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LES ÉLECTIONS MUNICIPALES. î:^7
]a ville » , les réclamations n'en furent pas moins vives, et le premier président, appuyé par la bourgeoisie, voulut ^
même qu'on procédât de nouveau aux élections, « comme si 1
le Roi n'avait choisi personne » . Le ministère affectait de ' '{
ne pas comprendre cette résistance, alléguant que le par- -
lement « avait souvent entrepris de faire des capitouls d'autorité » , sans que le corps de ville s'y fût opposé. Il oubliait d'ajouter que l'intervention de la magistrature ne s'était produite qu'en cas d'abus, et tendait uniquement à maintenir l'observation des statuts, tandis que l'intervention royale n'avait d'autre but que de les détruire. Le chef-lieu du Languedoc était si fort attaché à l'indépendance de son capitoulat, qu'à l'époque où fut établie une mairie vénale il se rendit, moyennant cinquante mille livres, acquéreur de cet office et conserva le droit d'élection ' .
Bien d'autres localités agirent de même, dans le cours du dix-huitième siècle, avec la permission des intendants. Dans celles où ce rachat ne fut pas opéré, la vénalité des .^
charges municipales produisit de singuliers cumuls : le J
même homme put se trouver à la fois subdélégué de l'inten- ^
dance, maire et juge royal. Le lieutenant général de Bou- f5
chain (Flandres) prononçait comme juge dans des procès où il était partie comme maire*. Ce que Louis le Grand devait accomplir en cette matière, Louis le Juste, ou plutôt ses conseillers, en avaient eu l'idée : on proposait, en 1642, Ji
de créer sous le titre d'intendant, un officier dans chaque paroisse de France; on calculait que ces charges pourraient
> Aff. Étrang., t 805. f. 185. — Arch. dép. Haute-Garonne, B. 424, ' ^^