‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 373 sur 1127 · A INDRA, PAR VIS YV A MIT U A · texte numérisé non relu

A INDRA, PAR VIS YV A MIT U A

(Mètre : Trichtoubh.)

1. Indra, maître du soma , bois ce brillant breuvage que nous te présentons vers le milieu du jour. O Maghavan, tu aimes nos offrandes ; pousse tes coursiers de notre côté ; ouvre la bouche, et enivre-toi de nos liqueurs,

2. Bois, Indra, de ce soma étincelant où se confondent la farine d’orge et le beurre *. Nous te l’offrons pour ton plaisir. Avec la troupe des Marouts, qui donne le signal à l’hymne sacré, viens te livrer à la joie ; uni à ces enfants de Roudra, bois à longs traits.

3. O Indra, ces Marouts qui t’honorent augmentent ta gloire; ils font ta force et ta puissance. (Dieu) à la face majestueuse, au bras armé de la foudre, accompagné des Roudras, bois (ce que nous t’offrons) dans notre sacrifice du milieu du jour.

4. Ces Marouts, qui sont la force d’Indra, nous envoient le miel (céleste) qu’il a préparé. Sécondé par eux, (le dieu) a su distinguer par quel côté il peut ouvrir le flanc impénétrable de l’orgueilleux Vritra.

5. Tel que Manou, ô Indra, tu fais l’honneur de notre sacrifice. Bois ce soma , pour perpétuer la force. (Dieu) que transportent des chevaux azurés, avec les rapides et adorables (Marouts), amènenous les Ondes (célestes); car les Ondes dépendent de toi.

6. Quand tu donnes la mort à Vritra, alors tu lances les Eaux pareilles à des coursiers animés au combat. Oui, Indra, de ton trait rapide (tu frappes) cet impie (Vritra), qui semble endormi,

1. L’épithète manthin semble indiquer que le mélange a dû être battu. M. Wilson, au mot mantlia, fait mention d’un plat composé de farine d’orge, de beurre et d’eau, a sort of gruel or porridge.

[ Lcct II.]

et qui retient prisonnières les (Ondes) divines.

7. Avec une vénération profonde nous honorons le grand et magnifique Indra, (Indra)* toujours jeune, généreux, immortel. Le ciel et la terre peuvent se mesurer; la grandeur d’Indra est infinie.

8. Les œuvres d’Indra sont merveilleuses et innombrables : tous les dieux ne sauraient les détruire. Noble héros, il soutient la Terre et le Ciel; il enfante le Soleil et l’Aurore.

9. Bienveillant Indra, tel est ton pouvoir : il éclate dès l’instant de ta naissance, quand tu as bu notre soma. Tu es fort ; et les mondes, les jours, les mois, les automnes ne sauraient user ta vigueur.

10. A peine es-tu né , Indra , à peine as-tu goûté de notre somay que la joie te pénètre au sein de ta céleste demeure. Dans ce (dieu), qui remplit le ciel et la terre, que l’on reconnaisse l’antique protecteur des œuvres (pieuses).

11. Tu as donné la mort au violent Ahi qui enchaîne les eaux, ô (athlète) robuste , né pour tant de combats. Le ciel, en effet, ne voit alors que la moitié de ta grandeur, et l’autre partie de ton corps disparaît, assise qu’elle est sur la terre '.

12. Oindra, que ce sacrifice offert en ton honneur, que ces flots de soma versés pour toi puissent l’agréer. Touché de ces hommages, que tu mérites, conserve ton serviteur, et que nos prières aiguisent ta foudre pour la mort de Vritra.

13. Par mes offrandes je veux me concilier la faveur d’Indra. Puissé-je le rendre attentif à mes hymnes, et le gagner par mes libations, lui qui grandissait et grandit toujours aux chants d’autrefois, d’hier, d’aujourd’hui !

14. L’inspiration (poétique) qui me pénètre naît pour la gloire d’Indra, que je chante avant l’apparition du jour, dans ces lieux mêmes où, prêtres et pères de famille, a ds t’invoquent tous, et te prient de venir, comme sur un vaisseau, les délivrer du mal.

15. Le vase de soma est plein. La Swâhâ semble ouvrir son limpide trésor pour t’inviter à boire. Que les Libations, pour satisfaire la soif d’Indra,

1. Le texte est bien difficile à traduire : altéra nale terram operis. Image bizarre! Le nuage s’intercale entre les deux parties sphériques du corps d’Indra, dont l'une est au ciel et l’autre sur la terre.

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