CHAPITRE PREMIER
INTfiODUCTION.
Coap d'œil sur la oonstitotioD politique de Rome aa moyen âge, jusqu'à la moitié du XIV^ siècle. Formation et développement de la suzeraineté pontificale. — Organisation du sénat« — Sénateurs indigènes et étrangers. — Puissance politique de la noblesse et du peuple. — ^^Accroissement du pouvoir municipal. — Division et nombre des habitants. —-Les puissantes Êumiles des Goionna, des Orsini , Gaetani, Pref<^ti de Vico , Savelii et Conti. — Vie et mœurs de la noblesse.— Rapports de ia ville avec les environs. — Pouvoir de TËglise, de la noblesse et de ia commune sur le territoire de Rome. •— Localités indépendantes. — Rapports ecclésiastiques , état des églises et du clergé. — Pèlerins. — État des monuments de l'antiquité ; manière de les expliquer. — Les récits merveilleux , leur origine. — Fables du Capitole et de la statue équestre deMarc-Aurèle.
L'histoire intérieure de Rome au moyen âge re^ pose sur Faction réciproque de trois puissances ; la papauté, l'empire et la commune. Voilà pourquoi ce dernier élément n'y atteint pas un développement
aussi logique et aussi complet que dans d'autres villes italiennes, pat exemple en Lombardie et en Toscane. Rome, à la vérité, parcourt toutes les phases qui caractérisent les diverses périodes de la vie municipale en Italie , mais jamais ce principe moteur n'y t^^it Uâe ientièi^t^pli^atiot. Côntririée par les deux autres forces, la commune fait des pas rétrogrades ; elle re tomb e à un degré d'existence politique dépassé par toutes les autres villes, et audessus duquel dte^tndikie s'éthUdéj& élevée pendant des intervalles de temps plus ou moins considérables. Bien que les anciennes imàtutions communales de Rome n'eussent jamais tout à fait disparu, l'organisation de sa nouvelle libetté ftitessaiiieUement restreitite par le pouvoir pofttifical. En effet , depuis là séparation d'avec Byzance et le rétablissement de l*empire d'Occident, les papes exercèrent des droits qui, malgré leur extension plus grande et la diversité de leur origine , correspmidâieiil ^ au fond , k ceux d'autres évéques jouissant des exetnptîons et des privilèges attachas au titré de comte. La chute de l'empire carolingien fit cesser toute limitation .de leur puissance par le pouvoir im* périal» Alors les factions de la aoblasse romtine exeraèrent i|uelque «èmyis sur ie «atn^^iége tme tyrannie tellement violente et honteuse , qtl'dUe peut être comparée à celle de la cour du Bas- Empire. La domination temporelle s'unit au pouvoir spirituel dans k personne de Jean Xll^^et ce p<mtife demeura 1« souverain absolu de Rome,, jusqu'à et i)ue , par k comronaement d'Otlon I^ en 9621^ il eût kii<>méme appelé de nouveau les em*-
ptfWiim sâkcMiMhi« IMi^t un «ède pn»c{«ie «notier j ô^ut^ci trouvèfeM dans \eê révoltes «des ka« bkams et l'indignité de phisieitr« papes ^ TaccatioQ de tiMMen^^t d'étendre, Murent ti<ih»iiiieiij^ là puiliBâiâroe «inapéfiate.
lie ittoûft m le pouvoir 4» «énivt s'étweet ooniervéA dtiBè l'iidMiïri^^nrMiOn nlesaffaîres pijnrenvdnt itnmioî* p^e^. A répoqœ <qû'oit ft ooutunie de cifter coname ce})4s du ré^blissetiMitti: de œ 'corps /eu 1 1 43 <9 «mi Innocent II ^ k ootnmüo^ al^nsMsha iSH pape una ^rtie de ses droits de «dutei^itiété ^ de H loâme fidâtiiète que }es villes lomibs»*des i^it^eoC prescpie dans le même temps avee toons évéqises^ Mais h posMon^ ta la fois politique et eodésiasti<|iie ^ du saint^sî^ Wè permit pas aux Ronmâns de s'as<surer ^üne dussi grande indépetidasice au milieu des luttes de la papauté et de Tempine» Les papes usé* rent de tOM^ les armes qui étai^it en^re leors flUttHs pour<M3mbattre une tendfimceà kquelle iquel* quefois^ par exemple sous Arnaud de Brescta, se DaélaÉient des agita tioiïs religieuses, et, malgré dt<* verses iMerruptions , leur souveraineté finit tou>jours par être de nouveau reconnue. Bien plus, les droits que les empereurs exerçaient encore à Rome, et qui s'étaient agrandis aux onzième et douzième siècles, comparativement à l'époque despraniers Ottons, ces droits passèrent au?: papes, et Frédéric P*", dans sa paix avec Alexandre III ^ en 1 176, abandonna réellement toute l'influence qu'il pouvait avoir dans la ville ou dans les environs; il aida même le pontife qu'il venait de combattre , à réduire son propre parti. En r ao i , Otton IV promit à Innocent III
de se soumettre aux décisions pontificales sur tous les points concernant la ville de Rome (i). D'autre part, les Romains avaient dû promettre, en 1 178 , à Alexandre III de rendre les droits régaliens et d'o-» bliger les sénateurs nouvellement élus à. jurer fidé* lité et obéissance au saint-siége. Ce traité devint , pour les temps qui suivirent immédiatement, la base des rapports du pape avec la cité, et il fut solennellement renouvelé d'une manière plus précise^ en I i88y sous le pontificat de Clément III (a ).
Toutefois, la lutte ne cessa pas pour cela entre le pouvoir pontifical et la commune. Malgré l'activité prodigieuse et la haute sagesse avec laquelle Innocent III , au milieu de tant d'autres soins , gouverna la ville de Rome, il ne put maintenir ses droits qu'à grand' peine et non sans de fréquentes in* terruptions. Les papes qui vinrent après lui eu*^ rent encore de plus grandes difficultés et moins de succès. Les Romains, enhardis par les que» relies du saint-siége avec Frédéric II et avec les derniers Hohenstaufen , furent plusieurs fois sur le point d'obtenir de leur évêque une complète iiv dépendance politique. Ainsi, par exemple, en ia!^4f ils demandèrent à Grégoire IX que jamais l'interdit ne pût être lancé sur le peuple romain, et que les ecclésiastiques fussent soumis à la juri*
(i) Pertz, Monuraenta Germ. hist. leg., tom. ii, p. ao6.
(2) Voir sur Alexandre III, Muratori, Script, toiii. iiî, p. i, pag. 475. — Le traité entre Clément III et les Romains se trouve dans Muratori, Antiqiii t. Italie, tom. m, p. 785 , édit. de Milan, 1740. « Ad prssens reddimus vobis senatum et urbem ac monetam. Ta- « men de moneta habebîmus tertiam partem. Reddimus omnia Re^ « galia tam infra quam extra urbem, quœ tenemus. »
diction et aux charges de la ville ; en outre, ils réclamaient le droit d'élire librement le sénateur, de battre monnaie , et d'augmenter les impots sur les fours et les pâturages ( i ). La fermeté des papes, leur ardeur infatigable, la persistance de leur plan de conduite triomphèrent encore cette fois de l'inquiétude d'un peuple agité par des tendances et des passions diverses , et la souveraineté pontificale sur Rome , après la défaite de Gonradin et la conclusion de cette grande lutte, fut de nouveau généralement acceptée.
L'autorité supérieure de la ville, tout en continuant de porter le nom de sénat, subit de fréquents changements. Il nous est difficile , à nous qui sommes habitués à des établissements plus stables , de nous bien représenter la mobilité des États italiens au moyen âge , alors que , suivant l'expression du grand poète florentin, ce qui açait été institué au mois (ïoctobre riatteignait pas le milieu de novembre. Dans les commencements de la nouvelle organisation du sénat , les membres de cette assemblée étaient fort nombreux* Un document de l'année ii4^, par exemple, nous- montre plus de trente sénateurs et conseillers sénatoriaux mentionnés les uns après les autres (a); on élit cinquante sénateurs en 1167, sous Frédéric I®' (3); l'acte d'union entre Clément III et les Romains , en 1 1 88 , est signé par dix conseillers sénatoriaux et quarante-six sé-
(i) Muratori , Script., tom. m, p. i, pag. 579.
(3) Vitale , Storja diplomatica det senatori di Roma; in-4% p* 43.
(3) Michaeide Vico, p. 180.
Rat0cir$ ( 1 ); enfin f un autre »cte du même pmfe^ flous GélcstiB m, pvéseete le chiffre de cickqiiapte« m 9éEialettr& casuse k aonabre uoivm! filé wàth rmagmpatnt {%). Mak par suite des déscwdres iwé« parabks de m gooiFernMieBt tt partagé^ uii eeiHwin Bénédictus ^ qui pm^tait k auniom de Cart^lhetua &n Gamaimuft, ae fit déclarer sénateur UMqM»
Pannée 1191^ cm au commeRceNoiesit deiigiai ayant été renversé après^ environ \m an , cipquantfiHsix sénateurs furent réélus : toutefois , vers la fin de 1 197 ^ îi n'y ei»t pareillement qu'un sénateur^ et pendant le pontificat d'Innocent III on en vit tantôt un 9e«il ^ tanlol plusieurs , ordinairement cinquante*ais. Soua Honorius III et dans les premièrea années de Gré« goire IX^ on ékrt en général un sénateur unique^ jusqu'à ce que l'on commença^ en t%^&f d'en élire le plus sQuvent deux , ce qui pHis tard devmt la règle.
Tant que le sénat est compoaé de pluaieiira membres y nous ne voyons pas à côté de ce eorpa im conseil de la ville supérieur et distinct) maâs la division du pouvoir municipal était déjà préparée par la distinction entre les sénateurs et les Qonn seillers sénatoriaux^ lesquels^ du reste , vaquaient aux mêmes affaires et formaient essentiellement une seule et même . assemblée. Un grand et un petit conseil {coMsêtium generaèe et spetiale)^ permanente l'un et l'antre, paraissent ne s'être formés que plua tard, quand l'usage fut établi de n'élire qu'un ou
(0 AfuriitQr«» Aotiquit» lom, lu« p^ 7Sä, (a) Ibidem, tom. iy, p. 36.
deux sénateurs. Dans les grandes circonstances, lorsqu'il s'agissait d'une levée générale, ou de ehangeoients à introd^ipe dans la constitution, etc., la peuple entier était c<invoqué {plénum et ptihli-' cum paifiumenium ). Le sénat^ir posait alors les . questions sur les mesures à prendre, et le^ assistants décidaient par oui et par non , sans que personne put iimeüder ces mesures ou faire une proposition nouvelle. La réunion des deux conseils avait lieu dans le palaia du CapitoW, qui servait d'hôtel de ville et où demeurait le sénateur* Le peuple se tenait devant ce palais, sur la place où Ton voit ac* tuellement la statue équestre de Marc Aurèle, et oc** cupait la colline jusqu'à la place d'Araceli. Là aussi se tenait, à cette époque , le marché transporté sur la pl^ß !^avone pendant le pontificat de Sii&te lY . L'élf^tion des sénateurs se faisait le plus souvent, ftoit par le peuple dans une assemblée géuérale, soit par le conseil de la ville, augmenté alors d'autres officiers publics et de citoyens notablea* Quand la souveraineté pontificale était reconnue d'une manière effective, les élus devaient faire confirmer leur nomination par le pape et lui jurer fidélité) le pape lui-même instituait aussi directement les sénateurs, ou bien il nommait des intermédiaires {m0di0xèi)j qui procédaient au choix^ et duns ce ß», il ne restait aun: citoyens que le droit d'appro^^ hat^Qi^. Les sénateurs ainsi nommés recevaient du ptpe des cadeau« et un tr^teme»! (i). Dans le p^rin<^ipe, la dignité de s^atei^rétmt oi^dinairement
(i) Muraton'y Script, tom. m , p. 487 et 56a^ Antiquît., tom. iv, pug. 86-
d'une année : elle fut de six mois par la suite, et lorsqu'elle eut été conférée pour un plus long temps aux rois de Naples, leurs représentants durent également être changés dans ces intervalles. A la fin de leur charge , tous devaient en rendre compte (syndicabantur).
Quant aux personnes revêtues des fonctions sénatoriales, Rome présente un spectacle tout particulier. Les papes, soutenus par les Normands et par les empereurs d'Allemagne, avaient fort affaibli les plus puissants barons , tels que les comtes de Galera, de Tusculum, et même les maisons comparativement moins importantes des Colonna, des Pier Leoni, des Frangipani, des Cenci, etc. : aussi en voyons-nous à peine un d'entre eux inscrit parmi les membres du sénat dans les premiers temps où il fut rétabli. C'est seulement vers la fin du douzième siècle, et au commencement du treizième, que se forme la nouvelle noblesse romaine. Alors s'élèvent les familles pontificales des Conti, des Savelli, des Orsini. Mêlées avec les restes de l'ancienne noblesse, spécialement avec les Colonna, les Frangipani , etc. , elles formèrent une haute aristocratie urbaine qui, d'une part, ressemblait aux anciens patriciens des villes allemandes , et , d'autre part , correspondait à l'ordre des chevaliers. A partir des premières années du treizième siècle, les sénateurs furent presque exclusivement choisis dans ces familles, jusqu'à ce que leurs luttes incessantes et les soulèvements du bas peuple eussent fait , à Rome comme dans les autres villes d'Italie , une nécessité d'élever un étranger à la plus haute dignité municipale et.
de lui conférer , sous le nom de sénateur , la puissance exercée par le podestat dans les autres villes italiennes. Un citoyen de Bologne, Castellano di Brancaleone di Andalo, comte de Casalecchio, fut celui qui remplit le mieux cet office pendant sa double charge de laSa à ia55 et de laSy à ia58 : cependant les nobles romains avaient conservé assez de force pour tirer bientôt de leur sein de nouveaux sénateurs.
L'établissement de la dynastie angevine à Naples fut pour Rome d'une haute importance. Dès l'année 1264? I® pape et le peuple avaient décerné à Charles I** d'Anjou la charge de sénateur. Il dut la résigner après avoir conquis son royaume; mais le pape la lui conféra de nouveau pour dix ans, lors de l'expédition de Conradin. De ia68 à 1278, le roi envoya à Rome un représentant, qui était renouvelé chaque année. Nicolas III , craignant la puissance de Charles d'Anjou, changea le premier cet état de choses après les dix ans écoulés, et rétablit pour sénateurs des nobles du pays. Mais la lutte entre les Orsini et les Colonna , qui correspondaient à peu près aux Guelfes et aux Gibelins du reste de l'Italie, n'ayant pas été poussée jusqu'à l'anéantissement de l'une des deux factions, ni même jusqu'à son entière exclusion du pouvoir, le pape chercha à les réconcilier en choisissant toujours dans leur sein l'un des sénateurs. Quoique Martin IV, en ia8i , eût rendu, pour toute la durée de son pontificat , la dignité sénatoriale à Charles d'Anjou, le lieutenant de ce prince fut chassé Qn isà83 , et désormais, pendant un assez long esr<
pacede temps, des nobles romains > le plus souyafit de Tua et de l'autre parti , eurent seuls le privilège de cette charge. Ce ne fut qu'après le» changfœeats introduits par les empereurs Henri YII et Louis die Bavière dans les affaires italiennes ,, que le roi de Naples Eofaert fût nommé sénateur p^T Clément ¥ et Jean XXII . Toutefois il dut ehoiûr desreprésen^ lants non plus parmi les siens , mais parmi la noblesse romaine , et en général dans les deux factions men** lionnées.
Ainsi y tandis que la noblesse j en tant que telle ^ avait depuis longtemps perdu toute puissance politique dans les autres villes d'Italie, nous la voyons à Home en possession des plus hauts em* plois. Mais eomme les nobles romains étaient çon* tinuellement en lutte; qu'ils exerçaient sur les autres citoyens toutes sortes d'oppressions et de liialences , et que rarement la justice élait faite 9 il y avait de temps en temps des séditions dans le peu^ pie. Celui-ci investissait alors de la souyeraine magistrature municipale tantôt ses propres autorités , c'est-à-rdire les eapononi^ ou commandants des di* vers quartiers de la ville, tantôt un seul individu ^ concitoyen ou étranger. Un pareil état de choses ne put jamais se soutenir longtemps. Ou Tautorité que le peuple avait instituée était renversée^ soit par le pape , soit par la noblesse , ou bien le peupla se remettait de lui-»méme entre les mains du soui> ¥erain pontife, qui rétablissait Faocien gouvcro^ ment* C'est ainsi qu'en iSoS^ d'abord Giovanni de Magnano de Bologne et ensuite Pagnanino délia Te9rnei&u*eal faits, le pren^iery capitaine du peuple^
et Vautra » séMteur, tous d«ux; avec un <)0ii9€iU de
treàifM membrea corr^spoadaut m% çaporio^i. En
j3i9^ X GiatCOBQ di Giovana^ Àrlotta degU Si^antir
cbi ay^Qt été élu sénateur et capitaine du peuple,
let^ GQuwla de toutes tea çorporationa et vm con*
ieil de cent quatre bourgeois» dont huift de chaque
quaprtier, p^M^tagèreni; avec lui Tautorité $ouvewùne%
^i||^$ l'aunée i3i5 » Gerardo Spinola di Liueiulladf
^^#it|iammé capitaine du peuple et at^kateur»
vée de l*ouis de Bavière, eu id^%j » i\ était
cinquante»deux (buom uQmi^i) nota-i
\r m% , quatre pour chaque quartier, a^éo
N les corporation^ à leur lête, La dignité
passa ensuite à ï^uis lui-même , qui
io pourlieutenaut.. îtous trouvons , en
huoni Homif^i^ et, e« i3ia7, ife^mcapo»
ins et les autres présentent toujours
a sénateur comme le rés%imé et l'ex-
prest» leur propre autorité.
Ce qu) . aisait la faiblesse du peuf^ à Rome , c'é tait que les corporations et las métiers n'y airaient pas atteint le même développement et le même de-* gré de puissance matérielle que dans les villes de Toscane. Ainsi le parti populaire ne pouvant pa^ opposer de ligues puissantes par le nombre et la ri^ cbesse au parti de$ nobles 9 ces derniers l'empor«* taient facilemeiit sur une multitude d^rdonnée^ {Néanmoins il y avait à ]\ome, dès les premier» temps du moyen âge 9 des associations de métiers ,
nommées d'abord écoles et plus tard communauté^' {mivemtat^)^ qu arts; elles avaient leurs çbefe
{prières ^ em^u{ßs) , as^i^té» de conseillera el de mh
— la —
taires avec une caisse spéciale; le plus souvent elles avaient aussi une église particulière et un lieu de réunion au Capitole, où leurs consuls décidaient les dif« férends qui ne ressortissaient pas des tribunaux ordinaires. La plus considérée de ces corporations était celle des laboureurs {bobacterii\ mais, excepté dans les cas ci-dessus indiqués , elles étaient trop faibles pour avoir une importance politique. Dans les manifestations populaires, c'est toujours la division locale des treize quartiers ou régions qui domine. Cette division continua de subsister sans aucun changement depuis le treizième siècle, jusqu'à ce que Sixte V, en i586, y ajouta, comme quatorzième région, sous le nom de Rione Borgo , le quartier de Saint-Pierre , lequel précédemment ne faisait pas partie de la ville proprement dite. On sait que c'est Benoit XIV qui a déterminé les limites de ces différents quartiers , telles qu'elles existent aujourd'hui.
Malgré la désunion intérieure dont nous venons de parler , le pouvoir de la commune avait gagné beaucoup de terrain sur la souveraineté pontificale au milieu des autres embarras politiques des papes et pendant la vacance souvent très-prolongée du saint-siége. De fait , les Romains s'étaient attribué les droits régaliens , et depuis la moitié du treizième siècle, peut-être même avant cette époque , ils battaient monnaie, comme le prouvent diverses pièces d'or et d'argent. On ne trouve même plus , à partir de Pascal II jusqu'à Urbain V , de monnaie pontificale frappée à Rome , bien que les papes n'eussent pas renoncé à leur droit sous ce
rapport. En outre , la cominune de Rome avait su s'arroger, vis-à-vis la souveraineté pontificale, un certain droit de reconnaissance préalable, et , à chaque élection, l'autorité suprême sur la ville était d'ordinaire conférée au nouveau pape. Souvent alors la commune exprimait hautement que la collation d'un pareil pouvoir se faisait, non à cause de la dignité, mats à /cause de la perscmne même du pontife ( I ). Les papes , de leur coté , n'acceptaient quelquefois cette collation qu'après avoir réservé leurs anciens droits , et ils pourvoyaient ensuite à la charge sénatoriale, soit directement, soit par commissaires. Quand la collation n'avait pas lieu, ou s'il n'en était tenu aucun compte , le peuple romain seul élisait les sénateurs.
Les empereurs allemands n'exerçaient plus d'in^ fluence à Rome sur les affaires communales. Henri VII renouvela le serment prêté par Othon IV j de ne rien faire sans le conseil et l'approbation du pape , en tout ce qui touchait les Romains et le saint-siége. Â la vérité , sur la demande de son parti, il envoya comme sénateur Louis de Savoie ; mais tous les droits et privilèges municipaux furent rigoureusement conservés. D'après l'ancien droit impérial, toute autre juridiction que celle de l'empereur devait cesser dans le lieu où il séjournait : désormais, au contraire , il fallut une permission formelle pour que les officiers de justice de Henri
(i) De pareilles collations furent faites à Martin IV, Honorius IV, Boniface XIII, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI. Voir, pour la formule relative à Martin IV , Vitàjlb , Storia diplomatica dei senatori di Roma, p. $94.
fmsMit tcmr tribuMl^dann fo^Uéy et ^M«>rd fmî^ d exception de ixm% Im cm qtii resMffis^ietit dit pope et éa peuple tomâm (i). 1j» habitdAtB m i^«» fiisèreiilt; auMsi à Uii payer l'impôt de k eourodne , kft juîfe seuls diQiiDèrm^t quelque argMI (i). De même là ooUatvon de la dtgatté séiaatoHaie k Lmifs tîe Ba^ vlère fot un acte punemetit pereotmel, ^t ne in^ posait en rien aurk puissance impémle^ et Targetit <|a'il ievm ne fiit pas un itopôl t^égdiier^ iinaiè un^ eonisrïmtioii de guerre (3).
La popiliatioa de Rome ^ ainsi qu'on a déjà dk le petoer d'après l'état politique de la rtlle , se paf^ tageâit en deux grandes divisions ^ là itobksse et le peuple (4)- Au premier ordre appartenaient a^sAlt tout les grandes familles dont les membres étâi^^u appelés basons ou princes ^ ensuite les geMilshommes qm rempUssaient ordinairement le service mi^ litaire ée k noblesse et se rattachaient à ce oorp^ par le lien ooittmun de la gentiiezzn (5). fsirmi le peuple) ies plus rapprochés des nobles élément 1^ citoyens riéhes et notables, nommés c(W^iûd<srùtU ^ qui servaieut à cheval dans la milice de la ville et
(i) G. Dœnniges , Acta Henricî VII9 part. 11, p. 4' et 5i.
(2) Altert. "Mussat , cot. 461. — Muratorî, Script, tom. x. ' t3)'OioV. Villani, x, 53, 66. ^MtfratoH ,'Seflfi. tom. xiir. : (4) « Il qnale { UbIIo Pocadota ) col fttore del detto popolo liaTea « cacciati da Roma li prîocipi e gentirhuemini e cavalerottû » Matteo Villani, xTy a5. — « Ë numerato il popolo romano a piè si tro- « varatio a ësâefe venlidue toigliaja d'huomîûi armati. » Muratori , Script., tom. xiv.
(5) Voir Maiteo VIBani, ouvrage eHé; Petf-ardia.fipist. Hortator., p. 5Ô6, éd. de Bâié, i554. •** Le ftom dé ^etitfiezza, pris dans le sens cjue nous loi attribuons , est souYCUt employé par Dîno Corn« pagni.
pmkÉ^m ^ft attxJ«aftüh6VAltraicpi«i^ i^iaki« ment à ($&&% que Ton célébmit au oaitiâ^al , nur fai piac« KâVûtià et le monté Testaecio. Oe eßnmt priviiége €st donné comme te iMgne distinctif diw cémUm^ui dan tes stutiite manuscrits de i36ii^ Muis üü doit les langer piutèt dam le peuple qiMt dans la noblesse , paroe qu'ite ne furent p^s enve^t loppés dans Fcfxichistott d^^ emplois %[ui pesa plna tard mt les noliieii. Le r««te*dtt p^upb compreiialt tes ^i^ian^ et leurs corporfttions ^ dont ie nombre n'ei^ pas bien déterminé. Toutefois ces diterti élatsy et particulièt'emtot leurs memi>res internoédiatr^y devaient se mêler sous beaucoup de rapports. Ainsi^ pai» eicempie , la noblesse inférieure formait avec le« astables une espèce d'oixlre entre la haute noblesse et \t bas peuple , de sorte que^ en i342, l'on en»toya i CSément V! , lore de son intronisation , six députés de la classe supérieure , de la classe mo3^nne et de la base classe (t)»
îusiju'à présent on n'avait pas indiqué^ même d'une manière approximative, la population de Rome , -àuî treizième et quatorzième siècles j on se dontentsftt de répéter le chiffre de Cancellieri, à sa- ^îr^ que la VîUe ^comptait trente^cinq mille habitants (ki temps d'Innocent III, et seulement dix-sept mille en ï377 , s6«s le pontifi<»t de Grégoire Ï3t {a)f menu ^j^^ei^i^itoe ne s'était appliqué à vérifia ce cfat&^ fre donné san« preuvCé ISous aussi nous avons en
(i) Muratoriy Script. , m , p. 678 : « Sex videlicet de quolibet • ttata orbU > najorî , nedio et minore. »
(1) Cancellieriy del Tarantismo, p. i^^ i6*
vain cherché sur quoi il repose , et nous ayoDs seulement trouvé qu'Innocent avait ùài Êdre un recensement dont le résultat n'est pas connu. Toutefois, à cette époque Rome n'était pas aussi déserte qu'on le croit généralement. C'était alors , comme aujourd'hui, l'immense étendue de la ville qui Causait paraître proportionnellement très-petite la partie habitée (i). A cet égard, nous avons des données réelles, même en admettant quelque exagération. Ainsi, au temps de Henri VU , en i3ia , le nombre des hommes en état de porter les armes s'élevait à dix mille dans la partie de Rome qui lui était soumise, c'est-à-dire un peu moins de la moitié de la ville (a). Ce nombre suppose environ soixante mille âmes. Dans l'année i36a , il y avait dans le peuple , en exceptant la haute noblesse et la noblesse inférieure, vingt-deux mille hommes capables de Ésiire la guerre (3). Or, ceci donne à peu près le même nombre d'habitants, puisqu'il n'y avait d'exempt du service militaire que la première jeunesse et la vieillesse avancée. Une pareille population avait de l'importance à cette époque. Pour s'en convaincre, il suffit de se rappeler que la ville, de Florence, proprement dite, ne comptait, en i336 , que vingt-cinq mille hommes de guerre parmi ses habitants. Il est vrai que si l'on veut avoir une idée complète de la puissance de cette répubhque,
(i) Petrarcha , Rer. famii. £pist. yi : « Vagabamur in ilta urfoe «quae cum, propter spatium, vacua videalur, populum habet im- « mensum. » '
(a) Ferreti Vicentini, Historia) etc., col. i loa. Moratori, Script.» ix.
(3) Matteo Viilaai , xi , 35,
il faut aussi porter en compte la population des environs (i).
Pour ce qui concerne la noblesse supérieure, la famille des Colonna l'emportait sur toutes les autres (â). Selon Tétymologie la plus acceptable, elle tirait son nom du village de Colonna ^ situé à la place de l'ancien Labicum. Ce n'est pas ici le lieu de raconter la tradition , alors généralement reçue, qui faisait venir les Colonna des bords du Rhin (3), ni de chercher à prouver l'alliance tout à fait vrai* semblable de cette famille avec les comtes de Tusculum; nous n'avons pas besoin de remonter jusqu'au dixième siècle. Le premier membre de l'illustre maison que nous voyons formellement nommé dans l'histoire , est ce Pierre de Columpna , parent du comte de Tusculum, qui apparaît, en iioi, comme un puissant adversaire de Pascal II (4). Il tenait dès lors garnison dans Palestrina. Cette place forte, si l'on en excepte de rares intervalles, fut toujours le centre d'opération et l'arsenal des Colonna. D'ailleurs, ils s'emparèrent de bonne heure d'autres points importants du voisinage , tels que Capranica, Pagliano, Cavi, Zagarolo, Santo-Cesareo, etc. Dès lors aussi l'on vit se manifester chez
(i) Giov. ViUani, xi, 98.
(3) Pompeo Litta, Famiglîe oelebri dltalia, Colonna di Roma; info!., Milan, i836.iS38.
(3) Pétrarque relève particalièrement Torigine germanique des Colonna et des Orsini; Rer. famil. Ëpist. xi, 16, et églogue r :
, . . • yallis te proxima misit,
Appenùioigenœ qaa prata virentia sylv»
.Spoletana metont armenta gregesque protervi , Te looginqua dédit tellos et pascua Rheni.
(4) Muratori, Script, m, p. 355.
euKy cofèine Id «aint-M^e ^ cette bostUité ifm j dttnS la suite , fit des Colonna , à Rome , le priadpsd point d'appui du parti impérial et gibelin. Paurmvie jusqu'à Tanéantissemeut par Boai&oe VIII, cette, famille s'était relevée après la «lort «d4i ^nlrife , et mainteaaDt, le vierux Stefano ColoitnaÀ m tête , eHè se tenait debout^ plu» âonfisaiile et pkifi forte qtie jamais« Stefano étaU né ftw. de Mmfm Après la aiot* tié du treizième ^sîède. Nicolas IV l'avait «a«9&mé gouverneur de Bologne dès l'année iB^i A l'avait ensuite fait comte àe la province de Cam^iagHà ^ pvM sénateur à Rome en i %^ . Ce fut éovt^ Bonilaee V lll que commencèrent les malheurs de sa msÀMH^ Apt*èA la prise de Palestrina j Ste£anO| ne se otQywtt plus en sûreté devant le pape^ «'était eolui dd Tiv^ûH» qui lui avait été assigné pour retraite. Sans «esse în^ quiété par son adversaire-^ il avait parcouru la Si» cilci l'Angleterre et U Fraacei l'es^prit toujoum haut^ le cœur toujours ferme> de telle sorte <faé Pétrarque voit en lui l'idéal d'nn bannig compara* ble aux meilleurs des anoiens ^ aux Gattîlle et a«x MarceUus. Un jour même qu'il lut découverte, là gloire de son nom pénétra lie respect (0eux<4à même qui étaient envoyés pour le prendre , et il üit sauvé« Souvent il prit part à des combats, également inconnu des amis et des ennemis ; souveM aussi sa pfésètiCe décida de la victoire (i). Rétabli par Benoît Xl et
(0 Peènveha, Rer. famil., Epist Vt, 3; «pistoln àd ))«RsftlW)â (éAt.
de Bâle ) : « Hujus l^fli« ^mngtiamrAuin geâitoreAi Stepha-
« num de Columna, virum cuîlibet antiquorum parem, ita colui at- « que ita sibi acceptas fui , ut iiUer me et quemlibel SÜoniVn nil *» diceres interesse. »
|iifi» soii^ soutien de remperetir ftenti VIL ^Peil-dkÉit te«^ur (k LoiMs de Bavière 4ans h. ville ^ il f^'^é^mt kemk Soigné de ce ^ince^ Inais pki« ^rd 41 ciylâ^iiit «des liaisons avec l^it^ Il »ei^^aiC être alors au faîte 4e la fortuné ; Pétrarque l'a^ell^e un phé* mu èOlrti d^ la ceindre des anciens^ et le plus glorieux d^ vieillards. Quoique âgé déplus de quatrevingts aiïs, il élait encore dans la plénitude de ses &cultés physiques et intellectuelles. « <|uelle voix , « is'écriait Pétrarque en ie revoyatit en 1 343 ^ quel « fronts quelle expression dans le visage ., quelle a (Contenance ^ quelle vigueur de l'esprit à un pareil « âge , quelle force de corps ! Je croyais avoir de- « vaDt les yeux un Jules César ou un Scipion l'A- « fricain , si ce n'est qu'il est beaucoup plus âgé « que l'un et l'autre ; et cependant je le retrouvais « eiËactefls^Bnt tel que je l'avais vu pour là deuxième «r fois à R0me^ il y avait sept ans , tel que je le vis « la première fois douée années auparavant à Avi- « gnon* C'est une chose merveilleuse et presque in- « croyable qu'il garde toute la fraîcheur de la jeu- « nesse, pendant que Rome entière vieillit. » Et quand il fut mort, seul entre les héros modernes , le grand , le noble , le généreux , l'inébranlable Coionna fut jugé digne par le poète d'avoir sa place dans le Triomphe de la Henommée^ à côté du roi Robert de Naples (i).
Outre ses enfants naturels , Stefano avait sept fils, dc>nt cinq furent cardinaux ou évéques ^ et deux se
(i) Pelrarcha, Rer. fam., Ep. v, 3; Rer. senil., x , à , p. 96a. — Trionfo délia Fama , capit. 11.
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distinguèrent dans la carrière des armes. DeTainéy SteÊino ou Stefanuccio , qui fut plusieurs fois revêtu de la^'dignité sénatoriale , il avait déjà des petits-fils généralement admirés pour leurs qualités chevale* resques. De ses six filles , les unes s^étaient alliées aux familles de Rome les plus illustres ^ comme cette Agnès épouse dmcomte d'Anguillara, dont Pétrarque élève si haut la beauté et les vertus domestiques (i); les autres étaient entrées dans le couvent de Santa-Chiara , près de San-Silvestro in Capite. Ce couvent , d'abord fondé à Palestrina par Marguerite Colonna, morte en ia84 en odeur de sainteté, avait été transféré à Rome l'année suivante, et richement doté par la famille. Ainsi cette maison brillait du double éclat de la puissance terrestre et de la gloire céleste (a).
Elle se distinguait aussi tout' entière par une haute culture intellectuelle. Pétrarque, le plus intime ami de cette famille, depuis l'année i33o, où il entra en relation avec elle , fut comblé de bienfaits par le cardinal Giovanni Colonna et par Giacomo , évêque de Lombez. Sa liaison presque fraternelle avec ces deux hommes dura jusqu'à leur mort. Le poète place son amitié pour eux à côté de son amour pour Laure; il se vante d'avoir toujours porté dans son cœur cette double affection , et il pleure également leur perte (3). Un jour une rixe
(i) Petrarcha, Rer. fam., tiii , t» ii » 14» i5.
(2) WaddÎDg , Annales minorum (éd. Romse, 1733), tom, v, ann. 9i85, § XVII ; Petrini, Memorie Prenestine (Roma, 1795), p. 41 5; Monument., XX. ^
(3) Petrarcha , Sonett, ^^y* 339 (éd. Fernow.); Epîstola ad posteros.
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sanglante ayant eu lieu dans la maison du cardinal, et celui-ci , pour découvrir la vérité , Élisant jurer tout le monde y même son frère Agapito y évéque de Luni y sur les saints évangiles y lorsque vint le tour de Pétrarque , le cardinal enleva le livre , et déclara publiquement que la simple parole d'un pareil homme lui suffisait. Quand Pétrarque se rendit pour la première fois à Rome y Giacomo et Stefanuccio s'exposèrent eux-mêmes (on était alors en guerre) , pour aller à sa rencontre jusqu'à Capranica, aux environs de Sutri. Dans la ville , Giacomo et Giovanni Colonna di San-Vito lui servirent de guides. Longtemps après, le poète aimait à se rappeler qu'il avait visité avec Giovanni les antiquités et les monuments chrétiens de Rome ; qu'ils s'instruisaient réciproquement, Pétrarque étant plus familier avec les temps anciens , et Giovanni avec les temps modernes ; et comment , d'ordinaire, ils terminaient leurs promenades assis sur les voûtes des thermes de Dioclétien , ayant devant eux la vue immense de la ville et des environs, et s'entretenant de l'histoire romaine , des arts et de la philosophie. Le vieux Stefano le conduisit à Palestrina (i). Tous les membres de cette famille respectaient les monuments de l'antiquité , et faisaient partie du petit nombre des grands de Rome qui ne les livraient pas à la destruction (a). "*
Pétrarque n'était pas étranger même aux affaires particulières de la maison des Colonna. Lorsque , en i333, Stefanuccio eut vaincu les Orsini, il lui
(i) Petrarcha, Rer. famil., Epist. ii, i3; y, a ; yi, i . (a) Petrarcha, Rer. famil., iv» 6; Rer. senil, x, a , )
ewi&y0 plitneiMra WMws oùU eétéhvait oette-MÎ^IiNii^ el dnßsin «tes pgéfti«», don* niie^ en h«g<ie. ilaUw9e^> pone queiki fAt éïjse cwnpma^ par le«9Îtfi%y |M^ c^us qui aiMÎettt p«& part à la hutte ^ tm trjftn^gjij».. En meine temps il Fexciiaît à proûlef ^ 9<ni MI|C^é# » lui vappehmt le coiiseU: deMaharb^daprè^ilîl ^blüUi^ cle Canne». Dans ^aulre&. oeca^ipnsj^ il Q<>mfk9M 9>B009^ plfuâieu«& sannels pa«ir kft CoV^iWfti 9t lnwi^ parents^ (i). Ujiefoi&, le yieux Stefano- ^^SMftt tf^^ irfilé cfinlire un d» seft âls^ Pétrarque p^tv $ei4 pM^enir à W& réconcuieif^ Dwâ la wi^y,qiiaiiid kil aaj^ieis^ membres de ki UMCÛlle étaient dé^k ix^^^t^ depiik loiig^teaipa , il entretint la mi^tiie intimiA^ ^yec les plus jennes. <c Tous cejux qni sMi^t; $oçti% <{ de cett^ souehe sont nnea maîtres^ mai^ ij^ soj^t a af^pMsi mes £l)&, ^sait le vieux poêle (i$)». »> — :* L^ hakitationa des GtpJKonna s'étendai^ftt d^p^i^ 1|» place SaoibAlâvcelle JAisqn^awQ Santi Apo$fi$di, v^vs^ le Qairiaal. IfoutefiEÛst on n'a pas de pveuiYe' qM'ikt se soient Fetraaekés àsm» les thernies de Ceti^t^iitilly cofiame om Vadoiet généralement d'apirèsi PaiuywQ^ Pré^édemo^nt Us avaient le- mau^ftée d'Aiigi¥il^» alof s appelé maison Âiigusta ^ mais cette, imped^lante forteresse., qni u/d le eedaAl qu'au chàteaui Sawt-^ Ange y fut deux fenîs ruinée , df aborde«^ 1 167, qnfan4 les Re^HiaîaMu rej^tèrenib sur les Colonna une àékkUifit essiiyée à Tusculuin, et enatûte en ia4i^ Wvsque^ cette Êimilie se hA r^Mugée d» côté de Frédéric II. Apipè& lesr CokMana, la maison la plus e&mifàé^
(i) Petrarcha, Rer fam., m, 3, 4; Sonett., 8s, 45 , 5s » aSi, 3o, 77; Canzone, v (a) Pefti^ichfi ,. H«r. &m. , ii»i.v i.; *e>>. swl. wu .» »-.
rabfe était celte des Orsiïii. lïs descendfetient d'un e€Pta^ Orse, été la pmssante femifïe des Boboni, fits Ï»i-B»énife <te Bobo»« et petit-neveti de Célestk> tH(t). Ce* Or9aA>»naà k branche dont îl était ckçl son nom , à côté duquel ceîuî de Boboni se mainti»! encore quelefue temps. On a voulu ramener aussif JesOrsini à une origine germanique. Selon cette depftîère tradition , leurs ancêtres , descendus des Lombards^ seraient venus de Spolete à Rome. Depwîs le commencement du treiSEième siècle , les Orsini apparaissent de plus en plus comme une des famiUes importantes delà ville , jusqu'à ce qu'un de leurs membres, Nîcoks HT (2), les élève si haut, qu'ils peuvent désormais rivaliser même avec l'es Colonna. Leur maison se divise par les frères de Nicolas IH en plusieurs branches, savoir : 1** les Orsini de! monte, ainsi nommés d'une colline formée par des décombres et des ruines dans le voisinage du pont Saint-Ange (un maocibre iftustre de cette branche lui donna plus tard le nom de monte Giordano); a^lesOrsinî di San-Angelo, d'aprqsle château Saint-Ange^ qui était habituellement en leur pouvoir ; 3*^ les Orsini del monte Rotondo , lieu situé à quinze milles de Rome, sur la voie Salaria : ceux-ci étaient en même temps seigneurs de Marino, sur le versant de la montagne d'AMbe. A cette dernière branche se rattachait la branche collatérale des coitites de
in.-4*,p. 5oA, 53.6.
fa) Dante avait cette êfévalfon en vue qtiand ît cfh, dans te xix*
E v;eiHA2ent%fui^ ^gliuol deir* orsa j, CupMD si , per avanzar gtf OrsatU.
- a4- VicovarOy sur la voie Yalérienne, dans la vallée du Teverone, A Rome leurs demeures s'étendaient sur le mont Giordano, déjà cité, dans le théâtre de Pompée, à l'endroit où s'élève aujourd'hui le Palazzo Pio, et en général dans le Campo di Fiore, sur la rive droite du Tibre; ils avaient un palais près de Saint-Pierre , et , comme nous l'avons remarqué , le château Saint-Ange était le plus souvent entre leurs mains. T^ouis deB avière leur enleva cette forteresse; mais ils la recouvrèrent après son départ, pour ne plus la perdre. Ainsi, de même que les Colonna dominaient la partie de Rome qui longe le Corso jusqu'à la porte del Popolo, de même les Orsini avaient en leur pouvoir la partie qui s'étend de Campo di Fiore au pont Saint- Ange, et de là à l'église de Saint-Pierre. Ces derniers commandaient ainsi l'entrée dans la ville pour tous ceux qui venaient du nord , car le pont Milvius avait été récemment rompu dans les guerres entre les Orsini et les Colonna.
Après ces deux grandes familles venaient immédiatement les Gaetani. Quoiqu'ils prétendent remonter aux anciens ducs-de Gaëte , nous ne pouvons pas les suivre avec certitude au delà de Boniface VIII. Celui-ci, sorti d'une famille de chevaliers d' Anagni , fonda , à proprement parler, la puissance de sa maison. D'abord, quand il était déjà cardinal, et surtout ensuite, lorsqu'il fut devenu pape, il acquit plusieurs seigneuries, soit par achat soit par échange , à la frontière méridionale de l'État de l'Église, du côté de Naples ; son petit neveu Loffrido obtint par mariage les comtés de Traetto et de
Fondi , et , grâce à celte position entre le royaume de Naples et les terres du saint-siége , il conquit une haute importance politique. Les possessions des Gaetani s'étendaient des deux côtés de la montagne de Volsci ; Norma Sermoneta et Fondi en étaient les villes principales; mais comme elles étaient situées plus près de Naples , bientôt elles perdirent leur influence immédiate sur Rome, et, dès le temps de Henri VII , en 1 3 1 a , leurs places les plus fortes , Torre délie Milizie et Capo di Bove , étaient déjà passées' dans d'autres mains. La branche romaine, moins importante que les autres, garda seule son habitation dans l'île du Tibre.
La même position que les Gaetani avaient au sud de Rome était occupée au nord par la puissante famille des Prefetti de Vico , ainsi appelés du nom de cet endroit. Vico est situé sur le bord d'un petit lac , à trente-sept milles de Rome , près de Ronciglione, où commencent les Monti Cimini : il n'en reste aujourd'hui que deux misérables maisons, une tour, et quelques ruines de fortifications du moyen âge. Jusqu'au commencement du treizième siècle, le préfet de la ville exerçait à Rome la haute juridiction, et Frédéric P' avait complètement abandonné la nomination de cette charge au pape Alexandre III. Dans le grand développement que prit la liberté .municipale , cette juridiction passa au sénat, et le nom de préfet devint un vain titre, ainsi qu'il en était déjà depuis longtemps de la dignité de comte de Lateran (i). Toutefois, dans
(i) Muratori^ Script. , ni, p. 648 : « Prsefectuscfue urbis, magnum « sine viribus nomen. »
}e^ première« années en quatorzième siècle, fes préfets de ReBie, eonformérâent à ha nature primitive àe^ teups fanotioB^ , avaient cherché de no»veaa à se poser comme tes représentants de Fem« pereur; 8s avaient aussi voulu nommer les juges et tes notaires et lever un impôt su? tes fcurs de ht vîBfe. Leurs armes portaient Kaîgte impériale , et j depuîs le milieu du treizième siècte, la dignité préfectorate était héréditaire dans te famille des Vico^ quî venait de Viterhe. Le fondateur de te puissance de cette maison fut Pietro de Vico , gibelin ardent du temps de Gonradin, et fameux par sa cruauté. Inquiet de la justice divine sur son lit de mort , et horriblement tourmenté du souvenir âe ses crimes, iï chercha , de toutes manières , dans son testament , à s*lassurer tes prières des prêtres et des fidèles; puis il ordonna, à la fin, de faire sept morceaux de son cadavre , en souvenir des sept péchés mortels qu'il avait tant de fois commis (i). Ses descendants Itii ressemblèrent, jusqu'à la disparition de cette race sous Paul IL C'étaient des chevaliers brigands de Tespèce la plus féroce; ils passaient, en général, la majeure partie de leur vie dans l'excommunication et mouraient de mort violente , ordinairement de la main d*un de leurs plus proches parents. De Tîco , teur demeure , ils avaient cherché à s'emparer des possessions deTÉglise romaine dàrts te Tuscium^ et Vitorchiano, Bieda, Toscanella, VetraWa, Corneto, Civita -Vecchîa ^ Isè ToMa et tfâutres points étaient tombés à plusieurs reprises en leur pouvoir. Viterbe,
(i) Ceci est raconté par Bussi , Istoria délia cîltà dî Vîlerbp; Homa, i74a)in-fol., document xxii.
de Ytca, s'^a^ «inpi^vé de ceinte y^Ue ei> |3^9^ ]|a ^ouv«rna jusque dau^ l'année 1^338-^ oik il ^Adt^é par son. irère Gio^^na^i dli Vioq^^ issu d'uD^ v^k>P légitime. Celui-ci porta ai^ ph««» haut poii^ 1^ piU^ «Mcet de. sa maîscNi^ OuircbVitevW^ ^ avait uéduit 9f)ii^ »OBI autorité Yekrakla: Weda ^ i^ispaio^iH , etç.^ «I ][d90«itemn pontife avait yaii>^meiit opf^^^ t^w^t^ aie« &>tqm h €€^ ^vabi$6^Qie$Mi 4^s terse% diA «aiol-
siége. Giovanni portait sur son sceau FiAK,^€^i^Q<i suivante : «.Jea«», pai? la grè<ce de I^^^^ préfet de « V^^üg^isJte xUle d^ Kqjp#^ e( ^«y^er du pape daas 9: Tabsieaqe de Ve^ap^r^^r (i), y^ Unt Tflw&ii^c^ 4é^ Miis^Qi était akNTs sie^eup d# Çorueio^. Selpi) toute appareace ^ eeUe ianiille. de«»e«irait. kk Rcp^pe dan$ Fendrait appelé ei^oore actu^lei^t^eiiiit Yi^ai dcfi Bf^
TeU8& sont les £»mlks qui^ iQdépeiii4ain«4?o4| de leur iafluence dans la vilAe^ avaient eaeoce i|ne importance poétique génévale. Aprèe e]kle& venaieM le&Sayelli. On ka voit swgip,, dans la dieuxÂèçie oaoitié du douziènie sisèck^ avee k p^e du cavdi^ oal Cenciui» y élevé ^ dâas I«^ suite ,, ^ l^ digi^té poi^tir ficale sotiia k ndin d'Ho^ao^rius III. Ce pape et Héih 90rim IVy d^ lat mèm^ souche^ avaient déjà acquis , pendant leur cardinalat , plusieurs posses- $¥>mSi qiii, !;e&tèr€jat à kujç maison. Les principales entrer ces po^ses^io^s étaient la plus grao^le pa^ie:
%sumii>ipQDtiAçi9^,diji;ïpr..».Byussl^9uyj'. (^^^^ p. î^qp,^«* Çlu;<WWft^ mscrt. di Viterbo.
de la montagne d'Âlbano , Castel Gandolfo j AI« bano y la Fajola j Castel Savello et plusieurs autres lieux des environs de Tivoli. Ils avaient à Rome même , depuis Honorius lY , une habitation sur FAventin et une autre derrière la Cancellaria , où se trouve encore maintenant le vicolo dei Savelli. De plus ils acquirent , vers la fin du treizième siècle, le théâtre de Marcellus, lequel jusqu'alors avait appartenu aux Pier Léoni , et fut désormais la principale demeure de leur famille jusqu'à son extinction (i).
Une maison non moins considérable était celle des Conti , qui dut beaucoup de son accroissement aux papes Innocent III et Grégoire IX , sortis de son sein. Elle avait ses terres dans la vallée de Sacco, près d'Anagni et de Segni. A Rome, elle possédait, sur l'emplacement du forum de César, la tour dei Conti. Ensuite , il y avait les Annibaldeschi , avec leurs propriétés sur le versant de la montagne d'Albano. lit ils étaient maîtres de Molaro , de Monte Compatri et d'autres lieux, tandis qu'à Rome, depuis l'expédition d'Henri VII, ils paraissent avoir perdu les points importants de la Torre délie Milizie , duColiséeet de la tour de San-Marco. La puissance des Frangipani avait considérablement décliné depuis Frédéric II. Ils ne le cédaient
(i)Ratti, délia famiglia Sforza ; Roma , 1794» > vol. in-4<', 11, p. 397. Selon Rattî, les documents qui constatent la possession du théâtre de Marcel lus par les Savelli ne remontent pas au delà du quatorzième siècle : mais nous avons trouvé des preuves qui établissent cette possession dès Tannée iSis; et d'ailleurs les restaurations faites à cet édifice, au moyen âge, sont de même style que la demeure de Savelli sur TAventin.
a9pour Tancienneté à aucune autre &miUe, et Élisaient leur séjour dans le voisinage des arcs de Titus et de Constantin : ils étaient maîtres du Septizonium. Les maisons les plus importantes du Trastevere étaient les Stefaneschi, les Papareschi et les Normanni.
Nous avons déjà remarqué que toutes ces familles avaient de nombreuses terres dans les environs et des habitations fortifiées dans la ville : mais leur puissance , après avoir été contenue d'abord par les empereurs , trouva ensuite un obstacle particulier dans les papes et les rois de Naples. Cette puissance , assez &ible en elle-même ^ était singulièrement augmentée par le seul fait de leur position au centre de l'Église universelle. En outre , quelques-uns de leur membres siégeaient toujours dans le collège des cardinaux , ou étaient revêtus des plus hautes dignités temporelles et spirituelles appartenant à l'Église romaine. Par là, non-seulement ils étaient préservés de l'appauvrissement et acquéraient de nouvelles richesses (comme la noblesse allemande par les bénéfices ecclésiastiques) , mais encore ils obtenaient une influence politique assez haute pour que les empereurs et les rois briguassent leur amitié. Toutefois, comme ces cardinaux prenaient part aussi à la direction de l'Église romaine, il fut longtemps impossible à celle-ci d'adopter contre la noblesse les mesures qu'exigeaient ses continuelles agitations. Un pape défaisait ce qu'avait fait un autre pape. Pie II d'abord , et ensuite Machiavel , d'une manière encore plus précise , ont signalé cet état de choses comme la principale raison pour laquelle le saint-siége est
aoptTve SI xara â hM6 pHtBBMoe 9€imc m «UMM AàM ^[Mi JomaliDê ( i ). Les barons ratiia[ifm femè^ fMt üM fofiie de Ikisotift avec let rois ée Na^^^ tam à tàDse lAe îinfluetfiùe «edésiâs^que tles grandes fâHkiilles amie» em^ «nnemiés des fa|>es , q«ie (yai- mite de )à poskton mrtnirdte des detii pays. D'aiUeüfs , le 9ahie4Aége tsâhoit 4M0l ndfales pe« d^tyctasiôns dift s'eMrcer, bissiUOD«lp «ntrâient an service dtl primée v^lsiti ^ ne Élisaient conférer iptet hii le rang de •ehevaltefs^ et l'aèdment danfc ses gtierrei^. I^ là les lîches possesinons 4es GxrioMia^ des Ordîni j des Gaetani ^ des Gi»nti> ete%^ dass te royaume de Na^es.
La vie des l^roiis nMâattis était œlie de la »o» bfesse ehevaieresque à cette époque , maïs eiH^orê phis violente et plus effrénée^ parce qu'il ieitt manquait la discipline et rkifli^moe d'une cour «oik d'une xyÊté puissante. Si l'on excepte le vieu«: âte« ptiaTio Odiônna, il ne s'était pas eacone ^vé pat^mi éiuit d'hmnme supérieur. Toufce la diètinc* lion ducaf^actère et du talent semblait s'être ré&i« giée dans le mxk de l'Ëgiise^ oar^ ea général , les papes et les csirdinaux sortis de Rome et des en^ virons étaient les plus remarquables. C'est pour eela que , dans son poëSie immortel , Dante ne eite aucun baroin romain. Dans son livre sur l'éloquence populaire, il dit qu'on ne doit pas s'étonner si y des différents dialectes de l'Italie > le plus désagréable était celui des Romains ^ puisqu'ils se dis« ting€iaient entre tous par la corruption de leurs
mœurs et de leurs usages ( i )• Les barons se oofû*battaient incessamment dans des guerres sanglantes; il n'y avait |)oint de justice faite ni reçue; tout était le prix du brigandage et du meurtre daas des lutlïes ouvertes , ou dans des embûches perfi*des. Chaque malfaiteiu* trouvait {)rotection oheai eux 9 et surtout le petit peuple était impunément foulé et outragé* Des plaintes universelles s'élèvent , du sein de c*ette époque , sur un état de férocité teUe qu'il ny avak de sûreté nulle part poiu* les faibles 9 ai dans la ville ^^ ni dans les environs^ Yoid^ kce sujet, u& passage d'uoe lettre écrite ^ ea i3S5) par Pétrarque au caidinal Giovanni Goloona% « •*.%.., Je ne sais pour <|uel crime du a peuple^ par qudles lois du ciel ou par quel a destin ^ la paix est bamiie de ces lieux ( le^ e»» « yiroiQs de Rome, du côté de la Tuscie). JLe « l>erger veille armé dans les forets , redoutant € les voleurs encore plus que les loups ; le laboua reur porte une cuirasse , et il se s^t de la lance « pour stimuler ses taureaux. Bien ici ne se fait tf 'Sans armes* Nulle sécurité ^ nulle paix, nulle « humanité parmi les habitants , mais seulement a la fuerre,| la haine et tout ce qui ressemble « flux oeuvres des mauvais esprits ( a ). »
Dans la ville ^ on avait commencé de bonne heure à, se servir des anciens monuments comme de points de défense y à cause de la solidité de leur construction. Nous examinerons ailleurs en détail les phases traversées par ces restes 'précieux
(c) Dante, de Yulgari Ëloquentia, cap. xi.
(a) Petrarcha , Rer. famil., Ep. ii, la. ^
— Sade Tantiquité. Depuis le commencement du treizième siècle, chaque grande famille ajoutait à sa maison une tour fortifiée ( i ). Plusieurs de ces tours du treizième et du quatorzième siècle subsistent encore aujourd'hui. I^a plus célèbre de toutes est la Torre dei Conti, sur le forum de Jules César, de laquelle Pétrarque dit , « qu'elle n'avait <ic pas de pareille sur la terre. » Elle avait été élevée par Innocent III et par son frère Ricardo. L'étage supérieur croula dans le tremblement de terre de i3499 et la tour fîit laissée en cet état, jusqu'à ce que la crainte d'une nouvelle chute eut déterminé Urbain YIII à en faire démolir une autre partie. Dans tous les cas , le mot de Pétrarque ne peut s'appliquer qu'à la hauteur et à l'aspect menaçant de l'ensemble , car ce qui en reste aujourd'hui dénote la plus grande grossièreté dans le trairail. Au lieu des magnifiques pierres de taille que l'on voit dans des ouvrages semblables , même dans de petites villes , comme Rieti et Corneto, tous les murs de cette tour sont faits en briques; la base seule , autant pour la force que pour l'ornement , est formée de rangées alternées de pierres brunes sombres et claires, dans la forme de l'antique opus reticulatuni. Les murs de l'habitation contiguê sont tout entiers composés de mauvaises briques. La tour délie M ilizie , commencée par Grégoire IX et terminée par Boniface VIII, l'emporte de beaucoup sur celle des Conti; elle est admirablement bâtie en briques, et l'on y compte en- Ci) Maratoriy Script., m , i, p. 365.
core aujourd'hui sept ou huit étages« Toutefois, dans de pareilles tours , l'étage inférieur et l'étage supérieur sont ordinairement seuls pourvus de planchers. Les étages intermédiaires sont figurés par des balcons, et l'on y montait de la rue au moyen d'échelles, ainsi qu'au premier et au dernier étage (i). Outre ces tours, les maisons étaient souvent défendues par des fossés et des palissades qui les entouraient, et dans les combats on fermait les rues par des chaînes et des barricades. Des tournois et d'autres jeux chevaleresques formaient aussi les divertissements de la noblesse romaine. Un spectacle tout particulier fut le magnifique combat de taureaux qui eut lieu au Golisée, le 3 septembre iSSa : des chevaliers de tous les points de l'Italie vinrent y prendre part; il y eut onze taureaux tués, mais dix-huit des combattants restèrent sur la place, et neuf furent blessés (2).
Les rapports de Rome avec le plat pays et avec les lieux environnants , n'étaient pas moins incertains que ceux qui ont été déjà mentionnés. La ville considérait spécialement comme son territoire tout le pays qui s'étend depuis la frontière de Toscane , marquée par la rivière de Paglia , et le pont qui y conduit , jusqu'au pont du Garigliano, près de Ce-
(i) Je n'ai pas pu examiner de près la Torre délie Milizîe , parce qu'elle se trouve dans le jardin d'un couvent de religieuses. En revanche^ d'autres tours dans les environs et dans Trastevere, habitées par des gens pauvres , sont d'un facile accès.
(a) Amali di Ludovico Monaldesco, dans Muratori , Script., (om. m y p. 535.
l^^ratiö , vter» Ife sud. L'étendue de ce territoire était principalement déterminée par le ressort de la juridiction de l'ancien préfet ( i ). Il était divisé en quatre provinces, formant, à proprement parler, le patrimoine de saint Pierre, c'est-à-dire le Tuscium, la Stibine, la Campanieei la Maritime. Cependant, Romen'ajàiûàis possédé en entier autant de territoire, ou , pour mieuSL dire, elle n'en â eu génTèralèment que la moindre partie. La faiblesse de la ville , et l'impuissance où elle était de retenir à la longue des lieux éloignés , avaient leur taüse dàtts Tétât de dépopulation et de solitude de ion plus prochain entourage. En outre , les papes opposaient toujours à de pareilles prétentions une résistance o^rfiiiâtre, prétendant que tes lieux étaient sous l'autorité itnmédiate du sainfr-siége. Puis venait la puissance toute particulière de la noblesse, dont nous avons parlée Ges causes réunies empêchèrent Rome d'obtenir une domination stable sur les barons et la noblesse environnante ; jamais elle ne put se les soumettre, comme , par exemple , Florence y réussît de très»»bonne heUré. Au contraire , les nobles s'arrogèrent une indépendance presque complète, et saisirent le plus Souvent , feUr leà lieux ci-dessus
(t) ViU di Cola di RSetizK» ^ i , •4«**'.« ^ CoUHeiMândd dal |M>nlë di « Geprano fino al ponte de (a Paglia. »-^Déjà dans le serment prêté, en 1198, par Otton IV à Innocent III, on voit la délimitation suivante : « Tola terta quae est a Radicofano usqueCéperanam. * (Pertz, Mobuinienta Germ. Hist. Leg., tom. 11, p. ao5.)nes traces de l'artciemie juridiction du préfet se trouvent dans ttti exposé des droits de la ville de Rome présenté à Martin V par Nicolo Signorile, sect^taire du sénat. (Mscrpt. bib. Valic, n* 3,536, etàNaples, Biblîoth. Brancat., Scanz. i, lett. G, n^ 35).
îîidtqités , le pouvoir réclamé par la ville. Enfin , quelques-uns des lieux les plus considérables, travaillant pour leur propre compte, fondèrent , avec un succès plus ou moins durable, des espèces de municipalités indépendantes, qui finirent par tomber de nouveau sous la domination de la ville ou d'un baron puissant.
Ainsi, sur ce territoire, nous trouvons quatre maîtres. C'est d'abord TÉglise romaine, à qui, il est vrai , un petit nombre de lieux seulement sont soumis d'une manière immédiate , et dans lesquels elle institue elle.-même les autorités supérieures. Elle a encore d'autres possessions domaniales, dont les gouverneurs, appelés recteurs ou comtes, sont les juges en dernier ressort dans les quatre provinces, bien qu*il y ait beaucoup d* exemptions de leur pouvoir pour ime cause ou pour une autre. Viennent ensuite les possessions de la noblesse, dont nous avons déjà dit quelque chose en parlant des plus importantes familles. Les Colonna , par exemple , étaient souverains absolus à Palestrina ; ils instituaient le magistrat supérieur, et exerçaient le droit de vie et de mort. De plus, ils s'étaient fait donner, en i3i5, par Louis de Bavière, le droit de nommer dès notaires et des juges , de légitimer les enfants naturels et de battre toute espèce de monnaie (i). Par ce dernier privilège, ils marchaient les égaux de tous les seigneurs et des villes indépendantes du reste de l'Italie; mais nous ne
(i) Voir la confirmation de ce droit par Frédéric IV, Archives impériales de Vienne , Registr. impiér. Frédéric. P. 35 b.
savons pas sUIs en ont fait usage. En troisième lieu, et plus puissants, plus indépendants encore , paraissent les préfets de Vico, dont les relations avec les villes du Tuscium jettent le plus de lumière sur cet état de choses. Enfin, les lieux d'une étendue et d'une force plus considérables avaient cherché à conquérir leur indépendance, particulièrement dans la deuxième moitié du treizième siècle. Viterbe se battit même un certain temps contre Rome, non sans succès ; elle s'organisa complètement en république municipale, et ne fut jamais soumise pour longtemps , jusqu'à ce qu'elle tomba sous la main de ses barons , c'est-à-dire d'abord des Gatti et ensuite des préfets. Moins heureuses furent les villes de Corneto et de Toscanella , qui , à la fin , durent reconnaître la domination romaine. Tivoli aussi fut obligée , depuis l'année laSg , de recevoir de Rome son premier magistrat , sous le titre de comte, et de payer un tribut de mille livres, lequel s'éleva plus tard jusqu'à mille florins d'or (i). Velletri sut mieux maintenir son indépendance, jusque dans la deuxième moitié du quatorzième siècle.
Dans les lieux immédiatement soumis à son pouvoir, Rome institua d'abord l'autorité suprême . qui , sous des noms différents , correspondit toujours au podestat. Ensuite les habitants étaient obligés de fournir des secours dans chaque guerre, de comparaître au Capitole après chaque citation, et d'envoyer aux jeux donnés par la ville, sur le mont Testaccio , des plénipotentiaires et des gens en état
(i) Vitale , Storia, diplom., p. 586.
d'y prendre une part active. Quant aux impôts , une ancienne loi , qui , à la vérité , était rarement appliquée avec rigueur, exigeait, pour chaque, feu , vingt-six deniers de l'ancienne monnaie , ou un Carolin et quatre deniers de la monnaie mise en circulation peu de temps avant la moitié du qua« torzième siècle (i). Pour quelques endroits ces charges étaient augmentées ou fixées d'une manière plus précise. Nous avons déjà mentionné Tivoli ; Toscanella devait livrer deux mille mesures de blé ou payer mille livres (a) ; Corneto acquittait aussi
(i) A la date de i347 9 î^ ^^^ ^^^ ^^"^ ^^ Vita di Cola dî Bienzo, i, 4 : « In prima per lo focatico pacano per fumante quattro soldi; • et I, i5 : « Pacano uno carlino per fumante. » Dans une lettre de Rienzo adressée au pape et publiée par Joann. Hocsemîus, in A.uctores qui gesta episcoporum Tungrens. Traject. Leodiens. scripsere (éd. Cbapeaville, Leodii, 161 1 ), on lit , tome 11 , page 5oa : « Givit tatesque et terrae omnes romanse provincise antiquum censum xxvz « denariorum antiquœ parvs raonetae pro quolibet focolari de prea senti valentium carlenum et denarios quatuor, qui temporibus « patrum nostrorum et nostris gratia bonorum rectorum urbis in« « solutum fuerat et relictum, ad mandatum meum libère exsolve- « runt. » Les quatre sols ou le Carolin de la Fita di R. sont des sommes rondes, comme on le voit en comparant avec la lettre. Quatre sols font vingt-huit deniers : mais, dès Tannée iS43) un Carolin valait autant, et sa valeur augmenta certainement les années sui* vantes. En effet, il valait quarante deniers en iSag, et soixante-deux en 1391. Voir Garampi, Saggi di osservazioni sul valore délie antiche monete pontißcie, pag. 140.
(a) La soumission de Toscanella eut lieu en l'année i3oo. Une inscription contemporaine relative à cet événement, se trouve en, core aujourd'hui dans le palais des conservateurs. Nous en donnons ici un extrait, qui s'applique parfaitement aux rapports indiqués dans le texte :
....•;.*.. tu Toscanella fuisti
Ob diram dampnata nefas , tibi dempta potestas Someudi regimen est , at data joribus urbis.
son tribut en nattire. Une autre branche des reve^ nus était le monopole du sel. Le sel , pris à Os(ie et ailleurs sur les bords de la mer» était conservé au Capitole dansl'ancien tabularwm du sénat, et vendu à un prix déterminé aux bourgeois et aux habitants des environs. Enfin , les employés de la ville (gras^ cien)^ préposés au transit, s'arrogeaient, dans la domaine de Rome , un pouvoir extraordinaire en déterminant l'exportation des moyens de si;ib»is* tance , ou , pour mieux dire, en l'empécbant le plus souvent tout à fait.
Il ne nous est pas possible d'indiquer , même approximativement , la population du territoire de Rome. Les renseignements sur le revenu des feux auraient pu servir de données : Gibbon a cherché à en tirer des conclusions ; mais un juste examen de la valeur des monnaies prouve l'inexactitude des ré* sultats auxquels l'auteur anglais est arrivé. Toutefois , il n'est pas douteux que les environs de la ville , à cette époque , ne fussent plus peuplé» qu'aujourd'hui. A la vérité , le voisinage immédiat de Rome était en grande partie inculte : néanmoins il y avait dans la campagna, jusqu'à la montagne , une ligne de points fortifiés dont on voit encore actuellement les ruines. Quoique ces points fussent spécialement destinés à la guerre , ils servaient toujours de centre à une certaine quantité d'habitants, et formaient quelquefois , comme Capo di Bove ,
Framentl rubla Ms milita ferre coeglt Aonua te Roma vel libras solvere mille.
Cum Deutatlalerit Romanis fecUlitatem, Campanam populi , portai dedaeere RoBUiin , Octo lad«ntea Romania nUaliM ladii»
une petite bougarde. Plus éloignées de U vill^, les seigneurias des barons , malgré leurs guerres co<i« tinu^lle^ ; étaient alpins mieux peuplées et mieux, cultivée« qu'elles o^ le furent depuis le ^ia&ièm^ siècle. Le seul fait de la résidence de la plupart des seigneurs sur leurs terres devait fair^ prospérer ces localités « comme aussi le besoin d'a^ voir des hommes pour leur défense imposait aui^ maîtres la nécessité de veiller à la conservation desi habitants. Pe là le grand nombre de petits pro» priétaires et de fermiers que les documents co«-» temporaiias nous montrent dans ces endroits. Il faut diri Ia même chose , et pour de serablablei^ raisons 9 des localités plus considérables qui étaient indépecidaQ^tes. Ces traces d'une population et d'une prospérité plus grandes se retrouvent detouB. cotés : nouA nous contenterons ici de nommer Par lestrina , Tivoli , Velletri , Viterbo , Toscanella, Cor-t neto, où des districts entiers sont aujourd'hui complètement déserts.
Il est également impossible de déterminer ^vec précision le chiffre des divers revenus de la ville. Cola di Rienzo les portait, en i347, à trois cent mille florins d'or provenant : le premier tiers , du monopole du sel, le deuxième, de l'impôt sur les feux, et le troisième, du péage des pont», de» routes et des portes , ainsi que du fermage des maisons qui appartenaient à la ville. Pétrarque indique aussi f comme les principales , ces sources des rêve* nus de Rome , particulièrement le sel et les droits de la ville sur les possessions du Tuscium alors occupées par Giovanni de Vico. Mais l'exagération
deces données parait évidente, lorsqu'on sait que les revenus de Florence, qui était de beaucoup plus riche, ne montaient, en i336, i337et i338, qu'à trois cent mille florins, et que les revenus de Pise, qui possédait les îles d'Elbe et de Sardaigne , ne s'élevaient pas au-dessus de deux cent cinquante mille florins dans l'année de i3ia. Cola lui-même, dans un autre endroit, porte à trente mille florins le produit du monopole du sel. Or, en suivant la même proportion , et en réduisant d'un tiers les autres revenus, l'on obtient le chiffre de quatrevingt-dix mille florins , lequel s'accorde avec la position entière de Rome à cette époque. En effet, dans un troisième passage, où nous devons le croire plus exact , Cola di Rienzo porte à cent mille florins seulement le revenu du monopole du sel et des autres impôts pendant le jubilé , époque où ces ffevenus devaient pourtant s'être fort augmentés (i).
(i) Les données. sur les receUes de Florence se trouvent dans Giov. Viilani, xi, 91 . — Au sujet de Pise, voir Dœnniges, Acta Henrici VII, part, ii, p. gS. — Quant à Rome, on trouve les paroles suivantes de Rienzo lui-même citées dans la Vita, i , 14 : « De la mo- « neta non dubbitate , cha la cammora de Roma ha moite riennite « inestimabili. In prima per lo focatico pacano per fumante quat- « tro solli , commenzano da lo ponte de Ceperano fino a lo ponte « délia Paglla. Montava ciento milia fiorini. Anco li puorti de Roma, « e le rocche de Roma, ciento milia fiorini. »—En revanche, il dit» lib. I. p. 5o3,danssa lettreaupape publiée par Hocsem. d'après la correction du manuscrit de Turin : « Salinam eciam , que Romane camere « erat fructus modici vel nullius, reduxi ad talem fructuum ubertatem, « quod annuatim valet xxx millia florenorum. » — Gibbon (History, chapter. ialx, not. 16 ) conclut du premier passage de la Vita, i, 4 > que le territoire romain comptait vingt-cinq mille ou deux cent cinquante mille feux y c'est-à-dire autant de famHles. Cet écrivain, n'ayant pas fait suffisamment attention aux autres passages , doutait
Telle était, à peu près, la situation politique de Rome peu avant la moitié du treizième siècle. Quant au reste, la ville avait incomparablement plus souffert que les autres parties de l'Italie par la translation du saint-siége à Avignon. Rome avait ainsi perdu la destination que lui avait marquée la divine Providence depuis la chute de l'Empire romain ; elle cessait d'être le centre de la chrétienté, et la puissance qu'elle avait exercée au milieu de toutes les tempêtes était transportée désormais sur les rives du Rhône. La ville, réduite à ses propres ressources, se trouvait, sous ce rapport, inférieure à toutes les villes importantes de l'Italie centrale. Tant que les papes avaient séjourné à Rome et dans les environs, ils avaient pu, de temps à autre, rétablir l'ordre et la paix parmi les bourgeois et les barons ; leur cour et Taffluence des étrangers étaient une double source de richesse pour la ville , et les Romains trouvaient dans les emplois ecclésiastiques bien plus d'occasions d'arriver à la considération et à la fortune. Aucun malheur ne frappait la ville, sans que le saint-siége ne vînt au secours des affligés, et les églises et les couvents étaient richement dotés par les cardinaux et les papes.
Après la mort de Clément V , le cardinal Napoleone Orsini écrivait déjà au roi de France que , sous ce pape et par lui , la ville avait été poussée au bord
s*tl ne devait point lire quattro fiorini au lieu de quattro solli, ce qui eut en effet donné le premier chiffre. Mais cette estimation des sols, d'après laquelle dix auraient fait un florin , est tout à fait fausse, comme on peut le voir par les comptes authentiques des Archives pontificales, Garampi, Saggi, pag» ao. <
de sa ruine, et que le siège de saint Pierre, ou plutôt du seigneur Jésus-Christ, était mis en pièces (i). Les malheurs de Rome augmentèrent sous Jean XXII, par les guerres avec Louis de Bavière. L'exeeUent pape Benoit XII apporta des remèdes passages en envoyant quelques secours d'argent et en faisant restaurer plusieurs ^lises, par exemple, celles de Latran et de Saint-Pierre. Mais dès l'intronisatioB de Clément VI , Pétrarque se plaint que l'église de Latran, par suite d'un incendie, soit exposée sans toit à la pluie et à la neige ; que l'ancienne église pontificale de $an-Nereo ed Achilleo menace de crouler, et que l'église de l'Aventin (on ignore la-t quelle) manque de couverture, m J'ai autant de « blessures que j'ai d'églises et de palais, » dit la ville éternelle par la bouche du poète (a). Les fréquentes absences des papes pendant ie treiaième siècle, et la translation de leur siège à Avignon, pendant le quatorzième, sont la véritable cause pour laquelle aucune église importante ne fut cons* truite à Rome dans la période la plus parfaite de l'architecture religieuse. La ville, abandonnée à elleo^ même, était trop faible, trop divisée, pour pouvoir élever, à l'exemple d'autres villes, une grande cathé* drale en l'honneur de son patron, comme monument et centre de la communauté chrétienne.
Le corps sacerdotal n'avait conservé qu'une ombre de son ancien éclat. Le pape était représenté, dans les affaires spirituelles , par un vicaire , le plus souvent par Tévêque d'Orvieto, ou par un autre
(i) Skspb. Balius.» Vitie Papar. AveokiDfin»., tom. n , p. %gQ^ (3) Petrarcha, Ëpistol. poetic*» «ta..
ecdé^astique qui n^était paa du premier rang ; les cardinaux ne venaient que rarement, et toujours pour peu de temps, à la ville. Au contraire, le clergé d'un ordre inférieur, quoique menant une vie pauvre, était assez nombreux (i). 11 était partagé , dV près la position des églises, en trois confrérie« {Jraiernitates). Chacune d'elles avait quatre recteurs et deux messagers; la présidence appartenait au vicaire du pape dans leurs réunions. !Nous donne-« rons ailleurs une statistique détaillée de l'état ec çlésiastique à B.ome au milieu du quatorzième siè^ de. Il suffit de remarquer ici que le nombre des* églises de la ville s'élevait k quatre cent quatorze, parmi lesquelles deux cent cinquante-deux parois» siàles , dont quarante-quatre n'avaient plus de prêtres et onze étaient entièrement détruites; les autres n'avaient qu'un ou deux ecclésiastiques pour le service divin. On comptait vingt et une églises collégiales avec trois ou six chanoines, vingt-huit cou** vents d'hommes et dix*huit couvents de femmes« En un mot, il y avait sept cent quatre-vingt-cinq prêtres séculiers , trois cent dix-sept religieux , par» ticulièrement de la règle de Saint-Dominique et de Saint-François ; huit abbés, avec cent vingt-six moi» nés et quatre cent soixante-dix religieuses. Le plu s célèbre entre les couvents était celui des Franciscains sur le Capitole, à Santa-Maria di Araceli , dont
(i) On Ut les vers snivaats dans une épttre poétique de Pétrarque à Beooh XI :
Asplce', templa M nmUo fundata labore ütruitnra tremoDt, nuUisque altariagazis . Accumulata silent modico famantia thure ; Aspice qaam raras subeat penetralla hospes , Qaamqae iaopi sab veste petat délabra saeei^os.
l'église était en même temps celle du sénat j et auquel étaient affiliés les citoyens les plus considérables. Les membres proprement dits de cette maison avaient eux-mêmes de l'influence dans les affaires delà ville; on les employait à des ambassades, et ils préparaient les criminels à la mort. Ils étaient en possession, depuis laSi , de l'église et du couvent que nous venons de mentionner, et leur nombre s'élevait à cinquante. Les Dominicains avaient leurs principaux monastères à Santa-Sabina, sur F Aventin, avec trente religieux, et à Santa-Maria sopra Minerva, où ils étaient cinquante. Le principal couvent des Bénédictins était celui de San-Paolo fuori le mura, avec un abbé et quarante moines (i).
Une seule gloire était restée à la ville sous le rapport ecclésiastique ; c'était la gloire de son sol , sanctifié par le sang des martyrs, et qui , depuis ce temps, avait été visité par tous les saints et les apôtres d'Occident au moins une fois dans leur vie. Pé* trarque l'appelait une Jérusalem occidentale ; il disait, « qu'après le tombeau du Seigneur, il n'y « avait pas pour les chrétiens de lieu plus saint que « la colline du Vatican, et que nul autre endroit a n'approchait de Rome par sa nature , ni ne pou- « vait lui être égalé par la faveur des hommes (2). »
(i)Le manuscrit de la bibliothèque de Turin , n» 749 du catalogue imprimé , et ï\° D. III. 38 du nouveau catalogue , contient , p. 1-16, une statistique des églises de Rome et du clergé qui y était attaché. Ce manuscrit , sur parchemin , est de la fin du quatorzième siècle. Je me suis servi d'une copie très-exacte faite par M. le che« valier Charles Promis.
(a) Petrarcha, Rer. senil., Epist. viii, i, p. 91 1-914; Apologîa contra Galli calumnias , p. 11 89.
Aussi, depuis un temps immémorial, des foules de fidèles s'y rendaient de tous les points de FOccident, pour prier sur les tombeaux des apôtres et obtenir, après un aveu plein de repentir et de douleur, le pardon de leurs péchés. Parmi les trois classes de pèlerins du moyen âge , ceux qui allaient à Rome , et que l'on appelait Romeiy Romipetiy étaient de beaucoup les plus nombreux avant et après les croisades, etleilV nombre fut encore augmenté singulièrement par le jubilé qu'institua Boniface VIII. Mais à l'époque qui nous occupe, les guerres et les troubles intérieurs éloignaient souvent les pieux voyageurs ; souvent , dans la ville , les sanctuaires étaient souillés par des combats et des meurtres, et les pèlerins étaient pillés et tués sur les routes par les voleurs ou par les soldats.
Les monuments de l'antiquité païenne furent encore plus maltraités à Rome que ceui du christianisme. Les dévastations de Robert Guiscard , de Brancaleone, d' Arlotto degli Stefaneschi, etc. , ne sont que les plus connues parmi une suite continuelle de faits semblables. Quant aux destructions du quatorzième siècle, après l'expédition de Henri VII, elles ressemblèrent plutôt à ce qui arrive à présent tous les jours. On détruisait les monuments pour en employer les matériaux, et on les donnait ou vendait même hors de Rome. A cet égard , Pétrarque n'excepte , parmi les barons romains , que les seuls Colonna. Voici ce qu'il dit des autres : « Ils « sont entrés dans l'horrible et inhumaine associa- « tion formée contre les ponts et les pierres inno- « centes. Après que les palais habités autrefois par
« des hommes faérok[ues sont tombés sons ies eoups .c( da temps ou de la violence , après que les arcs « de triomphe pour lesquels peut-être périrent leurs «( aieut^ ofit été renversés^ ils n'ont pas rougi de « ch^tsher dans les ruines de l'antiquité un lucre «c misérable. C'est pour cela, ô douleur! ô crime! « que vos colonnes de marbre , les portiques de vos « temples, où naguère affluaient , de tous les points « de la terre, de pieux fidèles , les statues des tom*d beaux sous lesquels repose la cendre vénérable « de vos pères, servent à décorer maintenant l'oi- Ä sive Parthénope. Ainsi disparaissent peu à peti « même les raines , ces puissants témoins de la « grandeur antique (i). » Ce que Pétrarque dit ici de Naples s'applique encore davantage à la construction du dôme d'Orvieto. Les archives de cette église contiennent une série de documents qui prouvent que , pour la bâtir, on tira de Rome tme grande partie du marbre nécessaire : on le prenait là plus souvent, pour ainsi dire, qu*à Carrare, et les Orsint et les Savelli particulièrement en donné* rent une quantité de grands blocs qu'ils enlevaient sans aucun doute aux anciens monuments. Ceci explique l'abondance de marbre grec qui se trouve dans la cathédrale d'Orvieto. Enfin on employait continuellement pour les fours à chaux des blocs de marbre et de travertin.
La partie habitée de la ville se pressait dans la plaine qui entoure îe Capitole , et ne s'étendait que du côté du Champ de Mars jusqu'à Campo di Fiore,
(i) Petr«rcha, Ëpistola hortatoria, p. 596.
Sietnlft-»Mariâ sopra Minerva , le Panthéon et San« Marcello» Ensuite venait Tile du Tibre , Trastevere et la Gité Léonine. Les deux premiers quartiers étaient très-peuplés ; le dernier n avait que l'église de Saint- Pierre , Thapitai du Saint-Esprit et quelques autres léglises avec les maisons et les habitants -qui en dépendaient. A Texception du Capitole^ oa ne comptait sur les collines de l'ancienne Rome que des églises ^ des couvents. Cette translation des habitatidis provenait de ce que le Capitole était devenu le centre de la ville^ par le développement éè là puissance municipale, depuis que les papes n'occupaient plus le Latran. En outre , les aqueducs qui amenaient l'eau sur les hauteurs étant détruits , il fallait désormais se borner au Tibre , à la Maranna et à quelques sources.
Ainsi 4 cette époque , les monuments de l'antiquité présentaient, en général, le même état d'abandon et de destruction dans lequel les trouvèrent les papes, lorsque ceux-ci, au quinsième siècle, entreprirent de restaurer la ville. Parmi les édifices importants, le château Saint- Ange seul éprouva encore des ravages à la fin du quatoreième siècle. Les récits merveilleux du moyen âge et 1«5 écrits de Pétrarque n'indiquent , en fait d'anciens monuments considérables, que le Colisée, qui paraît n'avoir plus servi de forteresse depuis Henri VII , le Septizonium , le théâtre de Marcellus, les mausolées d'Adrien et d'Auguste , les thermes de Oioclètlen, les arcs de triomphe, les statues de Trajan et de Marc-Aurèle, la pyramide de Cestius et une autre semblable entre le château Saint- Auge,
Téglise de Saint-Pierre , le Paothéon , le temple de la Paix , les temples de Jupiter Stator et de Jupiter FeretriuSy c'est-à-dire vraisemblablement les temples situés au-dessous du Capitole y et les trois colonnes dans le voisinage du mont Palatin. D'autres monuments étaient alors si profondément enfoncés sous les décombres, que Ton y Élisait moins attention. Un petit nombre de statues seulement s'était conservé sur le sol : les statues de bronze étaient fondues depuis longtemps ; celles de marbre avaient été employées à fsûre de la cbaux , ou bien encore on en avait fait des marches , des mangeoires et des abreuvoirs. Entre les ouvrages conservés , se trouvaient alors : auprès du Latran, la statue équestre de Marc-Aurèle , à laquelle on donnait le nom de Ck>nstantin, la tête et la main de grandeur colossale qu'on voit aujourd'hui dans la cour du palais des conservateurs ; le colosse de Monte-^Cavallo, dont les inscriptions n'étaient un objet de doute pour personne; les deux statues du Quirinal, représentant Bacchus et Saturne; la statue de Marforio dans le voisinage du Capitole , enfin la pomme de pin avec les deux paons de bronze sous le vestibule de Saint- Pierre (i).
(i)Petrarcha, Rer. famîL, £p. vi, a; Liber de Mîrabilibas urbis, dans Mon tfaucon; Diarium Italicum, Parisis, 1744 în-4^> F* >^^' ^ Vita di Cola di Rienzo ^1,37, mentionne la statue de Marc-Aurèle, On la trouve dessinée , ainsi que les autres statues du Latran , dans le plan de Rome annexé à l'ouvrage d*Hœfler intitulé : Les Papes allemands, I'* partie, Ratisbonne, 1839. — Voir un dessin de la statue de Marforio dans le livre de Montfaucon , p. 293. --* Dante y Inferno, xxxi, Ô9 parle.
Les monuments de Rome n'ayant subi aucun changement important dans la deuxième moitié du quatorzième siècle, on peut encore
Avec les monuments avait aussi disparu la connaissance de Tantiquité. « Dans les choses qui re- « gardent Rome, dit Pétrarque, quels hommes au- « jourd'hui sont plus ignorants que les citoyens a romains? Je le dis à regret, nulle part Rome n'est oc moins connue qu'à Rome même. » Jusqu'à la fin du dixième siècle de l'ère chrétienne, les traditions antiques s'étaient conservées avec une certaine pureté. Mais ensuite vinrent les fables, qui composent les Récits merveilleux y et forment la base de l'histoire de l'ancienne Rome pendant le moyen âge. Le premier récit de ce genre concernant le Capitole se trouve dans l'anonyme de Salerne , vers l'an 978; et au milieu du onzième siècle Léon IX emploie déjà dans des actes publics la dé« signation fabuleuse des lieux qui avoisinent l'église de Saint-Pierre.
Bientôt après, toutes ces fables devinrent un système. Sous cette forme , modifiée selon les besoins et le goût du temps , elles obtinrent une telle autorité qu'elles furent accueillies dans des ouvrages sur les droits et les possessions de l'Église romaine, par le prêtre Albinus pendant le pontificat de Lucius III^ par Cencius Camerarius , devenu Honorius III dans la suite, et par Niccolo Roselli , connu sous le nom de cardinal d'Aragon (i), qui écrivit de 1 356 à 1 36^ .
consulter à cet égard la description qui en a été faite par Emmanuel Ghrysaloras» dans les années 1399-1401, sous forme de lettre adressée à l'empereur Jean de B^^zance; Codini , Excerpta de antiquitatibus Constantinopol., Paris, i665, in-fol., p. ia5.
(i) L'anonyme de Salerne, appelé aussi Chromcon Salerniianum ^ et les actes de Léon IX nous font connaître d'une manière précise l'époque de la naissance des Récits merveilleux. Le passage de la T. I. 4
— So —
c'est un bizarre mélange, composé de Tancienne Notitia urbis , des histoires des saints et des papes , de quelques souvenirs de l'antiquité classique et de contes populaires. Ainsi , par exemple, voici ce qu'on lit au sujet du Capitole : « Dans l'intérieur de la fora teresse , il y avait un palais orné , pour la plus ce grande partie , d'or et de pierres précieuses , un ce palais qui valait, à lui seul, le tiers du monde ce entier. Là il y avait autant de statues qu'il y a « de provinces dans le monde; chaque statue avait « une cloche au cou et était magiquement disposée « de manière que , lorsqu'un pays se révoltait con- « tre l'empire romain , l'image de cette ppovince « se tournait de ce côté; alors la cloöhe sonnait, et a les prêtres du Capitole l'annonçaient au sénat. » Voici maintenant ce que Ton raconte de la statue
Chronique salernitaine se trouve dans Muratpri , Script, n^p. i65, et dans Pertz, Monument. Script., m, p. 538. Une preuve que ce récit a été formé au dixième siècle, c'est que l^auteur, qui écrivait en g^S , a copié textuf Ilein^Qt le re^te de sa oarratipn da«f 1^ cfiapitr« vu de VIfUtoire (iç:( J/)f>^bards , d'Ercheippçrtqs , laqi|elle a été composée en 889. — Les actes de L^on |X sont insérés dans la Collecth Bullarum Ss. Basilicœ Faiicanœ, tom. i,p. a 2 et suiv. — L'ouviage du prêtre Albious se trouve dans Ood« |:>ibl. OttoJboii. Vati** çj|B., n* 3,qS7, et e«t intitulé : G^ta ^ftuperU ^ckolarU j^lbmi^ Le x' livre de cet ouvrage contiei|t des rençeignen^ents sur les droits d^ rÉglise romaine , et à la feuille 127 commencent les Récits merveiU hux, '— Voir les manuscrits de Çencius Gaittecasius daaa Isa Âi^ chives de Pertz , y, 89. — Pour l'ouvrage de Nicolas d'Aragon , comparer Fabricii BibUotheca latina meiiiœvi^ éd. Mansi, tom. v, p. 19 5. C'est d'après cet ouvrage que Montfaucon a réimprimé le» Be'cilS merveilleux , âATïs son Diarium italicum, p. i83. Le meitleur manuscrit des Récits merveilleux , bien supérieur à tous 1^ mannacrîts italiens , se trouve à la bibliothèque de Dresde sous le n» F. 18, et, autant que nous le savons, il n'en a encore été fait aucun usage.
éfpièÉkrfB de Màrc-sAurèle t » Aupràs du Laban il cr y a uii cheval d'aipain aHribué à Constantin , mais «k topt. Que celui qui veut savoir la véritéf, lise ce ee qui suit : dans le temps où gouvernaient les CI consuls^ un tràs^puissanl poi vint? d'OrienI en «Italie; il assiégea Ro!D0 du oèlé du Lalran, et «causa au peuple pomain de grandes pertes dans (£ plusieurs combat^. Alors se leva un guerpiep d'uiie d grande taille et d^une grande fioree , brave et avisé, « qui dit aux consuls et aux sénateurs : Si qudqu'un « vous délivre de eette plaie, qu'obtiendrart-îl du If sénat ? Gepx-ci répondirent : Ce qu*il demandera , «on le lui donnera sur-le-cbamp, Qpnnez-moi, « poursuivit le guerrier, trente ^nille sesterces, et à « la fin de la guerre , en ^uvenir de la victoire , « vous ferez fabriquer avec cette somme le meilleur «cheval de bronze, qui, de plus , devra être doré, ce On lui promit de fisiire comme il désirait. Il ajouta : «Levez-vous à minuit, prenez tous les armes, et « feites ee que je vous commanderai ; on fit comme « il avait ordonné. Pour lui , il monta un cheval « sans selle et prit une faucille à la manière des «paysans. Car, pendant plusieurs nuits, il avait « vu que le roi allait au pied d'un arbre pour un « certsiin besoin , et qu'alors une chouette , qui était «dans l'arbre, jetait un cri. Ayant entendu la « chouette crier de nouveau , il se dirigea à la hâte «de ce côté, prit le roi et l'emmepa. Arrivé près « des murs de la ville , il cria : Sortez et exterminez «toute l'armée du roi, car je le tiens lui-même «prisonnier. Ceux-ci sortirent, tuèrent les uns, « mirent les autres en fuite, et s'emparèrent d'une
ce grande quantité d'or et d'argent. Rentrés glorieu'* « sèment dans la ville , ils donnèrent au guerrier a en question ce qu'ils lui avaient promis, savoir « trente mille sesterces et un cheval de bronze doré, « sans selle ; lui-même est assis dessus , étendant la <c main avec laquelle il a pris le roi , et sur la tête a du cheval on voit la chouette dont le cri lui a a procuré la victoire (le peuple prenait la crinière a du cheval pour une chouette). y> — Les traditions sur la construction du Panthéon , sur le colosse de Mbnte-Cavallo, etc., ne sont pas moins singulières. Ces Récits merveilleux étaient tellement passés dans l'esprit du peuple, que Niccolo Signorile ne les a pas entièrement repoussés , dans sa description de Rome adressée en quelque sorte au nom de la ville à Martin V (i). Au commencement du seizième siècle , ils se trouvaient encore , dans les livres destinés aux pèlerins, à côté des renseignements sur les curiosités ecclésiastiques et sur les indulgences. Bientôt après ils disparaissent entièrement , et aujourd'hui il ne s'en est rien conservé dans la bouche du peuple.
Quelque altérée que fut à Rome, depuis des siècles, la vraie connaissance de l'antiquité, comme on vient de le voir, ce fut néanmoins en rappelant les souvenirs des vieux temps que l'on essaya d'y faire naître une nouvelle vie et un nouvel éclat.
(i) L'ouvrage de Signorile est intitulé de la manière suivante : Nicolaus Signorilis de Juribus et honoribus tirbis Romas od Martirmm V) il se trouve à la bibliothèque du Vatican, dans le manuscrit qui porte le n" 3,536 ; et à Naples, Biblioth. Brancat., scanz. i , le«, c, vf" 35.