trouée de tant de brèches, incessamment agrandies, par où
C^ passaient et le citadin et le paysan, la carcasse de la féoda-
';-^ lité n'en subsistait pas moins debout encore, capable d'être
L nuisible ou utile, — et Ton ne sait, en vérité, lequel des
^ 1 Arch. dép. Isère, B. 3,115, 3^117, 2,426. La terre et seigneurie de
X' Peyrins et Saint-Paul de Romans est vendue, en 1645, aux habitants des-
^ dits lieux pour 6,300 livres, la seigneurie de Ghorges, en Embrunais, est
pr. payée 2,380 livres par la commune de ce nom (1640). — Société tf études
%^, des Haules'Afpes, I, 38.
^ « Arch. coui. Toulon, CC. 406. — Arcb. Lot-et-Garonne, B. 13, 52,
^ 55. (Meziu, A A. 3, BB. 2, 6.)
deux elle est le plus, — à ce peuple des campagnes qui vit à ses côtés. Il est des nobles bons vivants qui font banqueter chaque année à leurs frais les municipalités voisines, il est des tyranneaux de villages, pillards, mauvais payeurs, vexant leurs voisins et tuant leurs poules pour les manger. Un sieur de Gibertès, résidant au château de la Vigne, entre Mande et Marvejols, entretient une garnison de vingt-cinq à trente chenapans, avec lesquels il « feit des courses » , rançonne et assassine impunément dans le plat pays, jusqu'au jour où il est pendu au gibet de sa paroisse natale par les soins des magistrats du district '. Car les crimes et les exactions, de quelque nature qu'ils soient, n'ont qu'un temps; la population rurale qui ose résister h un gouverneur, sait se défendre contre un simple châtelain. Les jurades qui lèvent spontanément des impôts exceptionnels, dont le produit est destiné à être « offert au seigneur en récompense des services qu'il a rendus à la communauté durant les troubles », trouvent aussi de l'argent, si le seigneur les moleste et les opprime, pour plaider contre lui. Un laboureur de Brétigny ne se gênait pas pour dire, en pleine assemblée, que « le seigneur de cette paroisse avait mangé plusieurs bons morceaax, mais qu'il fallait qu'il les dégorgeât » . Par arrêts de parlements donnés au profit des communautés rurales contre des gentilshommes trop exigeants, il est sévèrement défendu à ces derniers de contraindre les habitants à aucune autre redevance que celles qu'ils prouveront leur être légitimement dues; les nobles concussionnaires sont condamnés à restitution envers leurs tenanciers, quelquefois bannis et dégradés de noblesse. Dans les villes, les vassaux n'ont pas besoin de recourir à la justice; ceux de Rodez décrètent eux-mêmes la forma-
» Aff. Étrang., t. 804, f. 190; t. 807, f. 50. — Arch. dép. Lozère, G. 623; Lot-et-Garonne (Layrac, A A. t).
lion d'une commission de six bourgeois qualifiés, « pour assurer la liberté des personnes » contre l'év^éque-seigneur de la cité et ses représentants, accusés d'avoir procédé à un emprisonnement sans avis de Tautorité consulaire \
Les rapports entre la noblesse et le peuple des campagnes ou des bourgs varient singulièrement en temps de paix et en temps de guerre. La tranquillité règne-t-elle, on ne cesse de se cbamailler : le cbàtelain cherche volontiers à ne pas payer sa part de contributions, du moins sa part tout entière, il est parfois autoritaire et violent. De son côté le paysan, tout en le respectant, le craint souvent plus qu'il ne Taime. On plaide facilement les uns contre les autres. Vienne la guerre civile ou étrangère : vite on court au gentilhomme, écuyer, homme d'épée ; on le flatte, on le supplie, on se met sous ses ordres. Qu'il commande, on lui obéira, qu'il décide ! Faut>il abattre ce pan de mur, reconstruire cette tour, aller à droite ou h gauche? Tout ce qu'il dit et fait est admirable. De l'argent, s'il en veut, qu'est-ce que cela! auprès de la sécurité, des meubles, du magot caché, de l'honneur des filles, de la vie qu'il va garantir et protéger? Il rassure le bourgeois qui a peur, qui achète bien c des piques, des demi-piques et des arquebuzes d'occasion » , mais ne s'en sert jamais par goût. On le connaît, le pillage, au moins par ouï-dire ; les voisins savent ce qu'il en est ; la mort n'est guère pire : voir tout briser, tout voler chez soi. On ne recule devant rien pour éviter un pareil sort. Le noble, lui, rassemble ses amis; on se bat, c'est son affaire, cela le regarde; il ne permettrait pas à d'autres de s'en mêler. II le fait naturellement, sans se dire ni qu'il remplit un devoir ni qu'il risque sa peau pour des « bonnes
* Arch. corn. Rodez, BP. 12. — Arcb, dép. Landes, H. 28; Lot-et- Garonne, B. 51 (Sainte-Colombe, BB. 1) ; Haute-Garonne, B. 284, 406. — Bebt. Lacabake, Not, sur Breti^ny-sur-Orge, 1C6.
gens » dont il fait peut-être peu de cas, ou qui lui eut manifesté récemment peu de sympathie. Il agit avec Tinconscience d'un sabre qui sort du fourreau, au besoin il s'en* dettera pour cela. Ses parents d'alentour le suivent; en avant! ils tiennent campagne. Les bandes ennemies rapprennent, reculent ou prennent un autre chemin, par des paroisses moins bien gardées. Heureuses en ce temps-là les communes qui ont un seigneur! Il fait de rhéroïsme sans le savoir.
Et comme les services mutuels rapprochent les hommes, on sent alors une mtime et chaleureuse liaison entre les classes; on fait des cadeaux à ce chef qu'on voulait ruiner la veille : M. de Lasserre, dont la commune avait précédemment investi le château pour l'obliger à payer 10 ou 12,000 livres de tailles, reçoit plus tard un présent de ces mêmes paysans pour les avoir défendus durant les désordres de la Fronde. Parmi les dépenses de Chamaret figurent, en 1037, « 50 livres au comte de Grignan qui les a préservés de la couchée d'une compagnie de M. de Saint-André» . Le duc et la duchesse de Nevers sont suppliés par la municipalité de ne pas s'éloigner de la ville (1596), car, « quand la bergerie demeure sans garde, les loups ont bon marché des dépouilles et ne se soucient après qui gardera Tétable » . Avec la paix, celte fusion des protecteurs et des clients prenait fin : la veuve du sieur de Sahune écrit aux mandataires de la commune de ce nom, qui lui font un procès (IGll) : » Vous avez oublié les biens, faveurs et supports que vous avez reçus de feu M. de Sahune, votre bon seigneur, et de moi,.. Car vous savez très-bien que nous vous avons garantis des rançonnements, logements de gendarmerie, pillage et autres sortes de ruine, de quoi tous vos i>oisins étaient accablés. Je n'eusse jamais cru cela de vous autres... » Néanmoins cet état passager nous donne très-bien la notion de
• 26K ADMIMSTRATION COM>IUSALE.
; ce que devaient être ces rapporCs trés-cordiaux au moyen
i af;c, quand le danger était perpélael *. Quand Tordre inlé-
[^ rieur, au contraire, fut pour jamais affermi, ce qui devînt le
i; cas des cent cinquante dernières années de Tancien régime,
^> et le me'rite en même temps que la raison d'être de la mo-
h narchie absolue, les relations entre suzerains et vassaux
^ allèrent s'aigrissant de plus en plus, f^e conseil communal
f aura Lien encore recours au châtelain pour faire la police
^1 quand lui-même y est impuissant, il le priera d'intervenir
f «pour arrêter les blasphèmes et les grandes fornications
i et pjillardises qui se commettent en certaines maisons •.
C On verra aus^i des campagnards, satisfaits de leur seigneur,
^ — car il en est bon nombre d'excellents, — qui célèbrent
^ par des feux de joie le gain de ses procès ou la naissance de
[' ses enfants; d'autres, qui attendent de lui un secours pour
Ja reconstruction de leur église, lui écriront, avec une malicieuse flatterie, a qu'il ne doit pas dédaigner d'ajouter à I éclat de ses titres, celui de bienfaiteur d'un sanctuaire où ses tenanciers adressent leurs vœux au ciel pour sa conservation » . Mais, en somme, les litiges entre gentilshommes et communautés champêtres sont infiniment plus nombreux dans les temps modernes que précédemment; et ces litiges se terminent bien rarement, comme jadis, par des transactions ou des arbitrages de nobles, clercs et hommes de loi des environs. Tout cela va à Paris, où réside le seigneur et où il se démène de son mieux. Dans les restrictions apportées par tout le monde aux libertés locales, le seigneur joue son rôle ; il se mêle, au dix-huitième siècle, de ce dont il ne se mêlait pas au quinzième; le paysan a ainsi deux maîtres au lieu d'un, puisque au-dessus du seigneur, qui du moins
I Arch. corn. ISevers, BB. 20. — Arcb. dép. Drôme, E. 5,212, 5,6îl; Lot-et-Garonne. (Fiancescas, BB. 10* 15.)
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voyait les choses par lui-même, règne Tintendantqui administre d*après des imprimes *.
Avec le curé, les relations demeurent affectueuses ; mais qu'on ne s'imagine pas, comme plusieurs de nos contemporains Font cru et affirmé à tort sans en rien savoir, que la population rurale ait aucunement subi « le joug du clergé » . Le prêtre ne fait pas partie de droit de la jurade; il fallut des ordonnances d'intendants à la fin du dix-^éptième siècle pour lui donner pouvoir d'y siéger. Plus instruit que ses ouailles, il est parfois chargé des fonctions de secrétaire de mairie, et reçoit en cette qualité un petit traitement de 10 à 20 livres; mais c'est à la condition que la commune y trouve son compte. Le conseil n'hésite pas à demander que les actes de baptêmes, mariages et sépultures soient conservés dans ses propres archives et non dans celles de In sacristie, s'il constate que « messieurs les curés en ont perdu plusieurs » . Les habitants de Colonzelle tiennent une assemblée générale (1617) devant la porte de l'église, dans la cour du château, «concernant la conduite du curé qui ressemble mieux à un homme mondain qu'à un homme de sa robe, va par les aires et lève trop exactement la dfme » . Partout les paroissiens savent fort bien se plaindre et plaider conlrc un pasteur, «homme inconstant et présomptueux, de mauvais caractère »;ils sont exigeants : l'ecclésiastique qui a dit une messe basse un jour de fête « sans être indisposé », qui omet le Credo ou une oraison, constitue des griefs contre lui de la part des fabriciens et marguilliers. Si on le rencontre «saoul, plein de vin et ne se pouvant tenir» , comme celui de Brinay, en Berry, c'est un homme perdu*.
* Ârch, histor, Saintonge et Aunis, IV, 421. — Arcb. dop. Drôme, E. 5,559, 5,677, 5,740; Lot-et-Garonne. (Aiguillon, BR. 4, 5.)
' Tausserat, Châteltenie de Luvy (Cher), p. 141. — Arch. dép. F.otet-Gaionne(Tonneins-De88ou8, BB. 2); Drômo, 5,598, 5,673, 5,880. — Voir notre t. III, p. 274.
Dans les villes, c^est avec des autorités plus hautes que les municipalités urbaines ont h traiter. Entre elles et le présidial ou le lieutenant de roi, les compétitions abondent. Les lettres patentes de 1618 prescrivent qu'en Tabsence du gouverneur de Toulon, les consuls garderont les clefs des portes et donneront le mot d'ordre au capitaine de la garnison ; ils acceptent ainsi de remplacer les représentants ^ directs du pouvoir central, mais ils ne leur permettent pas
\^'- de s'ingérer, par réciprocité, dans leurs affaires. Aux quin-
T zième et seizième siècles, les officiers royaux n'avaient pas
le droit d'assister aux élections communales, à plus forte raison ne pouvaient-ils être admis aux fonctions locales. Louis XI tenta sans succès de faire passer comme maire, à Périgueux, le sénéchal du ressort; jamais, avant 1500, un juge mage ne fut élu à une charge de la maison de ville. ; Pour avoir seulement libre entrée dans sa résidence, le
sénéchal doit prêter serment «de conserveries immunités et avantages » de la cité et de sa banlieue; il doit en outre, dans sa prise de possession, observer « les formalités requises». Est-il arrivé à l'improviste, sans s'y être conformé, il s'expose à ce que le maire se présente à son hôtellerie pour le reconduire, poliment mais fermement, hors les murs *.
\ La liberté de leurs élections est, avons-nous dit déjà,. ce
- que les bourgeois ont le plus à cœur : le tiers état recom-
y\ mande, en 1614, certaines mesures ayant pour but « de
bannir toute pression » , et d'empêcher les fonctionnaires de ^ « s'y entremettre directement ou indirectement » . Échevins
'-: de Lyon, jurats de Borde.nux, consuls de Montpellier ne se
K laissent pas faciiement troubler dans leur indépendance
» Aff. Étrang., t. 78t, f. 185. — Arch. dép. Dordogne. (înv. Som. Introduction.) — Arcb. com. Toulon, A A. 7, — Arch, hist, Saintonge, V,68.
♦ ■ •^■^^iWkrAy'fiT^frw^.-
LES COMMUNES ET LES POUVOIRS SUPERIEURS. tTl
sur ce chapitre, et réclament bien haut contre « les mauvais traitements » dont ils se prétendent victimes de la part des gouverneurs; il est juste d'ajouter qu^au conseil d'Ëtat on donne presque toujours raison aux officiers communaux contre les officiers royaux*. Ces officiers communaux ne craignent nullement la procédure ; la qualité de leur adversaire n'est pas pour les arrêter. Les uns font carrément un procès au « prince-cousin du Roi » pour des rentes ducs par lui à leur caisse, d^autres plaident contre leur évéque auquel ils refusent l'entrée de son vin. Le marquis de Ragny propose à Avallon, dont il est gouverneur, de résoudre par voie amiable une difficulté pendante avec la ville ; celle-ci choisit la voie contentieuse, et finit par gagner son procès au parlement de Dijon « malgré des influences subrepticesde madame de Ragny » . Nous avons ici, écrit de Chaumont le sieur de Bourbonne, « un petit maire qui est très-séditieux et me publie violent... Il est fort brouillon; &'il était dans sa maison, le peuple en serait plus en repos. Il me baille plus de frasques que vingt gentilshommes de la campagne*. » Partout une vivacité d'opinion très-grande, avec laquelle le pouvoir central doit compter : à Paroy, petite ville du Nord, le peuple force les portes du château pour reprendre au gouverneur un prisonnier qu'il a fait ; quand on voulut retirer à Àuxonne, en Bourgogne, des
ï Arrêt du 8 janvier 1624 (Arch. nat., E. 78*).— Aff. Étrang., t. 785, f. 11. — RoHAN, Mémoires y 543. — Picot, États généraux , IV, 95.
» Arch. com. d'Avallon, BB. 3, FF. 1; de Toulon, BB. 53. — Arch. dép. Lot-et-Garonne (Gontaud, CG. 9). — Ordonn. du 8 mars 1635. — Aff. Étrang., t. 800, f. 175; t. 804, f. 50. — Certaines cités, en raison des survivances accordées à des enfants, se trouvaient être soumises à la mère de M. le futur gouverneur. Lectoure sera un jour au miirquis de Boquelaure; pendant qu*il grandit, sa maman administre, et au grand mécontentement des haliitnnts, parait-ii. « Tout le monde, écrit d'Epernon, éprouve des effets de ses injustes déportements, il y a eu depuis peu une sédition... n
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t7t ADÏII5ISTF.ATIO!Ç COMMUNALE.
droits qui remoataîeot à qoatre oa cinq cents ans, « il y eut ro dé?ortlre « , à M. le Prince oe se fut entremis auprès du chancelier pour en obtenir le niainlien. L*Elat biaise et négocie : ft Vous aTcz appuTé, écrit un ministre à un lieutenant général, des gens qui ne sont pas dans les magistratures de la Tille et nV ont pas par conséquent l'autorité légitime..-, on en appréhende la conséquence...; toutefois, puisque les choses ont réussi par cette Toie, il fia ut fiaire ce que le temp> nous conseillera pour le mieux \« Ces atermoiements, cette diplomatie, sont indignes d'une autorité qui se respecte, diront les partisans de la suprématie absolue du pouvoir central. Pour nous, il nous semble qu un pays n'e?t pas une caserne, et il n'est que les régiments où l'on ne raisonne pas.
Et combien ce> peuples, en Térité, raisonnent bien! Quel esprit d'ordre et de hiérarchie les anime, quel attachement au souverain en qai s'incarne le lien politique, qui représente rautorité, Tunité nationale! Que peut»on Toir ou soubaiter de plus beau que cette nation, farouche dans la défense de ses droits, scrupuleuse dans Taccomplissement de ses devoirs? Au Roi, les municipalités demeurent forte» ment attachées lors même que leur chef féodal, leur pasteur spirituel, leur gouverneur immédiat, ferait cause commune avec les ennemi? du Roi. Le duc d'Orléans, révolté, écrit aux maire et échevins de Dijon qui n'ouvrent même pas sa lelf re, mais Tenvoient purement et simplement à Louis XIII, en répondant à Gaston « qu'ils ont reçu sa missive avec tout le respect qu'ils ont pu, mais qu'il ne leur appartient pas d'ouvrir des paquets qui leur viennent d'autres que de Sa Majesté » . A côté de cette soumission, pleine d'une dignité si haute, il y a place dans le cœur de la cité pour un
» Arcli. guerre, XXIV, 15. — Aff. Étrang., t. 804, f. 5fâ6. — (Bibl. nat.), mss. français, 3,771, f. 8. Corresp. d* Arnaud.
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sentiment très vif de sa liberté, dans la sphère bornée où elle Texerce. Ces députés bourgeois, qui se mettent h genoux pour parler au Roi, lui tiennent, dans cette humble posture, un langage que beaucoup de modernes, de leur condition, n'oseraient tenir aux princes avec qui ils s'entretiennent, debout ou assis à leurs côtés'.
Les « messieurs de ville » correspondent d'ailleurs librement et sans intermédiaire avec le monarque ou le premier ministre pour se plaindre, remercier, réclamer, conseiller, obtenir ceci ou empêcher cela. Bayonne députe pour le maintien de ses franchises (1625) ; Chàlons pour la création d'un présidial, Bayeux pour la démolition de son château, Toulon contre la construction de deux tours. Un arrêt du conseil d'État, rendu sous Louis XIV, en 1678, interdit d'envoyer des députations au Roi « sans en avoir au préalable fait connaître les motifs et obtenu l'autorisation de l'intendant » . Sous Louis XIII ces rapports directs étaient ordinaires et réguliers, et le prince écrivait aussi volontiers aux consuls de quelque grosse bourgade qu'aux prévôts et échevins de sa capitale. Que cet état de paix ait subi des troubles passagers, qu'il y ait eu des éclipses et des tempêtes dans ce ciel généralement clair et serein, qui songerait à le nier? Ce « même peuple » que l'on croit si affaissé, si prosterné, est au contraire fort susceptible et assez agitable, aussi bien en Languedoc qu'en Normandie ; volontiers il se révolte quand on lui fait tort, et parfois ses révoltes sont suiviesde punitions terribles*. Privas fut détruit en 1629, et quatre ans après les habitants n'osaient encore se ha-
» Aff. Étrang., t. 778, f. 59; t.802, f. 214, 310. — Fontewat-Mareuil, Mémoires y 211.
^ Lettre de cachet du 20 novembre 1624. — Arcli, dé p. Calvados, C. 1679,— Arch. com. Toulon, AA. 6, 36.— Aff. Étranij., t. 781, f. 177 ; t. 800, f. 40. — Arch. n«t., R. 113.