‹ RichelieuChapitre 60 sur 196 · Nonce, 4 mai 1622, de Saintes · texte numérisé non relu

Nonce, 4 mai 1622, de Saintes

ambassadeurs ; et il leur fit entendre la raison de ces procédés peu galants en se plaignant vivement du peu de crédit que les ambassadeurs français avaient eu l'année précédente en Suisse. « La fin des ministres et de M. de Puisieux en particulier, écrit l'ambassadeur vénitien Pesaro, est de mortifier les Suisses \ » Les députés eurent beau représenter qu'il leur était impossible de résister à deux grands princes, le roi d'Espagne et l'archiduc, le gouvernement finançais n'en persista pas moins à leur tenir rigueur; c'est ce que nous apprend une nouvelle dépêche du nonce :

« Les ambassadeurs suisses, dit-il, sont partis très mal satisfaits, sans avoir pu voir le roi plus d'une fois. Il leur a été seulement dit qu'ils sauraient par l'ambassadeur de Sa Majesté en Suisse quelles sont ses intentions. L'ambassadeur de Venise a voulu s'entremettre pour leur faire donner quelque satisfaction, dans la crainte que leur déplaisir ne les pousse à quelque accommodement avec les Espagnols; il a été également mal reçu ". J'ai demandé aux ministres pourquoi ces ambassadeurs n'avaient pas été traités avec plus de ménagement. Il m'a été répondu qu'on ne voulait pas qu'ils prissent l'habitude de venir à la cour sans la volonté du roi. Je me doute que c'est pour ne pas encourager cette nation à envoyer des députés réclamer les payes qui leur sont dues. M. de Puisieux m'a dit, du reste, en ce qui concerne la Valteline, que l'on a expressément recommandé aux ambassadeurs français d'employer l'adresse et l'énergie pour que les Grisons soient satisfaits et qu'ils acceptent de leur côté les conditions stipulées par le traité de Madrid, sans qu'il soit fait cependant aucune mention de ce traité . »

1. Ambass. vénit., n" 42, 4 mars 1^22. « Il fine di qiiesti viinistri et di Pisicitx particolannente e di mortificare qiiesti siti;;:^eri. »

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