‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 463 sur 1127 · Je pense que ces quatre cornes ou ces quatre têtes · texte numérisé non relu

Je pense que ces quatre cornes ou ces quatre têtes

sont une allusion aux quatre côtés du foyer. Vous voyez, en effet, plus haut, page 239, col. 1, note 2, que le

foyer oriental est carré. Le commentateur croit qu’il est fait allusion par ces mots aux quatre Yédas, oubliant

3. Oui, il a quatre cornes, trois pieds *, deux cols 2 et sept bras 3. Le dieu, comme un taureau attaché par trois liens 4, mugit et apparaît aux mortels.

4. Ghrita a trois formes s, et caché par les Punis B, les Dêvas l’ont retrouvé dans la vache (céleste). Indra a produit l’une de ces formes, Soûrya l’autre. L’ami (des hommes, Vâyou) 7, a donné la troisième aux (Dévas), qui en ont fait la Swadhd.

5. Les (Ondes) sortent du vase profond (des libations) ; leur foule est immense, et l’œil de Vritra lui-même ne saurait les distinguer. Je les vois, ces Ondes de Ghrita; au milieu d’elles brille Vétasa 8 aux rayons d’or.

G. Purifiées par la Prière et l’Adoration, ces Ondes coulent ainsi que des torrents. Ges Ondes de Ghrita sont aussi légères que la bête qui fuit devant le chasseur.

7. Les fleuves coulent rapidement vers la mer, non moins prompts que le Vent : ainsi vont les Ondes de Ghrita. Et lui, grossissant de leurs flots, fend les airs 9 ainsi qu’un superbe coursier.

8. Telles que de charmantes épouses, comme si elles n’avaient qu’un cœur, les Ondes de Ghrita s’approchent en riant d’Agni et l’enflamment. Et le (dieu) possesseur de tous les biens les accueille avec amour.

9. Je les vois, ainsi que des vierges qui vont vers leur époux, se parer de tous les ornements.

que, lors de la composition de cet hymne, les hymnes se faisaient, et ne pouvaient pas encore former un quadruple corps. Tchatouranana , TchatourmouUia , TchatourvalUra et Tcliatouhsringa me paraissent synonymes de Tchalourasra. Les quatre cornes sont les quatre coins du foyer.

1. Le poëte désigne les trois foyers ; peut-être les trois Savanas.

2. Les deux cols sont les deux espèces d’offrandes : l’offrande liquide, soma, et l’offrande solide, ichti.

3. Les sept bras sont les sept Tchhandas ou les sept Ilolracas.

4. Le sacrifice se compose de prières (Alanlra), d’actes (Yoga), d’hymnes (Stouti) ; il semble que ce soient là les trois lien? par lesquels on amène le dieu.

5. La libation appelée ghrita se compose de kchiro, lait, de dadhi, caillé, et d’âdjya, beurre.

6. Ce sont les Asouras qui avaient enlevé les vaches célestes. Voy. page 44, col. 1, note 7.

7. Vâyou est désigné par l’épithète de véna (ami), comme plus haut les vents par celle d ’ichlàh. Voyez page 262, col. 1, note 4.

8. Vétasa est un surnom d’Agni. Ce mot signifie une espèce de roseau, il semble qu’Agni, au milieu des libations, soit comme un roseau au milieu dos eaux.

9. Cette idée s’explique en pensant que la libation coule rapidement du vase qui la contient pour tomber dans le foyer.

INDE

POÉSIE LYRIQUE

| Lect . VIH. |

Dans le lieu où se font les libations du soma, où s’accomplit le sacrifice, là sont présentes les Ondes de Ghrita.

10. Venez vers l’endroit où se distribuent la louange et le beurre de la libation. Donnez-nous vos précieux trésors. O déesses *, dirigez notre sacrifice. Les Ondes de Ghrita sont ici présentes, aussi douces que le miel.

IL Le monde entier existe par toi. Le flot suave de tes splendeurs coule au vase des libations 1 2, dans le cœur (de l’homme), dans toute la vie, dans les ondes (célestes) comme dans le foyer (solaire). Puissions-nous en jouir pleinement !

HYMNE IX r*.

agni, par boudha f.t gavichtiiira,

FILS D’ATRI

( Mètre : Trichtoubh.)

1. Agni s’est éveillé au. foyer qu’allument les hommes et à l’arrivée de l’Aurore, qui est la vache (bienfaisante du ciel). Tels que les branches qui s’étendent (sur l’arbre), les grands Rayons se répandent dans les airs.

2. Oui, Agni le sacrificateur s’est éveillé pour honorer les dieux; il se dresse, et se présente le matin avec bonté. Ses feux s’allument, il brille, et sa force se développe à nos yeux. Le grand dieu se débarrasse des ténèbres.

3. Quand Agni vient comme s'enchaîner au milieu de nos cérémonies 4, il revêt toute la splendeur de ces (rayons, qui sont) les vaches (du sacrifice). En même temps l’Aurore, avide de nos libations, attelle ses coursiers. (Agni) se lève devant elle, et lui porte la liqueur onctueuse que versent les coupes.

4. Les âmes des fidèles se portent vers Agni, comme les yeux vers le Soleil. 11 est enfanté par

1. Ce passage pourrait aussi s’entendre d’une invitation aux hommes qui font le sacrifice.

2. Le Ghrita, le beurre vivifiant d’Agni, circule dans toute la nature. 11 n’est pas seulement dans le sacrifice, il est dans le cœur de l’homme en qualité de Sarwaprdna, dans les nuages comme V êdyoutdgni, dans le soleil comme Sôryàgni. Le commentaire, qui donne à samadrou le sens de mer, pense que Ghrita, au sein de la mer, est Badavagni.

3. Ici se termine le quatrième Mandata, qui porte le nom de Vàmadéva. Le cinquième va commencer, avec le nom d’Atri.

4. Cette même idée se trou\e plus haut, lecture JV, hymne VIII, stance 6.

l’Aurore et le Soir *, tous deux de couleur différente. Cependant au début des jours naît (celui que l’on appelle) le cheval blanc

5. Oui, au début des jours il nait, ce (dieu) doux et brillant ; il resplendit sur le bûcher qui l’a reçu. Agni, sacrificateur adorable, siège dans toutes les maisons, orné de sept rayons précieux.

6. Oui, Agni, sacrificateur adorable, siège au sein de sa mère 3, sur un trône fortuné ; jeune, sage, juste, soutien (des êtres), il se plaît dans plus d’une demeure ; mais il brille (en ce moment) au milieu des hommes.

7. Agni, sage et bon, préside à nos sacrifices, et nous l’honorons lui-même par nos invocations. Par la vertu de l’holocauste, il a étendu le ciel et la terre; et (les hommes) lui adressent le perpétuel hommage de leurs offrandes et de leurs libations.

8. Digne d’être honoré, il reçoit nos libations, dans sa propre demeure, sous le nom de Damoûnas 4 : célébré par les poètes, heureux hôte pour les mortels. Généreux et brillant Agni, nous te reconnaissons mille tètes, et par ta force tu surpasses tous les êtres.

9. O Agni, tu visites sans doute les autres (sacrifices) ; mais il n’en est aucun qui doive être pour toi plus agréable (que le nôtre, sacrifice) où l’hôte chéri de la race humaine nous apparaît beau, éclatant, adorable.

10. O Agni toujours jeune, les hommes, de loin comme de près, t’apportent leur offrande. Écoute la prière de celui qui t’invoque avec ardeur. O Agni, ta protection est grande, étendue, fortunée.

11. Brillant Agni, avec les (autres dieux) que nous honorons, monte aujourd’hui sur ton char large et resplendissant, et, dans ta sagesse, amène ici ces dieux par le vaste chemin de l’air, pour qu’ils goûtent à notre holocauste.

12. Faisons une invocation en l’honneur d’un (dieu) sage, fort, généreux et digne de nos hommages. De même que le Soleil éclaire le ciel, cet hymne respectueux de Gavichthira glorifie Agni.

1. Allusion aux sacrifices du matin et du soir. Le texte porte les deux Aurores ( Ouchasà ).

2. Agni qui brille pendant le jour. Dans l’hymne précédent on le comparait à un cerf blanc.

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