‹ Richelieu et la monarchie absolue: Administration générale, justice (suiteChapitre 31 sur 68 · IV. iS · texte numérisé non relu

IV. iS

sarder, ni à bàtir leurs maisons, ni à cultiver leurs terres parce qu'ils ne se trouvaient pas autorisés à se rétablir*. Avec les personnages bien en cour dont elles sollicitent ou récompensent la protection, les villes cimentent, par de petits cadeaux, les bons rapports qu*elles s'appliquent à entretenir. C'est Angers qui Éait présent au cardinal de Bicbelieu de langues de bœuf et d'andouilles, et au lieutenant de roi de deux cents poires de bon-chrétien ; Rodez qui envoie à « Monseigneur le prince, à Toccasion du ma- ^, riage de son fils, » trois quintaux de firomage de Roquefort;

^ RéauviUe, en Provence, qui donne trois moutons à Tarche-

^' véque d'Arles, lequel «s intéresse vivement à la commune».

Nîmes dépense chaque année cinquante livres pour location du linge «t fourni aux grands seigneurs de passage ». Peut-être aux siècles précédents poussait- on plus loin ? encore Thospitalité, en Dauphiné, où les aubergistes enga-

ij geaient exprès chez eux des servantes de mauvaise vie

^, « pour le plaisir des voyageurs », et où les dépenses feites

h par la commune de Chateauneuf, qui reçoit et héberge des

e» auditeurs des comptes, venus pour vérifier ses registres,

3L* comprennent cet article énigmatique : « Pro pulchrâ

a facie,., deux gros*. » Si le Rdi ou l'héritier du trône tra-

versait la cité, on sait quelles o entrées » lui étaient faites : ses valets de pied, ses suisses, ses gardes du corps rece- ^^ vaient des marques de la libéralité municipale; écussons

C brossés à ses armes, tableaux « où il est dépeint dans ud

ï Besoit, Hin. de rÉdit de Nantes^ II, 533. — Aff. Étrang , t. 800, f. 194 ; t. 803, f. 280 ; t. 805, f . 245 ; t. 807, f. *7.

* Arch. dép, Drùme, E. 5,340 (en 1455). Il se peut qa'il ne s'agisse là que d'un « pourboire » . On doit noter toutefois que des règlements de police ayant ordonné aux hôteliers, à Montélimar, de chasser les filles de mauvaise vie, ceux-ci consentirent d'abord à les renvoyer, à condition que la mesure fût générale « pour ne favoriser personne », puis obtinrent d£ Louis XI Tautorisation de les reprendre de nouveau chez eux, en 1447. Mistoire de Montélimar^ I, 509.

char triomphal » , dfners somptueux, musiques de hautbois, fifres et tambours, chevaux de poste, rien n'était épargné pour se concilier ses bonnes grâces*.

Jalouses de leur indépendance vis-à-vis des autorités sociales ou politiques qui leur sont supérieures les communes, grandes et petites, ne sont nullement disposées à accepter la loi ni même la prépondérance de Tune d'entre elles : si les villages, groupés sous les murs d'une « bonne ville » ou d'un bourg, dont ils constituent en quelque sorte la banlieue, gravitent volontiers dans son orbite, c'est qu^ils jouissent dans ses conseils d'une représentation proportionnée à leur importance. Les « consuls des vallées » du Briançonnais, ou les « syndics de pays » en Gascogne, sont à peu près ce que pourraient être de nos jours les maires ou les administrateurs d'un canton ; mais quand les députés de Paris, aux États de 1614, désirèrent que le tiers s'assemblât à l'hôtel de ville, et essayèrent de faire proclamer, comme président-né de la bourgeoisie, le prévôt des marchands de la capitale, leurs collègues « qui ne voulaient pas s'assujettir aux volontés des Parisiens », furent unanimes à repousser cette prétention, et « il demeura pour constant que Paris na aucune supériorité par-dessus les autres provinces ». Cette affirmation allait malheureusement cesser de plus en plus d'être exacte*.

1 Arch. corn, de Nevers, CC. 294; de Rodez, RB. 8, 11; de Nimes, NN. 14; d'Angers, RB.72. — Aich. dép. Drôme, E. 5,840.

* Rapine, Relation des États généraux^ p. 9 et 62. — ' Société (T études des Hautes-Alpes^ I, 38. — Arch. dép. de Lot-et-Garonne (Gontaud, RB. 4), et introd., x. — Arch. corn. Bourg, FF. 30. — Aff. Étrang., t. 807, f. 45.

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