Le mal est appelé ici nirriti
5. Je suppose que l’auteur désigne le pôle du nord, ouüûnàyoh tchamwôli, dans l’endroit septentrional où
féconde le sein de celle qui est son épouse et sa
fille*.
34. Je te demande où est le commencement de la terre, où est le centre du monde; je te demande ce que c’est que la semence du coursier fécond; je te demande quel est le premier patron de la parole (sainte).
35. Cette enceinte sacrée est le commencement de la terre; ce sacrifice est le centre du monde. Ce soma est la semence du coursier fécond. Ce prêtre est le premier patron de la parole (sainte).
36. Déchirant le sein de leur mère, sept rejetons de Vichnou 2 se présentent, disposés à remplir le devoir qui leur est prescrit. Sages dans leurs pensées et dans leurs œuvres, ils nous entourent de tout côté.
37. Je ne sais à quoi ressemble ce monde. Je suis embarrassé, et vais comme enchaîné dans ma pensée. Quand le premier-né du sacrifice arrive vers moi, alors je prends ma part de la parole sainte.
38. Entraîné par le désir des offrandes, de l’orient il passe au midi. L’(être) immortel est dans le berceau de l’(ètre) mortel. Les deux (esprits) éternels vont et viennent partout : seulement les (hommes) connaissent l’un sans connaître l’autre.
39. Ces stances portent en tête un titre qui annonce qu’elles sont consacrées aux Viswadévas. Celui qui ne connaît pas l’être (que je chante), ne comprendra rien à mon hymne. Ceux qui le connaissent ne sont pas étrangers à cette réunion.
40 0 (vache) 3 respectable, nourrie d’une herbe grasse, sois heureuse, et rends-nous heureux ! Goûte la douceur d’un bon pâturage, et, dans ta course, bois d’une onde pure.
41. La vache, en mugissant, attire les ondes (de la libation); elle se montre sur un pied, sur deux, sur quatre, sur huit, sur neuf. Elle peut avoir telle forme, qu’elle offrira jusqu’à mille mamelles 4.
les deux surfaces se touchent. L’étoile polaire se nommé outtànapada. C’est le point qui a été plus tard le sommet du inont Mérou, partie la plus élevée de la terre, et partie centrale du ciel.
1. Le mot douhitri peut ne pas signifier fille : il marque l’état de celle qui se nourrit de lait.
2. Vichnou est un des noms du soleil, dont les rayons se décomposent en sept parties.
3. La vache dont il va être question maintenant, c’est la parole sainte, que l’on a aussi divinisée sous le nom de Saraswatî, déesse de la parole, vàgdevî.
4. Dans la supposition que cette vache est la parole, et par conséquent la poésie sacrée, on se rond bien compte de la multiplicité de ses pieds; ses mamelles,
INDE. — POESIE LYRIQUE
42. Par elle coulent les oncles (célestes) ; par elle vivent les quatre régions du ciel ; par elle s’ouvrent d’intarissables sources ; par elle tout ce monde existe.
43. Mais je viens d’apercevoir une épaisse fumée, sortant de la partie inférieure du foyer. On a répandu sur le feu le brillant soma. C’étaient là les premiers devoirs à remplir.
44. Nos yeux distinguent trois (feux) à la belle chevelure. L’un, dans l’astre qui roule au ciel, échauffe (la terre); l’autre préside aux sacrifices. Du troisième nous ne voyons que la voie, et non la forme L
45. Les enfants de prêtres 2, qui sont instruits, connaissent les quatre sujets qu’embrasse la parole (sainte). Les hommes ne distinguent pas trois (de ces sujets mystérieux) mêlés à ce monde ténébreux 5. Ils donnent au quatrième le nom de louriya 4.
46. L’esprit divin qui circule au ciel, on l’appelle Indra, Mitra, Varouna, Agni. Les sages donnent à l’ètre unique plus d’un nom : c’est Agni, Yama, Mâtariswan.
47. Mais les chevaux ailés 5 l’emportent sur le char noir (de la nuit) et les vapeurs qui couvrent le ciel. Ils sortent de la demeure d’Agni, et la terre est aussitôt arrosée d’un beurre (abondant).
48. Qui dira ce que c’est que les douze rayons, la roue unique, les trois moyeux? Sur cette espèce de char sont élevés à la fois trois cent
ce sont les ah char as, ou les vers qu’ils composent. (Le mot akcliara signifie aussi onde : j’ai cru pouvoir modifier la traduction.) Le commentateur, adoptant une autre idée, et voulant que cette vache soit le nuage, dépense beaucoup d’esprit pour expliquer les diverses épithètes qui ont rapport aux pieds que l’auteur donne à sa vache. Ses efforts ont contribué à me faire persister dans le sens que j’ai suivi. Ces ondes dont il est question sont ou celles des libations qui accompagnent la prière du sacrifice, ou les ondes du ciel que fait tomber la prière.
1. Ce sont les trois feux dont nous avons parlé au commencement de cet hymne : le feu solaire, le feu du sacrifice, et le feu céleste, qui est aussi le feu vital.
2. Le mot brâhmana se trouve ici pour la première fois. Il signifie fils de brahman ou de prêtre. Je ne pense pas qu’alors il fût usité comme distinction de caste.
3. Le mot gouhâ, employé ici, me représente celte grande voûte formée par le ciel, et qui, sans les trois Agnis, ressemblerait à une caverne ténébreuse.
4. C’est-à-dire, quatrième. Ainsi s’appelle l’âme suprême non mêlée à la matière : le paramâtmâ ou adhyâtmâ, distingué du bhoûtàtmâ qui est appelé aussi djioàlma et deliâtmâ, noms de l'âme universelle unie auv éléments matériels.