‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 6 sur 1127 · I .... Il osait provoquer le dieu fort et victo · texte numérisé non relu

I .... Il osait provoquer le dieu fort et victo

INDE. — INTRODUCTION

ri'eux... il n'a pu éviter un engagement mortel, et l’ennemi d'Indra, d'une poussière d'eau, a grossi les rivières.

Privé de pieds, privé de bras, il combattait encore, Indra de sa foudre le frappa il la tète, et Vritra... tombe déchiré en lambeaux...

La mère de Vritra s'abaisse; Indra lui porte par-dessous un coup mortel ; ia mère tombe sur le lils. Dànou est étendue comme une vache avec son veau.

Le corps de Vritra, ballotté au milieu des airs agités et tumultueux., n'est jilus qu'une chose sans nom que submergent les eaux. Cependant l'ennemi d'Indra est enseveli dans le sommeil éternel...

Indra, roi du monde mobile et immobile, des animaux apprivoisés et sauvages, armé de la foudre, est aussi roi des hommes. Comme le cercle d'une roue en embrasse les rayons, de meme Indra embrasse toutes choses.

(hiranyastouj'a, i, 57.)

« Le résultat de la bataille est que « la vie est rendue aux animaux et « aux plantes ; c’est l’œuvre d’Indra, « prince dispensateur des richesses, « trésor inépuisable de l'abondance. »

Dans le Ri g, comme on le voit, Indra a presque l’importance suprême.

N’étaitM^/A qui balance son empire, il serait le premier des dieux. Il possède une légende complète : dès sa naissance, il est fort ; dès qu’il combat, il est invincible. Une fois pourtant il a bésilé, il a tremblé, c’est sans doute à la première bataille des éléments, à l’heure du chaos primitif : les nuages s’amoncelaient avec tant d’intensité, les ténèbres étaient si épaisses, l'horreur était si profonde qu Indra allait fléchir, lorsque Twaclitri lui apporta la foudre. Or Twaclitri, c’est Agni , c’est le feu qui est partout, dans l’atmosphère par la foudre, dans le soleil par les rayons, dans la terre par la sève, dans la créature par la chaleur du sang. Mais, sur l’autel où il s’allume, l’homme semble communiquer plus

directement avec lui; il le crée par sa volonté, il le dégage du bois qui le contient, il l’alimente avec le beurre, il le voit naître, grandir, dominer, porter dans les airs la flamme, et la prière dans les cieux. Aussi voyez comme il l'aime, comme il l’invoque, comme il le loue; c'est l’intermédiaire tout-puissant, c’est le recours éternel, c’est le bienfaiteur immuable ! Immense comme le monde, il se fait petit pour consumer rholocauste ; brûlant comme le soleil, il se fait tiède pour entrer dans le cœur de l’homme ; sa langue dévore tout ce qu’elle touche, mais réchauffe tout ce qu'elle épargne.

Il est le principe vivifiant par excellence, infini comme l’univers et subdivisé comme l’étincelle, c’est à la fois le plus fort et le plus utile des éléments, le plus à la portée de l'homme, le plus directement applicable; aussi persistons-nous à croire qu’il fut la première manifestation de Dieu poulies Aryas, et l’attribut céleste le plus incontestable .

Tel est le précis de ce que nous pouvons déduire des Védas sur les origines et le culte des Arvas-Indiens.

Occupons-nous maintenant de leur imagination féconde et lumineuse, c’est-à-dire de leur véritable gloire.

Le Rig-Véda n'est pas seulement un monument historique des plus importants, il est un véritable chefd’œuvre littéraire. Quelle verve et quelle fécondité dans ces esprits inspirés, qui, sans antécédents étrangers, sans autre modèle que la nature, ont rencontré dans leurs âmes ardentes les élans les plus sublimes, les mouvements les plus heureux, les nuances les plus élégantes, les formes les plus poétiques.

I N DK.

INTRODUCTION

Leur cadre est. étroit : leurs grands dieux qu’ils nomment les Adityas ne sont qu’au nombre de douze; ils confondent parfois les attributs et les rôles de chacun de ces dieux, ils leur accordent tour à tour la priorité et la souveraineté célestes, ils ne savent auquel d’entre eux attribuerla création et la toute-puissance. Qu’importe! ils ne raisonnent pas, ils chantent; et leurs hésitations, leurs erreurs, sont toujours rachetées par le tableau qu’ils représentent ou par la scène qu’ils décrivent. Il se dégage de leur poésie une fraîcheur qui nous rend sensible et délicieuse la nature limpide des montagnes. Onsha , leur aurore, a toutes les grâces et toutes les beautés à la fois : elle réveille les oiseaux et tranquillise les hommes, elle apporte sur son char tous les dons des dieux ; elle est l’admirable par ses couleurs, la bienfaisante par ses promesses, la toute aimable par ses charmes, l’impatiemment attendue, l'éternellement espérée. Et les Açwins, les crépuscules, quelle belle, juste et pittoresque épithète que de les surnommer les véridiques , ceux qui ne trompent jamais aucun être de la création; les messagers fidèles qu’on bénit d’annoncer l’aurore, qu'on remercie de présider à la nuit, pour mettre l’homme en garde et imposer le sommeil aux animaux. Et les Marouts , les vents, ces braves, ces diligents, ces infatigables compagnons d’Indra dans sa lutte perpétuelle contre les noirs nuages qui, sans lui, se résoudraient en grêle plutôt qu’en pluie, qui désoleraient la nature , au lieu de la féconder.

Comme ils combattent avec ardeur, ces vaillants auxiliaires, comme ils se précipitent, comme ils se succèdent,

comme ils atttaquent le sinistre Vritra , famonceleur des nuées, le génie des frimas et des ténèbres, comme ils dispersent ses masses compactes , comme ils apprêtent l’œuvre d’Indra qui, d’un coup de foudre, achève la victoire !

Le nombre est grand des auteurs auxquels on attribue ces hymnes, si riches de ton, si variés d’images, d’un mouvement si lyrique, comme celui à Indra par Gritsamada; d'une grâce si délicate, comme celui à l'aurore par Gotâma; d’une ampleur si majestueuse, comme celui de Vamadéva à Agni.

Aussi faut-il leur pardonner, comme le fait M. Barthélemy Saint-Hilaire, certaines répétitions dans la forme de leurs poésies et dans le sujet de leurs chants. Chaque chantre cependant semble avoir son dieu de prédilection. Pour Viswamitra , poète guerrier, c'esl Indra ; pour son rival, Yasichtha, poète prêtre, c’est Agni ; pour Sounahsépa, c’est Varouna , le dieu des espaces célestes de la nuit, comme du jour , dont l’œuvre n’est jamais interrompue, dit son panégyriste ; pour Hiranyastoupa, c’est, Savitri , le soleil vivifiant, et il en raconte pompeusement les grandeurs et la puissance ; pour Canwa et Gotama, ce sont les Marouts, qui dispersent, ébranlent, fendent les nuages, et les font tomber en bienfaisante pluie ; pour Savya, c’est Indra , non le dieu des combats terrestres, mais le distributeur des eaux célestes, vainqueur de Yritra , le noir nuage; enfin pour chacun d’eux aussi, c’est toujours Indra, la force, et Agni, la bonté. On 11e saurait croire avec quelle abondance, quelle pompe, quelle imagination, ils proclament et décrivent les vertus de

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