Ibid
Coïsini; il apporte dans sa fliçon de négocier beaucoup de circonspection, et fait profession d'avoir beaucoup de calme; mais il sera très véhément dans les questions où il sera contrecarré par les Espagnols. J'ai essayé de lui imprimer dans l'esprit l'idée que Sa Sainteté et votre Illustrissime Seigneurie sont personnes paisibles, et qu'avec des manières douces on peut espérer d'elles tout ce qui est juste et raisonnable ' Le commandeur ne tardera point à partir. Il
représentera là-bas très noblement , parce qu'il veut se fiire honneur; il a des objets d'ameublement magnifiques et en quantité, de l'argent en telle abondance qu'il pourra briller plus que ne l'a jamais fait aucun autre ambassadeur à Rome. Il aura avec lui une maison nombreuse, des pages, des gentilshommes, tous bien disciplinés; car je lui ai représenté combien cela est nécessaire à Rome. Il est l'ami du cardinal BentivogHo, mais il est encore plus dévoué au service de son roi et à ses propres intérêts-, »
Les bruits de la cour disaient le commandeur de Sillery incapable^ et la suite prouva qu'ils n'avaient pas tort. Il était destiné à être joué par la cour de Rome et par TEspagne. En attendant, le Saint-Siège manifesta la mauvaise humeur que lui causait le choix de M. de Siller}-, par cette affectation à se désintéresser des clauses politiques du traité de Milan, qui faisait dire au marquis de Puisieux : « Le pape, avec la rigueur de ses maximes, veut ruiner la religion^ l'Etat et la liberté ". »
Une intrigue, dans laquelle il est difficile de dire quelle part fut prise par le gouvernement français, fit cependant réfléchir la cour de Rome sur le danger qu'il pouvait y avoir à abuser de la longanimité que les circonstances commandaient à Louis XIIL La même dépêche qui nous a fait connaître le langage plus ferme que d'ordinaire tenu