‹ RichelieuChapitre 82 sur 196 · V. Bassomp., t. III, p. i · texte numérisé non relu

V. Bassomp., t. III, p. i

Il8 RICHELIEU CARDINAL

porte fermée au prince de Condé, à celui qui bien ou mal avait en réalité dirigé la guerre, pour l'empêcher de négocier le traité qui devait y mettre fin ; c'est l'affaire du cardinalat de Richelieu, si singulièrement unie dans ces intrigues complexes et inconnues, avec celle de la paix à donner aux huguenots!

Les renseignements du Florentin dissipent bien des obscurités, notamment en ce qu'ils nous font comprendre l'attitude nouvelle prise par Puisieux à l'égard de RicheUeu. Celui-ci rencontra bien encore des obstacles ; mais la mauvaise volonté ne vint plus du secrétaire d'Etat des affaires étrangères.

Suivant l'expression du commandeur de Sillery, parlant au pape, qui se montra fort étonné de ses démarches en faveur de Richelieu, « h Mords taisoit ou biaisoit ce qui lui avoit esté dit ', » et Puisieux, de son côté, affirmait « que le nonce déguisoit véritablement les matières pour son intérêt^ ». On a vu que les Sillerys n'étaient pas exempts du même reproche ; pendant longtemps, le nonce ne semblait avoir fait que se conformer à leur propre politique. Aussi, lorsque le roi manifesta plus formellement qu'il ne l'avait jamais fait son désir d'obtenir le chapeau pour Richelieu, grandes furent la surprise et la déception de Corsini.^ Il s'étonne de cette résolution et écrit à Rome que, pendant longtemps, le roi ne semblait pas s'être soucié de faire nommer un cardinal français ; il montre le roi hésitant encore, après s'être déclaré, se cachant de Puisieux pour pousser son candidat, et préoccupé surtout du désir de satisfaire sa mère. Le malheureux nonce perd la tête et ne peut se décider à parler de la volonté désormais devenue formelle de Louis XIII ; il commet bientôt l'imprudence d'écrire contre l'évêque de Luçon une lettre qui est saisie par les ministres.

w Je m'apperçois clairement, écrit Puisieux, et est aysé de

Page 1