‹ RichelieuChapitre 62 sur 196 · Agucchia., 22 avril · texte numérisé non relu

Agucchia., 22 avril

nonce Corsini visaient à mettre le marché à la main au gouvernement français : « Il n'est pas bien sûr, écrivait le secrétaire d'État, que lorsqu'on aura appris à la cour d'Espagne l'arrivée du roi à Nantes, quand on craignait d'abord de le voir venir à Lyon, et qu'on le verra embarrassé dans la guerre contre les rebelles, ils ne se hâtent pas^ à Madrid, de se tirer de ces négociations et de continuer à profiter des bénéfices que leur apporte le temps '. »

L'ambassadeur de France en Espagne, M. du Fargis, se prêta assez maladroitement à des négociations dans lesquelles s'employèrent activement deux nonces de Grégoire XV à Madrid, le patriarche d'Alexandrie et l'archevêque de Thèbes, envoyé extraordinaire; les pourparlers eurent lieu à Occagna et à Aranjuez. Le négociateur firançais, après avoir refusé de se départir des termes mêmes du traité de Madrid, finit cependant par accepter le grand-duc en qualité de dépositaire de la Valteline. La difficulté se réduisit alors à la question de savoir quelle serait la durée du dépôt; l'ambassadeur français désirait la déterminer pour trois ou quatre ans; les Espagnols, pour ne rien engager, voulaient qu'elle pût être prolongée jusqu'au moment où il paraîtrait à Sa Sainteté et aux deux couronnes conjointement qu'il était suffisamment pourvu à la sûreté de la religion catholique. La cour romaine proposait ce tempérament de fixer la durée du dépôt à trois ou quatre ans, après lesquels les deux parties verraient s'il y avait lieu de reculer encore l'évacuation -.

A Paris, le gouvernement n'attachait qu'une importance médiocre aux négociations d'Occagna ; elles lui semblaient en efi'et n'avoir d'autre utilité que d'amuser le tapis pendant que les afi'aires étaient encore indécises dans le Palatinat où les deux parties se disputaient la victoire. Le gouvernement irançais laissa donc son ambassadeur à Madrid se prêter à

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