Sillery à Puisieux, 6 juin
La dépêche écrite à ce sujet par Puisieux ne témoigne pas encore d'un bien grand désir de voir réussir la campagne entreprise par l'évêque de Luçon : « Le roy, dit-il, a recommandé à monsieur le nonce, en sa dernière audience, pour la première promotion, la personne de monsieur de Lusson. Je luy en ay aussi parlé; mais nous vous manderons plus précisément, à la première fois, comme vous en devez user. Je voy bien que l'Œillet (le cardinal Ludovisi) désireroitque la promotion fust différée. Le Mords Qe nonce) seroit bien de cet advis pour y avoir part. Celuy qui fait delà pour la Houssine est bien violent et assez impertinent '. »
La situation se dessine cependant de plus en plus à l'avantage de la reine mère et au détriment du prince de Condé. Le ministre des aff"aires étrangères la résume, à la même date que la dépêche précédente, par cette phrase significative : « Tous vos amys se portent bien. V Oratoire (Puisieux) est fort bien avec le Pied d'Est ail et avec ceux qui sont auprès de luy. La Salle (Condé) est assez mal avec le Maistre du hastimcHt (le roi), lequel est bien avec la Porte. Tout cela pour vous seul -. » Désormais, en effet, il n'y a plus d'ambages dans les instructions du gouvernement français. L'ambassadeur, qui continue son adroit manège, écrit bien le i^'" août : « l'attends avec non moins de dévotion que d'impatience ce que Ton aura résolu que je fasse sur le sujet de la promotion '. » Mais, presque au même moment, les ordres définitifs sont partis. La cour de Rome n'a plus qu'à s'exécuter, sous peine de voir rompre les relations diplomatiques de la France et du Saint-Siège : « Quant à la promotion, écrit Puisieux, le roy en parla dernièrement au nonce, et moy après en son nom , et est d'avis de faire presser l'aff^aire autant qu'il se peut honnestement et avec fermeté;