I. Cardinal Ludovisi, 24 juillet
parti de ces avantages; il continua malheureusement à disputer aux Espagnols sur le terrain diplomatique seulement les positions conquises par ces derniers dans les Alpes; il le fit avec fermeté et opiniâtreté, mais d'une manière en somme peu efficace. Au moment où le nonce faisait de nouvelles instances en vue de la ratification du traité d'Occagna ', le duc de Feria refusait une suspension d'armes demandée par les ambassadeurs français auprès des Grisons, sans daigner même faire réponse à la lettre qui lui avait été adressée à ce sujet. « Ainsi, écrit Ms' Corsini, les ministres découvrent de plus en plus les artifices et la mauvaise volonté des Espagnols, et ils sont de plus en plus décidés à envoyer de l'argent en Suisse pour s'assurer la majorité des cantons en vertu de l'article iv de la convention de Madrid, ou à fiire une alliance avec les Suisses,, les Vénitiens et la Savoie. Ils vont envoyer dans cette intention M. de Bassompierre^ personnage propre à mener à bonne fin l'un ou l'autre dessein ^ »
Le gouvernement français avait fait savoir à Madrid qu'il ne ratifierait point la convention d'Occagna, bien que son ambassadeur l'eût acceptée, parce que celui-ci avait dépassé ses pouvoirs ^ Ms'' Corsini se mit alors en tête de faire adopter une nouvelle combinaison; très ambitieux d'obtenir la pourpre romaine, il comptait sans doute y arriver en réussissant mieux que ses collègues de Madrid. Pendant le séjour assez long que les chaleurs imposèrent au roi dans Béziers, il s'attacha aux ministres pour leur faire accepter son idée, qui consistait à remettre la Valteline en dépôt entre les mains du duc de Lorraine, avec ces deux conditions, que les
1. L'ambassadeur vénitien signale à son gouvernement et combat en France les tentatives du nonce pour obtenir ce résultat. N" 54/ 4 juillet 1G22.
2. Il ne fut pas donne suite pour le moment à ce projet, dont Bassompierre ne parle point dans ses Mémoires ; il venait d'être fait maréchal de France.