‹ --Rig-védaChapitre 337 sur 874 · C'est-à-dire do Ciel et de la Terre · texte numérisé non relu

C'est-à-dire do Ciel et de la Terre

[Veei. V.)

tonnants, vient, rapide comme le vent, rendre la vie à la nature épuisée !

13. Maghavan donne la richesse au pauvre ; il réduit en poussière le (pécheur) insensé. Armé de la foudre, il brille, il détruit; mais aussi il établit solidement la fortune de son serviteur.

14. Il a brisé la roue de Soûrya, et empêché l'enlèvement d'Étasa*. Le noir (nuage), qni fuyait incertain, (par toi) perce son enveloppe, et verse son onde au sein des airs.

15. C'est ainsi que dans la cérémonie de Vasiknî*^ le sacrificateur (répand ses libations).

16. Sages que nous sommes, nous demandons Tamitié d'Indra. Nous voulons des vaches, des chevaux, d'abondantes moissons, des épouses. Nous invoquons celui qui donne des épouses et qui nous couvre d'une protection solide ; il est pour nous comme le seau qui sert à monter l'eau du puits.

17. Écoute-nous ; tu es notre sauveur, notre parent ; jette les yeux sur ceux qui t'ofTrent le soma^ et fais leur bonheur. Tu es notre ami, notre père, le plus grand des pères; tu as fait le monde. Donne l'abondance à celui qui te supplie.

18. 0 Indra, écoute-nous ; tu es le protecteur de ceux qui recherchent ton amitié. Montre-toi notre ami. Nous te chantons ; donne l'abondance à celui qui te chante. Dévoués à ton service, 6 Indra, nous célébrons ta gloire, et nous t'honorons par ce sacrifice.

19. Oui, nous chantons le magnifique Indra, qui seul triomphe de nombreux ennemis incapables de soutenir son attaque. Le chantre (pieux) est son ami ; il est sous la protection de celui que ni les hommes ni les dieux ne sauraient vaincre.

i. Yoy. page 76, col. 1, noie 7; seciion I, lecture iv, hymne zv, st. 15, et même seciion. leclare viii, hymne ix. st. 13. Je restitue de celte manière la légende d'Étasa, que, surtout page IM, je crois avoir défigurée. Swaswa avait obtenu que le Soleil (Soûrya) s'incarnât et devint son fils. Le Richi Étasa eut un démêlé avec Soûrya, et il pria Indra de le secourir. Dans un combat Étasa, devenu prisonnier, se trouvait emporté sor le char de Soûrya : Indra brisa une rone de ce char, et arrêta ainsi le ravisseur d*Ëtasa. Le deuuëme vers de celte strophe semble indiquer le sens de cette légende. Étasa serait le nuage que le Soleil paraît emporter dans sa course. Indra brise la roue ou le disque du SoleU, c'està-dire obicurcit ses rayons; le nuage s'arrèle, se condense et arrose la terre.

2. Il y a une cérémonie que l'on nomme askini, ei qui semble devoir êire une libation. Elle a lieu le matin quand la nuit règne encore, ou le soir quand la nuit commence : car le mol nskini signifie noire. Le vers ici traduit est ce qu'un appelle éeapadi. Il n'a qu'un pada^ ou In quart d'une stance.

20. Ainsi qu'il exauce nos vœux, ce magnifique Indra, objet de tant de louanges, protecteur invincible des hommes. Roi de tous les êtres, donne-nous cette riche abondance que (tu as coutume de donner) à celui qui te chante.

21. 0 Indra, par toi que (nos pères) ont chanté, et que nous chantons aussi, (que la maison) de ton serviteur soit remplie de biens, comme les rivières sont remplies (d'eau). (Dieu) traîné par des coursiers azurés, des rites nouveaux sont accomplis en ton honneur : nous f avons fait des offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne pour nous telle qu'un char (fortuné) !

HYMNE XIV

A INDRA, PAR VAIADCVA.

{Mètre : Trichtoubb.)

1 . (Un assistant parle à Vàmadéva.) Voici la voie ancienne que les dieux ont tous suivie pour arriver à J'existence. Que par la même voie naisse (Indra), déjà mûr pour la vie. Par des soins trop empressés ne cause pas Tavortement de la

mère *.

2. (Vàmadéva répond.) Cette voie ne me semble pas encore ouverte. Les accouchements irréguliers sont malheureux. Tout ce que je dois faire n'est pas fait; avec l'un il faut que j'emploie la force, avec l'autre, la prière *.

3. La mère se lève. Qu' (Indra) la voie et qu'il vienne. Que tout s'enchaîne et s'accomplisse avec ordre. Que dans la demeure de Twachlri * Indra

1. Je suis loin d'être d'accord avec le commentateur sur tons les détails de cet hymne. Il serait très-long de m'expUquer sur ce dissentiment. Je ne citerai qu'un seul exemple, qui fera sentir la profonde différence qui existe dans nos deux manières de voir. Il pense que par le mot mère il faut entendre ici Aditi, la mère des dieux. Je crois que la mère dont parle le pcële, c'est la vache du sacrifice, la flamme, qui risque de s'éteindre sons les libations multipliées. Il y a dans ce passage un mot qai n'est pas rendu exactement, et sur lequel je vais ro'expliquer. Ce mot est amouyà^ pronom féminin au troisième cas. Voici comme je conçois l'esprit de cette strophe : le sacrifice du malin, qui est la matrice où naissent les dieux, se poursuit. La flamme est allumée, mais il est & craindre qu'elle ne soit étouffée par la libation qui sort de la cuiller sacrée, djouhoû. C'est ce mot djotihoû qui me semble sous-entendu, et qui est désigné par le pronom amouyâ. Ma mdtaram amouya pattavé eah ; ne faU pa$ tomber la mère avec cette cuiller^ c'est-à-dire n*abats point la flamme avec la libation.

2. On se souvient que c'est par la force que le feu est extrait de l'Arant. Le poète va maintenant employer la prière avec Indra.

3. Twachtri e^t Agni : sa demeure, c'est le lieu du sacrifice.

INDE. — POÉSIE LYRIQUE

[LmI. VI.]

boive à la coiipe consacrée le soma qui renferme tant de biens.

4. Eh quoi ! il a grandi, celui que (cette mère) a porté depuis des milliers de mois et pendant de nombreux automnes. 11 n'est rien qui puisse lui être comparé sous le ciel parmi les choses qui sont nées ou qui doivent naître.

5. Méditant la mort (de Vritra), dans sa retraite mystérieuse la mère a fait Indra et Ta doué de force. Ainsi a paru ce dieu tout revêtu de splendeur ; à peine né, il a rempli le ciel et la terre.

6. Arrivent les Ondes retentissantes ; elles font entendre un bruit respectueux, filles semblent dire : • Quel est ce prodige ?» Et bientôt elles percent la montagne qui les enveloppait.

7. En voyant (le coup qu'il a frappé), elles poussent un cri de surprise. « Si Indra a commis un crime, » (dit la mère,) « que les Ondes l'emportent. MoQ fils, en tuant Vritra avec sa grande arme, a créé ces torrents. »

8. C'est au milieu de la joie des libations que ta jeune (mère) t'a mis au monde, que Gouchavdi * t'a dévoré, que les Ondes ont joué autour de ton berceau : c'est au milieu des libations qu'Indra s'est élevé avec puissance.

9. Au milieu de la joie des libations, 6 Maghavan, Yyansa * est venu percer tes mâchoires. En te sentant blesser, tu t'es redressé dans toute ta force, et tu as de ton arme brisé la tête du brigand-

10. Ainsi la Vache (du sacrifice) a enfanté le robuste et impétueux Jndra, vaillant, généreux, incomparable. L'invincible nourrisson appirait à marcher seul : sa mère lui a laissé sa liberté.

11. « Hélas! » disait cette mère à ce héros, « mon enfant, tous ces dieux t'abandonnent. » Au moment de tuer Yritra, Indra s'écria : « Yichnou, tu es mon ami, tu peux poursuivre ta marche *. »

12. Qui oserait prétendre à rendre ta mère veuve? Qui concevrait la pensée de te tuer, soit endormi, soit éveillé? Quel dieu te surpasserait dans le soin de faire notre bonheur, quand on te voit saisir par le pied ce père * (de tous les Asouras), et lui donner la mort?

i. C'est, dit le commentaire, une Rakcbast. Je crois qne par ce mot on désigne la terre sèche et altérée. !i. Nom d'un Rakchasa.

3. Ainsi, dans la mythologie grecque, Jupiter combattant les Titans em abandonné dos autres dieui, excepté d'Hercule (Uari) ou de Bacchus (Bhagavan). Vichnou est le Soleil, qui seconde Indra dans sa lutte contre les ténèbres.

Page 1