‹ Rienzi et Rome à son époqueChapitre 8 sur 15 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Attaque d'un messager du tribun auprès d'Avignon. — Le pape envoie un légat à Rome. — Révolte des Orsini de Marino. — Guerre contre eux. — Rienzo en présence du légat pontifical.

— Ordonnances du tribun sur les ecclésiastiques. — Nouvelle mesure au sujet de l'élection impériale. — Ambassade aux villes italiennes. — Révolte des Coionna. — Leur défaite.

— Décadence du tribun. — Jugement de Pétrarque. — Conduite du pape à l'égard de Rienzo. — Lettre pontificale aux Romains et à Charles IV. — Frayeurs et concessions du tribun. — Sa chute. — Ses tentatives pour revenir à Rome. — Mesures du pape et des légats. — Rienzo se rend à Monte- Majella. •

Au milieu de ces circonstances , les causes de ruine s'amassaient de plus en plus menaçantes sur la tête du tribun. Tandis que précédemment ses agents étaient reçus partout avec les plus grands honneurs, un courrier qu'il envoyait à la cour pontificale 9 et qui venait de traverser la Durance, fut attaqué dès la fin du mois d'août par des gens expédiés d'Avignon. Ces émissaires déchirèrent ses dépêches , brisèrent le bâton qui lui servait d'insigne , et le repoussèrent en le maltraitant et en disant que même chose serait faite à quiconque viendrait avec un message de Rienzo. La considération de celui-ci avait tout d'un coup tellement baissé, que Pétrarque lui-même ne put offrir à son ami d'autres consolations que les menaces les plus ap-

prêtées et les plus subtiles contre le fleuve, contre ses habitants et tous les environs , en y joignant l'exhortation de mépriser de pareils outrages et de continuer la haute entreprise qu'il avait commencée. De son côté, le tribun assura que, s'^il n'était fetenu par son respect pour le pape , il procéderait sur-lechamp par les voies de droit contre les autorités et les habitants d'Avignon ; mais il voulait bien différer cette affaire jusqu'à la grande assemblée (t).

Avant que les dernières lettres de j ustification de Rieuzo fussent arrivées à Avignon , Clément VI avait déjà pris contre lui des mesures de rigueur. Le 12 octobre, le pape chargea le cardinal légat, Bertrand de Deux , d'avertir Rienzo de se désister de son entreprise et de révoquer tous les actes par lesquels il avait lésé les droits de l'Église , tçls que sa conduite envers le vicaire pontifical , envers les barons romains et la reine Jeanne de Naples , la citation qu'il avait adressée à Charles de Bohême , à Louis de Bavière et aux princes allemands , la suppression faite par lui de tous, les privilèges accordés sur la ville, etc. S'il obéissait et s'il voulait prêter au pape et à ses successeurs le serment de fidélité et se contenter du gouvernement de Rome, le cardinal, après avoir reçu les garanties nécessaires pour le maintien des droits du saint-siège , devait le laisser dans son emploi , soit seul, soit avec un vicaire, pontifical ou un autre collègue, selon que l'exigeraient les circonstances. Toutefois, si le cardinal jugeait qu'il était impossible de s'entendre avec Cola , il devait

(i) Hoci^em, , p. 499 ; Petrarcha » Ëpist. sine titulo, 11.

le déclarer déchu de la lieulenance pont^cede et des autres dignités qu'il s'était arrogé« ou qui lui avaient été ccmférées par le peuple ronutin, et donner à la ville , suivant les besoins du moment^ des sénateurs indigènes ou étrangers. Rienzo refusaâtHil complètement d'obéir, le cardinal devait lui ùkt un procès publie , comme à un Yoleur des biens ds l'Église, et agir envers lui comme envers un héré« tique y si la nouvelle de ses opinions erronées ou de sa connivence avec des hérétiques se eonfitmait. Le tribun avait méprisé les e^ihortations du péai*tender pontifical Bernardino , et dans milie discours spécieux il parlait eomme agissant purement et simplement en l'honneur de l'Église : le ^irdiml devait étouffer le mal avant qu'il e&t pris des forces ; il devait dissoudre, comme invalide, le serment prêté à Rienzo, avertir le peuple romain de se séparer de lui , et , en cas de désobéissance , frapper la viàh d'excommunication. Afois, afin de réduire le tribua par la force des arm^ , s'il était nécessaire, le pape venait de nommer son neveu G^uichard de Cambronne gouverneur des possessions de l' Église f il appellerait aussi lesautres princes chrétiens à son secours, et le cardinal lui-même avait plein potivoir de former des alliances semblables avec les toisibs des ÈtB.^ pontificaux (i).

ÀTant que le cardinal pût exécuter les ardres de Clément YI , les barons avaient déjà commencé une révollîe ouverte. A leur tête étaient les Ckilonoa de Palestrina et les Orsini de Marino. Dans ce der*

(i) RaynsicL) aan. 1^479 i t6.

met endroit , Rainaldo et Oiordano Orsini firent de Bouvetleâ fortifications , lamassèrént des provi- Äiotts d'armes et de vivres, et se mirent à i^avage* les environs de Rome. Ils emmenaient les hommeé et les bestiaux 9 et, jusqu'à la porte de San-Gio- ▼anni, personne n'était à l'abri de leurs incursions. Rainaldo Orsini traversa même le Tibre , s'empara de Nepi et de là pilla k rive droite du fleuve. Vainement le tribun cita par deux fois les révoltés devant son tribunal : dans le commencement ii avait méprisé leur entreprise , et maintenant c'était de sa part une vaine menace de faire peindre sur les murs du Capitole les deux Orsini pendus la tête en bas.

A Rome une grande consternation régnait parmi le peuple. Toutefois , entre autres actes de barbarie de la part des révoltés , Rainaldo Orsini ayant feit brûler dans sa forteresse une vieille dame romaine d'une noble famille, les bourgeois furent si irrités, que le tribun réussit à lever une armée de huit cents cavaliers et de vingt mille fantassins. C'était le temps des vendanges , c'est-à-dire la mioctobre. L'armée romaine alla camper à un mille de Marino , dans un lieu appelé Maccantrevola, où les collines de la chaîne de montagnes d'Albano s'abaissent dans la plaine , et elle ravagea pendant huit jours les jardins et les champs. Les arbres fruitiers et les ceps de vigne, et même toute la forêt qui couvre les versants, furent coupés, et l'on butina une quantité de bétail. Ensuite le tribun prit la forteresse de Castelluzza, dont on voit encore ies ruines sur le chemin de Marino à la Morena ,

à gauche de la via Latina , et il se mit en devoir d'attaquer la forteresse de Marino avec de grandes tours de bois (i). Ces succès effrayèrent tellement les Orsini , qu'ils offrirent de se rendre à condition que leur sécurité personnelle serait garantie; mais Bienzo exigea qu ils se rendissent sans condition .

Sur ces entrefaites , le cardinal légat, qui jusqu'alors s'était arrêté à Naples et dont les Orsini avaient recherché la médiation , était arrivé à Rome. De là il envoya au tribun une pressante invitation à comparaître devant lui. Celui-ci leva le siège, et, après avoir noyé dans le ruisseau qui coule au-dessous de Marino deux chiens qu'il avait nommés Orsini par dérision , il revint à" la ville. Alors il fit démolir le palais des Orsini près de l'église de Saint-Pierre, et se rendit ensuite, dans un appareil solennel , à la demeure du cardinal. Par-dessus sa cuirasse, il avait revêtu la dal ma tique conservée dans l'église de Saint - Pierre et que les empereurs avaient coutume de porter pendant la cérémonie du couronnement (a). De plus il portait

(i) Sous le nom de Castelluzza poco de longa da Marini , quelques-uns pensent qu'il faut entendra Castelluccia , à droite de la voie Appia, ou Témissaire du lac d'Albano se jette dans la^ plaine. Ainsi , par exemple, c'est l'opinion de Nibby, Jnalisi storico-topogt^ifico-antiquaria délia carta de dintornidi Roma. Roma 1837, vol. I, p. 446. Pour nous, l'examen des lieux nous a convaincu que l'endroit indiqué dans le texte est le seul qu^ convienne.

(a) Vi ta, I, 3i. Quella Dalmatica si viesto l'imperatori ,%quando si coronano, Tutta ene de minute perne lavorota. Par conséquent , ce n'est pas la dalma tique impériale dite dé Charlemagne, que Ton montre encore aujourd'hui dans la sacristie de l'église de Saiot-

en tête la couronne , et tenait à la main le petit sceptre de la dignité tribunîtienne. Il arriva ainsi devant le légat au milieu du bruit d'une musique guerrière , et demanda à celui-ci d^in ton arrogant quelle nouvelle il apportait du pape. Le légat, voyant bien que sa mission n'aurait pas de succès, osa à peine la faire connaître, et garda le silence. Le tribun lui tourna le dos avec mépris, et recommença la guerre contre Marino. Il demanda du secours à ses anciens alliés, entre autres aux Florentins (9 novembre); le légat, au contraire, se ligua avec les ennemis de Rienzo; mais, ses menées ayant été découvertes , il fut obligé de quitter la ville, et se retira à Monte-Fiascone , chef-lieu de l'administration pontificale dans le Tuscium (i). Cola marchait toujours plus hardiment dans sa voie. Afin d'exciter le peuple contre le pape, il prétendit que l'Église catholique et Rome étaient inséparablement liées ensemble , et il ordonna aux ecclésiastiques qui demeuraient hors de la ville d'y revenir (a). Quelques-uns d'entre eux , pour avoir manqué à telles ou telles ordonnances du tribun, furent jetés en prison. Cette atteinte portée à la juridiction cléricale aigrit encore davantage contre lui la cour d'Avignon. Déjà précédemment le cardinal Talleyrand Périgord , qui exerçait une trèsgrande influence , s'était plaint , surtout à l'insti-

Pierre» et qui est d'une époque postérieure , vraisemblablement du onzième siècle.

(i) Vita, I, 3o, 3i ; Chronic. Ëstens. , p. 44^ i Hocsem. , p. 5o6; Gaye, p. 407.

(3) Kaynald., ann. 1347, § '9*

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gation du cardinal Colonna , de l'exécution d'un ecclésiastique, vraisemblablement de ce moine de San-Anastasio dont nous avons parlé. Mais dès le 4 août y le tribun avait dit en pleine assemblée , devant tous les envoyés alors présents , que le cardinal ferait mieux de condamner les meur« triers du roi André , que d'accuser le peuple romain. Dans une autre occasion il assura que Fra* Lotto, pendu comme brigand , avait , à la vérité, pris le nom d'un couvent, mais qu'il n'était ni frère lai, ni moine, ni ecclésiastique quelconque, et appartenait simplement à une confrérie de vo« leurs et d'assassins (i). Quoi qu'il en soit, l'application des lois de Rienzo sur le séjour des ecclésiastiques à Borne allait d'elle-même à l'adresse du pape et des cardinaux. En outre, déjà au mois de se|)tembre , Cola avait sollicité de la part du clergé romain de solennelles et ferventes prières au Saint Esprit , pour qu'il touchât les cœurs du pape et des cardinaux , et que cette ville d'Avignon , sépa* rée de la communion des saints , séparée même de la crainte de Dieu , ne fut pas préférée à l'auguste Rome , remplie des reliques des saints ßt rendue désormais à la paix et à la liberté (a). Bien plus, on dit qu'il menaça Clément VI d'élire, de concert avec les Romains, un autre pape, s'il ne ■revenait pas à Rome dans l'espace d'une ^nnée (3)» Il avait aussi noué des relations avec Louis dq

(i) Chron. Reglens. , p. 65; RespoDsoria oratio Tribunî ad Gesarem super eloqulo caritatis.

(a) Hocsem. , p. 5oo.

(3) Albert. Argentinens. Chron. , p. 140.

Bft^re , qui élait excommimié et awit entoyé à ee prince deux Allemands comme amba$sadeors* Dans sa lettre y il lui doonait ,1e titre d'empereur^ et lui offrait le royaume de Naples pour ua de ses fils. C^i n'eut pas de suite, à oiuse de la mort de Louis de Bavière. £a re^^^anche, une alliance formelle fut ocmclue, au comm^scement d'octO'» bre, a¥ee Louis de Hongrie , et eeluirci envoya à la ville trois cents cavaliers de troupes «i^Uai^ res (i).

La loi {MTcunulguée le i"""^ août fut aussi dès lors employée avec zèle à gagner les autres États italiens par l'éclat de l'empire. Le i^ septembre , deux docteurs en droit y Paolo Vaiaai , cdievalier reràain y et Bemardo dei PossoH de Crémone, furent choisis pour parcourir l'Italie entière. Dans la circulaire cfu'il leur remit , le tribun énumérait d'dbord tous ses succès y puis y après avoir r^aouvelé la décision portée sur les droits du peuple romain et sur la ci* tation des empereurs et des électeurs^ il entrait <}ans le détail de la loi même (a). Or, tandis qu'il était dit dans cette loi, que les prétendus empereurs et électeurs devaient venir prouver leurs droits au Latran, à la Pentecôte de Tannée siiivai^e, le tribun s'attribuait déjà par avai^ce la décision à cet égard , comme si les autres étaient légitimement déchus de leurs prétentions , et il continuait ainsi : ff Afin que tous les Italiens , en leur qualité d'an- « ciens frères et fils du saint peuple romain , pren-

(i) Raynald.y ann. 1847 • § iS, 19; CroD. Sanes., p. lao^ Giov. VîUani, XII, p. 104. (a) Ga^fe, p. 403-406, et uoextraU dans llskirie PUtoIft», p. 5ao.

IC nent part aux dons et à la grâce du Saint-Esprit , «t nous avons fait citoyens de Rome tous les cic( toyens des villes de la sainte Italie j et nous leur c( laissons prendre part à l'élection de l'empereur, tf laquelle appartient de droit au saint peuple rotf main ; et nous avons décidé que le choix aura lieu ce dans la ville solennellement et après mure ré^ « flexion par les voix de vingt-quatre électeurs, tf De ces voix y nous en avons réservé quelques-unes a pour Rome, et nous avons partagé les autres pour ce toute l'Italie , comme il est dit dans les disposi- « tions et ordonnances publiées à ce sujet. Nous a désirons renouveler plus fortement l'ancienne a union avec tous les seigneurs et toutes les villes ce de la sainte Italie. Nous voulons la délivrer de ce son état d'abandon et la rétablir dans son ance cienne splendeur pour qu'elle goûté la douceur a de la paix et fleurisse plus que jamais au-dessus de « toutes les autres parties de la terre, cette Italie (c déchirée depuis longtemps par les dissensions ce intestines et repoussée même de ceux qui autf raient dû la gouverner dans la paix et la justice, ce c'est-à-dire de ceux qui, ayant pris le nom a d'empereur et d'Auguste , n'ont pas eu honte <c d'agir contrairement à leur vœu. Quand le terme « déjà indicpié de la Pentecôte sera passé, nous (( voulons élever au trône impérial im Italien que (( la communauté d'origine remplisse de zèle pour « l'Italie. Nous relèverons à cette dignité sous la a direction du Saint-Esprit, qui a daigné jeter un « regard de pitié sur la sainte Italie entière, et par a les voix de ceux auxquels nous conférons le droit

« d'élection , afin que nos actes , dignes de recon* « naissance, nous conservent le nom d'Auguste dont (c le peuple romain nous a honoré par une inspiraa tipn divine* » Ensuite il les avertit de veiller convenablement à l'honneur et aux intérêts de l'Italie , et de ne pas permettre que les dignités qui leur appartiennent de droit soient retenues par d'autres. a C'est une honte et une horreur/ dit-il en ter- « minant , de courber la tête sous le joug de ceux a qui n'ont soif que du sang des Italiens. » Cette alliance éternelle, ainsi que la réception du droit de citoyen romain et du droit d'élection*, devaient , comme dans les anciens temps , être gravées sur des tables d'airain destinées à en conserver un impérissable souvenir. Dans une autre lettre , l'assemblée pour l'élection impériale était fixée à la Saint- Jean de l'année suivante (24 juin i348), et les villes étaient en même temps sommées de fermer aux Allemands l'entrée de l'Italie. Tout ceci excita chez plusieurs, entre autres chez le pape, le soupçon que Cola voulait se faire lui-même empereiu*, et cette pensée parait en effet n'être pas demeurée étrangère à son ambition : du moins le nouvel empereur se serait trouvé tout à fait en sa puissance.

Munis de ces instructions , les envoyés de Rienzo se rendirent dans les différentes villes de l'Italie et auprès des seigneurs. Le 18 octobre, ils étaient à Sienne; au commencement de novembre, àModène et dans la Lombardie , et de retour à Rome le ao du même mois. Ils furent partout bien accueillis : néanmoins les communes de Toscane refusèrent

Talliance , d'autres localités et nombre de seigneurs Tacceptèrent (i).

C^endant les hostilités avec les barons continuaient hors de la ville. Les Orsini de Marino , les Colonna et les Savelli s'étaient unis plus étroitement entre , eux et avaient déclaré qu'ils aimaient mieux périr que laisser Rienzo gouverner plus de six mois. Cette* petite guerre fatiguait les Romains, auxquels die causait de grands dommages. En ou* tre , Rienzo payait les troupes très-négUgemmeot. Il résulta de là , parmi les bourgeois notables appelés Caualeroni un si grand meecmtentement, qu'ils nouèrent des intelligences avec Siefaino Colonna, et lui offrirent leurs secours pour rentrer dans la ville et pour guerroyer contre le tribuii. De grands préparatifs furent faits à Palestrina , d'étroites relations établies à Monte-Fiascone avec h légat pontifical , et un nombre de barons toujours croissant se joignirent à l'entreprise. On mit ainsi sur pied une arigaée de six cents cavaliers et de quatre mille fantassins (2). Rienzo s'efiraya d'abord de ces préparatifs, qu'il ne pouvait empêcher; ilperdit tout courage , devint malade , et ne voulut j^us ni manger ni dormir. Toutefois', il finit par se mettra en mesure. Il y avait dans son parti une autre bfan-

(i) Istorie Pistolesi, p. 5ao » ÇroD. Sanes. , p. 119 ; Ghron. Mutinense, p. 6io.

(a) Ce chiffre est donné dans la Vita, I, 3i. — Giov. YiHiiiii, XII 9 p. 104, dit : Cinquecento cinquania cai*alUH pedùni tUW* -— CkroD. £steDS. , p. 444 • ** ^^^ quingeQtis militibus et dgcc pedi- « tibus. » Chron. Mutinens. , p. 6ii : « Qui fuerunt dc équités et « cccc pedites. » La chronique de Bologne parle de cinq cents enitalien et de huit cents pedoni, p. 406 •

che ées Orsini en état ^'inimitié avec leurs parente et avec les Coionna : c'étaient Giordano Orsini de Monte*Giordano 9 Cola Orsini du château Saint« Ange y Matteo^ fils du comte de Vicovaro, et Malabranca y chancelier de la ville. Le tribun requit ausfii le préfet Giovanni de Yico de lui amtier des secours , suivant leur traité. Celui-ci vint avec une suite de cent cavaliers, parmi lesquels servaient seize autres barons de Tuscie, particulièr^n^it de Toscanella, Viterbe et Orvieto. Il conduisait en même temps aux RomaiDs quinze cents charges de blé, et voulait servir de médiateur pour la paix avec les barons« Cette intention hautement annonr oée et le gîte pris à Tauberge au lieu d'être allé im* médiatema[it chez le tribun en arrivant à Home, éveillèrent les soupçons. Cola Finvita à un ban« quet j ainsi que 3on fils et ses principaux compa^ gnons et les fit tous prisonniers ; leurs armes et leurs chevaux furent distribués aux Romains (i9«i3 novembre). Il fut ensuite dit dans l'assem^ blée du peuple que le préfet était d'intelligence avec les Coionna y et qu'il avait voulu prendre les Romains en fianc pendant la bataille (i).

Trois cents cavaliers envoyés comme troupes

(i) Hocsem., p. 5o7;yita, I,3a; Ghron. Estens. , p. 444» Gronica ai Bologna , p. 406. — Giov. VillaDÎ s'est trompé eo diuDt que {es Qrsini et les Goloona avaieat entrepris la guerre à cauae de Tarresiation du préfet. Il ajoute que les habitants de Viterl^e s'étaient armés pour le même motif, et avaient fait exécuter douze des citoyens les plus distingués , qui avaient prêté la main à la trahison du tribun. Ce dernier fait peut bien être vrai. La dajte nous est indiquée par Hoesemius, p. 5o8, oî^ le tribun dit que ses deux ennemis, le préfet et les Coionna, avaient été vaincus dans l'espace de huit jours.

auxiliaires par le roi de Hongrie étaient présents , et le peuple ronoain se trouvait armé pour la guerre , suivant la coutume. Alors le tribun chercha par des discours publics à enflammer le coiu*age des bourgeois. Il leur promit l'assistance divine contre les révoltés, qui, ayant violé le serment prêté par eux sur le corps du Seigneur et sur les plus saintes reliques, avaient détruit et dépouillé des églises, par exemple celle de Grotta-Ferrata , et même pillé .des pèlerins le jour de la fête de saint Martin (il novembre) ; le saint , qui était aussi le fils d'un tribun, lui prêterait son appui. Un autre jour (le i8 novembre), il raconta au peuple comment, la nuit précédente, Boniface VIII lui était apparu et l'avait assuré que bientôt la bataille serait livrée; que les ennemis seraient vaincus et lui-même (Boniface VIII ) veijgé des Colonna , qui avaient si indignement outragé l'Église de Dieu. En signe de joie de cette vision, un calice et de précieux ornements furent portés dans l'église de Saint-Pierre, à l'autel de Saint«Bonif ace , fondé par ce pontife. Le ao novembre , Cola réunit avant le point du jour tous les hommes armés, et leur dit : « Nous c( savons par nos espions que les ennemis sont en a marche, et qu'ils viennent de camper à quatre a milles de la ville, dans l'endroit appelé il Monua mento : c'est une preuve qu'ils seront non-seu- « lefcient vaincus , mais encore exterminés et ence terrés. J'ai un fils nommé Lorenzo , je le con- « duirai avec moi contre les traîtres et les parju- « res. » Outre les fantassins, qui appartenaient pour la plupart à la milice municipale, il y avait

encore environ mille cavaliers. Le tribun divisa Farinée entière en trois corps, les deux premiers sous les ordres de Cola Orsini du château Saint- Ange et de Giordano Orsini de Monte-Giordano ; le troisième commandé par Rienzo lui-même. Ensuite les trompettes sonnèrent le départ, et le mot d'ordre suivant fut distribué : Saint-Esprit ches^U' lier. On sortit ainsi du Capitole par la porte de San- Lorenzo. *

Les barons coalisés , au lieu de suivre le chemin direct de Palestrina , avaient appuyé à droite , vraisemblablement pour cacher leur entreprise, et étaient venus camper près du monument tumulaire dont on voit encore aujourd'hui les restes à gauche de la route de Tivoli , derrière le pont Mam«* molo, environ à cinq milles de Rome. Partis de ce point à minuit, ils étaient arrivés à l'église de San-Lorenzo fuori le mura. Il pleuvait fort et le froid était très-rigoureux. Le vieux Stefano Colonna, son fils le deuxième Stefano, Gianni, fils de celui-ci, et Giord$no Orsini de Marino étaient les principaux chefs i Stefano Colonna le jeune, accompagné seulement de deux hommes , avait pris les devants, et étant parvenujusqu'à la porte, il avait sommé la sentinelle de lui ouvrir comme on en était coiivenu. « Je suis un citoyen de Rome, « ditil, je veux aller chez moi, et je viens en ami du « bon ordre. » Mais les gardes étaient changées. Le commandant Paolo Buffa tint la porte fermée , et, pour montrer qu'ils ne céderait pas, la serrure ne s'ouvrant que du dedans , il jeta la clef dans le chemin. Stefano alla rejoindre les^ siens près de

San^Loreoeo , où ils tinrent un conseil de guerre. Leur dessein d'entrer dans la ville par la porte San-Lorenzo ayant manqué , ils voulureat du moins se retirer honorablement.

Les troupes furent partagées en trois divisioBs , dont chacune devait s'avancer musique en tête jus-^ qu'à la porte , et tourner ensuite à droite pour opérer la retraite. Déjà deux de ces divisions, composées partie d'infanterie et partie de cavalerie, «cml les ordres de Petruccio Frangipani 9 étaient passées sansavoir été attaquées par les Romains. Vint ensuite la troisième bande, dans laquelle brillait là fleur d« la chevalerie , et entre autres Gianni Golonna , qm chevauchait devant à quelque distance coahm Jeditore avec huit autres barons. Le jour avait part), et les Romains, qui s'étaient rassemblés derrière k porte, voulaient faire une sortie. Gomme on nelrou^ vait pas k clef, le battant droit fut ouvert avec vio^ lence. Gianni Golonna, entendant ce bruit , crut que son parti ouvrait la porte , et , suivi seulement d'un cavalier allemand, il s'avança par le battant qui v^ naît d'être ouvert , dans l'intérieur de la ville. Quand il vit des gens armés, il voulut, plein dé colère, tl*taquer le tribun en personne, et piqua droit vers sa bannière, que les Romains renversèrent en fuyant. Cola lui-même, doutant de sa fortune , le va les yen« au ciel et s'écria : « Dieu , m'as-tu trahi? » Mais les Romains, ayant vu que personne »e suivait fe hardi jeune homme, reprirent cou!*age et attoquèrent Gianni Golonna. Celui-ci fut alors jeté piir son cheval dans un trou près de la porte et tué indignement. Stefano, n'apercevant pas son fils , soup^

çouBa» m voyant ia porte ouverte^ qu'il était entré dans la vilUf, et s' étant approché il le vit tombé dans la bourbier et entouré d'ennemis. Désespérant de pouvoir lui porter secours, il se dirigea à la hâte hcirs de la porte j mais la douleur d'avoir perdu le fils qui était l'orgueil de toute la famille l'emporta sur le soin de sa sûreté personnelle : il revint sur ses pas eiàcore une fois en silence pour voir si peutêtre il po^u'raitle sauver. Alors une pierre énorme , lancée du haut du portail, l'atteignit lui et son cheval y U fut renversé à terre et assommé par le peuple, qui »urvini en foule. Le jour étant tout à fait venu ) cette méjne foule se précipita dehors ^ et cou^ rut impétueusement à la poursuite des ennemis en r^raite. Ceux*-ci, après avoir perdu leurs meilleurs chefs, furent mis en désordre, et l'on en fit un grand carnage ; le reste jeta les armes et chercha son salut dans une prompte fuite. Le combat dura jusqu'à tfois heures de l'après-midi. Quatre Colonna, c'estihdire^ outre les deux que nous venons de nommer, Pierre Colonna, seigneur de Belvédère , l'ex-séna* leur Pietro di Agapito , qui se battait pour la première foiS) cinq autres de leurs parents , deux nobles de la famille de Lugn^ho , un Frangipani , en tout plus de quatre-vingts partisans de cette maison pui$- . santé, avaient succombé. Giordano Orsini de Marino et un Gaetani, frère du comte de Fondi, étaient blessés mortellement; d'autres avaient été faits prisonniers. Quant aux Romains , leurs pertes étaient peu considérables.

Des messagers, avec des branches d'olivier à la main , furent envoyés à toutes les localités amies ^

telles que Florence , Sienne et Pérouse , pour an« noncer l'heureuse nouvelle de la victoire. Le jour même où elle fut remportée , le tribun écrivit à tous ses adhérents une circulaire ayant pour texte le verset suivant du psaume cxvn : «c Cest le jour ce que le Seigneur a fait, réjouissons-nous, livrons- « nous à l'allégresse. » Âpres avoir raconté le commencement des hostilités et l'arrestation du préfet, qui voulait le trahir, il s'étend particulièrement sur les violences commises par les ennemis contre les églises , et il expose comment il a obtenu le secours des saints et du Saint-Esprit. Dieu a rendu habile à la guerre sa main , qui jusqu'alors n'avait tenu que la plume, et un second Holopherne a été tué par une autre Judith. Pour mieux faire ressortir encore l'assistance divine , il rappelle les apparitions dont nous avons parlé ; il rappelle aussi comment il a écrit précédemment à Avignon que quarante années étaient accordées aux C4olonna pour faire pénitence des crimes commis par eux contre l'Église^ et qu'à présent le jugement de Dieu sur eux est arrivé. Nous ne pouvons pas déterminer le degré de vérité de cette assertion. En revanche, Rienzo s'exprime d'une manière fausse et arbitraire, quand il prétend que les ennemis avaient pillé des pèlerins le jour de la fête de saint Martin, et que celui-ci avait puni les coupables trois jours après. H en est de même quand il dit que saint Colombin, dont on célébrait la fête le jour de la bataille, avait glorifié la colombe de la bannière du tribun; car la bataille en question eut lieu le ao novembre, et la fête de saint Martin tombe le 1 1 et celle de saint

Golombin le ai du même mois. Dans l'interprétation symbolique du nombre des morts, il ne s'attache pas toujours au même chiffre, Enr effet, il écrit à Rainaldo Orsini que six Golonnaont succombé et que le septième est à demi mort de frayeur, ce qui correspond aux sept couronnes et à la pomme d'argent qu'il avait reçues, le i5 août, en souvenir des sept dons de l'Esprit saint. Dans la lettre adressée aux Florentins, au contraire, il ne mentionne que quatre Colonna tombés, parce que leurs crimes avaient offensé quatre saints; et comme par dérision , en parlant du préfet et de ses compagnons qu'il avait traîtreusement faits prisonniers, il les appelle des tyrans et deô oiseaux de proie que la simplicité de sa colombe a mis en cage (i). Le soir même du jour de la victoire , Cola était revenu en triomphe au Capitole. Il recommanda au peuple assemblé d'honorer hautement les Orsini, à l'appui desquels il devait la victoire. Quant à son épée, il voulait maintenant la mettre dans le fourreau; il la prit en effet, et l'essuya avec son habit en disant : « Tu as aujourd'hui abattu l'oreille « d'une tête à laquelle ni pape ni empereur n'osaient « toucher. » Les cadavres des trois principaux Colonna furent portés à l'église d'Âraçeli , dans la chapelle de leur famille, et leurs veuves vinrent

(i) Vita, I, Sa, 34; Chronic. Ëstens., p. 444; Chron. Matinens.,p. 6ii; Giov. Villani, XU, p. io4; Istorie Pistolesi, p. Sai ; Cronîca Sanese , p. lao; Historia Cortusiorum , ix, xa; Cronica di Bologna, p. 406. Au milieude ces documents, qui se contredisent, nous avons surtout suivi la Fita, dont l'auteur était irraisemblablenaent témoitt oculaire.

poiiir ai^ister k leur sépulture soleopeUe. Mais le tFÎj^uQ )e$ cl^i^^, et dit : < Si l'on m'impatiente bqd core i|n peu ^vec ce^ trois d^ninés cprpç ^ je les a fais jeter ä^ns \ß £os^e dß$ pßq4^s. )» Qp les enterra dapji l'église 4ß 3aQ*Si}vestrQ jp Capitß, p^rcß que U cqn^ßnt qui pn faisait partie ét^it UWß fq^r datio» dß la faipillß des ColPfln^- Jje^ pôspn^i^r^ fup(âot; epferwßs da^» 1^ topr du Q^pifplß.

A« Ußu de profitßr d^ déçour^ep^qt des enpemi§ et de s'emparer, d»m URß attßquß Yigp^rßusß , (iß

l'iwpprta^te fiartßresgß dß Maripp , Cola fjt faire U

leadf mgin upe prpce^iqn ßoJßRpeUe de toijt Iß elergé

à Sgßt^TM^ri^-Mftggiere i powr röwercißr 1% mnie

VißFgß. h^ ti4 iwvemljre il g^aeipbla $es cgvaliers, qu'il appelait 1* -f««*'?/^ chßvalerie , Iß^r promit do»bk^plde, ßt les agndqjsita l'epdrpit pu était U>vß}pe Stßfifip GöJpRna, Là il fit despßndr© dß chßVJil «Q» iftls J^rßiizp, et , m liß» dubaiq ftqcQUtuWß ? d l'»&5 pßrgeft fivßiß de r^au prise daq^ 1» m^re où Iß ^pg du jßMPß Stßf^flt ^' était mêlé k k plMie , et il le npmqiê chevAUßr de la viptpira {cgi^qlißre de Iq, vimm)' l^eç perwQw^gß^ lß$ plps impprtapts dttrmi lui dojnoer le coup àw plat d'ßpee, apre* qi#pi

ilß furent recQftduit^ *u Capitolß ßt ppqgediß*. fg^t

d'prgtt^d aigrit Ißs barons A^ p^rti 4e Oïla, a» PWn*

qa'ils ne vpulprßnf plps ^eryir spu^ sß§ ordr#»,

Mais il continua de gouverner d'une manière encore pltti absolue qu'auparavfînt; le fastß dg sef rgpap ßt de ses habillements ne fit que s'accroître. Pour «e procurer de l'argent, il pilla les riches, et n^épargna pg§ memß le^bien$ des église^ et dßs^bbayßs. Jl aug- ' menta aussi le prix du sel, afin de payer les soldats.

car» Wt^^ Ip^ trpupes urbaiRÇ^, il avait eppqrp ^ S()n ^vjpp des piercenfiire^ étrangers. Pipntôl; Ip mßcppte^tßWßnt du peuple entier monta au ppint que ÇqI* p'o^a plu^ convqqupr d'a§8emj)lée^ qu'à 4e r?re§ intery^Jles. Le^ yille? et les bsrQO^ q"i ét^Jeijl: entrés danç son allis^ppe l' abandonnèrent, et sa pour, avipar^tv^Rt si brillante, devint tqut h fait vide (ï), La victojre de p.ipnzo sur les Çp^onna ffif laderpière Jupur de spn étoile, déjà sur le déclin. Pétrarqup lui-mêmp, partant alofs d'Avignon ppvir se rendre k Qènes, coippience à douter de ^Qu béros. Il désire ne pas proire ce que les pour vclles lui rapportent , et il lutte contre la triste pprtitude qui l'assiège. Le a a n^Yenabre, il périt à jon a^ni Lélius de la race des Lelli : a J'ai vu , j'ai lu % la cppie de la lettre du tribun, et j'en suisstupé- « fait. Je ne sais pas ce que je dois répondre; je ? reconnais le destin de la patrie, et, de quelque « cQté que je me tourne, je trouve des causes pt des « sujets de deuil. Car si Hqme est décbirpe, que « deviendra, ensuite l'Italie; et si l'Italie est déppuil- « lée de son éclat, que nie reste- t-il au mopde? a IJ^ns cette infortune publique et privée , que les « uns apportent leurs trésors, les autres leurs foret ces pbysiqiies , d'autres leur puissance ; naoi , je « ne puis offrir que le secours de mes larges (a). » Dans une lettre du aô nqvembre , adressée au tril)un lui-même, il l'exhorte à ne pas détruire légèrement l'honneur qu'il s'est acquis, quelque diffi-

(i) Vila, I, 35-37; Giov. Villani,XII, p. 104. (2) Petrarcha, Rer. familiär., Epistol. tu, 5.

eile qu*il soit de conserver intacte une grande gloire. c II a appris y dit-il , que le tribun n'aime plus le ce peuple comme autrefois , mais seulement la plus <T mauvaise partie du peuple^ à laquelle il obéit ; et « qu'au lieu d'être le guide des bons, il s'est fait le ce complaisant des méchants. Il doit secouer son « ivresse, s'examiner lui-même sans illusion, et voir « ce qu'il est , ce qu'il a été , où il est parvenu , ce quel nom il a pris et quelles promesses il a faites; ce alors il reconnaîtra qu'il est le serviteur et non le ce seigneur de la république. Il devrait aussi penser « à la réputation de Pétrarque , sur qui fondrait un ce violent orage s'il succombait (i). » La nouvelle de la défaite des Colonna, que Pétrarque reçut bientôt après à Parme , le jeta dans une grande perplexité. En effet , les membres de cette famille si souvent célébrée dans ses ouvrages étaient tombés, et tombés par celui qu'il exaltait comme le libérateur de la patrie commune. Toutefois, les sentiments exprimés bientôt après par le grand poète en une occasion semblable, à savoir que Rome^ la république et V Italie lui étaient plus chères que les Colonna, qu'il aimait néanmoins par^dessus toutes les JamiU /ex; ces sentiments généreux l'emportèrent alors au fond de son cœur sur l'amitié et la reconnaissance. Ce ne fut que plus tard qu'il écrivit des lettres de condoléance , froides , ampoulées et pleines de sophismes au cardinal Giovanni, avec lequel il avait déjà rompu précédemment, peut-être à cause de sa liaison avec Rienzo. Il écrivit aussi au vieux Ste-

(i) Ibidem Epist. vn, 7.

— Î97 — fano Colonna. L'embarras de sa position est sensible dans ces lettres : cependant il ne renie pas son amour pour le tribun, et, ne pouvant parler de lui avec honneur, il le passe entièrement sous si* lence (i).

Le retard de Rienzo à user de sa victoire avait donné aux ennemis le temps de se relever de leur défaite. Les Orsini , dans leurs excursions de Marino, recommencèrent à ravager les environs de Rome , et les Colonna, de leur côté , ne perdirent pas courage. Le vieux Stefano avait toujours déclaré, lorsqu'on lui reprochait d'aimer trop la guerre pour son âge « qu'il désirait , à la vérité , passer en paix a les derniers temps de sa vie, mais qu'il ne recu- « lerait jamais devant aucune fatigue , et , si le sort « le voulait , qu'il descendrait dans la tombe au « au milieu des combats , plutôt que d'apprendre « dans sa vieillesse à devenir esclave. » Dans Tannée i343, saisi d'un triste pressentiment, il avait aussi dit, les yeux mouillés de pleurs, à Pétrarque : « qu'il se croyait encore destiné , contre l'ordre de « la nature , à hériter de ses fils. » A la nouvelle de la mort de son fils, de son petit-fils et de ses autres parents, il resta quelque temps muet et sans larmes , le regard fixé en terre , puis il dit : « La « volonté de Dieu soit Êiite; il vaut assurément « mieux périr que supporter le joug d'un paysan {a). »

(i) Ibidem, Rer. familiär., Epist. tu, i3; viii, i. Comparer Féglôgue VIII, intitulée Divortium. La lettré à Stefano est du la septembre de Tannée suivante. Cette date se trouve dans le manuscrit de la Bibliotheca angelica à Rome.

(a) Petrarcha , Rer. famil., Epist. viii, i; Rer. Senil., x, 4*

Il dirigiBâ lui- même son parti, et te jeune Sciarhâ, appelé auâ^i t^ietro Sbiarëita Colonna , se mit , datià cette lutte isuptême, à là tête de la famille qui avait eilcot*e pour rejeton un troisième Stefano. Le cardinal légat ne resta pas non plus oisif à Mofitè- Èiascone, bu il séjournait. 11 appela à soti aide, dès le 21 novembre, lès localités amies du pape, telles (Jue Sienne, et continua d' établit* des liaiâdns entre Luca Savelli , Sciat'hi Colonna et les Ofôifai, qu'il soutiht avec des secodt's d'hdihmes et d*at*gent. On chercha avant tout à äügttienter le inécotitentëment du bas peuple en coupant leS vivres j et Ton réussit à faire monter le r^abbio de blé à sßpt livres delà monnaie du temps (i).

A Avignoh , le pape ne déployait pas moins d'activité ^our enlever au tribun toute espèce de soutien, après que celui-ci eut refusé d* obéir à Ses exhortations et à ses ordres. Le 3 décetnbre, Clémetit Vt écrivit à ses chet'S flls , au peuple i^ôinaiti , à ses fidèles et à ceux de i'Église, et il leur exposa en détail tbus ses griefs Contre tliehzo, « lequel, sauf un petit nbin- « bre d'exceptiohs, n'avait répolidu que par des actes (f d'ingratitude aiîx pouvoirs et aux honiièurs cjü'il <c tenait de la bonté du Saint-siége. Il s'était paré de à vains titres, avait éloigné l'évêqued'Orvietô, dont « Tadjortctiön était pour lui si honorable , et n'avait « pas craitit de blesser les di'oits de TÊglise , en « s'emparant des biens ecclésiastiques au mépris de a toutes les lois spirituelles et temporelles. En ou-

(i) Cronic. Sanes. , p. 119; Raynald. , ann. i347»§3i; i34^i § i3; Vita ,1, 87. A Sienne l'envoyé du pape se trouvait le 11 novembre dans le conseil des neuf seigneurs.

é m , de même qu'autrefois Baltha^àl* ävftit pfofdné (c da»8 un fèstiii les Vases sàcfês du téUlt^te de Jé^ « fUSäletti; tîfe ttiêttle Cola àYâit Souillé pai* Sôti bàih a de (ihevalërie le bdptistèi-e de i'e«tipei*eüt* GönSfc (àntih. Oeniblàblè au pöulaili del'Ottagfe, il S'était tt fegafdê cômiué tiê libi'è päföe qu'il n'âtâit pas rf appris à ôbôii', plein qu'il était de l'ötnbifiön de « cöttithätider et dé S'eièvfer coiiimè Lücife^ jtisqu'att ttdel, trône de ^oxi orgueil. Ensuite, quoiqu'il « éÙt cité à coriipat^aîtrè pâf^detant lui Charles de a Bohême et Louis de Bavière , il aVàit héàrimeihS tt déjà distribué les Voix pour l'éledtiôti de l'étape*- « rèur à qUelqUes États de l'Italie, edtnme S'il lui k appartenait de décider sur là légitimité des dluS <t et les pouvoirs des éledtelirS, et de dispôsët* aihsi tt de l'empire ï'omain, Mais il dVait ëU fööours ä tes tt flatteries artificieuses et à ceS loisibles mënSohgeS Ä pour gagner la faveur deS Ronàâitts et deS äUtfeS « peuples de l'Italie, ètpoUfr obtenît*lâ digditéiln^ « périale, où tendait son orgueilleuse déta^lice,në <k remarquant pas qu'il serait ighomifiieuSement « pfécipité äVant d'atteindre ce but SUblifflè. Il « ti'aVait pas conSidéfé non plus , lui pi^êcUfSèuf Ä de l'antechrist, fils du péché et de la péfditioh , « qui s'était mis au -dessus de tout ce qUê lëS « hommes regai*dent et révèrent comme divin; il ft'a^ . Ä Vait pas considéré quels dangers et quels Uiaut « il préparait aux Romains eU excitant cotitt^ éUt lé <c roi Ciiarles et les autres princes , et eti leü^ enle- « vant la protection de l'Église. Il avait révoqué « avec une témérité damnable toutes les obligations « contractées parle peuple romain depuis la fonda*

a tion de la ville, et, comme un fils du diable , p^ein

a de perfidie et de fausseté , comme le monstre sur

« la tête duquel sont écrits les noms du blasphème

« (Apocalypse, XIII, i), il avait outragé la sainte

ce Église universelle en prétendant que FÉglise et la

« ville de Rome étaient une seule et même chose,

a et en avançant d'autres erreurs contre la foi ca-

« tholique ; par où il s'était rendu suspect de schisme

« et d'hérésie. Enfin, il s'était arrogé la juridiction

« sur les ecclésiastiques. Le pape l'avait inutile-

« ment exhorté avec douceur, par son légat Ber-

ff trand , à abandonner ces folles idées , à se tenir

ce dans les bornes convenables et à s'occuper uni-

tf quement de bien gouverner la ville sans blesser

ce les droits de l'Église. C'est pourquoi, disait lalet-

cc tre en finissant , nous vous exhortons , nous vous

(c prions, nous vous sommons et vous donnons le

tf paternel et sage conseil de ne plus obéir en au-

ce cune manière au susdit Cola, et de ne le plus

ce soutenir par avis, secours et faveur, mais de le

a laisser avec ses erreurs, lui dont la méchanceté

« rampe comme un serpent , mord comme un scor-

cc pion et s'insinue comme le poison. Nous vous

ce conjurons et vous commandons de le repousser

ee comme une brebis galeuse, dont le contact souille

«c tout le troupeau , et de persévérer dans le respect

a et Tobéissance envers l'Église , recevant et remplis-

«t sant avec votre humilité ordinaire les avertisse-

n mentsetles ordres de cette suprême autorité (i). »

(i) Le texte complet de la lettre du pape se trouve dans le manuscrit de Pelzel , p. 3S-4o. Le commencement a été omis dans la copie de Raynald., ann. i347f § '7) ^^*

aoi —

Peu de jours après (7 décembre), le pape fit connaître son entreprise contre le tribun à Charles IV, empereur d'Allemagne, assez généralement reconnu comme tel depuis la mort de Louis de Bavière. Il lui dit que Cola , dans son orgueil insensé , aspirant à la dignité impériale , lui Charles , devait tout faire pour détacher le roi de Hongrie de l'alliance du tribun , en montrant que celui-ci ne songeait qu'à son propre avantage et nullement aux intérêts du roi (i).

Quoique ces lettres n'eussent plus d'influence dans la ville même sur l'état des affaires, néanmoins les mesures du légat et des barons pressèrent bientôt tellement le tribun , qu'il manifesta le désir de céder à quelques-unes des exigences du pape. £n outre , par un effet de la mobilité de son faible caractère, de l'orgueil le plus insolent qu'il 'avait montré après sa victoire sur les Colonna, il était passé à la plus basse lâcheté, et, ayant la conscience de ses fautes comme de son impuissance , il croyait voir dans des circonstances fortuites les signes pré'' curseurs de sa chute prochaine. Laissons-le parler lui-même : << Après mou triomphe sur les Colonna , « au moment où ma domination paraissait le mieux « affermie , la fermeté de cœur me fut retirée , et « souvent je fus saisi par une pusillanimité telle , « que, réveillé toutes les nuits par des visions et des « songes, je m'écriais : Le Capitale croule ! ou bien : « Les ennemis accourent en armes! Une chouette « se posait chaque nuit d'une manière inaccoutu-

(0 Mscr. de Pelzel , p. 3z-34.

a mée sü^ lé sommet dû Capitole, fet bien qu'elle Ä fut incessàthmerit chassée par nlês feeirViteul*s, elle <c revenait toujours remplir son tHste öfftee. Pëh- « dant douze nuits elle me livra etl proie à ritï^Oiîi- <c nie et à ^inquiétude; et ce fut ainsi que des rêves « et des oiseaux tiöcturues tourrtieu tètent cëltil qui « jusqu'alors n'avait pli être eftoyeni päf lacolèfê IC ifurieüäe des graiids dé ftöthe , rii pä^ defe tf t^tipefe a de gens armés (i). »l^ Vicàife öpirittiel du pap^ , vraisemblablement Raimond d'Orvieto, dont nöti^ avons parlé, reVint à Röiiife, et Rienzo , apfès ^voir tenu dans Tassembléè dû peuplé ufl discolirfe sUr lé verset 33 dii psautiie dxviii (2), le Uottlttaä dëtlbtlveau son collègue. Il chercha atls^lâ faif fe tairt tine partie des plaintes du saint-siége , éh renoilçàtit à ses préteîitions et à celles du peuple roraaih stlr le choix d'iiti empereur, et efi i^etlt'atît la citatiött q[il*il avait adressée aux pt'étendatits à la coürotitiö îttipérialeêtaux princes allemands; il refiotiça en liiêijie temps à la domination sur lés sujets itnmédiats de

1* f 'Eglise romaihe (3). A Ce sujet il écrivit, eft date du

2 décembre , ätix cömmuhfefe de Tarafio , de Törri ,

d^Aspra, de Collevecchio, de Stimigliatio , de Säti-

Poio et Selci däiiä la Sabine , qui lui aValëtit fait

leur soumission lé 1*^' septembre, et auxquelles il

avait donné pour podestat un certain Jan Otto di

Ènrico; puis il rappela celui-ci. « Dans le pieux

(i) LeUrë de Rienzo à Pabbubitz , archevêque de Prà^tlte ; Mscr. cl€Pelf.el» p. 6i-g4.

(3) « Seigneur, fais-moi une loi du chemin de tes commande- « ments. »

(3) Giov. YillanifXIIy p. 104.

— ao3 —

a désif , disait-il à ces communes , de Voir l^grlër « parmi vous la liberté que nous Voulohs établir « dans toute là chrétienté , iloüs avons cî^tl dfetbir « accepter le pouvoir de podestat que vöüS hàus (( avez offert. Et mäintenatit, pour obtenir uilê (c boiiiië et véritable harmonie, nbusilégodotlfeaVée « le seigneur légat qui demätide cjü'il soit (îécidé a somnaairement sur les droits de TÉglise fomaitië « et du peuple romain, àans léser kucuttè dès dëti* « parties. En conséquence , le cardihal Veut venif- <f liii-mêmë à Rome afin de tout concilier^ et tiolis « ne doutons pas que sa {)t'ésence et îea négckiiàtiofis (c n'amènent un résultat également satisfaisant pouf « voua et pour nous. Le seigneur légat veut, eh « outre, voir cesser nos pouvoirs comlne podestat, a parce que, dit-il, en exerçant ces pouvoirs que a vous-mêmes nous avez conférés , nous empiétons « injustement sur TÉglise. Or, voulant honorer le a légat partout où nous le pouvons sans préjudice ff de vds droits et des nôtres, nous avons résolii de « rappeler le noble Janotto di Enrico, notre podestat a et lieutenant , jusqu à ce que les points relatifs à a ses fonctions aient été discutés et décidés entré « le seigneur légat et nous. Pour la même raison, a nous ne jugeons pas à propos de vous envoyer « d'autres troupes. Nous qui vous aimons avec un « zèle véritable , nous ne vous abandonnerons fli a dans le calme, ni daiis là tempête. Mais vous ne « devez pas désirer qu^à cause de vous, et particu- « lièrement lorsque cela ne vous serait pas utile ^ « nous vivions en inésintelligetice aVec l'Église, tâti-

« dis qu'une réconciliation avec elle tournera à vo< <K tre profit et à votre honneur ( i). »

Il commença aussi à déposer ces titres pompeux qui avaient excité tant de mécontentement. Dans la lettre dont nous venons de parler il se notnme seulement tribun auguste y et quelques jours après il s'intitulait purement et simplement Cola, chepa* lier et lieutenant de notre seigneur le pape. Il suspendit même devant une image de la sainte Yiei^e , dans l'église d'Araceli, sa couronne d'argent, le petit sceptre et les autres attributs du tribunat, dans une cérémonie solennelle à laquelle assistait le clergé romain et où l'on chantait la prière suivante : « Seigneur, le royaume est à toi , à toi la dominac( tion et la puissance ; » et depuis il cessa de se montrer avec cet appareil {^x). Il voulut aussi ne plus paraître maître absolu , et , dans les assemblées du conseil au Capitole , le vicaire pontifical dut de nouveau vaquer aux affaires avec lui. Une grande division régnait parmi les citoyens : on ne pouvait prendre aucune résolution sur deux choses qui étaient alors d'une importance particulière , savoir, la fixation du prix du sel et la nomination d'un bourgeois de Pérouse comme capitaine de la guerre

(i) Cette lettre, dont la minute se trouve dans les archives de la commune d'Âspra , a été imprimée dans la Bibliotheca italiana de Milan, tome xi y p. 338. Quanta la position et à Thistoire des localités nommées dans le texte, consulter Sperandio, Sabina sacra e profana antica e moderna, Roma, 1790 , i. vol. in-4°> P* 4^8.

(1) La Vita, I, 35, place ces faits immédiatement après la victoire du tribun sur les Golonna; mais Rienzo lui-même en donne la date exacte dans sa lettre à Tarchevéque de Prague.

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[capitano délia guerra). Le 7 décembre, le tribun proposa d'augmenter le conseil municipal de trenteneuf prud'hommes , dont trois pour chaque quartier de la ville; mais les choix ne furent pas tels qu'il désirait. Cola ayant déclaré traîtres deux de ceux qui venaient d'être élus , et un débat s'étant élevé à ce sujet , la majorité des anciens conseillers se mirent de son côté et chassèrent les nouveaux; les bourgeois prirent aussi les armes en sa faveur. Le 10 décembre, il y eut une nouvelle assemblée. Là Rienzo chercha à excuser le peuple auprès du vicaire pontifical, en offrant d'exercer ses pouvoirs d'après la volonté du pape et d'observer les articles apportés par le légat. Le peuple , craignant que ses avantages et ses droits ne fussent compromis dans cette intelligence avec la cour d'Avignon , demanda à connaître les articles« Le tribun s'excusa en disant qu'il n'y avait plus assez de temps pour les lire; quelqu'un de l'assemblée répondit : « Tout ce que « le tribun aura accepté ne doit pas porter pré- « judice au peuple romain. » Le vicaire pontifical passa la nuit près de l'église de Saint-Pierre, et, dans la conviction où il était que le tribun et le peuple ne souscriraient pas aux ordres pontificaux, il quitta Rome le lendemain pour se rendre à Monte- Fiascone , les menaçant tous d'un sévère châtiment. Cola se trouva ainsi de nouveau seul dans la ville ; mais il ne voulut passer désormais que pour le lieutenant du pape. Le i3 décembre, une incursion sur Marino fut faite par les mercenaires , lesquels ramenèrent un peu de bétail. Le même jour, Rienzo rendit le préfet à la liberté, et opéra entre lui et

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QiordaQp Qr^ini dß l^onte-Giordapp upe répQUPiligtiop qui devait être scellée par le m^iiagß d'y» ß)si de celui-là avec une fille de celui-ci; tpu^efpjs pe fils dut rester provisoirement en pt^ge avec seize autres pri^pnpier^. Cola aurait encore pu gpuverq^r quelque temp^ de cette manière , ci un évéueipeii( prç^que fprtuit UP fût vepu mettre fin 4 §a pui^- ^uçe.

Pu fftf^ndait l'arrivée de I^oui§ de ïfopgrie^ <JHJ q)9fc)>ait ?ur Jf^ples. Des levées avaient é|é feitef ppuf lui jusque dan^ Rome, et nn certain Pipjno, çpn^te palatin d'Altamura et comte de Minorî)iijP| leque] ay^it pté ch§s^é du royaiime napolit^iq ppuf ^§ brigandages, se montrait particulièrement gçtif d^U9 cette cirpQustance. Cola l'avait déjà cité devant ^U trifetjual, à cause des violences qu'où l'acçq^alï 4'aypirexercée5?tu?;pnvirQns de Terrae jne. Or? le ï5 d^cenîbre, ï-.uc^Sayplli, qui ét^it au^si un de§ chefe du parti bP*ti)e au tribuu , avait fait placarder §ur Ig pprte 4e Sauto-Angelo upe afficl^e pfir JaqqpUe i| cpnvpquait ^ps partisans et ses amis auprès dp lui pour le quatrième jpur, Cola prdonn^ à un spryjr teur du tribiwal 4'arracher pette affichp et 4« mettre ^ la plafip uue Pitatipn d3us laquelle, en qu^ité dp Ijputenaut 4h psppyil sommait Lucg S^ve}Ji de cqfuparaîtrp dpyaut lui daps l'espace de trois jpjijrs, spus pejj^e d'ftu châtiment sévère. Le serviteur, p» reoipliss^U*^ c^t office, arrêta quelques geps, et fpt ipaltr^ité à cause de cpla par uu cocpte de VicQ pt par sop frère , qui était précisémenï le pomte pal^tfu dont nous venons de parler. Cola le pita ^ß nouveau devant SQU tribuual. Mais Pipipp, étant eu

mésintelligence ayec Giorcldi:)^ Qrsini à raison de l'eiQb^U/chgge de^ m^rce^aire^ , ef craignant d'être livré par Imi k P^içn^ , se retira dans sa demeure prèp 4^ S^R-Sfilvatore in Ppsoli, pij étaient les ruineç d\x çirqj^ fl^lflipien , et qu y op. vQi|; aijJQVird'l}qi FégJi^p 4e S^prStanj^lSQ de^ Pplacc^. J4 il se retrgnphja et ßt sopner le tocsin ^y^^ )fi Pri de : ,« Viye « Iq pewple, mort ^H tribut! » ppwr attirer à liji ses geps gf l,es ^flnpmis 4p Rienzo. Quelques-uns prétep4ent paêipQ qu'U §'enteii4git avec le cardinaj légat, Jjjö tpibun lit an^si sppner le beffroi de spyj cpté, et çri^r daps les rqes popr assembler le peuple ; ipf(i§ ni ]ßs })ourgepjs pi les Orsipi ne répondirent à l'appel. Il epvpy.^ gilprsun petit 4étaçheiiaent de mercenaires sops 1^ con4uite d'un capitaine ^Ijeip^pd, ppffupé Scarpetta, popr ^'lemp^grer du epmte. Çejpirpi le^ fpppi^;^§a yigpureuseuient, pt le capitaine fut tpp. Cpla se tepait 91^ Cßpitole avec ejnq escadrons de cavalerie. 4y^nt appri? le uiapv^jç succès 4e l'sîtgqpe qij'il jiyaif pr4onnée, et yoygpt que personne dans )a viUp pe sp levait popr Ip souteqir, n\ß\^ qu'aii cqmWTß ct^que quartier se fqrtißait popr ça spreté per§onpelle, il crpt tout le mondp fourpé coptrelui, et s'imagina qu'on avait préparé partout des eqabûçli^s ppur ]ß perdre. Alorj} )e coprage l'abandonna tout à fait y et, s'adrßssant au petit nombre de geps du peuple qui se trouvaient au Capitole , il leur 4it ep répgp4ant 4es larmes et des plaintes : « qu'il avait bien gouverné jusqu'à ce jpur ; qp'op n'é- « tait mécontent de lui que par une jalousie odieuse , « et qp'il se 4éniettait à cause de cela du gouver- « nement après sept mois d'exercice. » Les assistapt^

— ao8 --

se mirent aussi à pleurer, etRienzo alla du Capitole au château Saint-Ange où sa femme , qui demeurait dans le palais des Lalli, vint le rejoindre déguisée en moine (i). Le biographe de Cola a donc pu dire avec raison que « le tribun , qui avait promis de « mourir pour le bien du peuple , n'avait pas même , « montré le courage d'un petit garçon ; » car le péril n'était point imminent , et avec ses partisans et les mercenaires qui se seraient réunis dès le lendemain y il pouvait facilement venir à bout du comte d'Altamura. Giovanni Yillani ajoute : « Telle est la « fin ordinaire de ceux qui se font maîtres des a peuples : la victoire , la fortune et la domination » subitement acquises disparaissent subitement. » Le parti ennemi ne s'attendait pas du tout à un si rapide succès. Rome demeura deux jours sans gouvernement , et ce fut seulement le lundi 1 7 décembre , que le vieux Stefano entra avec ses adhérents dans la ville. Pour ne pas provoquer de nouveaux combats, il fit annoncer aussitôt que personne ne devait rompre la paix, et que les choses resteraient à. cet égard sur le pied où le tribun les avait mises. Le généreux Colonna vainquit aussi en lui-même

(i) Voir Chronic. Estense,p. 445-447 ; Vîta, 1,38, et la leUre de Cola lui-même à l'archevêque de Prague. Le principal document est la Chronique d'Est. — Giov. Yillani, XII, p. 104, s'éloigne des sources que nous venons de citer. Selon cet auteur, Pipino, soutenu par le commandant pontifical du Tuscium *et par le cardinal légat, serait venu à Rome avec cent cinquante cavaliers, et après s'être retranché près de l'église Santi-Âpostoli , dans le quartier des Colonna avec leurs partisans, il aurait fait sonner le tocsin et mis la ville en révolte. Quant au reste , le récit de Yillani ne diffère pas du nôtre.

tout désir de venger la mort de ses parents sur ceux de Cola, et il donna publiquement au beau-père de celui-ci un baiser de paix devant le peuple : de sorte quela femme, les enfants et le reste de la famille de Rienzo vécurent dans la suite à Rome en toute sécurité (i). L'ancienne constitution fut rétablie, et Bertoldo Orsini et Luca Savelli devinrent les nouveaux sénateurs , ce dernier comme représentant du parti des Colonna (a). Us commencèrent aussi la guerre avec des images peintes contre le gouvernement déchu , et le tribun , son notaire et son chancelier furent représentés , la tête en bas , sur un mur de l'hôtel de ville au Capitole.

Cola lui-même n'avait pas tardé à s'enfuir du château Saint-Ange à Civita-Vecchia, dont son neveu occupait la forteresse. Mais celui-ci la rendit aux nouveaux vainqueurs, et Rienzo revint à Rome. Il rentra dans le château Saint- Ange, vraisemblablement auprès de la branche des Orsini qui s'était d'abord, attachée à sa fortune. Cette famille chercha à tirer le plus grand avantage possible de son nouveau protégé. L'un, Francesco, notaire pontifical à Avignon , voulait le livrer au pape; mais son neveu Niccolo noua des négociations avec l'ennemi mortel du tribun , Rainaldo Orsini de Marino, et offrit de lui vendre sa tête pour une somme considérable. La mort subite de ces deux hommes paraît avoir délivré Cola d'un si grand danger : il re-

(i) Ghron. £stens., p. 447» Nicolai tribuni Romani ad Guidonem Bolonensium S. R. E. cardinalem oratio , Petrarcha , Op., p. za4i.

(3) Vendetlini , p. 3y, dit à tort qu'on élut trois sénateurs, savoir le légal , un Colonna et un Orsini.

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commença même à provoquer ses adversaires par des représentations symboliques. Sur le mur deTéglisedeSanta-Madüleha , située sur la place vis-àNvis le château Saint- Ange , il fit peindre un ange armé, ayant à côté de lui les armes de la ville de Rome. L*ünge tenait à la main une croix sur laquelle perchait une colombe , et il foulait aux pieds un serpent , un basilic et un dragon. Des enfants salirent cette image , et Rienzo, voyant l'insuccès de sa tentative , quitta la ville vers la fin de janvier i348. Il se tint dans les environs ou sur le territoire napolitain. On dit alors généralement qu'il s'était retiré auprès de son ancien allié, le roi Louis de Hongrie, lequel était entré à Naples dès le 19 janvier de la même année (i).

Mais ni le cardinal-légat ni le pape n'étaient rassurée par la chute du tribun et par sa fuite. Le premier le cita deux fois à comparaître devant son tribunal , dans une assemblée d'ecclésiastiques et de nobles des possessions de l'église de Monte-Fiascone, d'abord comme accusé d'avoir fait prisonniers des clercs et de s'être approprié des biens de l'Église romaine. Cola, n'ayant pas comparu, fut déclaré déchu de tous les honneurs et dignités qu'il avait acquis dans la ville ou dans les environs. La secondé citation avait rapport aux erreurs doctrinales qui tui étaient reprochées; et comme il ne comparut pas davantage, on prononça sur lui et publia en tous

(i) Vità, I, 38; II, 12; Cronica Sanese, p. lai; Chronic. Regîeilse, p. 6(^; Hîstoria Cortusior., IX, XII; Giov. Villani, tome XII, p. 104, dit : « e là ( nel caslello S.-Ange!o) Dascosamente si di- « moro fine alla yenuta del rè d'Ungheria a Napoli. »

Itèux k sentence d* excommunication (î). L« brait s*étatit etîsuite répandu que Cola était à Naples, auprès du roi de Hongrie , Clément VI , ipar un décret en date du 7 mai i348, chargea le cardînaWégat Bertrand de représenter sur-le-champ au roi : te qu'il « devait se conduire en fils soumis de FÉglise et ne é donner aucun secours à Cola di Rienzo , exilé et « suspect d'hérésie ; mais qu'il devait plutôt s'em- « parer de sa personne et le livrer, soit au légat , W soit au pape ; autrement il se mettrait en danger « lui-même et souillerait sa réputation d'une tache * ineffaçable (a). » A cette époque, le fameux condottiere Wernher d'Urslingen , ayant reçu son congé du roi Louis , faisait des excursions avec ses troupes dans la province de Campagna, jusques auprès de Äome. Au fond , le plan des mercenaires était de se jeter sur la riche Toscane ; mais les barons romains, (Jui ne se fiaient pas à eux, leur barrèrent le chemin (3). Or, on disait que Cola s'était ligué avec ce Wernher, et songeait à revenir à Rome soutenu par des forces considérables. Le pape ordonna, en conséquence , au légat Bertrand de s'assurer du secours des villes de Pérouse, de Florence et de Sienne contre une pareille tentative , et d'instruire en même temps le procès de Rienzo. Le nouveau légat Annibaldo de Ceccano , de la famille dès Annibàldeschi,

(f) Raynald. , anti. i348 , § i3. On ne peut pas déterminer d'une manière précise Tépoque à laquelle le légat fit ce procès. Lapretfiière condamnation looibe immédiatement après le i5 décembre i347, et la seconde au commencement de 1848.

(2) Raynald. , ann. 1848, § 10.

(3) Cronica Sanese, p. laa.

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fut chargé de faire connaître en tous lieux la condamnation prononcée sur le tribun, et d'excommunier aussi ceux qui accueilleraient cet excommunié, ou qui ne déclareraient pas sur-le-champ le lieu de sa demeure (i).

Ces mesures étaient d'autant plus nécessaires, que le peuple lui-même, à Rome, désirait être replacé sous le gouvernement de Rienzo. Les nouveaux sénateurs administraient sans force; la sécurité dont on jouissait précédemment dans les rues avait cessé, et des meurtres et des violences de tout genre commençaient à reparaître selon l'ancienne habitude. Le pape ordonna derechef au légat de mettre fin à de si légitimes motifs de mécontentement parmi le peuple , et de rétablir la sécurité par tous les moyens qui étaient à sa disposition. Or, comme le choix qui avait été fait des deux sénateurs dans des familles romaines contribuait à faire exercer la justice avec moins de rigueur et d'impartialité, le légat fit élire, pour le reste de l'année , im étranger honnête et capable de punir les malfaiteurs. Un Milanais nommé Otton , dont nous ne connaissons pas la famille , fut choisi à cet effet (a).

On ignore si Rienzo a été réellement à Naples. Ce qu'il y a de certain, c'est que le roi Louis se trouva trop embarrassé dans les affaires napolitaines pour s'occuper activement du tribun exilé. Il en fut de même des liaisons de celui-ci avec Wernher d'Urslingen. Lorsque Cola, par l'entremise de ses

(i) Raynald.y ann. i348,§ i3.

(3) Raynald., ann. 1848, $ i3.

amis, eut ramassé l'argent nécessaire , son frère, qui en était chargé , s'enfuit secrètement avec la caisse , et le condottiere fut engagé de nouveau si avant dans les événements du royaume, qu'il oublia tout à fait Rome et Rienzo.

Ainsi trompé dans toutes ses entreprises , et ne se croyant plus en sûreté nulle part. Cola quitta dès lors les endroits fréquentés , et se retira dans les parties les plus sauvages de l'Apennin, aux environs de Monte-Majella.

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