‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 223 sur 1127 · A MITRA ET A VAROUXA, PAU D I R G H A T A M A S · texte numérisé non relu

A MITRA ET A VAROUXA, PAU D I R G H A T A M A S

{Mètre Trichtoubh.)

1. Vos vêtements sont amples et magnifiques. Quand vous les quittez, vous le faites avec sagesse , et ils ne se trouvent jamais déchirés. Triomphez de tout ce qui est mauvais; car vous êtes, ô Mitra et Varouna, unis avec la bonté.

2. L’estime que l’on peut faire des hommes n’est jamais complète. Tel est juste et prudent, il aime les sages; mais il est cruel. Tel autre se fait craindre et abuse de sa force pour opprimer un plus faible que lui *. O dieux, un tel reproche ne peut vous être adressé.

3. La première des (déités) douées d’un pied (léger), en est bientôt privé 2. O Mitra et Varouna, qui dirait la môme chose de vous? Votre enfant porte le fardeau de ce monde, soutenant ce qui est bon, repoussant ce qui est mauvais3.

4. Nous voyons bien cet époux des jeunes (Aurores) s’avancer, poursuivre sa révolution, et couvrir ces espaces élevés et vastes, demeure de Mitra et de Varouna.

5. Mais, au moment de sa naissance, il était sans chevaux et sans rayons, (ce soleil), qui, rapideet retentissant, marche au plushaut des eieux. Que (les hommes) fassent de brillants apprêts, et qu’en l’honneur de Mitra et de Varouna ils allu-

1. L’expression de l’auteur est singulière. Elle se traduit ainsi littéralement : triangularem occidit quadrangularis.

2. 11 est ici question de l’aurore : rapide et légère, elle est arrêtée par le soleil; elle disparait dans ses rayons, suivant le poète indien, elle perd son pied. La mythologie postérieure, en substituant à l’aurore le personnage d’Arouna, Ta privé de pieds : on trouve ici l’explication de ce mythe.

3. Mitra et Varouna, dit le commentaire, c’est le Jour et la Nuit ( ahorâtrô ). Dans l’intervalle du jour et de la nuit naît le soleil, qui semble sortir de leur sein et devient leur fruit, leur enfant, garbha. Le soleil amène la lumière et repousse les ténèbres, et se montre de cette manière l’ami du bien et l’ennemi du mal.

INDE. - POÉSIE LYRIQUE

ment le feu du sacrifice et chantent deshymnes.

6. Que les vaches donnent le lait de leurs mamelles pour mon sacrifice. Que le sage (Agni) obtienne toutes les libations qu’il désire; que sa bouche (sacrée) touche (à mes holocaustes), et n’épargne rien de mes offrandes *.

7. 0 Mitra et Varouna, puissé-je vous rendre agréables les honneurs que je vous rends, et mériter votre protection, ô dieux (favorables)! Que notre piété nous donne la victoire dans les combats ! Que la pluie divine (de vos faveurs) nous serve à traverser heureusement (la vie) !

HYMNE XVII

A MITRA ET A VAROUNA, PAR D I RG HAT A MA S. (Hêtre ■ Trichtoubh.)

1. Nous éprouvons une grande joie à vous honorer par nos holocaustes et nos invocations, é Mitra et Varouna, (ô dieux) dont le beurre de nos offrandes relève l’éclat, tandisque nos prêtres, par leurs cérémonies, semblent vouloir vous exalter.

2. J’ai préparé des hymnes, ô Mitra et Varouna, et, attelant le char de votre sacrifice, j’apporte des vers harmonieux : cependant le père de famille fournit pour votre solemnité les holocaustes et les présents.

3. Que la vache donne tout son lait pour le sacrifice, ô Mitra et Varouna, en faveur du mortel qui vous présente cet holocauste, au moment où (le dieu) qui reçoit les offrandes 2, tel qu’un sacrificateur humain, vous honore et vous fête en ce jour.

4. Allons ! au milieu de ce peuple transporté de joie, que les vaches, que les ondes divines vous fournissent des libations! Allons! l’antique maître, (Agni), et pour nous et pour (le père de famille) ici présent, se charge de vous les offrir. Prenez votre part (du sacrifice), et buvez du lait de la vache 3.

HYMNE XVI II

Page 1