Voy. page 69, col. 1, note
5. Le beurre jeté sur le foyer excite la flamme : c'est U l'œil d'Agni.
6. Agni brille dans le foyer comme Tryagni dans le soleil comme Aditya dans le nuage comme Védyouta ou comme Vàyon. (Voy. page S04, col. S, note 4.) De là le nom composé qu'on lui donne Agnivàyoutoûrya.
7. Agni par ses feux développe et semble créer le monde, qui au milieu des ténèbres a l'air de ne pas exister.
8. Le texte est plus métaphorique. Il se sert du mot pavitra, qui est le vase où se met la libation. Ces trois vases doivent élre le foyer sur la terre, le soleil dans le ciel, les nuages dans l'air.
9. Agni semble jouir à la vue du ciel et de la terre. Le mot pitroh employé ici pourrait encore s'appliquer aux bois de l'Aranl, qui ont produit le feu, et qui sont placés non loin du foyer.
HYMNE XXl.
A AGXI, PAR VISWAMITRA.
{Mitre : Gàyatrî.)
1. Voilà que pour vous (s'avancent) les Mets (divins), brillants des feux (du foyer), avec la Cuiller (du sacrifice). Entouré des Libations, (Agni) monte vers les dieux.
2. J'adresse mon hymne à Agni, sage pontife, opulent bienfaiteur.
3. Divin Agni, pijdssions*nous dignement célébrer ta fête, et, remplis de force, vaincre nos ennemis !
4. Les feux d'Agni s'allument pour le sacrifice. Nous invoquons (le dieu) purificateur, adorable, à la brillante chevelure.
5. Agni s'entoure de larges splendeurs; le beurre (sacré) compose sa forme ; immortel, saintement invoqué, il transporte l'holocauste du sacrifice.
6. Confondant leurs efforts, les (prêtres) apportent l'holocauste et la prière, élèvent la cuiller (sacrée) et honorent Agni en l'appelant à leur secours.
7. Dieu prêtre, immortel, il vient avec pompe pour présider au sacrifice et pour le consommer.
8. Sage et fort, il siège parmi les mets (qui donnent la force); il est amené au milieu des saintes cérémonies : il accomplit le sacrifice.
9. L'élu du monde devient le fruit de la Prière. La fille de Dakcha * reçoit le père, en qui est le germe de tous les êtres.
1 . Dakcha est un personnage que nous avons déjà vu deux fois pages 94, col. 2, note 9, et iSt, col. 1, note 1. Il semble y être présenté comme un Aditya, autrement dit comme une forme du Soleil ou d'Agni. J'ai dit que je regardais Dakcha comme une personnification du sacrifice, ou plutôt d'une partie du sacrifice ; je pensais que c'était la donation, à cause du mot dakehinà, qui signifie prêtent. Mais, réflexion faite, je crois que Dakcha est la forée induiirxelle, Vadreste, Vart employé dans le sacrifice. L*art s'occupe à fur.uer de terre le foyer dans lequel Agni doit naître el grandir. Ce foyer, appelé Hâ ou la terre, est considéré comme enfant de Dakcha. Ce Dakcha, suivant les mythologues postérieurs, est né du pouce do Brahmà : ces mythologues, en adoptant les idées allégoriques des Yédas, les ont continuées sur un autre plan. Brahmà, dans l'origine, était Agni ou le sacrifice; un être né de son pouce semble devoir ôtre Yadresse intelligente personnifiée. Dakcha est devenu un personnage important dans le Sivaïsme : sa fille y est la femme de Siva, Sait, et ensuite Pàrvatl. Il sera sans doute fort curieux d'étudier ces deux mythes, et de suivre leur transformation. Il y a quelques différences d'attributions, que les changements de croyance et do rites ont amenées. Le personnage de Dakcha indique dans l'histoire des religions indiennes une époque importante.
INDE. — POÉSIE LYRIQUE
Ilmu I.]
10. Oui, (la fllle) de Dakcha, lia S te reçoit, eafaot de la Force, élu du inonde, brillant Âgni, avide (de nos libations).
11. Les sages, adorateurs (d'Agni), au sein du sacrifice, allument et nourrissent les feux de celui qui fait mouvoir (le monde), et précipite les eaux.
12. Je chante le sage et puissant Agni, Tenfant ' des Mets (sacrés), qui brille et dans le sacrifice et dans le ciel.
13. Il s'enflamme, ce généreux Agni, (dieu) éclatant, adorable, digne de nos louanges, ennemi des ténèbres.
14. Le magnifique Agni, tel qu'un coursier (rapide), lance ses rayons, et transporte les dieux. Les (hommes) Thonorent par leurs holocaustes et leurs hymnes.
15. Chargés de présents, ô généreux Agni, nous allumons les feux resplendissants d'un (dieu) libéral en ses bienfaits >.
HYMNE xxii.
A AGNI, PAR YISWAHITRA.
{Mètre* : G&yatrt, Ouchnih, Trichtoubh et DjagaU.)
1. Agni, (nommé) Djdtavédas^ reçois avec plaisir nos offrandes et nos holocaustes du matin, 6 (Dieu) qui récompenses la prière.
2. Pour toi, Agni, l'offrande a été clarifiée, et préparée soigneusement ; (Dieu) toujours jeune, reçois-la avec plaisir.
3. 0 Agni, prends cette offrande consacrée par nos invocations, et composée ce matin. Tu es le fils de la Force, siégeant dans le sacrifice.
4. Sage Djdtaoédas^ dans le milieu du jour, reçois avec plaisir notre hommage. Agni, tu es grand; les prêtres par leurs œuvres élèvent ta fortune.
5. Agni, fils de la Force, dans le troisième sacrifice ^ aime notre offrande consacrée par la prière. Au milieu des dieux immortels, éveillé
1. Ce mot doit ici signiiler terre. Voy. page 204« col. 1, note 1.
2. Le mot sanscrit est napât, qui veut dire petit- fils; et à ce sujet le commentaire donne au dien Agni une géoéalogie singuUère. Do la nourriture sacrée {Annam) naît l'ublalion {Ahouti); de roblalion, Adilya; d'Aditya, Agni. Il est d'autres généalogies différemment présentées, mais tout aussi arbitrairement.
3. Ce vers renferme le mot vriehan répété trois fois. C'est un ornement de style dans cette langue.
4. Cette espèce de sacriOce porte le nom de Savana, Il y en a trois, le matin, à midi et le soir.
par nos louanges, accepte nos libations précieuses.
6. Agni, possesseur de tc^us les biens, développe tes feux, et reçois avec plaisir et notre invocation et notre offrande composée ce matin.
HYMNE xxiii.
A AGXI, PAR VISWAMITRA.
{Mètres : Anouchioubh, DjagatI et Trichtoubh.)
1. Voici le moment d'agiter (l'Aranl), le moment d*en(anter (Agoi). Apporte la reine du peuple S et, suivant l'antique usage, travaillons à produire (son fils).
2. Le (dieu) qui possède tous les biens est dans les deux pièces de TAranl; il y est comme Tembryon au sein de sa mère, cet Agni que, chaque jour, les enfants de Manou, en s'éveiliant, doivent honorer avec Thymne et Fholocauste.
3. (Prêtre) intelligent, pousse (la pièce supérieure) dans la pièce inférieure; et qu'à Tinstant (FAranl) fécondée enfante (le dieu) qui remplit tous les vœux. (Cependant) reçue sur une poignée (de feuilles), Tétincelle rougeâtre a brillé, et le fils d'ilà * a paru sur le foyer.
4. 0 Agni, possesseur de tous les biens, nous te plaçons sur le sein d'ilà ', sur le trône de terre, pour te charger de nos holocaustes.
1 . Vlspati, Agni s'appelle aussi Vispani, protecteur du peuple. L'Aranl, sa mère, peut bien porter le même
nom. Voyez page 47, col. 1, note 2; page 57, col. 1, note 4; et page 147, col. 1, note 7.
2. C'est-A-dire de la terre, dont se compose le foyer Agni, siégeant sur ce foyer, est appelé enfant de la terre. Voy. page 204, col. 1, notes 1 et 3.
3. llâpadé^ ou ilàyàhpadé. Le commentaire donne, comme synonyme de ce mot, Gopadéy qui littéralement se traduirait par pied de vache, lia (terre) prendrait le même sens du mot go (rache) : car nous avons vu (page 44, col. 1, note 7 ) que ce mot go s'emploie pour tout ce qui donne un avantage, pour la chose qui fournit une espèce de lait. La terre est donc une vaehe^ et, avec celte expUcatiun, le mot go peut remplacer le mot lia. Mais Timagination du commentateur, dans l'union des mots go et pada^ perd de vue le côté métaphorique, et ne trouve ici que le sens matériel, en sorte que le mot Ilàpadé, il le traduit par celte idée, ayant la forme d*un pied de vache [Gopadaroûpé). Je ne sais pas si VOuttaravêdi^ qui recevait le feu du sacrifice, avait réellement quelque rapport avec le pied de la vache. Je pense que le mot pada doit être ramené au sens de place, station, établistetnent, ou, si pada doit conserver le sens de pied, je serais porté à traduire nàbhô ilàpadé par le foyer au pied de terre . Cependant j'ai cru aussi que le poète avait voulu personnifier la terre sous le nom dllâ ; et c'est ce qui m'a délermioé dans la traduction que j'ai donnée. A cette occasion
[Lect. U.J
5. Prêtres pieux, travaillez à produire (le dieu) sage, prudent, véridique, immortel et charmant. Enfantez Agni, le héraut du sacriOce, le premier des êtres adorables.
6. Agité avec force, il se lance comme un coursier rapide, et vient sur le bûcher briller avec éclat. Invinable dans sa voie comme le char des Àswins, il sort de la pierre qui le contient en dévorant les plantes.
7. Âgni est né; ses feux s'animent; fort, sage, bienveillant, il est chanté par les poètes, et les Dévas ont établi pour le sacriGce ce (dieu) adorable, qui connaît tout et qui porte Tholocauste.
8. Siège donc sur ton trône, sacrificateur intelligent, et porte notre sacrifice dans le lieu où il doit être récompensé. 0 Âgni, honore les dieux, et présente-leur Tholocauste. Réserve pour ton serviteur une large part dans tes bienfaits.
9. 0 mes amis, augmentez la masse de cette fumée. Apportez sans relâche les mets qui nourrissent cet Âgni fort et victorieux, par lequel les dieux obtiennent le triomphe sur les Dasyous.
10. Voilà le berceau ^ où, daps le moment favorable, tu brilles après ta naissance. Reconnais-le, 6 Agni, et viens t'y placer, pour te montrer sensible à nos vœux.
11. Tant qu'il n'est encore qu'un embryon», on l'appelle Tanoûnapdt '. Une fois né , il est Narâsansa *. Il devient Mdtariswan ■ dès qu'il s'étend au sein de l'air, et dans sa marche se fait le créateur de Vâyou.
12. Prudent Agni, produit et placé convenablement par des (prêtres) habiles, rends-toi propice à leurs travaux. Honore les dieux au nom de leur fidèle serviteur.
13. Les Immortels ont enfanté un mortel invincible, lui sauveur vigoureux et redoutable. Dix frères *, unissant leurs efforts , ont avec bruit applaudi à sa naissance.
j'exprimerai timidement une idée qai m'est particalière : il me semble avoir reconnu dans quelques parties du mythe d'Agni celui de Baccbus. Dans la circonstance présente, Agni au sein d'Ilà, n'est-ce pas Baccbus dans les bras de Proserpine ?
1. Le texte dit : la matrice (yoni). C'est un nom de foyer. Le commentaire croit que c'est l'Aranl.
± Garbha âsoura. Il paraît que l'Arani porta le nom d'Aioura, parce qu'elle lance des rayons, atyati ratmin,