‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 5 sur 1127 · N DE · texte numérisé non relu

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N TRODÜUTIOX.

s’établissait, et le respect des ancêtres se consolidait par cette tradition même, et l’on évoquait autour du gazon sacré les mânes de ces ancêtres inspirés , et l’alliance se perpétuait entre le passé et le présent, en engageant l’avenir et en fondant peu à peu le culte, les rites et la foi. Autant de familles, autant de sacrifices; autant de poètes patriarches, autant de cantiques.

De là ce millier d’hymnes, dans le Rig-Véda dont encore nous avons perdu un grand nombre ; car , lorsque la famille s’éteignait, sa prière particulière n’étant plus répétée, n’étant plus transmise par la piété liliale . s’effaçait de la mémoire des indifférents qui se contentaient de répéter et de transmettre la prière de leur propre chef. Puis, d’un autre côté, dans les branches nombreuses, multipliées par les mariages qui créaient de nouvelles familles, de nouveaux poètes se manifestaient, chantant à leur manière les merveilles de la vie et les mystères de la mort. Le concert du Ve cl a variait dès lors d’accents et d’expression : des idées neuves surgissaient , des interprétations différentes des phénomènes de la nature et de l’intervention celeste, ajoutaient de nouveaux dieux au panthéon traditionnel; l’amour-propre , l’antagonisme, la passion prenaient parfois aussi une place destructive dans le groupe primitif, et peu à peu, fatalement, s’altérait la candeur originelle.

L’antiquité du Rig-Véda est aujourd’hui incontestable. Son caractère religieux l’a fait conserver av. c une sorte de piété ardente et jalouse, et l’on pourrait jusqu’à un certain point reconnaître au style meme des invocations, et à la nature des êtres surhu-

mains qu’on y adore, l’époque d’une grande partie de ses hymnes. D’abord la conception d’une force divine y est simple, et la prière naïve. L’Arya est en marche ; il implore en sa faveur les forces de la nature, il lève les obstacles qu’il rencontre par une invocation: ici à une rivière pour qu’elle modère son courant, là à une montagne pour qu’elle abaisse ses pentes, plus loin aux eaux du ciel pour qu’elles assainissent par leur abondance les miasmes d'un marais; plus habituellement h Indra pour qu’il accorde un nouveau triomphe à ses protégés. Plus tard, l’Arya vainqueur s'établit sur la terre conquise, il la cultive avec la charrue, il rentre sa récolte sur des chars, bat ses blés, crible son orge, cultive ses rizières ; et son ordre social plus avancé se reflète déjà dans ses dieux. Il compare Agni, le feu, à un coursier, qui, attelé à sou char, secoue sa crinière; Ousha, l’aurore à une déesse montée sur un brillant véhicule ; les vents du matin, les Marouts , fils do Vayou ou de Roudra , sont aussi sur des chars, armés en guerre avec le glaive et le carquois, décochantdes flèches contre les nuages, et buvant le sonia avant leur journée de travail. Plus tard il se mêle à la figure vague , mais encore noble de l’image providentielle, des traits exagérés ou bizarres : Sourya , le soleil, a des bras d’or, des mains d’or, et même une langue d’or ; les Marouts , ont des attelages de daims, des cuirasses et des lances. C’est que l’industrie vient d'apparaitre chez l’Arya indien : il peigne le chanvre, tisse la laine, perfore des puits, utilise tous les animaux domestiques, travaille les métaux et sait en apprécier l’usage et la valeur. Plus tard encore, la pensée

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INTRODUCTION

pure et instinctive cède le pas à l’interprétation des dépositaires de la tradition. Le brahmane apparaît comme le seul intermédiaire entre la divinité et l’homme ; il impose son intervention, il complique le rituel, il crée les castes, il édicte des lois, et la multitude, lui confiant son âme, se laisse dominer peu à peu, absorber, annuler.

Mais cette multitude qu’on vient de condamner à une inégalité infranchissable par l’institution des castes, et à une ignorance absolue par l’interdiction de lire même ses codes sacrés, fera dévier le sabéisme ingénieux et poétique, qui avait succédé au monothéisme primitif, vers un polythéisme universel.

Le soma , cette liqueur du sacrifice, sera traité de divinité, ainsi que le mortier et le pilon qui servent à l’obtenir ; la plante médicinale passera déesse ; les grenouilles seront invoquées, les dés enfin deviendront des dieux. C’en est fait, le bien et le mal, la pluie bienfaisante comme l’ouragan, la moralité comme les passions, prennent rang dans cet olympe étrange, qui a remplacé la voûte céleste et pure des premiers Aryas. C’était par 1 ' Asoura , le principe de vie, indépendant de toute manifestation particulière, que s’était révélé le monothéisme primitif; maintenant YAsoura cessera d’être une croyance pour entrer dans le domaine philosophique qui intervertira sa valeur; et Vâk, la sainte parole symbolisant les puissances diverses de la nature , créera pour la multitude autant de dieux, que ses besoins, ses terreurs et ses rêves en auront exigés.

Malheureusement l'ordre chronologique du Véda a été confondu par ses transcripteurs, et le classement en est arbitraire à un tel point que dès la

première des huit sections du Rig, on rencontre des hymnes de tous les âges.

Dans ce recueil , que les brahmanes ont coordonné, on reconnaît, sans difficulté, le dessein spécial de mettre d’accord les anciennes prières avec le nouveau culte. On v trouve même une

Tl

sorte d’idée dirigeante dans la disposition des invocations de presque tous ses livres : d’abord paraît A gni, puis Indra, e nsuiteles Viçwadévas, tous les dieux; comme si les diverses familles, les diverses tribus, dont chacune affectionnait tout naturellement le nom et l’image de son dieu particulier, avaient voulu s’entendre et s’arranger de manière à former, dans chaque livre , une espèce de panthéon des différents symboles et des différents attributs de la divinité indienne.

Peut-être cet arrangement a-t-il plus d’importance qu’on ne lui en a accordé jusqu’à présent, et dévoile-t-il une partie de l’intelligence politique des brahmanes, lesquels, pour arriver à la domination de toutes les tribus des Aryas de l’Inde, auraient commencé par en adopter les différents symboles, en leur faisant une place d’honneur dans le livre qu’ils déclaraient sacré.

Y a-t-il une époque antérieure au Rig- Véda ? Tout le fait présumer :

les divers Manous , rappelés dans le Rig tout autant que les douze prophètes qui précèdent Zerdoust ou Zoroastre, énumérés dans le Décatir. Aussi MM. Émile Burnouf, Lassen Oppert, Obry, ont-ils cherché à déterminer la géographie et même la langue de ce berceau commun de l’Occident tout entier, YAryana. A l’âge le plus éloigné peuvent se rapporter, chez les Aryas, les premiers rudiments de la vie et

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l’unité divine d’Agni, antérieure à celle d’Indra. Puis vient le temps des RicJ/is, ces poètes religieux, qui chantaient dans la langue ancienne les bienfaits de l’Être tout-puissant, en lui dénonçant les méfaits des phénomènes naturels , la grêle, la glace, l’ouragan.

Cette animation de la matière en mouvement n’est que de la poésie; mais elle ne cache qu’aux inattentifs l'unité fondamentale. Enfin , la séparation amène deux dialectes, le sanscrit et le zend, et chaque grande émigration, tout en conservant des traditions analogues, se divise par les interprétations, c’est-à-dire par la théologie.

Les méditatifs Aryas, avant leur séparation, tandis qu’ils formaient encore une alliance de tribus homogènes dans les plaines de la Bactriane , avaient observé la nature, et réfléchi sur les secrets de l’univers. Aussi, frappés tout autant par le spectacle des phénomènes physiques que par les mystères de l’existence, ils semblent s'être expliqué le principe du monde visible ; par le mouvement qui prouve la vie, et par la vie qui naît, croît, cesse, et se renouvelle constamment autour de nous. De là la conception d’un principe de vie, unique et général, indépendant des individus de toutes les espèces, dans le règne végétal comme dans le règne animal, se transformant, se divisant, se répandant parlout. Les Indiens nommèrent ce principe Asoura, les Iraniens Ah o ura, et c’est en lui que MM. Alfred Maury, Pavie, Eichhoff reconnaissent ce monothéisme, dont d’autres indianistes placent l’éclosion beaucoup plus tard. En tout cas, ce principe des Asouras , qui explique le monde pour les Aryas et justifie l’intervention des dieux, est le fonde-

ment de leur culte, et le sentiment inspirateur de leurs hymnes. Il est avéré, en outre, qu’avec le culte des éléments, ils avaient adopté le culte des mânes. La tradition le prouve surabondamment; le respect de l’hymne de famille, l’évocation des aïeux autour du gazon sacré, le texte môme de certains chants, tout confirme l’existence chez eux de cette vieille idée, qu’on trouve aussi dans la religion des plus anciens Grecs et Latins. Les Aryas honoraient leurs ancêtres, dont quelques-uns, tels que les Ribhous , devenaient même des demi-dieux. Ils leur offraient des sacrifices : et c’est peutêtre la raison déterminante de l’adoption des Yédas par les brahmanes ; car ainsi était établie la valeur traditionnelle d’un recueil, auquel on donnait le sens de parole divine, prononcée et recommandée par des êtres surhumains.

En nous rendant compte du panthéon védique d’après la lecture des hymnes, et non d’après les commentaires brahmaniques , nous avons d’abord constaté une simplicité et une clarté toute en l’honneur des conceptions primitives et de l’esprit net et sobre de nos premiers ancêtres. Indépendamment de Y Asoura, ce principe générateur de la pensée religieuse -et de ses symboles, nous trouvons trois grands dieux auxquels l’Arya-Indien s’adresse le plus souvent : ce sont Agni, le feu, Indra, l’éther et Sourya, le soleil. Quant à Acliti, la nature indivise, Yarouna, le ciel étoilé, Vayou, l’air, Roudra, le vent, les Marouts, les brises, les Aswins, les crépuscules, Üusha , l’aurore, Prisai , la terre, ils n’apparaissent que comme dieux secondaires, puissants dans leur

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cercle d’activité, mais plutôt auxiliaires des trois dieux supérieurs que souverains par eux-mêmes de toutes les choses et de tous les êtres. Le Rig-Véua ouvre et ferme par un hymne à Agni. Si, comme nous le croyons, une idée dirigeante a présidé au classement du Rig, cette disposition n’indiquerait-elle pas qu’Agni était le dieu des prêtres , comme Indra semble le dieu des guerriers, et qu’il devait, d’après les brahmanes, triompher de tous ses rivaux, et les absorber à la fin dans sa toute-puissance?

Toujours est-il qu’il y a une sorte d’antagonisme entre eux, sinon dans les actes, au moins dans les attributs, et l’on voit cette lutte naître et se développer dans des chants divers, qui, par leurs louanges graduées et progressives, tendent à attribuera l’un ou à l’autre la prédominance , la souveraineté suprême, la création. Nous chercherons à établir cette hypothèse par la légende de l’un, Indra, et par les développements de l’autre, Agni ; quant à Souiya, il est aussi clair dans sa cause et aussi incontestable dans ses effets que l’astre immense et bienfaisant qu'il représente.

Ce qui donne à Sourya, le soleil, une valeur toute poétique, c’est qu’il apparaît à chacun comme le plus distinct, le plus évident, le plus actif de tous les dieux. Rien n’est douteux dans sa puissance, rien n'est équivoque dans ses diverses manifestations.

Son séjour est dans le ciel, mais son empire est aussi bien sur la terre que dans les airs, dans l'espace qu’il remplit, dans la nature qu’il éclaire, échauffe et féconde. Les animaux lui doivent la vue pour se diriger, les

hommes l'intelligence pour le comprendre ; il donne aux montagnes leur physionomie, à la plaine sa parure, au fleuve son scintillement, à la fleur sa beauté, à tous les êtres ce qui les caractérise et ce qui les différencie.

Son absence efface toutes les couleurs, vide l’horizon, éteint tous les yeux, confond tous les esprits, détruit toute individualité, et remplace par un chaos temporaire l'harmonie des mondes, qui n’est autre chose pour les hommes primitifs que la lumière. Mais Sourya ne se contente pas de briller, et de dispenser, entre tous, les effluves inépuisables de sa splendeur ; il pénètre chaque corps organisé, il prodigue sa chaleur à la création entière, dote la sève de son activité, le sang de sa tiédeur, la terre de sa fécondité, l’imagination de ses brillantes couleurs ; il entretient l'existence de tous, et imprime au mouvement universel sa vertu de croissance et d’élasticité. Le soleil enfin crée la joie, le bonheur; la nuit est triste, le ciel voilé par la tempête est terrible; les ténèbres sont la mort, la clarté seule est la vie. Ces propriétés bienfaitrices du soleil, les Aryas les saisissent, et les expriment par les noms divers du soleil, qu’ils appellent tour à tour Sourya, le resplendissant, et Savitri, le créateur, Pouchan , le nourricier, et Mitra, l’ami de tous, Rliaga, le fortuné et Aryaman, le puissant. Enfin, sous le nom de Vieil non, le voyageur céleste, ils se le figurent d’abord comme un nain qui apparaît avec sa grosse lête à l’horizon, croît avec la rapidité vertigineuse d’un dieu, projette ses feux dans l’infini, s'empare du ciel et le traverse en trois pas : le lever, le zénith et le coucher. Pour eux Yiclinou

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c’esl le soleil dans sa force, dans sa ! puissance, dans sa domination, indé- i pendamment de ses bienfaits cl de ses (e livres.

Telle est même l'influence qu'on prête, dans les hymnes védiques, à l’asire souverain, que Eug. Burnouf n’a pas hésité à présenter Indra comme le symbol 3 de l’énergie atmosphérique du soleil. Or il explique sa pensée en termes si exacts et si poétiques à la fois, que nous prendrons la liberté, au bénéfice de nos lecteurs, d'emprunter à sa judicieuse et profonde étude du Véda, ce morceau si remarquable :

« J’appelle Indra la puissance météo- ■ rique du soleil; Ahi, Sushna , 1 ri- « tra , le nuage sous ses aspects ;

« Marouts, les vents déchaînés. Indra « ne va-t-il pas jouer dans les airs le ■■ même rôle qu'un roi puissant à la

* tête de son armée ? C’est le dieu de « la lutte par excellence : on l’appelle

* Indra de la racine Jnd, régner, !

Arva comme les nobles seigneurs

« du temps, Sousipra , au beau nez,

« pour distinguer le chef, par ce signe ' de noblesse, des ennemis au nez « aplati, que l’on appelait Dasyous, et « que 1 on nomme ici Dânavas ; on (

« le nomme Hohattriya , comme les ;

« princes féodaux ; on le nomme Râja,

« car il est vraiment le roi des cieux ;

« il est Div, c’est-à-dire paré de vête- « ments brillants; il est Cakra , c’est- « à-dire puissant. Voici maintenant « son cortège et son œuvre, comme le !

« Véda nous les présente.

« Quand la nuit touche à son terme,

“ une fine lueur se répand d’en haut

* et commence à rendre visibles les « silhouettes des arbres et des collines.

>■ L’âne s’éveille le premier et donne » avis à toute la nature que le roi du

« ciel est en route et qu’il approche.

» C’est cette bête, si belle dans les « contrées du midi, et dont la nôtre « n’est qu’une grotesque dégradation, que les Aryas ont donnée pour attelage aux cavaliers célestes , aux deux Açwins véridiques, courriers matinaux et médecins vigilants, qui « viennent, avec la clarté pour remède, « guérir la nature entière des maux et

- des erreurs de la nuit. »

O Açwins , écoutez l'hymne que chantait en votre honneur un homme errant dans les ténèbres, hymne que fai répété en recouvrant la vue par votre protection, auteurs de tout Lien.

Oaxivan, i, 241.)

Avec vos coursiers aux ailes d'or, rapides, doux, innocents, s'éveillant avec l'aurore, humides de rosée, heureux et disposés h faire des heureux, venez à nos sacrifices, comme les abeilles au miel.

Vos rayons avec le jour repoussent les ténèbres et projettent au loin dans l’air des lueurs brillantes. Le soleil attelle ses coursiers.

(vamadéva, i, 191.)

« Le char des Açwins a trois sièges,

- sur un desquels est placée la fille

- du soleil, Arjunî, cette charmante « lumière, que le regard des dieux « suit avec un pur amour; la jeune et

aimable fille est emportée par eux « dans leur course circulaire.

« Alors apparaît l’Aurore, sœur de la Nuit; elle est sur un char éclatant; rougeâtre, elle ouvre les portes rou-

• geâtres de l’Orient ; elle s’avance,

• elle s’étend, elle remplit le monde « de clarté.

O usb a se dévoile, comme une femme couverte de parure, elle semble se lever et se montrer à la i ne, comme une femme qui soi t du bain. Elle a tisse la plus belle des toiles ; et toujours jeune elle précède a l'orient la grande lumière.

(SATYASlt A VAS, II,

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* En effet voici le roi lui-même,

« voici Indra. Le ciel n’est plus rou- » geâtre ; les Açwins ont été plus loin « vers l’Occident; l’Aurore disparaît « comme eux ; c’est le cortège royal « qui va venir.

« Indra est monté sur un char d’or,

« traîné par des coursiers jaunes; il » est lui -même tout resplendissant « d’or; il porte la tiare étincelante; il

* tient dans une main, l’arc d’or; dans « l’antre, la foudre, qui est sa flèche ;

« sur son char est le disque d’or, aux •« bords tranchants. Il a pour cocher « l’habile et prudent Mâtali.

« L’escorte d’Indra est composée « des Marouts , qui sont au nombre de « soixante-trois; Mâtariçwan (le chien

* de Mâtali ?) est leur chef; il com- « plète le nombre soixante-quatre, qui « est celui des divisions de la rose des « vents. Les Marouts sont traînés par » des antilopes, les plus rapides des « animaux. Fils de Prisai , qui est la « terre montueuse, ou de Sindliou ,

* qui est l’Indus, ils vont avec bruit j « autour de leur seigneur , prêts à

* le soutenir dans la lutte. Du reste,

« eux-mêmes sont tous des princes « et méritent le nom d’Aryas et de

« Kchattryas, comme Indra, qui est !

« leur suzerain et leur chef de guerre.

« Tout ce cortège bruyant, mouvant « et lumineux, dont les armes se cho- « quent et dont les fouets claquent au

* milieu des airs, s’avance vers le « foyer à' A gui, s’y arrête un instant, y « reçoit de la main du prêtre et par « l’entremise du feu sacré, le sowa,

« liqueur ardente des guerriers, et les « aliments solides de l’offrande. Indra » et la brillante armée des rapides « Marouts sont prêts désormais à en- « gager le combat.

« Déjà en effet, en présence d’Indra » qui s’avance, Ahi, le serpent, fait « glisser son corps vaporeux dans les « airs, et rassemble des montagnes de « nuages. Sushna, l’aride, tient les « eaux suspendues dans l’atmosphère, « les refuse à la terre, dessèche les « plaines et les collines, tarit les fleu- « ves, fait périr de faim et de maladie « les troupeaux et les hommes. Le sa- « crilice languit, l’œuvre de la pro- « duction et de la vie semble près de « s'arrêter, les Asouras ne recevront « plus les aliments dont ils ont besoin » pour accomplir sans fatigue leur « fonction divine. Tous les êtres sont « intéressés dans la lutte. Vritra, celui « qui couvre de nuages l’atmosphère, « s’est emparé des régions dont Indra « est le maître; il y commande, il a « voilé la face du resplendissant, et à « dérobé à la terre la vue de sa majesté. « Mais voici Indra qui s’avance armé « de la foudre.

A INI) HA

Je yeux chanter les antiques exploits par lesquels s'est distingué le foudroyant Indra. 11 a frappé Ahi ; il a répandu les ondes sur la terre; il a déchaîné les torrents des montagnes.

Ahi se cachait dans la montagne ; il l'a frappé de celte arme retentissante , fabriquée pour lui par Twastri; et les eaux, telles que des vaches qui courent h leur étable, se sont jetées au grand lleuve.

.... Magavan a pris sa foudre qu'il va lancer comme une llèche ; il a frappé le premier-né des A lus.

Aussitôt les charmes de ces magiciens

sont détruits; aussitôt tu semblés donner naissance au soleil, au ciel, à l'aurore. L'ennemi a disparu devant toi!

Indra a frappé Vritra, le plus nébuleux de ses ennemis. De sa foudre puissante et meurtrière, il lui a brisé les membres, tandis qu Ahi, comme un i arbre frappé de la hache, gît étendu sur la j terre.

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