Nonce, 14 octobre 1Ô22. — Voir Tappendice, n
que les réserves stipulées par les articles secrets privaient de tout caractère absolu et définitit. Laisser des forteresses aux protestants, ne leur enlever leurs chefs qu'à la condition d'assurer à ceux-ci non seulement le pardon, mais des indemnités, c'était évidemment transformer la paix en trêve et encourager pour l'avenir les fauteurs de guerre civile. La lutte se renouvellera fatalement, mais aussi dans des conditions meilleures pour la royauté, remise, par les expéditions des années 1621 et 1622, en possession d'un grand nombre de places où son autorité était auparavant méconnue. Ce n'est d'ailleurs pas à l'absolu, mais au possible que doit viser la politique, et toute la question, en ce qui concerne le traité de Montpellier, est de savoir si les résultats acquis par Louis XIII étaient en raison des sacrifices accomplis et des possibilités de l'heure présente.
Le nonce analyse avec la subtilité d'un esprit délié les causes qui, suivant lui, avaient amené cette pacification, qu'il qualifie, en homme passionné, de déplorable. Après avoir recherché celles de ces causes auxquelles il attribue plus particulièrement l'échec de Montauban l'année précédente ^ il en vient à celles de la paix de MontpelHer.
Il y a d'abord pour lui des raisons qui tiennent aux personnes et qu'il résume ainsi : la mort du cardinal de Retz, qui, sur ce point, faisait prévaloir son sentiment dans l'esprit et dans le conseil du roi; la maladie du comte de Schomberg, dont Tabsence a retardé le succès du dernier siège, qui aurait sans doute donné plus de cœur à Sa Majesté; Tabsence du Père Arnoux, qui était énergique, véhément et zélé, et qui ne permettait pas que la conscience du roi fût troublée par des considérations politiques " ; la froideur du Père Séguiran, lequel, sans courage et sans vigueur, n'a jamais osé presser Sa Majesté comme il convenait à un reli-
1. Voir notre ouvrage Le connétable de Luynes. au chapitre Le SIÈGE DE Montauban.