Nonce, 7 mars
LE COMMANDEMENT DU PRINXE DE COXDE 65
préjudiciables h. la dignité du roi , qu'elles exaspéraient. Le Parlement fut saisi de divers édits bursaux et créations d'offices vis-à-vis desquels il montra sa mauvaise humeur habituelle. Peut-être convient-il d'attribuer une certaine importance à cette résistance du Parlement, en présence de ces lignes énigmatiques adressées en chiffres par l'ambassadeur vénitien à son gouvernement : « Le mécontentement grandit de toute part; l'opinion publique murmure ouvertement contre ce gouvernement; on parle sans se cacher de donner des tuteurs au roi, et le bruit court que le Parlement a pris quelques dispositions en vue de cette révolution; mais il n'est personne d'assez hardi pour s'engager le premier. » Il n'y eut donc rien de plus cette fois-ci que la comédie qui se jouait d'ordinaire en pareille occasion : le roi se présenta devant la cour le 19 mars et, nonobstant les remontrances des magistrats, força l'enregistrement de ses édits. C'étaient des ressources pour la guerre '.
Une autre question plus délicate vint encore embarrasser Louis Xin dans ses préparatifs de campagne : il s'agissait comme toujours de savoir ce que ferait la reine mère, ou ce que l'on ferait d'elle. L'intention du gouvernement était de la laisser à Paris : « On a fait à la reine mère, pour qu'elle reste à Paris, dit l'ambassadeur vénitien, les propositions les plus avantageuses : le gouvernement absolu de toutes choses, le maniement des finances, le commandement de toutes les provinces confinant à l'Ile-de-France; on lui a représenté que, de cette façon, elle sera en possession de l'autorité souveraine, qu'elle sera comme le cœur du gouvernement,, dirigeant elle-même toutes choses, tandis que le roi ne paraîtra que l'exécuteur de ses volontés. » Marie de Médicis, dont l'humeur contredisante ne se prêtait jamais qu'à contre-cœur aux combinaisons du gouvernement, quand elle ne le dirigeait point, repoussa ces