‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 121 sur 1127 · POÉSIE · texte numérisé non relu

POÉSIE

bienfaisant Indra, et, brillantes, bondissant de joie, elles s’étendent sur son domaine.

11. Heureuses de le toucher, elles se colorent de teintes diverses; elles apprêtent le soma (versé en son honneur) : ces vaches bien-aimées d’Indra aiguisent aussi son arme foudroyante, et elles s’étendent sur son domaine.

12. Elles vénèrent avec respect la force de ce (dieu) prudent; elles le secondent dans ses œuvres nombreuses, et, prévoyant sa pensée, elles s’étendent sur son domaine.

13. L’invincible Indra, avec les os de Dadhyantch ', a terrassé quatre-vingt-dix-neuf 2 ennemis.

14. Il a cherché la tête de cheval (de Dadhyantch) cachée dans les montagnes, et l’a trouvée dans le lac Sarvanâvàn 3.

15. Et (ces os merveilleux), on les aurait pris pour les feux du rapide Twachtri, alors éteints,

1. Dadhyantch (voy. p. 90, col. 1, note 2), filsd’Atharvan, régla, comme lui, le culte des dieux, et fit des hymnes que l'on appela asthi ou plutôt asthan, et avec lesquels on soutint une guerre toute spirituelle contre les mauvais génies. La légende a embelli ou dénaturé ce simple récit; elle a, suivant l’usage, abusé des mots, personnifiant et allégorisant les choses au gré de son imagination. Dadhyantch, pendant sa vie, avait vaincu les Asouras, qui fuyaient seulement à le voir. Il mourut, et les Asouras remplirent la terre.

Indra ne pouvait leur résister. Il se mit à la recherche du saint Kichi, et apprit qu’il était mort, mais que ses os avaient contre les Asouras le pouvoir de la foudre.

Ce Dadhyantch avait été une espèce de centaure à tête de cheval. Au milieu des montagnes, dans le lac Saryanâvàn, on trouva sa tête, dont les os furent employés contre les ennemis d’Indra. Une autre légende dit que Dadhyantch avait appris le Cavatcha-vidyà, et il devait perdre la tète, si jamais il le révélait. En faveur des Aswini-Coumâras, il manqua à sa promesse, et la menace eut son effet. Ceux-ci remplacèrent sa tète par une tête de cheval. Indra eut besoin plus tard, contre les Rakchasas, des os de cette tête ; Dadhyantch consentit à mourir pour les lui fournir. Ces légendes me paraissent un voile bizarre, mais transparent ; le mot que nous rendons ici par os n’est pas asthi, comme cela devrait être, mais asthan. Or, on entend par stliàna une division, un chapitre de livre. 11 paraîtrait que les prières composées par Dadhyantch étaient détachées et sans suite : c’étaient en quelque sorte des mélanges, asthan. Ce mot, confondu avec asthi, a donné naissance aux légendes. Un disciple peut-être de Dadhyantch, nommé Aswasiras ou Tête de cheùal, avait le dépôt de ces prières ; son nom aura donné lieu à un surcroît d’embellissement. (On cite le nom d’Aswalàyana, comme celui d’un Richi qui a travaillé au Rig-Véda.)

Au reste, ces licences d’imagination sont communes dans les traditions anciennes ; voyez, pour exemple, la fable des Tèltirîyas. U est encore possible que les prières de Dadhyantch aient commencé par le mot Aswasiras, ou bien quelles fussent consacrées aux Aswins. Voy. lecture vm, hymne 4, vers 12; et hymne 5, vers 22.

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