‹ Riel [microforme]Chapitre 4 sur 12 · UTES LES NATIO · texte numérisé non relu

UTES LES NATIO

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Dprélat parmi les ca'holiques (honte ! honte !).

ions vous trouvez contre l'élément anglais une provocation qui mette en péril les intérêts de notre nationalité.

À Bienville, localité du comté de Lévis, il y a eu, le vingt novem. bre, un meeting très considérable. Les hommes les plus importants le la division de Québec s’y étaient rendus. Monsieur Desjardins . r renouvela les déclarations qu'il avait faites la veille à Montréal,

fonsieur Guilbault, député conservateur de Joliette, monsieur le

Dénateur Pelletier, libéral, monsieur G. Amyot, député conserva-

eur de Bellechasse, monsieur Tarte, rédacteur du Canadien, joural conservateur, ont parlé dans le même sens que les agitateurs de Montréal. Pas un seul mot dans leurs discours impliquant que e mouvement ait le caractère dont vous voulez le soui!ler. Mon-

Bieur Tarte a dit explicitement : En 1837, nous avons eu pour nous

les anglais et des français de France. En restant dans la constitution nous aurons pour nous la majorité des anglais bien pensants. Nous vons déjà pour nous les irlandais qui ont aussi le cœur et le sang hauds. Mais nous ne sommes plus avec les tories. Et je vais vous: citer des faits incontestables qui nous donnent mille fois raison de nous séparer d'eux. En 1869, sir John, un homme éminent certes, mais: aussi fourbe qu'il est éminent (bravos) fit venir de Rome Monseigneur Taché, pourquoi? Pour tromper les Métis, au risqne de ruaner ce Un autre fait historique est que les Métis sous sir John ont été traités en parias.…........…. “

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Un autre trait de sir John, c'est sa lettre à son fils, dans laquelle, lui, l'un des conseillers de sa Majesté la Reine d'Angleterre, il faisait appel aux volontaires de Winnipeg et d'Ontario pour écraser les Canadiens français.

Dans tout cela, monsieur le ministre, je vois bien que les Cana . diens-français ont été provoqués comme race par le premier ministre; mais je ne vois pas qu’ils aient provoqué qui que ce soit. Monsieur Tarte a ajouté : Messieurs, je suis le premier journaliste conservateur. qui ai dénoncé sir John à mon parti, ei pour vous prouver que depuis assez longtemps je connaissais cet homme je vous rappellerai la part: que j'ai prise à l'élection ue votre député actuel.

Je vous le répète, monsieur le ministre, je vois bien là des gens. lassés mais je ne vois pas que cette lassitude provienne du fait que le premier ministre est de descendance écossaise. Ils le tiennent pour fourbe parcequ'il est fourbe, et c’est cette fourberie et non sa natio... nalité qui lui inérite ces manifestations hostiles. Enfin, monsieur:

le ministre, après ses réunions préliminaires, c’est à la grande P P ;

assemblée du Champ-de-Mars à Montréal, que s’est fait voir dans”

tout sa signification le mouvement qui vous terrifie, vous ét vos collègues, et dont vous faites semblant d’avoir peur pour nous. Je

veux être aussi respectueux qu’il convient; mais—bien que je n’ai- | me pas cette manière de procéder—Je vous mets au défi de me |

citer un seul mot de toutes les harangues qui ont été prononcées en cette occasion, justifiant vos craintes chimériques. Et ie vais

. vous citer, au contraire, des énoncés d’intentions qui vont faire voir tout le néant des absurdes appréhension que vous simulez. Voici d’abord ce qu’a dit mon'ami conservateur, monsieur George Duhamel, qui, à vos côtés, a livré naguère plus d’un combat contre NOUS :

Nous cherchons aux sources les plus pures, dans ce qu’il y a de plus élevé dans l’âme humaine, la base d’une politique d'union, de fraternité, d’une politique sage, éclairée et progressive.

Nous venons ici oublier, sacrifier sur l’autel de la patrie, nos divisions et nos haines d'hier, afin d’assurer une union indissoluble de tous les cœurs et de toutes les volontés, et assurer ainsi la chute du gouvernement qui vient de nous déshonorer en pendant Riel après avoir sursi trois fois à son exécution.

Il n’y a rien da’; cet exposé de l'opinion de monsieur Duhamel, qui implique l'intention de faire une guerre de race. Loin que ce soit nous qui voulions provoquer qui que ce soit, c’est le gouvernement ‘qui vient de nous déshonorer etc.”

Monsieur Coursol, le député conservateur de Montréal-Est, qui abonde dans le sens réel de ce grand mouvement et qui a retiré publiquement son approbation au ministère, a dit :

Nous avons pris cette résolution, messieurs, parceque l'honneur et la jus tice nous l’imposent. Nous n'avons pas demandé la commutation de la peine de Riel seulement parcequ'il était Français, mais parcequ'il ne méritait pas la mort, parce qu’on n’exécute plus un condamné politique dans aucun pays du monde. Voil@ la faute impardonnable de sir Jo?n A. Macdonald, la raison qui nous l’a fait abandonner

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. Nousnecherchons pas une guerre de race ; nous ne réclamons qu’une chose : respect à notre race comme elle respecte les autres races; justice égale pour tout le monde sur la terre du Canada... Ceux qui ont demandé la tête de Riel devront bientôt courber la leur devant l'attitude et la protestation indignée de tout ce qu'il y a d'honorable non-seulement chez les Canadiens.frangais, mais chez tous les citoyens de la confédération à quelque origine qu'ils appartiennent.

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| Denis, était un anglais et T. S. Brown en étaitun autre.

Voilà des expressions qui ne justifient guère vos assertions, monsieur le ministre.

M. Malhiot, ancien ministre conservateur, a dit :

. J’ai toujours suivi le drapeau conservateur, messieurs ; mais aujourd’hui je n'hésite pas à dénoncer les hommes responsables du crime contre lequel nous protestons ; je n’hésite pas à m’unir au mouvement qui se fait pour renverser le gouvernement des bourreaux de Riel ; c’est ce que nous avons à faire en ce moment ; quand nous l’aurons exécuté ce gouvernement, il sera temps de voir quels matériaux devront entrer dans la nouvelle organisation ! $

nous verrons quelles alliances meilleures que celles du passé nous devrons

aire avec les partis dans la province d'Ontario. Trop longtemps la province de Québec a servi de marche-pied à ceux que nous avons eus pour alliés dans les autres provinces. 11 semble être temps de chercher de nouvelles alliances."

L'honorable monsieur Laurier a dit à son tour :

Les journaux de l'Ontario voudraient aujourd’hui nous contester le droit de nous assembler pour protester contre les injustices commises, et cependant il n’est pas un canadien de l'Ontario, à quelque nationalité qu’il appartienne, qui ne s'accorde à dire que les Métis de la Saskatchewan ont été traités avec Riel est véritablement victime d’un meurtre FAIRE et il est du devoir des Canadiens de:toute nationalité de voir à ce

qu’un semblable meurtre ne soit pas répété. "11; Notre pays est un pays libre, et son gouvernement n’a pas le droit “de commettre un meurtre judiciaire... ss CETTE DEETETT

-Il est important de bien comprendre que {a rebellion n’était Fos une guerre de race, mais bien la revendication des droits d'une race. Les Métis ne demandaienfipour eux”que les droits accordés à toutes les autres races. Le crime de Régina sera certainement vengé non-seulement par les Français, mais aussi par toutes les autres races. Cene sont pas des faveurs que réclamaient les Métis, ils ne réclamaient que la justice pure etsimple. Ils étaient aussi jaloux des libertés des ‘autres que des leurs propres, et ils comprenaient que s'ils loléà raient qu'une injustice leur fût faite, on en ferait autant aux autres...

Aujour® hui non-seulement nous Canadiens-français, nous sommes unis, mais nous comptons des alliés chez les Irlandais et les Anglais. Les meilleurs amis

| de Papineau n'étaient-ils pas des Irlandais et des Anglais? O'Callaghan ne

fut-il pas son ami fidèle? Wolfred Nelson, qui commandait les rebelles à St. Lorsque Lafontaine fut battu à Terrebonne, il fut élu par le comté d York, représenté aujour® hui par M. Mackenzie. Lorsque le bill d'indemnité fut présenté devant le Parlement, son plus puissant avocat fut M. Hume Blake, le père de M. Edward Blake. Et au cours de la dernière session, M. Blake défendit les intérêt des Métis avec un talent qui nous a montré qu'il était le digne fils de ce père illustre... Les Canadiens.jrançats, tant qu'ils resteront dans les limites de la légalité trouveront de puissants alliés dans toutes les autres provinces.

Laquelle de ces paroles de M. Laurier recèle le péril dont vous parlez, monsieur le ministre? J'attends votre réponse, si vous voulez bien encore faire à la vérité l'honneur de l’outrager,

M. Tarte, le rédacteur conservateur d’un journal ministériel, l'adulateur actuel du talent que l’on vous attribue, a fait, dans cette circonstance, la catégorique déclaration que voici :

Nous sommes ici constitutionnellement assemblés ; nous faisons acte de liberté parlementaire corame nous l'avons fait ailleurs, comme demain nous le ferors. Et cependant, nous entendons des voix qui nous avertissent—et parmi celles-là, la voix du Mail est la plus forte—que notre conduite est de nature à provoquer contre nous une coalition de nos concitoyens des autres provinces et d’origine différente de la nôtre.

‘Quiconque tient ce langage n'interprète pas dans leur signification vraie les libertés constitutionnelles dont nous jouissons et qui nous sont chères, à nous qui avons été les premiers à les réclamer pour notrepays. Nous élevons la voix sur une question de droit public : Za question de race, de religion est à l'arrière plan dans ce grand débat. Nous soutenons que l'exécution de Riel est un outrage au droit des gens, tel que mis en pratique chez les peuples civilisés…

Non, nous ne menagons ni la confédération, ni l'ordre, ni la constitution, ni les autres nationalités. di

Nous menagons l'existence du gouvernement qui a commis un acte anti-britannique, anti-civilisateur et qui persiste à n'en donner aucune explication. Pour obtenir ces explications, pour arriver au châtiment des vrais coupables,

comptez, messieurs, sur le concours du Canadien, à la tête duquel les circonstances m'ont placé,

L'honorable M. Mercier, que la foule a applaudi à outrance, a dit aussi clairement :

C’est que le temps est venu de s'unir dans un grand mouvement national, non dans une union de race contre race, mais dans une union qui puisse con: solider les grandes destinées de ce pays.

M. Robidoux, député libéral à l'assemblée législative de Québer,

a parlé dans le même sens. Voici ce que je trouve dans sa harangue :

Tous les Anglais, les Irlandais et les Ecossais qui ont à cœur la cause de la justice et de la liberté se joignent aux Canadiens-frangais dans le mouvement qui a lieu.

Monsieur F, A. Quin, irlandais conservateur et catholique, repousse comme tout le monde l'idée que vous énoncez. Il dit :

La question qui nous occupe n'intéresse pas seulement {a race canadienne: française, c'est une question nationale dans laquelle tout Canadien est inté: ressé, quelles que sotent sa foi religieuse et son origine.

Du discours de M. Edmond Lareau, libéral, je tire ceci :

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Nous ne voulons pas mettre en antagonisme les divers élémentsnationaux du Canada ; mais nous voulons l'application de cette sage et démocratique maxime : droits égaux, justice égale pour tous. Ce que nous demandons au sujet de Riel nous le ferions pour tout homme placé dans les mêmes circons. tances. Au fond il y a une question d'humanité et de justice qui intéresse tous les hommes de cœur, sans distinction de race ou de croyance.

Voilà avec quelle précision absolue les organisateurs les plus autorisés du mouvement dont vous affectez de vous alarmer pour notre nationalité, en prétendant qu'il comporte un esprit d'antagonisme contre les autres races, en ont déterminé le sens. Voyons maintenant les résolutions mêmes qui ont alors été adoptées et qui reçoivent en ce moment l'adhésion de toute la population. Voici:

Arrexpu que les Métis français et anglais avaient depuis longtemps des griefs qui ont été l'occasion de l'offense publique pour laquelle Louis Riel a été exécuté ;

Attendu que les peuples civilisés repoussent les exécutions capitales pour offenses politiques.

Considérant spécialement que le fait que Riel avait été recommandé à la clémence de la cour, par les six jurés de race et de croyances différentes à la sienne, auxquels l'Etat avait donné mission de le juger, imposait à ce dernier le devoir d'user de clémence à son égard.

Considérant qu'après avoir sursi trois fois à l'exécution, ce devoir était

devenu encore bien plus impérieux.

Tenant en outre compte du fait que Riel s'était livré lui-même à la demande du général Middleton ;

Considérant qu'il est évident que le gouvernement a fait de cette exécution un pur sujet de calculs électoraux ; qu'il a supputé froidement combien de comtés lui rapporterait la tête de Riel, et combien de comtés une politique de clémence et de justice lui ferait perdre ; qu'enfin voulant donner suite à ces calculs, il l'a sacrifié à la haine de fanatiques, leur permettant ainsi de soulever les unes contre les autres les diverses races qui, dans ce pays, vivent à l’ombre protectrice du drapeau anglais.

Résolu :

10 Qu'en faisant ainsi exécuter Louis Riel, le 16 novembre courant, le gouvernement de sir John A. Macdonald a commis un acte d'inhumanité et de cruauté indigne d'une nation civilisée, et a mérité la condamnation de tous les amis du droit et de la justice, sans distinction de race ou de religion ;

20 Que le consentement donné par sir Hector Langevin, sir Adolphe P. Caron et l'honorable Joseph A. Chapleau, à cette odieuse exécution, conatitue une trahison nationale et mérite spécialement la réprobation de tous les citoyens de cette province ;

30 Que dans les circonstances il incombe aux électeurs de chaque comté

«d'exiger de aur représentant à la chambre des communes un engagement

les moyens constitutionnels à leur disposition ;

40 Que, dans l'opinion de cette assemblée, les circonstances exigent que:

toutes les divisions de partis politiques, de races et de religions s'effacent, et que tous les hommes de bonne volonté, quelles qu'aient été leurs divergences d'opinions antérieures, se réunissent pour arriver au but indiqué dans les résolutions précédentes.

Résolu :

Que tous les conseils municipaux de la province, locaux et de comté,

spient invités par la voie des journaux à saisir une occasion prochaine de-

qualifier l'exécution de Louis Riel, comme ayant été de la part du gouvernement de sir John A. Macdonald un acte de cruauté odieuse, et, en outre, de la part de sir Hector Langevin, sir Adolphe P. Caron et l'honorable J. A- Chapleau, une trahison nationale, et à transmettre les résolutions qu'ils adopteront à cet effet, à leurs sénateurs et députés.

Résolu :

Que les résolutions adoptées par cette assemblée soient communiquées à chacun des sénateurs et députés de la province de Québec avec prière d'y donner leur adhésion.

Monsieur le ministre, c'est mon ferme sentiment que vous ne sortirez jamais du cercle où je viens de vous enclore par ces citations. Je vais maintenant m'eflorcer de vous y murer par les déclarations écrites de ceux que vous prétendez être froissés et alarmés de ce mouvement, au point de se trouver disposés à prendre une attitude menaçante à l'égard de notre nationalité. Ceuxlà, ce sont les libéraux anglais, car les tories, nous n'avons pas à les perdre : ils sont déjà contre nous, puisqu'ils sont pour vous. Or voyons si les organes autorisés de l'opinion libérale anglaise donnent à cette grande manifestation du sentiment public, l'interprétation que vous avez inventée de cœur joie pour nous épeurer, comme si nous étions des enfants qu'on effraie avec des chimères,

Le principal organe des libéraux anglais, le Globe de Toronto, a mieux compris que vous la situation de Riel et la portée du mouvement qui vous atterre. Il disait, le 21 novembre, la veille de la grande assemblée du Champ-de-Mars :

De temps immémorial l"8 gens de race anglaise ont été prêts à se révolter contre toute autorité qui n’acquiesçait pas promptement à leurs justes demandes ; il ont été les hommes les plus libres parce qu'ils étainnt les hommes les plus portés à la révolte... sossssuscesuus ss rerreerraneccrsurssrus

S'il eut refusé d'aller au secours des siens, s'ils leur avait dit de s'en retourner et de souffrir l'injustice sans murmurer, jusqu'à ce qu'il eut plu à Dieu d'attendrir les cœurs de leurs gouvernants, Riel aurait 6t6 un être

plus lâche et plus méprisable que ce qu'il a prouvé qu'il était sur l'échafaud de Régina.

formel de combattre le gouvernement de sir John A. Macdonald, par tous:

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Et vous voudriez nous faire croire que des gens qui parlent de la sorte, approuvent l’exécution d’un homme qui a fait ce qu'il ne pouvait refuser de faire sans se montrer lâche et méprisable! Mais poursuivons la citation de ce que dit le Globe :

Il a été prouvé au delà de tout doute qu'il est retourné avec eux, non dans le dessein de devenir un brandon de discorde, mais pour organiser une agitation constitutionnelle........ la population de l'Ontario devrait reconnaître ceci comme vrai: les Canadiens-français ne demandent que la simple Jüattoe. scene PRE I I III TTL LEONE COOL CONS

Pour emprunter les paroles de Grattan : “ la trahison des ministres contre “ les libertés du peuple était infiniment pire que la révolte du peuple contre 4 les ministres, scene SSL RES PE PRES PTIT ANR PRET D

SI LES HAPITANTS DE L'ONTARIO NE FONT PAS ENCORE L'ALLIANCE DES RACES EN SE JOIGNANT AUX FRANÇAIS POUR ABATTRE LES CRIMINELS D'ETAT, TOUT COMME LES FRANÇAIS SE SONT JOINTS AUX ANGLAIS POUR ABATTRE LA REBELLION, On aura établi un antagonisme de races permanent.

Ainsi, d’après le Globe, ce n’est pas en prétant main forte au mouvement qu'on s'expose à un conflit de race, c’est en refusant d'y prendre part, Vous avouerez, monsieur le ministre, que cela ñe Contenance pas du tout vos affirmations. Le 3 décembre, le Globe disait encore :

Refuser de sympathiser avec nos concitoyens de la province de Québec ; prétendre que, parcequ'ils désirent punir le gouvernement, nous devrons le maintenir, serait la preuve quasi incroyable d’une étroitesse de sentiment de race, de préjugé et de bigoterie. S'il est essentiellement juste de con:damner les ministres, il ne saurait être autrement que mal de les laisser aller en liberté sous prétexte que les Canadiens sont du côté du droit strict.

Dans le même numéro du Globe je trouve une lettre signée Ontario, écrite par un libéral anglais et contenant ce qui suit:

Mais les conservateurs les plus outrés devront admettre que comme hom:mes libres, les Canadiens-français ont parfaitement le droit d'avoir une opinion indépendante sur le compte de l'affaire Riel. Ils avaient droit de pétitionner comme d'autres l'ont fait, pour obtenir commutation de la sen. tence portée contre Riel. Ils ont parfaitement droit d'entretenir l'opinion qu'on aurait dû faire droit à cette supplioue. Ils ont droit de penser, comme la plupart des gens pensent, que ce n'est pas le suprême amour de la justise qui a porté sir John Macdonald à adopter le mode d'action qu'il a choisi au sujet de Riel, mais que ce sont des considérations politiques. T1 lui fallait choisir entre la perte des faveurs des conservateurs orangistes d'Ontario, ou la perte des voix des Canadiens-français de Québeo,

C'est cette croyance que ce n'est pas l'amour de la justice, mais des intérêts de parti politique qui ont fait décider du sort de Riel, qui donne ce caractère à la manière d'agir du chef actuel qui a toujours eu pour loi suprè-

me les expédients du partisan. Dans ces circonstantes, est ce que ceux qui croient que sir John a sacrifié Riel sur l'autel des expédients politiques, n'ont pas le droit de lui retirer leur confiance et leur appui sans se voir vilipendés et menacés de la guerre civile et de la dévastation par la presse conservatrice ultra loyale ?............,.,.....,..,.,,.... PA ET TRE svt AU CEE

Les Canadiens-français du Bas-Canada sont nos concitoyens, unis à nous par un destin inexorable pour travailler à l'avenir de notre patrie commune. Tout ce quf mêt obstacle à la loyale et amiable coopération qu'il faut à cette œnvre va être dommageable à l'Ontario comme à Québec.

. Le Globe du 5 décembre disait encore :

Il nous est facile de comprendre pourquoi l’indignation de nos concitoyens canadiens-français se manifeste sous la forme d’une protestation contre la mort de Riel.” Illeur parait personnifier les torts et les aspirations de leurs frères Métis. La longue carrière d'oppression et d'insultes de sir John envers les Métis, et de déception envers la race française et ses dignitaires ecclésiastiques les plus vénérés, a fait des héros des insurgés et de leur chef. On leur a laissé croire jusqu'au dernier moment que cet agitateur agraire serait traité comme un inculpé politique. Son exécution est tombée du ciel bleu comme un coup de foudre sur la soute à poudre des sympathies inflammables et des ressentiments ardents et secrets... ,

Cependant la cause de l'excitation qui règne dans la province de Quèbec ne provient pas seulement de l'exécution du chef rebelle, mais de l’oppression et des déceptions qui ont porté les métis au cœur simple à l'envoyer quérir et à suivre ses téméraires avis, ss senessensenn versets eos

Nous ne nous étonnons pas que les divisions de parti aient disparu dans la province de Québec, ce qui nous étonne, c'est qu'elles subsistent dans d’autres parties du Canada.

Il n'y a pas que les Canadiens-français qui acousent le gouvernement d'avoir versé le sang.

Le sang des volontaires qui sont tombés dans cotte guerre fratricide demande autant l’expiation que celui de Riel.

Il y a dans Ontario des veuves et des orphelins aussi malheureux que ceux de Riel.

Tous les Canadiens auront à payer leur compte des frais de la campagne,

Tous ces morts, toutes ces pertes crient également vengeance,

De qui ? |

De ceux dont la négligence criminelle a rendu ces morts ou ces pertes

‘innévitables.

Ce n'est pas une affaires d'orangistes contre bleus. ni de grits contre

tories, C'est toute la population du Canada contre ses serviteurs infidèles.

Voilà le mot de la situation, Le Globe a aussi commenté une lettre de M, Tarte au Mail, principal organe du parti conservateur anglais, qui nous a menacés de pulvériser toute la confédération si

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les conservateurs de la province de Québec votent contre le gouvernement de sir John A. Macdonald. M. Tarte développe dans cette lettre Les sentirments qu'il a exprimés à l'assemblée du Champde-Mars, et le Globe dit:

Toutes les accusations portées par le Mai! contre la population fran çaise, toutes les craintes de domination française qu'il prétend entretenir n’ont pas le moindre fondement dans tout ce qu'ont dit les principaux hommes ayant pris part aux assemblées publiques qui ont eu lieu par toute la province ; il n'y a pas eu, croyons-nous, une seule phrase tendant à prouver qu'aucune partie de la population crût que, parceque Riel était français, il n'aurait pas dû être pendu, ou à prouver qu'ils veuleut ou désirent qu'il y ait une loi pour les Français et une autre pour les Anglais. Le 10 décembre le Globe disait :

Une fausse représentation en faveur auprès de la presse conservatrice est celle qui consiste à dire que les libéraux de la province de Québec ont l'intention de former un parti français ayant des fins et un but distincts... ni M. Laurier ni M. Mercier ne peuvent être cités comme ayant enc gé tel programme. Au contraire, ces deux messieurs ont formellement déclaré qu'ils refuseraient de prendre part au mouvement s'ils croyaient qu’il tend à semer des différends de race. Le seul danger d’une telle calamité vient de la tentative bigote et dépourvue de patriotisme de soulever un sentiment anti-français dans l'Ontario.

Le Hamilton Palladium of Labour, otgane. des Chevaliers du travail, ordre, dit le Globe du 12 décembre, qui comprend des milliers d'ouvriers et de travailleurs d'Ontario, a dit, le 28 novembre, que “ le sens commun et l'intérêt personnel bien entendu devraient unir tous les ouvriers contre la tentative de soulever une guerre de race entre les Ganadiens d'origine anglaise et française. ”

Ce journal dit :

Est-ce que, sur les injonctions des politiciens sans vergogne et des écrivains stipendiés, qui n’ont jamais pu dissimuler leur hostilité au travail organisé, nous allons prendre part à un mouvement physiqne ou politique contre des gens qui ne nous ont jamais fait de mal, parcequ'ils parlent une autre langue que la nôtre et qu’ils font les cé imonies du culte à d’autres autels que les nôtres ?

Le Huron Expositor, autre journal libéral anglais du Haut-Canada, dit :

Aucun réformiste ne peut honrfêtement, en conscience, accorder par un vote sa confiance au gouvernement actuel, et chaque réformiste est tenu en honneur et en principe à voter non-confiance en ce gouvernement, quelque soit celui qui pose la proposition, et tous les députés réformistes qui refuse. raient de le faire contrediraient directement leurs professions et leurs votes antérieure,

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de Hamilton, du Free-Press d'Ottawa, de l’Advertiser de London, du Chronicle de Halifax et d’une foule d’autres journaux anglais libéraux, qui parlent absolument dans le même sens et qui mettent à complet néant vos terreurs feintes.

Depuis que le mouvement national a été inauguré, les libéraux anglais de Middlesex-ouest se sont réunis, et ce n’est pas dans la résolution suivante adoptée par eux à l’unanimité, que l'on voit qu’il ont pris ombrage de ce mouvement :

Que cette association ce rappelle avec une patriotique fierté, la vivacité avec laquelle les volontaires du Canada ont pris les armes à l'appel des autorités, pour servir au Nord-Ouest; que la présence côte à côte des volontaires de Québec et Halifax, et de ceux de l'Ontario et du Manitoba était un acte de sacrifice personnel qui a été accueilli avec enthousiasme, surtout comme une preuve de la force d'esprit d'unité du pays; que malgré cela, cette association ne peut oublier le fait que la rébellion n'aurait pas eu lieu sans l’incurie du gouvernement dans ses négociations avec les occupants du sol, incurie d'autant plus criminelle que l'on sait que les terres de ceux quise sont révoltés contre l'autorité, ont été gaspillées ect distribuées à tort et à travers, entre les mains de compagnies de colonisation dont l’une avait comme officier et actionnaire M, Jamieson, gendre d'un ministre de la couronne.

Les libéraux anglais de Montréal, qui sont plus que n'importe qui à même de juger de la portée du mouvement, n’ont manifesté aucune angoisse. Le Young men's liberal Club s'est réuni au Windsor le 10 décembre. Etaient présents : M. Edgar Judge, président ; MM. G. W. Stephens, M. P. P., W. A. Weir, S. Cross, D. Barry, 4. Mitchell, Jonathan Hodgson, M. McKay, A. Perry, J. X. Perreault, R. Préfontaine, J. K. Ward, P. White, Ch. Drummond, H. Joseph, J. N. Hutchinson, S,. J. Andress, T. H. Turton, Arch. McGoun, W. F. Ritchie, W.Ss. ‘Walker, W. G. McBean, S. Boas, John Ralston, W. Lamson, N. E. Hamilton, D. Downie, J. Goldthorpe, A. Boyer, M. P. P., James Morgan, A. Cheeseman et nombre d'autres.

Après les affaires de routine, comme dit l'argot parlementaire, M. Selkirk Cross a proposé, avec l'appui de M. D. Barry, et il a été unanimement résolu :

Que, vu sa mauvaise administration des affaires du pays, vu sa criminelle négligence après les nombreux appels de justice futs par les habitants du Nord-ouest, appels qui sont aujourd'hui reconnus bien fondés, le gouvernement actuel du Canada ost directement responsable de la rebellion ef de ses terribles conséquences, qui ont causé un sf grand mécontentement chez la. plus grande partie de nos computriotes et qu'il est du devoir de chacun de ceux qui désirent avoir un bon gouvernement et une juste et impartiale

Je pourrais eouvrir de nombreuses pages de citations du Times ,

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IL BST DONC RÉSOLU QUE L’AGITATION CONSTITUTIONNELLE QUI A POUR OPJET DE

RENVERSER L'ADMINISTRATION ACTUELLE POUR SA ORIMINELLE NÉGLIGBNOB ET SON

INCAPACITÉ, ES? PARFAITEMENT JUSTIFIABLR, BT QUE OE OLUB ACOUBILLERA DANB LES RANGS DU PARTI LIBÉRAL, TOUS CEUX QU1 DÉSIRENT S'UNIR A LUI POUR METTRE : SA PLAOR UNA ADMINISTRATION HONNÊTE ET OAPABLE, S'ENGAGHANT A DIRIGHR LES AFFAIRES DE NOTRE PATRIE COMMUNE DANS LA VOIR D'UNE ÉGALE JUSTICE . OUR ‘TOUS BT D'UNE ADMINISTRATION ÉCONOMIQUE DBS AFFAIRES PUBLIQUES.

Voilà qui ne comporte pas d'ambiguité. M. Ward a ensuite proposé, appuyé par M. McGoun, et il a été unanimement résolu :

QUE 0E CLUB DÉCLARB AUSS1 QU’IL CONDAMNE TOUTE TENTATIVE, QUELS QU'EN SOIENT LES AUTEURS, FAITE POUR SOULEVER DES PRÉJUGÉS DB CASTE OU DE RACE AU CANADA ET POUR TROUBLÈR LA BONNE HARMONIB QUI A TOUJOURS BXISTÉ ET QUI EXISTE ENCORE PARMI LES DIVERSES RAOES DE CETTE PROVINOE.

Or, c’est vous, monsieur ; c’est votre chef sir John A. Macdonald, dans sa fameuse lettre au Winnipeg Sifting,; c'est votre principal organe dans le Haut-Ganada, le Maïl, dans un article incendiaire où il a menacé de briser la confédération, de recommencer la conquête des Canadiens-français et, cette fois, de les priver à tout jamais de LEURS INSTITUTIONS, DE LEUR LANGUE ET DE LEURS LOIS dont la jouissance nous est garantie par le traité de 1763; c’est vous qui essayez de ‘‘ soulever des préjugés de caste et de race parmi nous ” plutôt que de vous laisser faire une opposition tout à fait loyale, tout à fait constitutionnelle, qui aura pour résultat manifeste le renversement de votre odieux pouvoir. C’est vous qui vous révoltez contre l'autorité populaire. Aux mille raisons que, dans leur opposition constitutionnelle, tousles libéraux invoquent pour obtenir la destruction du ministère dont vous êtes l'ornement, les libéraux anglais ajoutent ‘‘ la criminelle négligence et l'incapacité déployées par l'administration actuelle dans son opiniâtre refus de rendre justice aux habitants du Nord-ouest, qui s'est ainsi rendue responsable de la rébellion et de TouTeEs sEs TER- RIBLES CONSÉQUENCES. ”

Parmi ces terribles conséquences de la rébellion provoquée par vous-même et par vos collègues, se trouve ce que vos amis appellent le MEURTRE D'un Fou, la pendaison abominable d'un martyr, et c'est par respect pour la constitution, c’est par vénération même pour l'autorité légitime et immuable, celle de la nation, que, de concert avec les libéraux, ils conspirent énergiquement, mais loyalement votre perte, Ils peuvent s'appuyer pour justifier leur atti-

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