‹ RichelieuChapitre 44 sur 196 · Ambass. vénit., 4 mai · texte numérisé non relu

Ambass. vénit., 4 mai

déLourner de la lutte engagée contre les protestants l'effort principal du gouvernement? Un rapide exposé de la situation du parti huguenot en fera juger.

L'expédition de l'année 1621 avait laissé subsister deux foyers d'insurrection, l'un dans les Cévennes et le Languedoc et qui avait pour centre Montpellier, l'autre dans le Poitou, avec la redoutable forteresse de La Rochelle. Les nombreuses places dont Louis XIII s'était emparé avaient, il est vrai, intercepté en partie les communications stratégiques de l'une à l'autre de ces deux bases d'opérations ; mais l'échec du roi devant Montauban rendait fort précaire la situation des garnisons royales, serrées de près entre deux groupes de provinces ennemies. L'hiver fut utilement employé par le duc de Rohan au Midi et par Soubise dans le Poitou pour tirer avantage de leur situation, u Rohan plantait son bourdon dans le Languedoc et 3^ faisait le roi ' ; » en assez mauvais termes avec une assemblée qui s'était constituée à Montpellier, sous l'autorité supérieure de celle de La Rochelle et qui était une sorte de gouvernement insurrectionnel pour les cinq provinces du Bas-Languedoc, des Cévennes, du Vivarais, du Haut-Languedoc et du Dauphiné, Rohan avait cependant réussi à comprimer les désordres^ à étabHr solidement son autorité et à tenir en respect les forces royales. Menacé en effet sur trois points, par le duc de Montmorency qui faisait tomber les petites places des Cévennes, Bédarrieux, Fougères, Gignac, et qui se rapprochait ainsi méthodiquement de Montpellier du côté de l'ouest; par le duc de Guise, qui, avec les levées de Provence, passait le Rhône et préparait l'investissement de la ville du côté opposé ; et enfin par le maréchal de Lesdiguières, qui avait reçu l'ordre de marcher sur le Vivarais, le chef de l'insurrection du Languedoc défendait avec succès les approches de la place confiée à sa garde ; il complétait les défenses des

Page 1