LES PRINCIPALES CAUSES DE CETTE ÉVOLUTION
Que le Maine, le New-Hampshire, le Massachussetts, le Vermont et l’état de New-York aient besoin des bois de la provincede Québec, c'est un fait hors de conteste sérieuse. On a publié des masses de statistiques, plus ou moins dignes de foi, pour prouver le contraire, Je ne m'attarderai pas à essayer de réfuter ces statistiques, mais je vais signaler certains faits qui feront voir la considération qu'elles méritent.
Les rapports officiels du commerce et de la navigation démontrent que nous exportons chaque année aux Etats-Unis plusieurs millions de piastres valant de bois. Si nos voisins ont réellement chez eux
tout le bois dont ils ont besoin, pourquoi viennent-ils acheter le nôtre et paient-ils les frais de transport, en sus de la valeur intrirsèque de ce bois ?
Les mêmes remarques s'appliquent au bois à pulpe. Le recen-
UT
sement des Etats-Unis fait voir
Papier de ce pays ont employé 349,064 cordes d'é Canada, coûtant en moyenne 66.50 ] pinette prise dans les E
qu’en 1900 les usines à pulpe
pinette venar a corde, et 1,160,118 cordes
tats-Unis, coûtant en Moyenne $4.80 Ja c où $1.69 moins que l'épinette Canadienne. Cette diffé
ence da:
coût du bois représente une Somme de 8589,942. Pourquoi le. dustriels américains nous paieraient-ils cette différence, s'ils pouva réellement trouver chez eux tout le bois dont ils ont besoin, du de la même qualité et aussi favorablement situé ? Ils nous ont a acheté 20,133 cordes de Peuplier pour en faire de la pulpe, en sus 236,820 cordes qu’ils ont prises chez EUX. Et pourtant tout cela Pas suffi pour satisfaire les exigences de leur industrie, Puisque le usines ont employé en sus de ce bon bois 220 155 cordes d’aut bois de qualité inférieure, Pour faire de la pulpe, tels que le meris jaune, la Pruche et autres essences semblables. S'ils ont chez e tout le bon }ois dont ils ont besoin et si ce bois se trouve dans « Situations où il est facile d'en tirer parti profitablement, Pourquoi e ploient-ils autant de ces bois de qualité inférieure, qui ne peuve donner que des produits de qualité pareïllement inférieure ? Je veux être bien Compris : je ne prétends pas que la Nouvelle-Angleterre et de New-York Sont ruinées co ou entièrement épuisées, ce qui n'est pas le cas : que pratiquement parlant Ja phase de l'épuisement grande partie de ces forêts et qu’une
qu’on la dise, n’est pas utilis
les forêts mplèteme:
mais je prétenc arrive pour un autre partie, si bien boisé
able par les industriels des Etats-Unis vu l'absence de rivières Pour sortir Je bois, l'éloignement des che
mins de fer et l’inaccessibilité de ces forêts au transport par chemi de fer. Presque le quart des plus belles forêts de Ja Partie septen trionale du Maine se trouve dans cette Position, Pour amener le bois de ces forêts AUX grandes usines de Rumford Falls, Par exemple qui contrôlent Presque toute cette forêt, il faudrait le descendre par la flottaison sur la rivière St-Jean, et de là le transporter Par chemin de fer plusieurs centaines de milles dans l'intérieur, où se trouvent les usines, ce qu'il est impraticable de faire d’une manière profitable.
e fait, plusieurs des propriétaires de ces forêts vendent la coupe de leur bois aux 1é
Proprictaires des scieries de St- Jean, qui peuvent l'amener faci TS Moulins par la flottaison,
à pulpe et à
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Cet état de choses, il faut bien l'admett::. iminue sensiblement la possibilité de production des forêts du Maine, pour re qui concerne le bois à pulpe et sous ce rapport le Ma ne «st celui de sous les états de ia république américaine, qui possè ie les plus a ondantes ressources. En 1900, si le recensement des Etats-Uui: est correct, les pulperies du Maine ont employé 20,638 cordes d'épinette importées de la province de Québec et payées en moyenne $8.24 la corde. Durant la même année les mêmes pulperies ont employé 265,359 cordes d’épinette américaine, payées en moyenne $1.99 la corde, livrée aux usines, ou $3.25 moins que le coût de l'épinette canadienne. Pourquoi les propriétaires de ces usines auraient-ils payé $5.25 la corde de plus pour l'épinette canadienne, s’ils pouvaient se procurer chez eux tout le bois dont ils ont besoin et de la qualité qu'il leur faut? Des 196,180 cordes d'épinette employées par les usines du New-Hampshire, 87,139, où 44.11% venaient de la province de Québec. Les pulperies du Vermont ont employé 56,988 cordes d’épinette, dont 25,442 avaient été prises dans notre province. Les 179 usines de l'état de New-York, représentant en nombre plus de 20% des 763 usines à pulpe et à papier de toute la république des Etats-Unis, ont employé 505,154 cordes d'épinette, dont 141,729 cordes avaient été importées du Canada. Les usines de l’Indiana, de la Pennsylvanie et du Wisconsin ont pareillement consommé 45,227 cordes d’épinette importées du Canada. A part le bois à l'état brut, les usines des Etats-Unis nous achètent aujourd'hui les sept huitièmes de toute la pulpe qui se fait dans la province de Québec.
Tous ces faits démontrent que l’industrie du papier, aux Etats- Unis, a besoin de notre bois à pulpe et que la demande venant de là augmentera dans la même proportion que diminuera chez nos voisins l’approvisionnement de bois produit par leurs forêts. Je ne dis pas que les fabricants de pulpe et de papier des Etats-Unis sont incapables de se passer de notre bois, mais je prétends qu'il est bien plus profitable pour eux d’avoir notre bois que de ne pas l'avoir, et je m’appuie sur cette prétention pour exprimer l'opinion que les exigences de l’industrie des Etats-Unis donnent à nos forêts de bois à pulpe une valeur qui ne peut qu'augmenter avec le temps.
Il en est un peu de même pour nos forêts de pin, dont la valeur devra nécessairement augmenter dans une proportion correspondante à l'épuisement des pinières des Etats-Unis.
M. Geo. W. Hotchkiss, secrétaire de la bourse aux bois (‘Lun berman’s Exchange’) de Chicago, est l’un des hommes Jes mieu renseignés sur ces questions et son Opinion fait autorité en ces m: tières. En 1888, il écrivait ce qui suit :
“Il y a cent ans, le Maine, Je Vermont, le New-Hampshire l’état de New-York et Ja Pennsylvanie possédaient de vastes forêt de pin blanc. À l’ouest des Lacs, le Michigan, le Wisconsin et 1 Minnesota, il Y a Une cinquantaine d’années, formaient une forê ininterrompue, äbondant en bois de toutes sortes et où le pin blanc dominait,
Peine envoyé cela Pour du bois de chauffage, aux beaux jours des forêts de cet Etat. Le Vermont, Je New-Hampshire et l'Etat de New-York, ont <ncore par-ci par-là quelques bouquets de bois, mais Ont perdu tout titre à la prétention d’être des Etats Produisant du de pieds de bois Sur les flancs des Alleghanys, maïs elle a été mise hors de la liste comme région Produisant du bois. À l’est des Grands Lacs, il ne reste rien (excepté les forêts d’épinette du nord et de l’est du Maine), sauf de la Pruche et du bois franc, et en quantité très restreinte, insuffisante Pour suppléer la demande locale dans la majeure partie des places, Les forêts du Michigan, du Wisconsin et du Minnesota sont les seules qui restent Comme recours aux marchands de bois à l’est des Montagnes Rocheuses. Les forêts primi-
de pin ; mais Cinquante années de coupe ont sans doute réduit cette quantité à pas plus de douze à vingt billions de pieds, avec une coupe annuelle, durant Jes dernières cinq années, approchant quatre billions
trente-cinq billions de pieds Ja Coupe du pin dans Je Wisconsin, un peu plus que ce qu’absorbe Ja consommation domestique des Etats- Unis en une seule année. Dans le récensement de 1880, le Minne- Sota est crédité Pour onze billions de pieds, quantité contestée par quelques-uns comme trop base et par d’autres comme trop haute et qui, si on la Porte aujourd’hui à dix billions, ne Pourrait fournir
(“Luimnes mieux ces ma-
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peu de urait à irs des État de s, Mais ant du illions é mise rands et de antité ns Ja onsin marrimipieds cette Dupe ions qui e ou un atsnepar set nir
qu’une 1anée les moulins des Etats du Nord-Ouest opérant dans le pin. De fait, si l’on faisait marcher à leur pleine capacité les moulins de ces trois Etats, il resterait peu de pin à scier après la septiè. me année. Et cette estimation comprend le pin rouge, qui forme une proportion sensible de la forêt. Dans le Michigan et le Wisconsin, il reste encore des quantités considérables de bois francs, mais on n’en prend pas soin d’une façon adéquate à leur valeur, qui est considérable. Ces bois, cependant, ont l’avantage de se reproduire, ce que ne peut pas faire le pin.’”
Il y a quelques semaines, le Mississipi Valley Lumberman faisait les contestations suivantes :
‘Les pinières du Michigan sont épuisées et leur production est devenue un facteur négligeable dans l’approvisionnement du marché. La production de ces forêts est aujourd’hui au-dessous d’un billion de pieds. Dans nos recherches pour nous procurer des renseignements sur ce qui reste de pin blanc dans les forêts du Nord-Ouest, nous avons trouvé pour le Wisconsin les chiffres suivants. En 1897 le ministère de l’agricultre des Etats-Unis a fait la supputation du pin blanc restant dans les forêts du Wisconsin. Ce calcul fut basé sur les renseignements fournis par les marchands de bois. D’après cette estimation, au commencement de l’année 1897, il ne restait dans les forêts du Wisconsin que dix-huit billions de pieds. Les rapports des propriétaires de moulins prenant leur bois dans le Wisconsin établissent que depuis cette époque il a été scié 13,643,669,200 pieds de ce pin. Retranchant cette quantité des dix-huit billions qu'il y avait en 1897, il ne resterait actuellement que 4,356,330,800 pieds. Si ces moulins continuent à scier autant de pin blanc que par le passé, le Wisconsin cessera dans les trois ans à venir de figurer parmi les Etats produisant ce bois. ”?
Si le Minnesota n'avait que onze billions de pieds en 1880, tel que constaté par M. Hotchkiss, il ne doit pas lui en rester beaucoup aujourd’hui. C’est-à-dire que pratiquement parlant et comparativement à ce qu’il y avait autrefois, il ne reste plus de pin dans les Etats du Nord-Ouest.
Cet épuisement des forêts des Etats-Unis explique en grande partie l’évolution dans la valeur des forêts des anciennes provinces du Canada. A défaut de pin, le marché de la Nouvelle-Angleterre
a donné droit de cité à l’épinette. La même chose se produit depu quelques années dans l'Etat de New-York et avant longtemps il € sera de même sur le marché de Chicago, qui absorbe annuellemet deux billions de pieds de sciages,
Le développement de notre réseau de chemins de fer est aus un puissant facteur dans l'augmentation de la valeur de nos forêts L'accessibilité par chemin de fer à déjà rendu utilisable une bonn partie de nos bois francs. Pulsieurs Compagnies ont en projet de: chemins de fer qui devront traverser Ja Région du Centre de l’est : l’ouest et aboutir à la baie Georgienne, où ils se raCcorderont à 1: navigation sur les Grands Lacs. Des millions de pieds de bois francs, dans nos forêts qui seront traversées Par ces chemins de fer, et qui n’ont maintenant aucune valeur, deviendront utilisables et seront
transport d'environ 125 milles Par chemin de fer et de moins de 500 milles par la navigation pour atteindre le marché de Chicago, qui prend en moyenne deux billions de pieds, et celui de Milwaukee, qui en prend 250 millions Par année. Dans les circonstances actuelles, ces marchés sont virtuellement fermés aux produits de nos forêts de
truction des chemins de fer. ‘Et dans le cas, dit-il, où un chemin
de fer viendrait à Passer dans les environs du lac Kakabonga où du
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