Sillery à Puisieux, i«'' août
fors d'y ajouster qu'en cas Je desny ou que la chose passe autrement, de retirer le Tabernacle (Fambassadeur Sillery). En cela n'y espargnez aucun office. Vous aurez pour cet effect les lettres de la main... Il faut donner cela à la voix publique, et à la réputation de Sa Majesté, après ce qui s'est passé, et au contentement de la reyne mère, qui en escrit souvent et se conduit fort bien \ »
Richelieu, dans la crainte d'échouer encore au port, presse par des missives répétées ^ la bonne volonté toute nouvelle du ministre ; mais ses intérêts, cette fois-ci, sont pris sérieusement en main, et la reine écrit avec confiance à Puisieux la lettre suivante :
« Monsieur de Pizieux, j'ay très grand déplaisir que la perte de mon cousin le cardinal de Retz que ie regrette infiniement vous donne lieu de faire nouvelle instance pour la promotion du sieur Evesque de Luçon, mon grand Aumosnier. Mais, puisque cet accident est arrivé, je m'assure que vous vous souviendrés de recevoir commandement du Roy monsieur mon filz de faire promptement une depesche expresse au sieur commandeur de Sillery, son ambassadeur, pour le charger de presser sans relasche le Saint-Père de donner au Roy le contentement qu'il attend il y a si longtemps. Il ne peult plus estre différé puisqu'il est promis sy tost qu'il y auroit une quatriesme place et que depuis un an en ça II est mort troys cardinaux françoys, au grand dommage de cet Estât. Je me prometz que vous n'oublierés rien de ce qui sera nécessaire en cet affaire, ne doutant point de vostre bonne volonté; vous pouvés aussy vous assurer que comme le Roy mondict sieur et filz en désire le succès, aiant proposé ce suiect plustost qu'un autre en ma considération. Je ne manqueray en aucune occasion à vous tesmoigner le ressentiment que j'auraydu soin que vous y aurés apporté et vous feray voir que je suis véritablement, monsieur de Pizieux,
« Fi'"^ boue amie, « Marie.
« La confiance que j'ay pariiciilièrement en V amitié que vous m' avei promise et la franchise avec laquelle ie voiidrois avoir lieu de vous faire paroistre la mienne faict que librement ie vous prie de parachever ce que vous avès mis en fort bon estât par vos dernières lettres ^. »