I. Bassompierrc, t. III, p. \h. — Rohan. Mcm., p. b'y
^4 LA CAMPAGNE DE l622
qu'avait M. le Prince de voir les affaires promptement engagées. » Nous croyons que la préoccupation, trop évidente ici, de jeter le blâme sur les actes du prince de Condé^ fait méconnaître à l'historien ce qu'il y eut, sinon de spontané, au moins d'intelligent dans la résolution du roi d'agir avec une promptitude dont les conséquences furent d'ailleurs très heureuses.
Ce qu'il est juste de dire avec Richelieu, c'est que les préparatifs de la guerre n'étaient pas aussi complets qu'on aurait pu le désirer; l'ambassadeur vénitien exprime un avis conforme : « En ce qui concerne les provisions de guerre, la prise d'armes est prématurée, dit-il; on n'a pas encore de troupes en nombre suffisant. La provision d'or n'a pas encore été vérifiée au Parlement. On publie cependant qu'il a été déjà pourvu aux dépenses pour neuf mois; mais on ne saurait croire à quel point les contrats à passer sont difficiles et les affaires incertaines K » Les moyens dont on disposait auraient été encore bien plus insuffisants s'il s'était agi non d'une guerre intérieure, mais d'une guerre à l'étranger. Comme le faisait observer avec justesse le secrétaire d'État du pape, « aJtro âcnaro si richiede a venire in Italia e altro a far la guerra in casa ^ » Or les embarras financiers n'étaient pas ceux qui gênaient le moins Louis XIII dans la liberté d'action ;, il en souflfrait et on en souffrait autour de lui.
Le nonce raconte qu'un jour quelques soldats des gardes du roi se mutinèrent dans le Louvre, en réclamant la solde qui ne leur était pas payée. Le roi sortit furieux, en appréhenda un au collet et ordonna de le mener pendre. Mais le jour suivant, comme on le conduisait au gibet, le roi lui envoya sa grâce juste au moment où le bourreau « allait lui donner la poussée ^ ». Il fallait sortir de ces difficultés,,