnaître la part considérable que prenaient alternativement dans les déterminations du Saint-Siège l'intérêt de la religion et celui de la paix générale, nous ne pouvons passer sous silence les motifs d'ordre inférieur et les considérations particulières qui, dans une mesure très appréciable, influèrent aussi sur les variations de la politique pontificale.

La cour de Rome était ordinairement divisée en factions passionnément hostiles. Chaque pape qui mourait en laissait une derrière lui, composée des cardinaux de sa famille, de ses créatures, de tous ceux en un mot que son pontificat avait avancés ou enrichis. Le nouveau pape, élu le plus souvent grâce à l'alliance des factions que son prédécesseur avait sacrifiées, ne parvenait pas aisément, au début, à former, avec les éléments tirés de la coalition qui l'avait porté à la chaire de Saint-Pierre, un parti assez puissant pour tenir en bride les partisans du dernier régime et les adhérents qu'ils pouvaient recruter. Dans cette situation difficile, les pontifes cherchaient naturellement des appuis parmi les adversaires déclarés des créatures du pape défunt. Cette crise, périodique dans l'histoire de la papauté, au temps dont nous parlons, fut particuUèrement aiguë sous le pontificat de Grégoire XV ^ Le long règne de Paul V avait fortement constitué le parti des Borghèse. L'ex-cardinal-neveu et secrétaire d'État, et l'ancien nonce

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