AUX AS WIN S, PAR COUTS A
(Mètres ■ Djagatî et Trichtoubh.)
1. Je chante en premier lieu le Ciel et la Terre *, et Agni, resplendissant d’un si bel éclat au moment du sacrifice. La puissance avec laquelle vous faites dans le danger triompher un parti, montrez-la encore, ô Aswins, et secourez-nous !
2. Pour obtenir vos faveurs, des (serviteurs) dévoués, les mains chargées d’offrandes, s’approchent de votre char, et semblent vouloir entendre votre parole. La puissance avec laquelle vous accueillez la prière au moment du sacrifice, montrez-la encore, ô Aswins, et secourez-nous !
3. Par la force de la divine ambroisie, vous exercez sur ce peuple un généreux empire. Nobles protecteurs, la puissance avec laquelle vous avez su donner du lait à une vache stérile 2, montrez-la encore, ô Aswins, et secourez-nous !
4. La puissance avec laquelle se distingue entre les êtres rapides et légers celui qui a deux mères 3, et qui, glorieux de la majesté de son fils, parcourt (le monde); avec laquelle un sage 1 a été doué d’une triple science, montrez-la encore, ô Aswins, et secourez-nous !
5. La puissance avec laquelle vous avez ramené à la lumière du jour et Rébha et Bandana 5 enfermés dans les ténèbres d’un puits; avec
1. C’est ici que le commentateur dit que le ciel et la terre sont une même chose que les Aswins.
2. Miracle opéré en faveur de Samyou. Voy. page 63, col. 1, note 4.
3. J’entends ce passage comme relatif à Agni, qui passe pour avoir deux mères(voy. p. 59, col. 1, note 2, et p. 99, col. 1, notel), et dont le Soleil semble devoir être le fils. Le commentateur applique cette idée au dieu du vent, à Vâyou : Ce dieu, dit-il, mesure , parcourt deux mondes; et il explique ainsi le mot dwimâtri. Il donne encore une autre solution de la difficulté qui résulte d’une double maternité. Les Vents sont fils de la Terre (Prisnil; mais ils naissent aussi par la vertu du sacrifice, et par conséquent du feu sacré. De là provient celte singulière généalogie : Agni, feu du sacrifice, fait naître le Vent, et le Vent, à son tour, fait naître aussi le Feu par le moyen de son souffle.