ACTE I, SCENE IV
tances difficiles de l'affaire et de l'intciêt que vous inspirez.
Eh bien, Monsieur, s'il en est temps encore, je vous en supplie, refusez, refusez...
NouviON.
Que signifie? Avez-vous un niolif particulier de ne point m'accorder votre confiance, ou de craindre que votre défense ne soit moins bien présentée par moi que par un autre?
Arsène.
Ne vous l'ai-je pas déclaré? Je ne veux être défendue ni par vous ni par personne.
NouviON.
Encore une fois, la loi protège l'accusé contre lui-même, et lui assigne un défenseur malgré lui, s'il le faut.
Arsène.
Soit. Mais la loi qui me fait cette violence ne peut m 'obliger à parler.
NouviON.
Non, mais à défaut de vos déclarations, mon devoir et votre intérêt m'obligent à rechercher dans votre passé, dans tout ce qui se rattache de près ou de loin à l'affaire, dans les révélations que je m'efforcerai de provoquer, tout ce qui pourra contribuer à votre défense. Rien n'arrêtera mes investigations.
Arsène.
{A part.) Grand Dieu!... {Haut.) Eh bien, Monsieur Nouvion, je veux réfléchir. Il est très nature! qu'après avoir été fermement résolue à me taire et à n'accepter aucune assistance devant la justice, j'aie besoin de me recueillir avant de prendre un parti contraire.
Nouvion.
Réfléchissez donc, Arsène, et persuadez-vous que c'est en ami que je vous parle. Vous pouvez être résignée à subir toutes les conséquences de votre acte, quoiqu'à votre âge il soit horrible de penser à finir ses jours entre les quatre murs d'une prison, car telle est la pénalité qui vous menace, même en comptant sur une certaine indulgence du jury. Mais il est impossible que vous soyez indifl"érente aux conséquences morales de la peine que la loi déclare non seulement afflictive, mais encore infamante. Votre nom, votre famille...
Arsène.
Monsieur, je vous en prie; j'ai dit que je réfléchirais...
Nouvion.
Eh bien, à tout à l'heure.