‹ --Rig-védaChapitre 48 sur 874 · A INDRA, PAR HIR ANT A8T0C P A · texte numérisé non relu

A INDRA, PAR HIR ANT A8T0C P A

{Mitre : Trichtoubb.)

1. Venez, allons vers Indra, (qui nous enverra) les vaches (célestes) que nous désirons ; il peut faire le bonheur des hommes sagement pieux. (Dieu) invulnérable, il nous fait goûter tous les plaisirs de l'abondance que procurent ces vaches (merveilleuses).

2. De même que l'épervier vole vers son nid, moi je me rends vers ce maître généreux et invincible, et j'honore par mes justes louanges cet Indra digne de tous les hommages de ses serviteurs.

3. Entouré de son armée *, il a pris son carquois et ses flèches. 11 est pour nous le père de famille* qui conduit ses vaches là où il veut. Indra, toi qui donnes la richesse, montre-toi généreux ; ne sois pas pour nous un marchand.

i. Et voilà pourquoi tu as frappé de ton arme (Vritra), le brigand * chargé de butin ; Indra, seul

1. Cette armée, dit le commentateur, ce sont les nuages. Je croirais que le poëte désigne ainsi la troupe des Maronts.

3. Les mots père de famille servent de traduction au mot Aryaj que je regarde comme fort important. Mon opinion particulière est que la colonie indienne conduite par Manon, et qui s'est établie dans l'Aryàyartta, venait des contrées qui sont à Toccident de l'Indus, et dont le nom général était Arie, Ariane, Hiran, Le mot simple arya, et le mot de deseendance, ârya, devaient être la dénomination générale des colons, qui devinrent propriétaires des terres. De là résulte que dans la langue ordinaire, le mut Arya, cessant d'être un nom de peuple, a conservé le sens de maître; plus tard encore, le système des castes ayant été établi, les hommes attachés à la culture de la teire ont conservé la dénomination d'il rya, confondue ave& celle de Vétya. Cependant les anciens habitants du sol indien avaient été repoussés sur les montagnes, et, contraints de vivre de déprédations, ils avaient reçu le nom de datyou {brigand). Peut-être aussi devaient-ils ce nom à leur caractère barbare, qui contrastait d'une manière étonnante avec celui des Ai7as, moral et religieux ; tellement que le mot arya ou àrya était devenu synonyme de bon, de re»pectable. A mesure que le 4 colonies ariennes se sont multipliées, le nom du peuple s'est perdu, pour faire place à des dénominations nouvelles tirées des lieux on des personnages ; mais je pense que comme le mot Hellène a désigné en général les peuples grecs, le mot Arya a longtemps aussi distingué les nations indiennes, et qu'on le trouve plus d'une fois avec cette signification dans les hymnes que je traduis. Ici Indra reçoit cette épithële: c'est une manière d'identifier le dieu avec la nation par le moyen d'un mot à double entente et cher à tous les souvenirs : Indra est matire, il est Arya. Tel est le nom que l'on donna dans la suite à la déesse Pàrvati ; eUe fut aussi Aryâ. ' 3. C'est-à-dire le Dasyou, comme tout à l'heure In-

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tu Pas attaqué, les Marouts étant près de toi. Sous les flèches de ton arc, les Sanacas « ont trouvé la mort de mille manières ; ils ont péri, ces êtres qui ne connaissent pas les sacrifices.

5. Ces impies, qui osaient lutter contre des (dieux) amis des sacrifices, tournèrent honteusement la tête, ô Indra, quand du haut des airs, à la face du ciel et de la terre, monté sur ton char, ferme, terrible, tu soufflas sur ces misérables.

6. Ils avaient attaqué l'armée du grand Indra ; les religieux » Angiras priaient en détresse. Tels que de vils eunuques qui voudraient combattre contre un héros, vaincus et troublés, (nos ennemis) furent précipités, et s'enfuirent devant Indra.

7. Et toi, Indra, sur les frontières de ton brillant empire tu combattais ces ennemis, qui, après avoir ri, pleuraient leur folie. Du haut du ciel, tes feux venaient consumer le brigand. Tu protégeais celui qui t'offre des hymnes et des libations.

8. Brillants d'or et de pierreries, nos cruels adversaires couvraient la terre, et s'enorgueillissaient de leurs forces. Us n'ont pu surpasser Indra, qui les a vus s'évanouir à l'éclat du soleil. '

9. Indra, tu embrasses également par ta grandeur et la terre et le ciel. (Excité) contre ces mécréants par nos chants respectueux, Indra, tu as soufflé sur le brigand.

10. Le puissant Indra a touché de sa foudre c«s (nuages) qui du ciel n'arrivaient pas à la surface de la terre, et qui de leurs voiles magiques semblaient envelopper (le brigand) riche de ces dépouilles. De son trait lumineux, il a fait jaillir le lait des vaches (célestes).

11. Les ondes enlevées à Vritra coulaient au gré de nos souhaits. Cependant (l'impie) reprenait ses forces au sein des rivières. Indra, poursuivant son dessein, a.d*un trait vigoureux, durant plusieurs jours, détruit son espoir.

12. II a brisé la porte de cette caverne, où (Vritra) tenait les eaux enfermées avec lui. Indra a déchiré Souchna * aux cornes (menaçantes).

dra élait appelé Arya, On pourrait croire, en lisant cet hymne, que c'est un chant allégorique en riiooneur d'une victoire remportée sur les brigands de la montagne, sous la protection du dieu national Indra.

1. Ainsi s'appellent les compagnons de Vritra. La mère de Vriira, DànoUy tire son nom du verbe dà, qui siguiûe donner. Le mot Sanaca a une étymologie analogue : ian veut aussi dire donner. Serait-ce un simple effet du hasard, que le rapprochement de Dànou et de Danaé chez les Grecs ?

2. Ce mot est la traduction de Aavagtt^a, qui semble è:re 1p surnom d'une tribu d'4ngirasas.

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