‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 238 sur 1127 · C’est-à-dire, tes rayons · texte numérisé non relu

C’est-à-dire, tes rayons

INDU

— POÉSIE LYRIQUE

2. Yama 1 l’a remis à Trita -, et celui-ci lui a donné un char. Sur ce char, Indra a monté le premier. Gandharva 3 a pris les rênes qu’il emprunte au Soleil. Les Vasous ont orné le cheval.

3. O cheval, tu es Yama, tu es Aditya, tu es Trita, par suite d’un mystérieux accord. A des moments marqués tu te trouves arrosé de soma : car on te reconnaît dans le ciel trois stations.

4. Oui, on te reconnaît trois stations dans le ciel, comme aussi tu en as trois dans les ondes (célestes), et trois dans l’océan de l’air 4. Mais j’aime surtout, ô cheval, à te voir, ainsi que Varouna, revenir dans le lieu où tu nais 5 6.

5. O cheval, ce sont là tes relais; c’est là que sont les impressions de tes pieds, ô bienfaiteur (du monde) ! C’est là que j’ai vu tes rênes G fortunées, que vénèrent les gardiens du feu sacré.

6. Je t’ai reconnu de loin : c’était bien toi-même volant vers nous du haut du ciel. J’ai vu une tête (divine) s’avancer rapidement par des routes faciles où la poussière est inconnue.

7. J’ai vu ici ta forme merveilleuse ; elle paraissait animée du désir de recueillir nos offrandes dans cette enceinte sanctifiée. Quand un mortel prépare pour toi les mets (du sacrifice), lu viens, (comme le coursier) affamé àl’herbe (qu’on lui présente).

8. O coursier (divin), après toi (arrivent) les mortels, et leurs chars, et leurs vaches, et le bonheur (que donnent) les jeunes filles. Tous les

1. Yama est le dieu de la mort; la victime a été remise par lui au feu du sacrifice.

2. Ce feu du sacrifice, c’est Trita, autrement Agni C'est lui qui, comme on sait, attelle le char des dieux; expression que nous n’avons plus besoin d’expliquer.

3. Le commentaire suppose que Gandharva, c’est le soma. Le soma est représenté par les poètes comme brillant, et reflétant quelquefois les rayons du soleil , et, en termes poétiques, rênes et rayons sont synonymes. Gandharva signifie aussi cheval. C’est un nom du soleil ou d’Agni.

4 Ce ne sont pas neuf stations différentes, ce sont trois mêmes stations vues à travers un milieu différent, que forment trois états du ciel : le ciel brillant, le ciel nuageux, le ciel nébuleux. Ce sont des couchesdiverses de l’air, que les Indiens appellent mondes, où le soleil semble se tenir, suivant l’apparence du temps. Le commentaire invente, à ce sujet, des triades singulières, telles que le nuage, l’éclair et le tonnerre, ou bien la nourriture, la plante, la semence : j’ai pensé que tout cela n’avait aucun rapport avec la phrase présente, qui exprimait, d’une manière plus complexe, une idée que nous connaissons depuis longtemps, les trois positions du soleil au levant, à midi, au couchant.

5. Varouna est le soleil considéré comme retournant, caché pendant la nuit, à son poste du matin.

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