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pinette et de tout autre bois de seconde qualité. Avec un chemin de fer et un service de bateaux à vapeur, ce serait bien différend : des moulins pourraient être établis sur les lieux et le bois scié, de toutes espèces, serait expédié par voie ferrée. ..
‘ Dans ce dernier rapport, j'ai insisté sur l'immense avantage qui résulterait de la déviation des eaux du lac Victoria vers la vallée de la rivière Dumoine, si toutefois ce projet était réalisable; mais, dans. le cas où cela ne serait pas possible, une chose plus désirable et plus avantageuse encore serait la construction d’une voie ferrée à travers cette région...
‘Un simple coup d’œil jeté sur la carte de cette contrée fait voir qu'entre cette décharge et celle du lac des Quinze, il y a plus de 6,000 milles carrés de territoire arrosé par l’'Ottawa et ses tributaires, en amont du lac des Quinze, qui ne pourront jamais être développés avantageusement sans un chemin de fer. Je ne suis pas prêt à dire que toute cette vaste étendue de 6,000 milles carrés soit, ou propre à la culture, ou bien boisée, mais je puis sûrement dire que plus de la moitié de cette étendue est comprise dans les limites de la meilleure région forestière produisant le pin, que l’on puisse maintenant trouver dans la province, et que beaucoup de bonne terre cultivable y existe également.
‘Ce pays est partout bien boisé, mais il paraît qu’une partie du pin qui s’y trouve est défectueux.... S'il y avait des scieries à cet endroit (le lac Moose, en dehors des deux territoires mentionnés plus haut) ou si la région était facilement accessible, beaucoup de bon bois qui est maintenant perdu serait utilisé ; mais lorsqu'on considère la grande distance de 700 milles qu’il faut franchir pour amener ce bois sur le marché, il est évident qu’un article de seconde qualité ne peut payer celui qui tenterait de l’exploiter.””
Le Grand-Tronc-Pacifique peut-être, et le chemin de fer de Québec au lac Huron, très probablement, dans deux ou trois ans, donneront accès à ce territoire et à une plus large étendue de forêt dans celui d’Abitibi, donnant ainsi à ces forêts une grande valeur et rendant utilisable le bois de ces six ou sept mille milles de
riches terrains, ajoutant ainsi à notre richesse et à nos ressources
forestières.
Les mêmes facteurs contribueront de la même manière à l’évn-
QuANTITÉS ABarruEs ANNUELLEMENT
Sur ce point, le recensement de 1901 nous fournit la statistique
suivante :
Pin: Pieds Billots de PR UE 445,036,000 géabert N EREN 15,595,484 nn 460,631 ,474 Ebinette ; Billots de TN DE + 599,447,000 rome UE US 41,792,520 me 641,239,520 Pruche:
Billots de + CT Frac 38,121,000 Cèdre :
Billes à bardeau et bois carré... 68,777,000 Pilotis et poteaux... 2,738,440 Dormants (2 103,807)........ 8,111,421 ———— 79,519,861 Bois durs ; DER ee siennes 3,465,860 do 2,104,444 PR nées Un 6,877,808 EL 963,276 DE US UE 718,156 Noyer dur... trs 302 131,000 ne — 14,082, 344 Bols a pulpe: Cordes PRE nier be 474,178 Sapin....., RE CT EN RUES ET 52,687 —
TE
arties de COMBIEN DE TEMPS DURERONT NOS FORÊTS
La manière la plus plausible de répondre à cette question, c’est de comparer les quantités de bois que nous avons dans nos forêts, avec les quantités données par le recensement comme représentant la consommation annuelle. Et pour ne pas outre-passer les limites certaines de la réalité, nous ne prendrons pour chaque région que les quantités réduites, ou seulement le produit des parties de nos forêts actuellement utilisables, c’est-à-dire dont le bois ‘peut être sorti par la flottaison ou les chemins de fer. Divisant ces quantités en forêt par celle de la consommation annuelle, établie par le recensement, le quotient indique pour chaque espèce de bois le nombre d'années que durera l’approvisionnement. Les résultats de cette opération sont indiqués dans le tableau suivant :
En forét Consomma- Durée tion annuelle ans
Prier ee .37,900,000,000 pieds 460,631,484 32
FIM... 87,313,438,000 ‘‘ 641,239,520 137
Cèdre :
Bardeau et bois carré.. 1,660,000,000 pieds 68,777,000 24 Dortiants. soucis rés 220,000,000 pièces 2,703,807 81 POSE. ee core: 17,500,000 ‘: 119,072 147 DE Oise: 356,000,000 pieds 14,082,334 29 Bois à pulpe.......... 176,783,966 cord. 526,865 334
tistique
Le nombre d'années indique arithmétiquement la durée, sans tenir compte de diverses circonstances propres à abréger ou prolonger cette durée. Le feu, la concession sans discernement des terrains pour les fins de colonisation, le manque de prudence dans la conduite des opérations forestières régulières, le gaspillage dans ces opérations, la faculté naturelle de reproduction que possèdent certaiies essences ligueuses, le prolongement des chemins de fer à travers la forêt, sont à ce point de vue des facteurs importants et dignes de la plus sérieuse considération.
Pour ceux qui ont donné une attention spéciale à ce sujet, il est bien connu que le feu a détruit beaucoup plus de bois précieux qu’il n’en a été détruit par la hache de l’homme de chantier. C’est par-
ticulièrement le cas Pour le pin. Devant un comité de l'assemblée législative, l’hon. M. Edwards a déclaré, comme étant sa ‘“ sincère Conviction, que le feu a détruit au moins vingt fois autant de bois qu’il en a été pris Par les ‘narchands de bois, si l’on tient compte du
ges du feu, il ne serait guère possible de fixer à plus de quarante ou cinquante ans la durée de nos pinières.
Puis il y a l’envahissement de la forêt sous prétexte de colonisation. Autant qu’il est possible d’en juger par les archives du ministère des terres, durant les dernières soixante années, les opérations des marchands de bois ont enlevé des forêts de Pontiac et de Wright environ dix-huit billions de pieds de pin. Si les feux de
périeur. Ona amélioré depuis quelques années les moyens de protéger la forêt contre l’incendie, mais les envahissements de la colonisation empirent d’année en année, de sorte qu’il n’y a guère lieu d'espérer beaucoup d'amélioration, Pour ce qui regarde la conservation de ces pinières. Et il est tout probable que la Coupe régulière par les marchands de bois augmentera à mesure que ces derniers
Toutes ces circonstances bien considérées, l’on peut dire sans exagération que cinquante ans sont la durée la plus longue que l’on puisse assigner à nos Pinières. Comme de raison, la faculté de re- Production naturelle de la forêt pourrait aider un peu à prolonger
rables, et il reste à démontrer si même dans ces conditions favorables cette reproduction se continuera à perpétuité.
Le cèdre est à peu près dans la même position que le pin. Il n’est pas aussi exposé au danger du feu, mais la coupe frénétique et insensée qu'on en fait depuis que ques années et qui augmente constamment, mettra bientôt ce bois dns la catégorie des choses du passé, ainsi que cela est aujourd’hui le cas dans le Maine, où le même système à prévalu durant dix ou vingt ans.
Les bois francs, dans les endroits où ils sont actuellement utilisables, dureront certainement le nombre d'années qui leur est assigné, même si la coupe augmente. Et même en prenant en considération le fait que les nouveaux chemins de fer stimuleront la coupe en procurant des moyens faciles pour sortir ces bois de la forêt, l’on peut dire que l’approvisionnement est pratiquement inépuisable,
Si nous savons les protéger contre le feu et les exploiter avec méthode, nos forêts d’épinette sont pratiquement inépuisables, notamment pour ce qui regarde la production du bois à pulpe. En règle générale, la forêt d'épinette se reproduit d'elle-même en quinze ou vingt ans, au plus, et dans bien des endroits, en beaucoup moins de temps, quand l’on n'abat au cours des opérations forestières que les gros arbres d’'onze ou douze pouces de diamètre et qu’on laisse croître les plus petits. Par la nature même de ce bois, l’épinette n’est pas aussi exposée que le pin aux ravages des feux de forêts et même dans le cas où un arbre d’épinette a passé au feu, on peut encore tirer avantageusement parti du bois, ce qui n’est pas ordinairement le cas pour le pin brûlé. Et en ne coupant que les gros arbres vous stimulez la croissance des petits, qui ont alors plus d’espace et de lumière pour se développer.
Les résultats désirables que nous aurions droit d’attendre de cette faculté que possède l’épinette de se produire naturellement, sont effacés par notre système irrationnel de colonisation. En concédant sans discernement les terres pour les fins de colonisation et en permettant aux colons de s’enfoncer loin dans la forêt, nous forçons les propriétaires de ‘‘ limites,” c’est-à-dire ceux-là n'êmes qui ont le plus d'intérêt à la conserver, à se faire les destructeurs de cette forêt dans laquelle ils ont placé des capitaux considérables. Dans le but de servir leurs meilleurs intérêts et d’assurer la perma-
— té — nence des placements de Capitaux qu'ils ont faits sur ces propriétés,
les propriétaires de ‘“limites’” s'efforcent de prolonger leur exploitation en régularisant et systématisant la Coupe du bois: mais ces
Cependant, pour ce qui regaide la destruction de la forêt, le spéculateur ou le pseudo-:olon est de beaucoup le danger le plus à redouter. Comme il ne Paie pratiquement aucun droit de coupe au
ment de capitaux, comme il n'est pas obligé, ainsi que l’est le propriétaire de ‘‘limites’’, de ne Couper que les arbres ayant le diamètre
de copeaux et de matériaux inflammables qu’il laisse sur le terrain tesse, et une fois allumé, étend son œuvre de dévastation dans les
Pour quiconque n’a pas vérifié les faits sur les lieux. n'a pas vu cela de ses propres yeux
fixer dans la forêt, sur les bords du lac Cagamont, affluent de la rivière à l'Aigle, loin des autres établissements, En défrichant un lopin de terre pour ensemencer une récolte de pommes de terre qui rapporta cinq minots de tubercules, il causa un incendie qui détruisit ‘trois cent millions de pieds de pin.'' Le pin ainsi détruit vaudrait aujourd'hui $390,000 en droits de coupe pour le gouvernement, $1,800,000 en gages pour les hommes de chantiers et au bas chiffre de $4.00 le mille pieds, $1,200,000 en profits pour le propriétaire de la ‘limite.’ En résumé, pour faire une récolte de cinq minots de pommes de terre, ce soi-disant colon a détruit du bois qui, aujourd’hui, vaudrait au moins #3,390,000. Le terrain ainsi dévasté n’est plus qu’un désert sans valeur aucune, où nul colon voudrait se fixer, en sorte que cette étendue de terrain est perdue à toutes fins. Au cours de son témoignage devant la Commission de Colonisation, l’année dernière, M. J. S. Gillies a juré que la maison dont il fait partie a perdu de la même manière cent millions de pieds de pin dans la région du lac Témiscamingue, ce qui représente une perte de $1,150,000 pour le gouvernement, les hommes de chantiers et le propriétaire de la ‘‘limite.”’ M. Alex. Lumsden a cité deux autres cas semblables où, pour défricher quelques arpents de mauvaise terre, dans la région du lac Keepewa, on causa un incendie qui détruisit pius de cent vingt millions picds de pin.
Si l’on ne prend pas les moyens de mettre un terme à cet état de choses, la durée de nos forêts de pin n'offre pas une perspective bien brillante.
Nos forêts d’épinette ont subi des dommages considérables provenant de la même cause. Dans la partie nord-est de la province, ce sont les Sauvages qui sont la cause du mal. Pour se faire des signaux ou créer des plaines de bluets, dans le but d'attirer les ours, ou par négligence d’éteindre les feux de campement, ils causent des conflagrations qui détruisent chaque année de vastes étendues de forêt. A ce sujet, le Dr Low, dans son précieux ouvrage sur la péninsule du Labrador, cite des faits dignes d'attirer l'attention de tous ceux qui s'intéressent à la conservation de nos forêts.