Puis, à Sill., 25 août
RICHELIEU CARDINAL II cj
le Voir, que le désir ardent qu'a le Mords de prendre part en cet honneur, luy fait non seulement obmettre les offices qui luy sont recommandés, mais y adjouster des artifices et inventions aussy fausses que grossières, ainsy que vous verre;c bien nettement par une sienne lettre interceptée, qui demeurera à vous; car ce qu'il 3^ met est non seulement faux, mais il est sans doute aucun inventé par lui seul ^. »
Il faut enfin que Corsini fasse connaître toute la vérité, qui lui brûle les doigts en sortant de sa plume, et qu'il enveloppe encore de certaines précautions : « Le roi, écrit le nonce, a su que sa mère a appris la manière dont, sous main, on a, en s'autorisant de ses propres ordres, cherché à empêcher la promotion de Luçon ; alors il s'est mis en colère et a commandé à son ambassadeur, nonobstant tout ce qui a pu être dit au nonce, de faire de vigoureuses instances en faveur de Richelieu -. »
Richelieu est enfin promu le 5 septembre 1622. La lettre qu'il adresse à ce sujet en réponse aux compliments un peu forcés du nonce '' est d'un ton piqué et ironique; il retourne le fer dans la plaie du pauvre intrigant déçu, par ces mots d'une malice fort aiguisée : ■< Vous trouverez bon que je vous die que ce m'auroit esté un grand contentement que nous eussions esté compagnons en cette promotion. Une aultre occasion donnera à vostre mérite ce qui luy est deub. » Le nouveau cardinal écrit au contraire des lettres pleines d'effusion de reconnaissance à Puisieux et à Sillery \ si bien que ceux-ci finirent par se persuader qu'ils avaient travaillé bien consciencieusement au succès de l'évê-