‹ RichelieuChapitre 66 sur 196 · Nonce, 21 mai · texte numérisé non relu

Nonce, 21 mai

sitaires présentent au surplus toutes garanties et particulièrement le grand-duc, neveu d'une princesse aujourd'hui en possession d'une grande autorité dans l'État. La situation des affaires en France rend presque impossible une autre manière d'agir; car il faudrait ou conclure la paix avec les hérétiques, ou laisser les Espagnols jouir en paix du profit de leurs succès en Valteline '. »

La lecture des pièces que nous venons de citer nous montre le désaccord qui existait entre la conscience du nonce et son attitude diplomatique. La convention d'Occagna était pour la France une véritable duperie. Aussi, lorsque Corsini alla trouver le roi de France à Agen pour obtenir de lui la ratification de la convention, il se heurta contre une résistance absolue. L'ambassadeur de Venise fut plus heureux que le nonce ; ayant reçu de la République, par un courrier exprès, l'ordre de faire une vive opposition à l'accord d'Occagna, il réussit à faire refuser la ratification -.

Dans l'entrevue que Ms'' Corsini eut avec les ministres pour le même objet, ceux-ci s'exprimèrent avec indignation ; ils lui déclarèrent qu'à Madrid on ne traitait pas avec sincérité, mais qu'on usait au contraire de tant d'artifice et de tromperie qu'il n'était plus possible de le souffrir davantage ^ ; ils annoncèrent en même temps au nonce que l'on écrivait en Espagne pour réclamer l'exécution du traité de Bassompierre.

Corsini leur posa alors une série de questions :

1° Comment s'y prendraient-ils pour assurer la religion, puisque sur ce point la convention conclue par Bassompierre ne plaisait en aucune façon à Sa Sainteté et qu'elle était décidée à en empêcher l'effectuation si l'on n'apportait un remède efficace à la situation religieuse ?

Page 1