‹ RichelieuChapitre 39 sur 196 · Nonce, 9 févr. 1G · texte numérisé non relu

Nonce, 9 févr. 1G

Ses amis, désirant maintenir la bonne harmonie entre les ministres du roi et ne pas rompre avec le chancelier, le soutinrent mollement ', et le marquis ne fut pas maintenu dans sa charge. Le cardinal de Retz, intervenant alors comme médiateur, lui offrit au nom du roi d'ajouter Pi;ris à sa lieutenance de Tlle- de -France et d'augmenter ses pensions. M. de Béthune, dont le marquis venait d'épouser la fille, fit accepter à son gendre cette transaction -. Le samedi 20 février, le marquis de Cœuvres prêta serment pour la Heutenance de Paris, et le commandeur baisa les mains de Sa Majesté, pour l'ambassade à Rome, dont il était définitivement investi '.

Ce choix déplaisait à la cour de Rome, non seulement à cause de sa préférence pour le marquis de Cœuvres, mais aussi à cause de la liaison de la famille des Sillerys avec le cardinal Bentivoglio. Ce n'était pas à un ennemi, mais à un ami des Borghèse, que la cour de Rome craignait d'avoir afi:aire. Le nonce Corsini essaya cependant d'atténuer cette impression : « Le commandeur de Sillery, écrit-il, part avec l'intention de se préparer les voies au cardinalat. Aussi cherchera- t-il, si je ne me trompe, non seulement à acquérir la faveur de la cour de Rome par la splendeur de son train de vie et sa libéralité, mais aussi de gagner les bonnes grâces de Notre-Seigneur et de votre Illustrissime Seigneurie ''. »

Le commandeur alla foire visite au nonce et lui assura que la vie de Rome était plus conforme à son caractère que celle de Paris. Le nonce chercha, dans la conversation, à lui ôter de l'esprit l'idée qu'à la cour de Rome on eût désiré plutôt le retour du marquis de Cœuvres que la venue du commandeur : « Il parle très bien italien, dit

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