Yoy. page 76, col. 1, noie 7; section I, lecture îv
hjmne xv, st. 15, et même section, lecture vin, hymne ix, si. 13. Je restitue de cette manière la légende d’Étasa, que, surtout page 120, je crois avoir défigurée. Swaswa avait obtenu que le Soleil (Soùrya) s’incarnât et devint son fils. Le Richi Étasa eut un démêlé avec Soùrya, et il pria Indra de le secourir. Dans un combat Étasa, de- \enu prisonnier, se trouvait emporté sur le cbar de Soùrya : Indra brisa une roue de ce char, et arrêta ainsi le ravisseur d’Étasa. Le deuxième vers de celte strophe semble indiquer le sens de cette légende. Étasa serait le nuage que le Soleil paraît emporter dans sa course. Indra brise la roue ou le disque du Soleil, c’està-dire obscurcit ses rayons; le nuage s’arrête, se condense et arrose la terre.
-• Il y a une cérémonie que l’on nomme askini, et qui semble devoir être une libation. Elle a lieu le matin quand la nuit règne encore, ou le soir quand la nuit commence : car le mol askini signifie noire. Le vers ici traduit est ce qu’un appelle écapadi. Il n’a qu’un puda, ou le quart d’une stance.
20. Ainsi qu’il exauce nos vœux, ce magnifique Indra, objet de tant de louanges, protecteur invincible des hommes. Roi de tous les êtres, donne-nous cette riche abondance que (tu as coutume de donner) à celui qui te chante.
21. O Indra, par toi que (nos pères) ont chanté, et que nous chantons aussi, (que la maison) de Ion serviteur soit remplie de biens, comme les rivières sont remplies (d’eau). (Dieu) traîné par des coursiers azurés, des rites nouveaux sont accomplis en ton honneur : nous t’avons fait des offrandes de toute espèce. Que la Prière devienne pour nous telle qu’un char (fortuné) !
HYMNE XIV
A INDRA, l'AR VAMADÉVA.
( Métré : Trichtoubh.)
1 . (Un assistant parle à Vâmadéva.) Voici la voie ancienne que les dieux ont tous suivie pour arriver à l’existence. Que par la même voie naisse (Indra), déjà mûr pour la vie. Par des soins trop empressés ne cause pas l’avortement de la mère
2. (Vâmadéva répond.) Celte voie ne me semble pas encore ouverte. Les accouchements irréguliers sont malheureux. Tout ce que je dois faire n’est pas fait ; avec l’un il faut que j’emploie la force, avec l’autre, la prière'-.
3. La mère se lève. Qu’ (Indra) la voie et qu’il vienne. Que tout s’enchaîne et s’accomplisse avec ordre. Que dans la demeure de Twachtri1 * 3 Indra
1. Je suis loin d’être d’accord avec le commentateur sur tous les détails de cet hymne. 11 serait très-long de m’expliquer sur ce dissentiment. Je ne citerai qu’un seul exemple, qui fera sentir la profonde différence qui existe dans nos deux manières de voir. Il pense que par le mot mère il faut entendre ici Aditi, la mère des dieux. Je crois que la mère dont parle le pcëte, c’est la vache du sacrifice, la flamme, qui risque de s’éteindre sous les libations multipliées. Il y a dans ce passage un mot qui n’est pas rendu exactement, et sur lequel je vais m’expliquer. Ce mot est amuuyà, pronom féminin au troisième cas. Voici comme je conçois l’esprit de celle strophe : le sacrifice du matin, qui est la matrice où naissent les dieux, se poursuit. La flamme est allumée, mais il est à craindre qu’elle ne soit étouffée par la libation qui sort de la cuiller sacrée, djouhoû. C’est ce mot djouliuû qui me semble sous-entendu, et qui est désigné par le pronom amouyâ. lUâ mâtaram amouya pattavé cali ; ne fais pas tomber la mère avec celte cuiller, c’est-à-dire n’abats point la flamme avec la libation.
2. On se souvient que c’est par la force que le feu est extrait de l’Aranî. Le poète va maintenant employer la prière avec Indra.
3. Twachtri est Agni : sa demeure, c’est le lieu du sacrifice.
INDE. — POÉSIE LYRIQUE. fuct. vi.
boive à la coupe consacrée le soma qui renferme tant de biens.
4. Eh quoi ! il a grandi, celui que (cette mère) a porté depuis des milliers de mois et pendant de nombreux automnes. 11 n’est rien qui puisse lui être comparé sous le ciel parmi les choses qui sont nées ou qui doivent naître.
5. Méditant la mort (de Yritra), dans sa retraite mystérieuse la mère a fait Indra et l’a doué de force. Ainsi a paru ce dieu tout revêtu de splendeur ; à peine né, il a rempli le ciel et la terre.
6. Arrivent les Ondes retentissantes ; elles font entendre un bruit respectueux. Elles semblent dire : « Quel est ce prodige ? » Et bientôt elles percent la montagne qui les enveloppait.
7. En voyant (le coup qu’il a frappé), elles poussent un cri de surprise. « Si Indra a commis un crime, » (dit la mère,) « que les Ondes l’emportent. Mon fils, en tuant Yritra avec sa grande arme, a créé ces torrents. »
8. C’est au milieu de la joie des libations que ta jeune (mère) t’a mis au monde, que Couchavâ 1 t’a dévoré, que les Ondes ont joué autour de ton berceau : c’est au milieu des libations qu’lndra s’est élevé avec puissance.
9. Au milieu de la joie des libations, ô Maghavan, Vyansa 2 3 est venu percer tes mâchoires. En te sentant blesser, tu t’es redressé dans toute ta force, et tu as de ton arme brisé la tète du brigand-
10. Ainsi la Vache (du sacrifice) a enfanté le robuste et impétueux Indra, vaillant, généreux, incomparable. L’invincible nourrisson aspirait à marcher seul : sa mère lui a laissé sa liberté.
11. « Hélas! « disait cette mère à ce héros, « mon enfant, tous ces dieux t’abandonnent. » Au moment de tuer Yritra, Indra s’écria : « Vichnou , tu es mon ami , tu peux poursuivre ta marche 5. »
12. Qui oserait prétendre à rendre ta mère veuve? Qui concevrait la pensée de te tuèr, soit endormi, soit éveillé? Quel dieu te surpasserait dans le soin de faire notre bonheur, quand on te voit saisir par le pied ce père 4 (de tous les Asouras), et lui donner la mort ?
1. C’est, dit le commentaire, une Rakchasi. Je crois que par ce mol on désigne la terre seche et altérée.