‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 250 sur 1127 · C’est-à-dire, les rayons · texte numérisé non relu

C’est-à-dire, les rayons

[l.ect. ut |

soixante écuyers *, qui sont on quelque sorte immobiles clans leur mobilité.

49. 0 Saraswatî, tu viens de nous ouvrir ton sein fortuné qui renferme tant de choses précieuses, qui contient tant de biens, de trésors, et de présents magnifiques,

50. Que les Dévas (mortels) ajoutent sacrifices sur sacrifices : tels sont leurs premiers devoirs. Par ces œuvres généreuses ils obtiennent le ciel, où sont les anciens Dévas, les Sàdhyas s.

51. L’onde (céleste) descend égale à fonde (de nos libations). Si les nuages réjouissent la terre, c’est que les feux (d’Agni) ont réjoui le ciel.

52. J’appelle à notre secours le divin et grand habitant de l’air, celui qui produit et les eaux et les plantes, l’illustre maître des ondes, qui dispense la pluie au moment convenable.

HYMNE VIII

AUX MAROUTS, PAR AGASTYA.

• [Mètre : Trichtoubh.)

1. Quel éclat ces Marouts qui parcourent, qui habitent ensemble (les espaces de l’air), répandent par tout (le monde) ! Que veulent-ils? d’où viennent-ils, généreux et riches, chercher les offrandes ?

2. Quel est celui qui, par ses hommages, plaît à ces (divinités)? qui, par son sacrifice, attire les Marouts ? Par quelle prière parviendrons-nous à retenir ces (dieux), qui, comme des éperviers, parcourent les airs?

3. (Les Marouts parlent.) « Indra, maître des hommes pieux, d’où viens-tu, grand et unique ? Que veux-tu? Toi qui es notre compagnon, tu peux nous répondre avec bonté. O dieu, traîné par des coursiers azurés, dis-nous ce que tu nous veux. »

4. (Indra parle.) « Les cérémonies, les prières, les hymnes, les libations, les offrandes, tout est à moi. Je porte la foudre. Des invocations, des chants se sont fait entendre. Mes chevaux m’amènent. Voilà ce que je veux ici. »

5. (Les Marouts parlent.) « Et nous, sur les puissants coursiers que voici, plaçant nos corps

1. Ce mot traduit san/tou, que le commentateur explique par oupatchara. Je remarque que ce même mot signifie l’aiguille du gnomon.

2. Les Sâdhyas sont, comme le dit le mot, des hommes devenus parfaits, et formant, après leur mort, une classe de demi-dieux célestes.

[Lect. ,V.J R1G-VÉDA. - SECTION DEUXIEME,

légers et brillants, nous joignons nos splendeurs

aux tiennes. Et tu veux, Indra t’approprier notre offrande? »

G. (Indra parle.) « Et comment cette offrande serait-elle pour vous, ô Marouts, quand vous reconnaissez ma supériorité en réclamant mon secours pour la mort û’Alii? Je suis grand, fort et redoutable, et de mes traits, funestes à tous mes ennemis, j’ai tué Ahi. »

7. (Les Marouts parlent.) « Tu as beaucoup fait, (dieu) généreux, en venant nous seconder de ta force héroïque. Mais, ô puissant Indra, nous pouvons aussi beaucoup, quand, nous autres Marouts, nous voulons prouver notre vaillance. »

8. (Indra parle.) « Marouts, j’ai tué Vritra, et je n’ai eu besoin que de ma colère et de ma force d’Indra. C’est moi qui, la foudre à la main, ai ouvert un chemin à ces ondes qui font le bonheur de Manou ‘. »

9. (Les Marouts parlent.) « U Magliavan, nous n’attaquons pas ta gloire. Personne, ô dieu, quand on connaît tes exploits, ne peut se croire ton égal. Aucun être, présent ou passé, ne saurait te valoir. Tu es grand : fais ce que tu dois faire.»

10. (Indra parle.) « Ma force est assez grande pour que, seul, je puisse exécuter ce que je veux tenter. Je suis redoutable, ô Marouts ; je sais ce que j’ai à faire, moi Indra, maître de vous tous.

11. « O Marouts, l’éloge que vous avez fait de moi m’a flatté, et surtout votre attention à me laisser votre part du sacrilice. Indra est généreux, et fété par de nombreux hommages. Soyez mes amis et développez vos corps (légers).

12. « Ainsi brillant à mes côtés, prenez dans les offrandes et dans les hymnes la part conforme à votre rang. O Marouts, vos couleurs sont merveilleuses. Resplendissons ensemble, et couvrezmoi(dc vos corps) comme vous l’avez fait jusqu’à présent. »

13. (Le poète parle.) « Quel est celui qui vous chante en ce moment, ô Marouts ? Soyez-nous agréables, et venez vers des amis. D’un souffle propice favorisez nos vœux. Possesseurs de biens variés, daignez visiter notre sacrifice.

14. « Si la science d’un sage nous a, comme un artiste habile, façonnés au culte pompeux que nous vous rendons, ô Marouts, traitez avec bonté l’homme qui, par scs prières et ses chants, vous a honorés.

15. « O Marouts, cet éloge et cet hymne d’un respectable poète s’adressent à vous. 11 a voulu vous plaire. Venez avec l’abondance, en étendant vos réseaux. Que nous connaissions la prospérité, la force et l’heureuse vieillesse ! »

LECTURE QUATRIÈME

A r X MAROUTS, PARAGASTYA.

(.1 lèlre : Trichtoubh.)

1. Le généreux (Agni) a donné le signal; chantons l’hymne du matin en l'honneur d’une race impétueuse. O puissants et rapides Marouts, que la marche accroisse votre éclat ; que l’élan du combat augmente vos forces !

2. Acceptant la douce libation sans cesse renouvelée, comme (un père adopte) un nouveauné, ils se livrent à leurs jeux au milieu des sacrifices, terribles (pour leurs ennemis). Ces enfants de Roudra viennent protéger celui qui les honore ; et, forts de leur nature, ils se gardent do fouler aux pieds celui qui a pour eux des holocaustes.

3. A l’homme qui leur offre des sacrifices, ces immortels auxiliaires donnent la richesse et le bonheur. Ces fortunés Marouts, comme disposés (dans les airs), répandent sur lui et la lumière et le lait.

4. Votre course est libre et puissante, et votre force sert d’appui aux mondes. Tout, dans la nature, est frappé d’épouvante; les palais (mêmes sont ébranlés). Votre char brille de la lueur de vos armes étincelantes.

5. Quand, montés sur leurs chars éclatants, ils font résonner les montagnes, ou bien qu’amis des hommes, ils envahissent les airs, chacun frémit sur leur route. Le feu, placé sur le foyer comme sur un char, délaisse les plantes (qui l’alimentent).

6. Terribles Marouts, soyez bons et bienfaisants pour nous, et comblez nos vœux. Dès que votre trait lumineux et meurtrier pénètre quelque part, il tue les animaux comme une flèche bien lancée.

7. Chargés de présents et de biens, heureux de nos louanges et de nos sacrifices, ils arrivent à la voix de l’hymne pour goûter la libation :

1 Autrement, de l’homme.

INDE

POÉSIE LYRIQUE

ils connaissent les antiques exploits du héros (Indra, et ils veulent l’imiter).

8. Avec vos cent bras, protégez contre le mal et contre la défaite cette nation que vous avez déjà défendue, 6 Marouts ! Terribles, forts et resplendissants, préservez sa gloire du blâme que pourraient lui infliger ses enfants.

9. O Marouts, tous les biens, tous les trésors désirables sont placés sur vos chars. Vos bras infatigables sont chargés d’ornements. L’essieu de vos chars ploie sur les roues.

10. De riches présents reposent sur vos bras généreux ; sur votre poitrine pendent de beaux colliers d’or, sur vos épaules des guirlandes. Gomme l’oiseau ouvre ses ailes, le tranchant de la foudre ouvre et répand le dépôt de vos richesses.

11. Grands et puissants par votre grandeur, maîtres resplendissant au loin, tels que des astres attachés au ciel, élevant le ton de votre voix, ô Marouts, vous êtes heureux de mouiller vos langues à nos libations ; et, unis à Indra, vous recevez partout nos louanges.

12. Telle est votre grandeur, ô généreux Marouts! Que vos dons soient durables comme l’œuvre d’Aditi ! Indra peut bien faire descendre ses largesses sur la nation pieuse que vous favorisez.

13. Immortels Marouts, vous avez conservé l’antique alliance qui fut tant célébrée. Pour le bonheur de Manou, les prêtres, par leurs prières et leurs œuvres, se sont jadis associés à vous *.

14. O Marouts, venez rapidement avec vos biens confirmer pour longtemps nos espérances. Et quand ces gens ont dans leur demeure préparé des offrandes, que, par ces sacrifices, j’obtienne ce qu’ils ont désiré.

15. O Marouts, cet éloge et cet hymne d’un respectable poète s’adressent à vous. Il a voulu vous plaire. Venez avec l’abondance, en étendant vos réseaux. Que nous connaissions la prospérité, la force et l’heureuse vieillesse !

A INDRA ET AUX MAROUTS, PAR AGASTYA.

[Mètre : Trichloubh.)

1. O Indra, que traînent des coursiers azurés, tu as des trésors de force et d’abondance mille

1. Allusion à la légende qui raconte que, dans la recherche des vaches enlevées par les enfants de Bala, les

[f.cct. IV.]

fois célébrés, des trésors de richesse et de fécondité : qu’ils viennent à nous pour notre bonheur!

2. Que les Marouts accourent aussi vers nous avec leurs plus belles formes, couvrant le ciel de leur large et mouvante magie ; et que leurs coursiers apportent les richesses qu’ils ont amassées au bord de la mer.

3. A ces nuages se mêle la lueur dorée de l’éclair, pareille à un glaive acéré ; avide de cette substance qui engraisse (la terre), elle la pénètre et s’unit à elle, comme la femme qui recherche la société de son époux, comme la parole (sainte) qui se joint à la pompe du sacrifice.

4. Les brillants Marouts, par une espèce d’union conjugale avec la Nue, lui font porter Fonde dont ils arrosent le (monde). Ces dieux terribles ont l’air de séparer le ciel et la terre ; mais ils sont leurs amis et augmentent leur beauté.

5. Ainsi animée dans , leurs embrassements de leur souffle vital, que la Nue fasse notre joie, pénétrée des généreux (Marouts) ! Qu’elle aille, les cheveux épars, sur le char, comme la fille du soleil sur celui de son père, et que son corps soit aussi resplendissant que le ciel lui-même !

6. Que ces jeunes (époux) fassent prendre place dans nos sacrifices à leur jeune (épouse), forte et empreinte de leur éclat; dans le moment même où l’hymne entonne, ô Marouts, votre éloge accompagné de libations et d’holocaustes.

7. Je chante la grandeur réelle des Marouts ; elle est vraiment digne de nos louanges, quand la (Nue) féconde, ou d’elle-même ou forcément, nous apporte ses germes précieux.

8. On ne peut accuser Mitra et Varouna de faiblesse. Aryaman donne la mort aux impies. Si nous voyons aussi tomber ce qui était ferme et inébranlable, ô Marouts, c’est votre tourbillon qui grossit.

9. O Marouts, de loin ou de près, votre force est pour nous infatigable. Gomme la mer, elle croît et grandit, et remporte sur ses ennemis une victoire incontestée.

10. Puissions-nous aujourd’hui nous dire les amis d’Indra ! Puissions-nous demain , comme nous l’avons fait jadis, l’appeler à notre secours ! Que (ce dieu appelé) Ribhoukchas ' nous accorde chaque jour sa protection ; qu’il soit avec ses serviteurs !

Marouts et les Angiras agirent de concert, et marchèrent avec Indra. Voy. page 4i, col. 1, note. 7.

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