‹ Richelieu et la frondeChapitre 22 sur 40 · IG38-1G · texte numérisé non relu

IG38-1G

Enfin le modéré Marca, jusque-là contraire à Du Puy, dépassa Du Puy en un point; il enseigna que les églises, ayant droit d’élire leurs évêques, pouvaient donner ce droit au roi. Louis XIII aurait eu les pouvoirs d’Henri VIII. Ces évêques royaux, en concile, eussent pu créer un patriarche.

Le roi (le 16 avril 1639), acceptant, proclamant comme siennes les hardiesses de Du Puy qu’il a désavouées, déclare « que le clergé est incapable de posséder et peut être contraint de vider tout immeuble un an après l’acquisition. Mais il veut bien ne pas le dessaisir; il se contentera d’exiger les droits d’amortissement. »

Fière et redoutable menace, mais bien peu soutenue. Le 7 janvier 1640, on avoue platement que le roi s’en tiendrait à un petit don de trois millions.

Le roi est donc vaincu? Du Puy ne l’est pas, et il continue la bataille, aidé surtout par l’ennemi, par les pamphlets papistes qui indignent le public, relèvent le courage du ministre. Trois millions ne sont plus assez; il lui faut le sixième du revenu pendant deux ans [cent millions de ce temps-là), 6 octobre 1640. Une commission, créée par Richelieu pour établir ce droit, sur le refus des pièces, fait enfoncer les portes des archives

que lui fermaient les agents du clergé. La bataille est bien engagée.

Et. à ce moment même, Richelieu fait décidément le plongeon. 11 se résigne à demander cinq millions et demi, une fois payés (1641).

11 marqua sa mauvaise humeur en faisant renvoyer dans leurs diocèses les cinq ou six évêques dont la résistance avait tout arrêté. Ils partent, mais vainqueurs. La question, dès ce jour, est finie pour jamais.

Le clergé sera quitte dès lors pour donner peu ou rien. Dès lors, le grand riche est exempt, et l’on ne prendra rien qu’aux pauvres.

Si Richelieu veut soutenir la guerre, si le gouvernement a des besoins croissants de toute sorte, qu’il demande à ceux qui n’ont rien.

Si l’on est obligé d’organiser la charité publique, en présence du nombre effroyable de ceux qui demandent l’aumône, les biens d’Eglise, fondés pour cet usage, ne contribueront pas.

Vincent de Paul et autres chercheront des ressources fortuites pour les établissements nouveaux.

Ni Richelieu pour le gouvernement, ni Vincent pour la charité, ne feront rien de grand ni de solide.

Résumons en trois mots les trois chapitres précédents.

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