I. Rohan, Mcm., coll. Michaud. p. 42() et suiv
villes de Nîmes et d'Uzès, et paralysait l'armée réunie en Dauphiné, par des négociations engagées avec le maréchal de Lesdiguières, intermédiaire du gouvernement.
Cette résistance, quoique habilement conduite, ne pouvait cependant se prolonger indéfiniment. La cour l'avait bien compris et songeait à gagner, par la concession d'avantages particuliers, le duc de Rohan, très disposé lui-même à traiter honorablement; on eût ainsi évité la guerre civile. Le duc fut donc autorisé à envoyer des députés à la cour. Mais la situation devint tout à coup très dangereuse pour le gouvernement sur l'autre point du territoire où il fliUait combattre la rébellion.
A la fin de la campagne précédente, le duc d'Épernon en Saintonge et en Angoumois, le comte de La Rochefoucault en Poitou, M. de Saint-Luc dans les îles, avaient été chargés de combiner leurs opérations pour réduire le duc de Soubise. Celui-ci prit roff"ensive, et, flivorisé par Tinaction du duc d'Epernon, qui ne porta point ses forces au secours des deux autres généraux du roi, prit et fortifia l'île d'Oléron, s'empara de Royan, de la tour de Mournac^ défit les troupes de M. de Saint-Luc, força en plein midi La Chaume et entra dans les Sables '. Cette rapide série de succès pour les huguenots fit une vive impression sur l'esprit du roi ; leur extension le long du littoral de l'Océan devenait un encouragement et offrait des facilités nouvelles à une intervention éventuelle de l'Angleterre; l'esprit de résistance allait se propager en raison de ces victoires, qui accompagnaient si heureusement la reprise des hostilités par les protestants. îl n'y avait point, à notre avis, d'hésitation possible; cependant le cardinal de Richelieu écrit de sa propre main, en marge de ses Mémoires : « Sa Majesté, contre l'avis de la reine sa mère, qui désirait prudemment qui! se préparât avec plus de loisir, fut emporté par Fimpatience