‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 548 sur 1127 · I. Les offrandes consistent en libations et en mets · texte numérisé non relu

I. Les offrandes consistent en libations et en mets

IllU-VÉDA. — SECTION QUATRIEME.

tes flammes, qui fait retentir autour de toi ses invocations et scs prières, (ce mortel) est certain de ton secours, et obtient toute espèce de prospérités.

10. O magnifique Agni, enfant de la Force, nous voulons t’honorer magnifiquement par nos invocations et nos holocaustes; nous voulons, allumant tes feux sur le foyer, t’adresser des chants, des hymnes, de fortunées prières.

11. O toi, qui remplis au loin de lumière et la terre et le ciel, (dieu) sauveur et digne de tous les éloges, étends l’éclat de tes rayons sous la riche abondance de nos innombrables offrandes.

12. O (dieu) notre protecteur, accorde-nous, (accorde) à nos fils et à nos petits-fils une mâle et solide opulence. Que nos récoltes soient pleines ! que (nos richesses) soient immenses! que notre bonheur soit innocent!

13. O Agni, tu es roi et maître de grands trésors. Fais que j’obtienne de nombreuses richesses. O Agni, ta royale opulence peut être sans crainte libérale et prodigue pour celui qui t’honore.

LECTURE CINQUIÈME

IIYMNE I.

A AGNI, PAR BHARADWADJA.

( Mètres : Anouchtoubh et Sakwarî.)

1. O Agni, tu viens, comme un ami, prendre l’offrande placée sur ton foyer. O (dieu) qui as les yeux ouverts sur (le monde), que tu conserves, tu es le plus bel ornement du sacrifice.

2. Les hommes te célèbrent par des chants et des holocaustes. Vers toi accourt le cheval * 1 2 3 4 innocent (du sacrifice), qui précipite les eaux et règne sur le monde.

3. Les maîtres de nos rites pieux, se livrant à une (sainte) joie, allument tes feux et font de toi l’étendard du sacrifice, au moment où la race de Manou vient t’invoquer pour obtenir le bonheur.

4. Qu’il soit fortuné, le mortel qui cherche par la prière à plaire à un bienfaiteur tel que toi !

1. Le commentaire croit qu'il est ici question du soleil. Je suppose qu’il est question du soma personnifié.

Avec le secours d’un (dieu) grand et lumineux, il triomphe de la malice de ses ennemis.

5. Le mortel qui t’invoque en allumant tes feux, ô Agni, obtient de toi une famille brillante et nombreuse, une vie de cent ans.

6. Tu t’entoures de flammes, dont la fumée blanchâtre s’étend dans le ciel. O (dieu) qui purifies (le monde), l’hymne semble te donner l’éclat du soleil.

7. Ainsi tu es vénérable parmi les nations ; tu es pour nous un hôte chéri , digne de notre amour comme un vieux prince, de notre tendre sollicitude comme un enfant.

8. On t’extrait (de l’Aranî), et, tel qu’un coursier qu’on destine au travail, on te lance au milieu du bûcher. O Agni, tu (l’enveloppes) comme le (vent) qui parcourt (te monde) ; les offrandes que tu reçois te donnent la vivacité du cheval; ou, tel que l’enfant, tu rampes (sur le foyer).

9. ü immortel Agni, de même que le troupeau sur le gazon, ainsi tu es au milieu du bûcher ; et tes brillantes ardeurs fendent le bois) et le dévorent).

10. O Agni, notre pontife, lu aimes les sacrifices que les peuples te préparent dans leurs foyers. O maître des nations, fais notre force. Aime notre holocauste, ô (toi que nous appelons) An g iras.

11. O dieu, qui as (pour nous) la bonté d’un ami, ô Agni, (placé) entre le ciel et la terre, porte aux autres dieux notre prière. Conduis vers un bonheur solide les hommes qui brillent (de tes feux). Puissions-nous triompher de nos ennemis, et du péché, et des maux (de la vie) ! oui, avec ton secours, puissions-nous triompher de tous les maux !

IIYMNE II.

A AGNI, PAR BHARADVADJA.

( Métré : Trichloubh.)

1. O Agni, il doit vivre longtemps, il jouit longtemps de ton heureuse clarté, le mortel qui est le gardien de ton sacrifice, qui est né en quelque sorte dans ton sein. O dieu, avec Mitra et Varouna, dont tu partages les plaisirs, tu protèges puissamment ce mortel contre le mal.

2. Il a honoré Agni par ses holocaustes ; il l’a flatté par ses œuvres; il a comblé de présents un (dieu) généreux. En récompense, ce mortel obtient une glorieuse lignée; il est affranchi de tout mal, de tout chagrin.

INDE

- POÉSIE LYRIQUE

3. Ta vue est comme celle du soleil, elle est j purifiante. Quand tu brilles, ta flamme s’élance j inspirant la terreur. Le bûcher est le berceau où il est né; et cette aimable demeure n’est pas celle (du Rakchasa) de la nuit; c'est celle d’un (dieu) qui étonne par son bruit et console par sa lumière.

4. Sa crête est aiguë, son corps large et brillant, sa bouche dévorante, telle que celle du cheval. Ainsi que la hache, il lance sa langue. De même que l’orfèvre (amollit le métal), il semble ! fondre le bois qu’il dévore.

5. Tel que l’archer qui ajuste sa flèche, il prépare son arme. Il aiguise son rayon, comme (on * aiguise) le tranchant du fer. Changeant de port et d’allure, tantôt il poursuit l’obscurité, ainsi que | (le chasseur poursuit) l’oiseau; tantôt il siège sur : le bois du bûcher, ou bien il marche avec promp- ' titude et légèreté.

6. Tel que (l’antique) Rébha *, il revêt de splendeur les vaches (du sacrifice), et murmure sourdement, ami splendide et immortel, qui le soir et le matin, et (au milieu) du jour, allume ses feux (à la voix) des prêtres.

7. Brillant comme un soleil, le (dieu) généreux et magnifique résonne au milieu des branches (qu’il dévore) ; et, s’élançant d'un jet rapide, il va décorer de ses riches lueurs les deux nobles époux, le Ciel et la Terre.

8. Tantôt à ses propres rayons il semble, pareil à l’éclair, en ajouter d’autres, qui étendent son paisible éclat; tantôt il brille avec force et puissance, tel que Ribhou 3, lassant la violence des Marouts.

HYMNE III

A AG XI, PAR B H A R A D W A I> J A [Mètre : Trichtoubh.)

1. O pontife, enfant de la Force, s’il est vrai que dans les sacrifices des fils de Manou tu veuilles accomplir les rites pieux, ô Agni, daigne au-

1. Suivant le commentateur, Rébha est une épithète du soleil. Je pense que c’est le nom d’un Riclii du sacrifice, d’un Rite personnifié. Il me semble qu’il a déjà ! été cité dans ce sens même, section II, lecture i, hymne vi, stance 10. Cependant comme Rébha veut dire chantre, le poêle pourrait bien avoir eu l’intention d’établir une comparaison entre Agni faisant entendre son murmure i dans le sacrifice et le prêtre qui récite les prières.

2. Ribhou est un de ces trois dieux qui portent le nom général de Ribhous. Le commentaire regarde ce mot

comme synonyme de soleil.

[Lect. V.]

jourd’hui t’associer à notre pensée, et honore les dieux qui attendent nos hommages.

2. Qu’ Agni, dès le matin, brillant à nos yeux comme un soleil, reçoive nos louanges et nos offrandes. Ce (dieu) qui est la vie de tous, immortel au milieu des mortels, (ce dieu) qui possède tous les biens, naît avec l’Aurore et devient notre hôte.

3. Les (chantres), tout couverts de ses feux, célèbrent sa grandeur. Et lui, resplendissant comme le soleil, revêt ses rayons lumineux. Il apparaît, purifiant, impérissable, et détruit, à l’orient, (les vapeurs ténébreuses) d’Asna *.

4. O toi qui es notre fils 1 2, tu es digne de nos hymnes. Nourri des mets (du sacrifice), Agni est né pour nous dispenser la richesse et l'abondance. Ainsi, maître de la force, donne-nous la force : roi, donne-nous la victoire. Tu habites la maison d’un (homme) pieux et innocent.

5. (Agni) aiguise ses rayons protecteurs; il dévore nos offrandes, et, comme le Vent, maître des régions (célestes), il triomphe (de l’obscurité) des nuits. Puissions-nous aussi vaincre celui qui ne te donne pas d'holocaustes ! (Puissions-nous), comme le coursier (vigoureux), repousser l’attaque des méchants !

6. O Agni, tel que le soleil, tu as couvert de tes rayons glorieux le ciel et la terre. Tes lueurs brillantes ont chassé les ténèbres, et dans ta marche rapide tu ressembles à l’enfant d’Ousidj 3, environné de splendeur.

7. O Agni, ô toi qui nous réjouis par l’éclat de tes rayons, nous t’honorons; écoute-nous. Dieu rapide et non moins puissant qu’Indra, les plus sages d’entre les prêtres te présentent leurs riches offrandes.

8. O Agni, tu nous mènes heureusement à la fortune par les voies les plus sûres. Tu nous fais traverser le mal. Donne aux pères de famille et à ton chantre ces biens que tu possèdes. Puissionsnous vivre cent hivers, entourés de plaisirs et d’une généreuse lignée !

A AGNI, PAR li II A R A D W A D J A .

(Mètre : Trichtoubh.)

1. En votre faveur j’invoque par mes prières le fils de la Force, qu’avec raison célèbrent nos

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