Agucchia, 20 mai
88 LA CONVENTION d'oCCAGNA
ce jeu; mais des instructions formelles données ailleurs manifestaient l'intention des ministres de Louis XIII de s'en tenir purement et simplement au traité de Madrid. « Le commandeur de Sillery, en venant ici, écrit le secrétaire Agucchia, est allé répandant par toute l'Italie le bruit qu'il porte des instructions très rigoureuses relativement à cette affaire : il a annoncé que le roi n'est pas disposé à consentir à un autre accord qu'à celui de Madrid ; mais on croit en général qu'il y a là beaucoup d'exagération '. » Ce qui donnait sans doute aux ministres de Louis XIII une confiance excessive dans le maintien du traité, c'est que l'ambassadeur d'Espagne en France, le marquis de Mirabel, avait solennellement affirmé au roi de France à Nantes, de la part de Philippe IV, que celui-ci voulait s'en tenir au traité de Madrid, avec cette seule réserve qu'il serait pourvu aux intérêts de la religion catholique ; l'ambassadeur d'Espagne avait de plus indiqué que le roi son maître entendait que la négociation relative à ces intérêts fût poursuivie à la cour de France ; car il craignait de ne pouvoir rien conclure avec l'ambassadeur du Roi Très- Chrétien auprès de lui. En attendant, le roi d'Espagne offrait de déposer les forts de la Valteline entre les mains des habitants mêmes du pays. Ces propositions ont lieu d'étonner de la part du cabinet de Madrid; mais Corsini affirme à deux reprises différentes qu'elles furent faites et au nonce luimême à Paris et au roi de France à Nantes ^.
Sans se laisser prendre absolument à ces ouvertures, le gouvernement français ne s'en montrait pas moins assez rassuré à l'égard des négociations d'Occagna, dont il suivait les phases avec un certain scepticisme; l'ambassadeur vénitien étant venu représenter au ministre des affaires étrangères qu'il y avait avantage à donner un contre-poids aux Espagnols en favorisant l'agrandissement du pontife et de sa famille, Puisieux lui répondit froidement : « Le pape ne durera pas ;