I. Agucchia, q août 1Ô
il n'y aura pas lieu de s'étonner si à la fin ils sont écrasés, d'autant plus que voici bien loin de l'Alsace le Mansfeld, qui leur donnait grand cœur et à eux et aux Suisses hérétiques *. )'>
Le gouvernement fi-ançais n'a donc qu'à se résigner; s'il menace de la guerre, la guerre viendra le trouver. Un mois après la dépêche précédente, le secrétaire d'État pontifical écrit que le Roi Catholique a déjà donné Tordre à l'infimte de former, avec les gens de Cordova et du comte de Bergues ou d'autres, une armée toute prête, pour l'envoyer sans retard sur les fi'ontières de la France et l'y "faire entrer, si le roi prend la résolution de faire descendre des troupes en Itahe ^.
Mais la cour de Rome apprend bientôt des nouvelles qui mettent le comble à sa joie. « L'archiduc Léopold, dit Agucchia, pendant qu'il traitait de la paix et tenait endormis les esprits des Grisons, les a défaits et écrasés par les armes, et il a tout recouvré en un seul jour; il pense maintenant, au moyen de forts et de garnisons, prendre si bien ses sûretés, qu'ils ne puissent plus se révolter, et de cette fiçon voici fermée maintenant une des Trois Ligues, si toutefois on continue à les laisser en paix et en liberté ; mais celles-ci, qui tournent selon le vent de la fortune et la crainte du danger présent, et qui naguère avaient renoncé à la capitulation de Milan et qui avaient rétabH leur union avec les Dix-Droitures, déclarent maintenant qu'elles n'ont jamais consenti aux derniers soulèvements et professent qu'elles veulent se conformer auxdites capitulations; il n'est pas douteux qu'elles feront tout ce que voudront l'archiduc et les Espagnols : elles accepteront le traité de Milan. Les Vénitiens semblent aussi disposés à prendre ce parti, voyant aller si mal les affaires du Palatinat^ »
Les espérances de la cour de Rome devaient être dépas-