Nonce, 29 mai
le cardinal Ludovisi sera bon compagnon : il épousera la France aussi bien que l'Espagne et acceptera tout ce que lui offriront les deux partis '. ^>
Les pourparlers d'Aranjuez et d'Occagna aboutirent cependant à une convention nouvelle, dans laquelle les intérêts de la France se trouvaient une fois de plus méconnus. Dans une dépêche adressée au patriarche d'Alexandrie, le 29 mai 1622, le nonce accuse à ce dernier réception de la copie de l'accord conclu à Occagna; il fera, dit-il, tous ses efforts pour obtenir qu'il soit ratifié, mais il y trouve de grandes difficultés et, après avoir rappelé les promesses faites à Nantes par le marquis de Mirabel, Corsini ajoute qu'il a paru très étrange aux ministres français, ou que le marquis de Mirabel ait eu l'audace de faire sans ordre une pareille proposition, ou qu'on s'en soit repenti à Madrid au point de la retirer ^
Une autre dépêche de Corsini, adressée au secrétaire d'Etat du pape , nous fait connaître les termes mêmes de cette convention, dont le nonce lui-même n'hésite pas à signaler et à condammer les clauses désavantageuses pour la France : « Le traité conclu à Occagna entre Balthazar de Zuniga et l'ambassadeur de France ne rencontre ici aucune approbation, dit-il. On le trouve préjudiciable au traité de Madrid et à la liberté de l'ItaHe. On y promet de déposer les forts entre les mains du grand-duc ; mais il n'est pas sûr qu'il consente à de pareils frais. Puis il est suspect, et à cause de la reine, et parce qu'on le suppose de secrète intelligence avec les Espagnols. Il est convenu que les forts resteront sur pied jusqu'à l'accommodement des choses de la religion. Cette clause remplit d'indignation tous les intéressés. Car, d'après la convention, l'appréciation des garanties à donner à la reli-