Ambass. vénit., n» 32, i"' avril
3. Voir Rich^Utu, Mémoires, p. 261. Il développe les motifs politiques invoques par la reine mère pour autoriser son voyage. — Cf. le Père Griffet, tome I, page 333.
4. Accord de la querelle de MM. les duc de Nevers et prince de Joinville, faict par le roy en présence de MM. les princes du sang et autres princes, 19 mars 1622. (Bibl. de l'Institut, X, 465.) — Le chancelier Brùlart lut une pièce qui fut ensuite livrée à la publicité et de laquelle résultent les faits suivants ; Le cardinal de Guise et M. de Nevers étaient en procès; chacun d'eux allait solliciter les rapporteurs. Le roi limita le nombre des gentilshommes dont il serait permis au duc de Nevers de s'accompagner dans son carrosse; celui-ci alla chez le rapporteur avec cette compagnie. « Ledict cardinal et le prince de Joinville son frère vous allèrent cercher ; croyant ledict cardinal qu'en quelques escritures du procez il avoit esté par vous ofténsé, il se transporta de colère et vous donna un coup de sa main sur la teste, que vous luyavez rendu en le repous-
Louis Xni partit comme à la dérobée, sans aucun apparat, le dimanche des Rameaux, 20 mars; il sortit par une porte secrète du Louvre, laissant la cour en proie à la surprise ; le prince de Condé et le comte de Soissons l'accompagnaient; la reine mère, suivie d'une escorte de dames, parmi lesquelles se trouvait la comtesse de Soissons, prit le lendemain matin la même route que le roi, qui était allé coucher à Berny, villa du chancelier.
Nous nous trouvons ici en présence de nouvelles obscurités dans les Mémoires de Richelieu. Le cardinal affirme qu'il avait été décidé que le duc d'Anjou, le trop célèbre Gaston, resterait à Paris; il ne semble point qu'il en ait été ainsi. Giovanni Pesaro dit en effet, à la date du 19 mars, que Monsieur devait suivre le roi, et le i*"" avril il donne au Sénat l'information suivante : « Monsieur, frère du roi, ayant un peu d'indisposition et voulant être malade, a voulu aussi rester à Paris; on ne sait pas s'il continuera à y séjourner, mais on peut dire qu'en tout ceci il obéit aux conseils de sa mère. » Il fliut rapprocher ce passage de la dépêche correspondante du résident florentin : « Le duc d'Anjou est resté ici, grâce à l'habileté de la reine mère ; pour le moment, on n'a pas pris d'autre résolution que celle-ci, à savoir qu'il fera ce que fera la reine, sa bellesœur, qu'elle reste à Paris ou qu'elle suive les opérations de la campagne; on estime néanmoins que la reine mère
sant d'un pareil coup. « Le cardinal demanda à sa mort pardon de cette offense. Nevers n'avait point son épëe quand il fut attaqué; il se la rit donner par son écuyer pour se venger. Mais le prince de Joinville, mettant lui-même Tépée à la main, s'interposa entre le cardinal et le duc de Nevers. M. Marescot, du conseil du roi et maître des requêtes de l'hôtel, était présent; Joinville, qui pensait que Marescot fomentait la division entre les Guise et les Nevers, le frappa du plat de son épée à plusieurs reprises. A la suite de cette scène, Nevers provoqua Joinville à se battre; le roi empêcha la décision de ce fait par les armes. Un accord où les faits sont relatés impartialement et avec toutes sortes d'atténuations dans les intentions est lu aux deux parties avec commandement de s'embrasser et de vivre en paix.
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prévaudra sur ce point, et elle fait tous ses efforts pour qu'il ne soit point exposé aux inconvénients d'un vo)'agc aussi long et aussi fatigant, n'étant d'aucune utilité ni pour la guerre ni pour le maniement des affaires de l'État, puisqu'il n'y a encore aucune part '. »
Richelieu expose avec une éloquente précision les raisons à l'aide desquelles la reine mère aurait, contre l'avis du prince de Condé, déterminé le roi à laisser son frère derrière lui. Il résulte des fragments que nous venons de citer que c'est à la faveur de circonstances imprévues et pour ainsi dire subrepticement que Marie de Médicis en vint à ses fins sur ce point. L'indisposition de commande du frère de Louis XIII coïncide avec un accident très réel qui changea sous un autre rapport les combinaisons arrêtées à l'avance relativement au voyage des membres de la famille royale. Il avait été en effet arrêté que la reine régnante suivrait l'armée; elle était grosse à ce moment. « Il a plu à Dieu, dit l'ambassadeur florentin, d'affliger ce royaume d'un malheur qui est survenu : la reine a avorté le i6, jour où, se levant de table et s'étant pris le pied dans la frange du tapis de velours qui la couvrait, elle tomba tout de son long par terre, d'où il résulte que, forcée de garder le lit, elle attendra ici la résolution qui sera prise à Orléans relativement au voyage du roi; si l'on va à Lyon elle suivra Sa Majesté; si l'on va en Poitou, pays ruiné et plein de dangers, elle ne s'en ira pas d'ici, pour ne point s'exposer à de trop grandes incommodités et pour ne pas donner d'embarras à l'armée. Toute la cour a été dans la douleur à cause de cet accident, et le roi a montré beaucoup d'émotion; tous les ambassadeurs ont été présenter des compliments de condoléances aux trois Majestés ^ »