Voir page 202, col. 2, note
2. Le texte porte Vipât : la Vipàsà est une rivière du Penjab, nommée aujourd’hui Beyàh.
3. La Soutoudii est appelée aussi Satadrou. C’est aujourd’hui le Setledj, qui va s’unir au Beyàh, pour former l’Hyphasis des Grecs.
4. Pour expliquer le sujet de cet hymne, on raconte que Viswâmilra, prêtre du roi Soudas, fils de Pidjavada, est renvoyé chez lui par ce prince avec de nombreux présents, et qu’arrivé au confluent de la Vipàsà et de la Soutoudri il est arrêté par la crue des eaux. Là il fait un sacrifice à Indra, pour obenir de pouvoir passer à l’autre rivage. Je ne serais pas étonné que celte pièce n’eût été conçue que comme une allégorie, où sont représentées, sous la forme de rivières, les deux espèces de libations.
INDE. — POÉSIE LYRIQUE
au réservoir que nous a préparé le Dieu. Nous ne pouvons arrêter notre course obligée. Que désire le sage qui interpelle les Rivières ?
5. (Vis’wâmitra parle.) Arrêtez un instant votre course à ma voix, (à la voix de celui) qui offre le soma , ô pieuses Rivières. Fils de Cousica, j’ai besoin de votre secours, et j’adresse à Soutoudrî une instante prière.
6. (Les Rivières parlent.) Indra, dont le bras est armé de la foudre, nous a ouvert une route. 11 a frappé Vritra, qui renfermait les ondes. Que le divin Savitri, aux mains brillantes, nous conduise. C’est sous sa direction que nous roulons nos flots grossis.
7. On célèbre partout la force d’Indra, dont le bras puissant a percé Ahi. La foudre (du dieu) a frappé les compagnons (de l’Asoura), et les Ondes ont avec empressement suivi leur cours.
8. Chantre (des dieux), ne prends pas en mal nos paroles. Que tes chants passent jusqu’aux derniers âges. 0 prêtre, charme-nous par tes hymnes. Ne nous donne pas une mauvaise renommée parmi les hommes. Salut à toi !
9. (Viswâmitra parle.) Sœurs *, écoutez bien le prêtre, je viens à vous de loin sur un char léger. Calmez votre fougue; donnez-moi un passage facile. Car, ô Rivières, la force de votre courant renverse nos chars.
10. (Les Rivières parlent.) Prêtre, nous entendons tes paroles. Tu viens à nous de loin sur un char léger. Nous te saluons, comme l’épouse respectueuse ; nous te vénérons, comme la jeune fille devant un mortel (respectable).
11. (Yiswâmitra parle). Les Bharatas 2 ont demandé à te traverser, (ô Soutoudrî) ; accueille aussi ma tribu, amie des vaches (célestes), et dirigée par Indra. Suivez votre cours ordonné : j’honore votre bonté, (Rivières) dignes de nos hommages.
12. Les Bharatas, amis des vaches (célestes), ont traversé déjà ces rivières, et le sage (leur conducteur) a honoré leur bonté. Gonflez-vous donc, Rivières bienfaisantes, emplissez vos mamelles fécondes, et marchez rapidement.
13. Que les rênes (de nois coursiers) s’élèvent au-dessus (de vos ondes), ô Rivières. Ne touchez pas à leurs jougs. Que deux (Rivières) aussi respectables que vous ne deviennent pour nous la